VI. Hmn
Les travaux successifs de M. le Prof. Fr. A. Roemer et le mémoire plus récent de M. le Prof. Qiebel, sur des parties diverses de cette contrée^ s'accordent pour j indiquer l'existence de dépôts siluriens; mais leurs résultats ne sont pas encore assez certains, pour nous permettre d'assigner à ces dépôts un horizon. bien déterminé, dans la série géologique.
Cette conclusion a été exprimée au siyet des environs de Maegdesprung, par M. le Prof. Qiebel, dans les termes suivans, que nous croyons utile de traduire:
„Âprès ce résumé général, nous devons reconnaître sans hésitation, que la faune de nos calcaires et des schistes qui les accompagnent appartient à la division silurienne supérieure. En considérant ses nombreuses particularités locales et ses rapports directs très-bornés, il me semblerait hasardé de l'assimiler à un étage déterminé du système Silurien supérieur, en Bohême, en Angleterre, et dans l'Amérique du Nord. En général, son caractère indique un âge inunédiatement antérieur à l'époque dévonienne. Ses espèces caractéristiques , peu nombreuses, tendent à placer ces dépôts sur l'horizon du calcaire de Wenlock en Angleterre, des étages Ë — F en Bohême, et du groupe de Niagara en Amérique. Si les calcaires de Maegdesprung représentent réellement cet horizon, l'apparition des poissons dans ces roches exciterait un intérêt tout particulier." (SU. Fauna d. Unt Harzea. p. 70^ 1858.)
Personne n'éprouve cet intérêt plus vivement que nous, et personne ne regrette plus sincèrement l'existenee des difficultés locales, qui s'opposent à l'étude plus complète des formations siluriennes du Harz, dans lesquelles M. le Prof. Oiebd semble admettre au moins trois étages distincts.
La présence d'an Graptolite, Monôprion Saffittariuê, suffit pour nous faire reconnaître le terrain silurien, et probablement la faune troisième , puisqu'aucune espèce n'indique la présence de la faune seconde dans toute cette région. D'un autre côté, le mélange des formes de ta faune troisième avec celles de la période dévonienne, coïncidant avec l'apparition de plusieurs types de poissons et en particulier de CtenacanthMy nous rappelle les étages calcaires supérieurs F et G de la Bohême, où nous observons un phénomène analogue, et où nous trouvons le même type.
Le gruid nombre des espèces de Gapulus qui paraissent coexister avec ces poissons dans le Harz, contraste avec l'absence presque totale des représentans de ce type dans notre étage G, tandis que les formes analogues sont assez communes dans notre étage F, et encore plus dans notre ét^e E.
Quelques Brachiopodes, comme Bhyàchonella cunsata^ rappellent aussi notre étage inférieur E. Au contraire, le plus grand nombre semble représenter les formes de notre étage F.
Ces analogies, à la fois partagées et incomplètes, ne nous permettent pas d'établir des rapprochemens avec quelque sécurité. Cependant, nous osons espérer que l'étude prolongée du Harz confirmera, tôt ou tard, les faits que noua avons observés en Bohême, et surtout l'apparition sporadique des poissons, vers la fin de la période silurienne, caractérisée aux environs de Maegdesprimg par un grand D^lmaniteSj divers Brontens et Acidaspis, types dominans dans notre étage G.
Si l'on admet, d'après ces documens incomplets, qu'une formation analogue à cet étage de Bohême existe dans le Harz, nous ferons remarquer, que la prédominance des Capuloides sur cet horizon, aux environs de Maegdesprung^
est en hannonie avec le fait semblable, mais encore plus frappant, que présente le groupe supérieur de Helderberg, c. à d. Tétage le plus élevé de la faune troisième aux Etats-Unis. Sur cet horizon américain, on a aussi découvert des poissons.
L'analogie que nous signalons entre ces contrées éloignées et qui fait ressortir le contraste entre le Harz et la Bohême, ne doit pas nous étonner, car il est tràs* vraisemblable, que les dépôts du Harz font partie de la grande zone paléozoîque du Nord, comme ceux des environs de Hof , séparés de notre bassin par une ancienne barrière de Qneiss et autres roches cristallines.
VU. France. — Espagne. — Sardaigne.
On sait depuis long*temp8 que, sur divers points de la France, tels que Feuguerolles et St. Sauveur le Vicomte en Normandie, St. Jean sur Erve et Chemîré dans le département de la Sarthe, Neffiez dans le dépt. de l'Hérault, et aussi dans les Pyrénées, les couches à Graptolites et à Cardiola interruptay associés à des Orthocères, ont été signalées par plusieurs géologues. Mais il paraît que ces dépôts, annonçant la présence de la première phase de la faune troisième, ne sont pas recouverts par ceux qui renferment les phases suivantes de la même faune, telles que nous les observons en Bohême. Partout, au contraire, il semble exister une grande lacune dans la série, puisque les dépôts dévoniens, bien caractérisés par les fossiles propres à cette période, reposent immédiatement sur les couches à Cardiola. Cependant, dans le dépt de la Loire inférieure, il existe des masses calcaires, dans lesqueUes M. Cailliaud a signalé la coexistence de diverses espèces de notre étage F, avec d'autres considérées comme dévoniennes. (BulL 186L)
Nulle part, en France, on n'a observé jusqu'à ce jour des dépôts qui représentent notre étage G,
Les laborieuses recherches de M. M. de Vemenil^ Casiano de Prado et Edouard Collomb^ en Espagne, pnt aussi constaté, que la faune troisième silurienne y est représentée comme en France, par les Graptolites et la même Cardiolay accompagnée par quelques Céphalopodes. Malheureusement aussi, la formation renfermant ces fossiles est la seule qui, dans la péninsule, constitue la division silurienne supérieure.
Nous avons personnellement reconnu le même fait en Sardaigne, où nous avons recueilli Cardiola interrupta et plusieurs Orthocères, dans un calcaire complètement semblable à certaines couches de notre étage E. Nous n'avons aperçu aucune trace de dépôts représentant les autres étages de la division supérieure en Bohème. La description soigneuse des fossiles de cette contrée par M. le ProîfJ Meneghini, dans le grand ouvrage du Comte de la Marmora sur la Sardaigne, confirme Tabsence des dernières phases de la faune troisième, comme en France et en Espagne.