VIII. Etate-Unis d'Amériqae
Transportons nous maintenant au-delà de Tocéan Atlantique, dans les régions laborieusement explorées par la science, et dans lesquelles la nature semble avoir voulu étaler toutes les grandeurs des formations paléozoiques, en leur conservant la majestueuse simplicité de leurs relations primitives, comme pour compléter et aviver la lumière que nos maîtres ont fait jaillir sur ces âges obscurs, par Tétude des petits bassins incomplets et parfois énigmatiques des terrains correspondans , disséminés sur la surface de TEorope.
Nous nous estimons très-heureux en cette occasion, d'avoir pu étudier le troisième et magnifique volume de la Palaeontology of N. York, que nous devons aux aimables attentions du grand géologue et paléontologue américain, comme les volumes précédons et comme diverses autres
oeavres également grandes et înëtmctîveB, qui nous révèlent tant de faits nouveaux, et nous font assister à la conquête scientifique des vastes régions centrales du nouveau continent. £n exprimant nos sincères remercuqens à M. le Prof. James Hall, pour ses libérales communicatioiiB et pour le bienveillant souvenir qu'il a bien voulu nous adresser récenunent dans Tune d'elles, relative à la faune primordiale de la vallée du Missieipi, nous nous plaisons à lui offirir de loin nos hommages commQ à un maître, et nos félicitations comme à un ami, au sujet du succès et de l'intérêt toujours croissant de l'ouvrage monumental, honorant l'Etat de New- York qui l'a demandé, autant que le savant éminent qui l'a conçu et exécuté.
Afin de rendre intelligibles pour tous nos lecteurs les considérations qui se rattachent directement k l'étude qni nous occupe, nous sonunes obligé de nous étendre, au sujet de l'Amérique, ixn peu au-delà des limites entre lesquelles nous nous sommes restreint, en passant en revue les contrées paléozoiques de l'Europe, dont la connaissance est plus famili^e à toiAS les savana.
En 1847, notre illustre maître et ami, M« de Vemeuil, a publié son mémoire sur le Parallélisme des dépôts pcMh zaiques de F Amérique Septentrionale avec ceuœ de FEurope. (Bull, 2. série. IV.J Depuis lors, tous les géologues se sont accordés à reconnaître, que les grandes divisions des systèmes Silurien, Dévonien et Carbonifère sont représentées par leurs faunes sur les deux continents, d'une manière aussi satisfaisante qu'on peut l'attendre, sur des régions du globe si éloignées l'une de Fautre, et généralement si distinctes, en tout ce qui touche les apparence» de la série animale. Cependant, la représentation réciproque de certains étages établis de chaque e^ de Focéan Atlantique, et surtout la déterminatM)n de la limite entre les systèmes silurien et dévonien en Amérique, restaient encore à l'état de questions difBciles, provisoirement résolues, et dont la solution définitive paraissait ré^rvée à
'avenir. Nous allons voir, en effet, ces questions de nou- 'ean discutées par les savans qui ont successivement traité e même sujet. M. de Vemeuil lui même dans le mémoire :ité (p. 32), en nous offrant l'exemple d'un loyal savant à a recherche de la vérité, noufi fait assister, d'une manière presque dramatique, aux quatre ou cinq variations rapides (t successives de son opinion à cet égard, à mesure que es faits paléontologiques se sont manifestés à ses yeux, lurant son séjour en Amérique, en 1846. U nous expose es motifs qui l'ont décidé à considérer le grès d'Oriskany ;omme constituant la basé intégrante ou Torigine du sysème dévonien, sur ce continent. Malheureusement, le >lus gravé de ces motifs, fondé sur la présence présumée le deux espèces de Spirifères de TËifel, ne s'est pas infirmé pour Spir. macropterus.
Nous reproduisons dans le tableau qui suit, le paralélisme admis par cet éminent observateur, entre les ie(ùblivisions reconnues par les géologues de l'Etat de N. York ft celles qui ont été établies par Sir. Rod. Murchison en Angleterre.
En 1848, Daniel Sharpe, après avoir étudié les Bra- ;hiopodes et quelques autres mollusques siluriens, recueilis aux Etats-Unis par Sir. Ch. Lyell, présente les vues [ue cette étude lui avait suggérées, sur la correspondance iutre les mêmes séries stratigraphiques d'Amérique et l'Angleterre. (Quart Joum. Nr, 15 Aug,) Nous reproduiions sur le tableau fi(uivant les résultats de ses observaions, de manière à faciliter leur comparaison immédiate tvec le travail de M. de Vemeuil. Le lecteur recomiaîtra lonc au premier coup d'oeil, que ces deux savane, en 'accordant sur la plupart des points, différent gravidement LU sujet de la représentation des étages de Wenlock et le Ludlow, dans la série américaine.
En 1851, M. James Hall, paléontologue officiel de 'Etat de N. York, après avoir pris une part active^ aux
explorations de cet Etat, expose à son tour ses vues sur la correspondance entre les dépôts paléozoiques du continent américain et ceux de TEurope. Son mémoire a été publié dans le Rapport sur la contrée du lac Supérieur, par M. M. Foster et Whitney. (II. p. p. 285 à 318.) C'est un travail très-instructif, qui présente diverses rectifications et qui remplit aussi certaines lacunes très-concevables, dans les documens qui avaient servi de base aux apprédations des deux savans Européens, dont Tun n'avait pas même vu le terrain. Cependant, J. Hall admet dans son ensemble le parallélisme établi par M. de Vemeuil, en appelant avec beaucoup d'insistance l'attention des géologues sur deux questions importantes, qui doivent être résolues, pour pouvoir établir la correspondance définitive entre les séries paléozoiquer comparées.
La première de ces questions est relative à la limite entre les systèmes silurien et dévonien en Europe, limite qui ne semble pas très-nette au savant américain, à cause de la forte proportion des espèces reconnues identiques dans les deux systèmes, même dans les régions typiques, en Angleterre.
La seconde question se rattache immédiatement à la première, car elle consiste à déterminer la représentation de l'étage de Ludlow en Amérique, et par conséquent la limite entre les systèmes silurien et dévonien sur le nouveau continent J. Hall fait observer, qu'en plaçant avec M. de Vemeuil cette limite immédiatement au dessous du grès d'Oriskany, les groupes ainsi assignés au système dévonien renferment de très-nombreux fossiles de l'étage de Ludlow, c. à d. des espèces siluriennes, remontant non seulement dans le groupe supérieur de Helderberg, mais même dans le groupe de Hamilton.
La quatrième colonne du tableau qui suit reproduit le parallélisme conçu à cette époque par J. Hall, entre les séries paléozoiques des deux continens (1. c. p. 318).
3 lectenr y trouvera donc Findication des opinions de it éminent géologue et pourra les confronter immédiateent avec celles de Daniel Sharpe et de M. de Vemeuil.
Nous avons cru devoir exposer ces documens historilesy afin de bien faire comprendre, qu'il y a encore lieu i chercher à compléter dans les détails l'harmonie que »s maîtres nous ont enseigné à reconnaître dans l'enmble des dépôts paléozoiques explorés en Europe et en mérique. Nous ferons remarquer que, d'après les docuens alors existans, nos savans devanciers ne pouvaient ncevoir le système silurien, que conformément au type A^ngleterre, dont ils retrouvaient la reproduction la plus :acte en Suède. Ainsi, en appliquant aux Etats-Unis ce pe, suivant nous incomplètement développé, ils se trouvent entre des limites trop étroites et trop arrêtées d'ajAce, pour pouvoir y faire exactement cadrer les séries léricaines, beaucoup plus largement développées sur cerîns horizons. Mais si, à cette époque, ils avaient connu série Silurienne de la Bohême, telle que nous la préatons aujourd'hui, nous sommes persuadé qu'ils auraient x-mêmes modifié, dans divers points, les termes de leurs mparaisons. Dans tous les cas, nous sommes heureux de uvoir constater que nos vues, dont l'exposition suit, ne Qt pas nées uniquement dans notre esprit, mais que leur igine remonte en partie aux observations de nos maîtres e nous allons reproduire, et que nous invoquons à l'api des opinions que nous avons puisées dans l'étude comrative de la Bohême et de toutes les autres régions silurien- 9, explorées jusqu'à ce jour.
Parallélisme
sniv. M. de Venieail
ClanifieatMH priaitive
des Géologaes de l'Etat de
y, York, saiTant M. de
VerDeoil.
PiralléMMe
suhrant Dan.
Sharpe 1848
ParaliéllsaM
suivant James Hall 1
in Fo8(«r et Whitacy Re Lak» Mupet. II. p. S
Système Dévonien
LiaUw
Siliriea snpérienr
IWeiUck
Siliriea iafériear
Tieax grè« roage.
Grès et schistes
Vimm Erié.
Grotipe de Chemnog Oroape de Portage Schistes de Genessee Calcaire de Tnlly Groupe de Hamilton Schistes de Marcellas
DÎTiiisi iipér. et HeMtrbcfg.
Calcaire comifère Calcaire d'Onondaga Grès de Schoharie Grès à queae de coq Grès d'Ortskaoy
DiTJsion Infér. de Helderb.
Calcairs sipér. î Pcitanèrei Argiles icliit. à DeUhyrîs Caleair» à PeiL ùaleaiut Clic, kydrsil. ( WaterUme)\ Gnipe lalif. d'Oiiidap.
DivisioB Oatario.
Groupe de Niagara Groupe de Clinton Grès de Médina
Divisiea Chaaplaia.
Conglom. d'Oneida Grès gris Groupe de Hudson river Schistes d*Utica Calcaire de Trenton Calcaire de Blackriver Calcaire siliceux Grès de Potsdam.
Système Dévonién
Wealock
passage
Silurien inférieur
Nr.
Représentés en par lei
Syatème Carboi
Système Déron
Série de Ludio
non représenté
Représentés pi couches de Wenloek (my
non reconau
part, non reooi
Caradoc Sandst LIandeilo flaj
Calcaire à Ortliic. i non reconnus, P Schistes et qoa sous lesLlandeiK
Noas reproduirons maintenant la correspondance entre les mêmes séries d'Angleterre et des Etats-Unis, telle que le Prof. J. Hall Ta exposée, environs dix ans plus tard, c. à d. vers 1861, dans le Vol. III de la Palaeont of N. York, p. 34.
A cette occasion, nous indiquons, dans la colonne à gauche, les relations approximatives que nous concevons, entre les dépôts siluriens de TËtat de N. York et ceux de la Bohême, sans établir des limites absolues dans les équivalens supposés.
Etages ctnparables ea Bihèaie
Correspondance suivant J. HaU. 1861
entre
Etat d« N. Tort — Est. firande Bretagne.
Etage E
Etages G ~ H
Etage F . .
Groupe sapériear de Helderberg.
Grès d^Oriskanj.
Groupe infériear de Helderberg.
Calcaire bydranGqne.
(WaterUme.)
Groupe salilère d*OnoDtage.
Dévonien ou Tîenz grès rouge avec des restes de poissons.
Non reconnus, et probablement non existant en Angleterre.
Horizon de Lesmahago avec Eurypterus.
(TUeatone.)
Non reconnu ou non existant.
Groupe de Niagara. | Calcaire de Wenlock.
En comparant ce tableau à celui qui précède, on recoœiftltra que le Prof. J. Hall a modifié notablement ses opinions, en reconnaissant exptieitement dans le dépôt du calcaire hydraulique ou WaterUme^ Thorizon le plus élevé de Féiage de Ludlow en Angleterre, au lieu de le rapporter comme auparavant à Tétage de Wenlock.
Après avoir amsi résumé Tétat actuel de la question, il nous reste à exposer les motifs qui nous ont porté à concevoir la correspondance que nous venons d'indiquer. Nous suivrons Tordre ascendant^ en appelant successivement l'attention de nos savans lecteurs sur la représentation approximative^ en Amérique, des étages E — F — G — H de la Bohême.
Mais, avant d'entrer dans aucun détail, jetons un coup d'oeil rapide sur l'ensemble des formations que nous allons comparer, comme renfermant également la faune troisième Silurienne dans l'Amérique du Nord et en Bohême, afin de nous faire une idée de leur développement relatif, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical.
Dimensions relatives des bassins comparés.
Le Prof. J. Hall dans sou instructive Introduction (III p. 29) résume ainsi ses indications sur l'étendue géographique des roches représentant le groupe de Niagara, c. à d. la base de la division Silurienne supérieure aux Etats-Unis :
„£n consultant la carte, on verra que le groupe de Niagara a été reconnu de l'Est vers l'Ouest d'une manière presque continue sur une étendue en droite ligne d'environ 20 degrés, et le long de la ligne de son affleurement, sur une distance de 500 milles de plus tandis qu'il y a plus de 12 degrés de latitude entre ses limites extrêmes visibles vers le Nord et vers le Midi."
Par contraste, le bassin qui représente aujourd'hui, en Bohême, les formations comparables au groupe de Niagara, c. à d. la surface comprenant notre étage E et toute notre division supérieure, offre une longueur d'environ 38 Kilomètres, sur une largeur maximum de S à 10 Kilomètres. Nous nous abstenons de calculer et de comparer les surfaces correspondantes, afin d'épargner à notre bassin le
ridictde qui s'attache aux exiguïtés trop prononcées, et qwL pourrait le faire considérer comme le Tom Pouce des bassins Siluriens.
Heureusement, cette énorme disproportion dans le sens horizontal, entre les bassins comparés, est loin d'exister dans le sens vertical, ou dans l'épaisseur des formations, c. à d. dans le seul élément qui puisse nous fournir la mesure approximative de la durée de leur dépôt. D'après l'excellent Manual of Geology de M. le Prof. Dana, voici la puissance maximum, dans l'Etat de New- York, des subdivisions que nous allons prendre pour sujet de notre parallèle.
Qroupes.
Helderberg supérieur 350 pieds
Grès de Schoharie (selon M. de Vemeuil) . . 10 „
Grès Ji quetie de coq 60 „
Grès d'Oriskany • . . . . 30 „
Helderberg inférieur 200 ri
Salina (Onondaga) 1,000 »
i calcaires 1 dô
Niagara prè« de« chûtes j ^^^.^^^^ ' ' ' ; ' go ^
total . . 1,895 pieds.
D'aptes nos évaluations, voici maintenant la puissance approximative des étages de notre division supérieure, sans prendre pour chacun d'eux le maximum qu'il offre exceptionnellement, dans certaines localités.
Etage H 200 mètres
total . . 900 mètres.
Ce chiffre total représentant 2,700 pieds, dépasserait presque d'mi tiers celui que nous venons de rappeler pour
les formations comparées dans FËtat de N. York. On ne doit pas perdre de vue que, dans notre bassin, les calcai* res occupent plus de la moitié de la puissance totale indiquée, c. à d. sont relativement plus prédominans qu'aux Etats-Unis. D'un autre côté, plusieurs des dépôts américains sont notablement plus développés dans TEtat de M. York que dans FOuesi Le plus puissant d'entre eux, c. à d. le groupe salifère d'Onondaga, disparaît complètement vers le Sud-Ouest, tandis que d'autres de ces groupes prennent, au contraire, un développement vertical plus grand, dans cette direction.
Dans tous les cas, en considérant seulement l'Etat de N. York, au lieu de présenter une infériorité dans leur puissance, les étages de notre bassin semblent offrir une certaine supériorité, par rapport aux dépôts américains comparés. Nous pouvons donc avoir la confiance de trouver, dans la succession et les contrastes de leurs fiiunes^ les traces des divers âges de la troisième période Silurienne, aussi bien imprimées par la nature, que dans les dépôts formés sur les surfaces les plus grandioses des océans contemporains.
D'après ces rapprocbemens, nous espérons que les géologues américains voudront bien nous absoudre de tout reproche de témérité, que nous pourrions encourir à leurs jeux, en mettant en parallèle le bassin si exigu de la Bohême avec le bassin immense de l'Amérique septentrionale. Nous allons donc leur exposer avec une respectueuse liberté, les résultats de nos études comparatives.
Représentation approximative de l'étage E de Bohême, '^ dans les Etats-Unis d'Amérique.
Pour poser nettement les termes, nous reproduisons la formule la plus récente par laquelle J. Hall a fixé le nom et l'ordre de superposition des divers dépôts^ dans
lesquels nous croyons reconnaître la représentation de notre étage E, c. à d. la première phase de notre faune troisième. (Pal of N. York JII. p. 385. 1861-1862.)
Grés d'Oriskany.
Cale, supérieur à Pentamères
Cale à Encrines f Calcaires
Cale, sehisteux à Delthyris du groupe
iCale. inférieur à Pentamères /inférieur de
repréeentés |Cale. à Stromatopora i Helder-
par rétage/Cale- à Tentaeulites \ berg.
E de Bohême* jGroupe du Waterlime
[Groupe salifère d'Onondaga Groupe de Niagara.
Groupe de Clinton
Il serait superflu de diseuter la limite inférieure de cette série, puisque tout le monde s'accorde à reconnaître, que le groupe de Niagara est compris parmi les équivalens assignés à Tétage de Wenlock. Nous faisons abstraction du groupe de Clinton et du grès de Médina, que tous les savans s'accordent à considérer comme un horizon de passage entre les deux divisions Siluriennes. Nous allons appeler d'abord l'attention sur la limite supérieure de cette série. Nous reviendrons ensuite sur quelques unes des formations intermédiaires qu'elle renferme, et qui offirent des particularités dignes d'attention.
Le tableau (p. 218) nous montre, que les cinq groupes de la division inférieure de Helderberg ont été considérés par M. de Vemeuil comme représentant l'étage de Lmdlow. C'est l'opinion exprimée dans son texte. (1. c. p. 29.) Remarquons qu'à cette époque, les IHleetones étaient attribués au vieux grès rouge. (8iL Syst. 1 />. 196.J Or, d'après les rapprochemens exposés ci*dessus (p. 176), la faune de l'étage E de la Bohème renferme à elle seule
la plupart des formes caractéristiqaes des deux étages de Wenlock et Ludlow, à Texception des poissons et de certains fossiles propres aux couches culminantes de ce dernier. Ainsi, le parallélisme établi en 1847 par M. de Vemeuil contenait implicitement Textension que nous attribuons aujourd'hui à la représentation de notre étage E.
Le même tableau constate , que Daniel Sharpe a étendu l'équivalent américain de l'étage de Wenlock jusqu'à la limite que nous admettons pour notre étage E. Mais, puisqu'il a été constaté, que l'étage d'Angleterre ne représente qu'ime partie de celui de la Bohême, il s'en suit que cette interprétation de Sharpe est non seulement en hannonie avec la nôtre, mais encore beaucoup plus avancée dans le même sens. On voit en effet, qu'elle a conduit ce savant à admettre l'absence de l'étage de. Ludlow dans la série américaine , et par conséquent , une notable lacune entre les systèmes Silurien et Dévonien, dans ime contrée qui se distingue par le grand développement vertical et horizontal de ses séries paléozoiques.
Dans son mémoire en 1851, J. Hall après avoir cité cette opinion de Daniel Sharpe ajoute:
„Nou8 admettons certainement la convenance de reconnaître, d'un côté le Niagara et de l'autre côté le Helderberg inférieur, comme équivalons de la formation de Wenlock (p. 299)
Nous ne sommes pas en état de dire quelle est la relation qui existe entre les cinq formations composant le groupe inférieur de Helderberg et les roches de Ludlow; mais nous savons que peu de leurs fossiles sont semblables à ceux de cette division, tandis que beaucoup sont identiques avec ceux de Wenlock et Dudley." (p, 300.)
Ces opinions primitives de J. HaU sont pleinement confirmées par les termes qu'il emploie pour expliquer les
relations intimes qu'il a reconnues entre le groupe de Niagara et le groupe inférieur de Heiderbei^, dans Tintroduction très-instmctiye t^m précède le texte du VoL III. de la Palaeont. of N. York,
Après avoir indiqué les prinieipaux contrastes qui existent entre les faunes des deux groupes supérieur et inférieur de Helderberg, J. Hall ajoute:
^ Les relations évidentes de la &une du Helderberg inférieur avec celle du Niagara seront reconnues à chaque pas dans nos comparaisons^ et seront montées dans les ittnstratÎQns et les descriptions qui suivent. Par conséquent, si la ressemblance des conditions physiques^ et la ressemblance de la faune doivent nous gouverner dam la détermination des relations entre les* formationsy alors le groupe infériear de Helderberg devrait être u!n& avec le groupe de Niagura dans un grand système^ (p^ 35)é
^Malgré le grand changement physique qui précède le dépêt du Helderberg inférieur, les matériaux ne différent pas de ceux du groupe de Niagara, et la faune est relativement peu contrastante. On rencontre les mêmes genres de Polypiers et de Bryozoaires avec des espèces très-semblables dans les deux groupes. Parmi les Brachiopodes, les Orthidea des deux .groupes se ressemblent tellement, qu'elles ont été confondues les unes avec les autres. Les Siroph&menae ont le même caractère, mais il y a des formes particulières et plus nombreuses dans le groupe infSàneur de Helderberg. Les Spiriferae des formations de ce groupe et du Niagara ne sont pas aisées à distinguer dans plusieurs espèces. Lés Rhynchontllae et M&rietae se ressemblent également, mais sont plus nombreuses dans le groupe le plus récent ; tandis que nous y voygns apparaître le genre Pentameruêy représenté par Pfn^. ffaleatus, et uae autre formé semblable, ainsi que deux ou trois genres de Brachiopodes que je n'ai pas vus sur les horizons
inférieurs. Ainsi, sous divers point de vue, nous pourrions presque regarder le groupe inférieur de Ueiderberg comme une répétition des couches de Niagara^ (p. 41).
Avant de procéder à la description des Brachiopodes du groupe inférieur de Helderbei^, J. Hall expose les observations suivantes:
„La ressemblance générale des Brachiopodes du groupe inférieur de Helderberg avec ceux du groupe de Niagara se remarque au premier aspect, en comparant des collections de ces deux groupes. En vérité, plusieurs de ces espèces sont si semblables, qu'elles sont considérées conune ideiitiques par divers paléontologues. Cependant, uae cobiparaison soigneuse amène à douter s'il existe mteae une seule espèce commune à ces deux périodes. Presque chacune des espèces du Niagara est représentée dans le groupe inférieur de Helderberg, non seulement par une espèce semblable, en général, mais dans la forme, la sculpture, ou omemens de la surface, et dans l'aspect extérieur; et souvent elles approchent très-près les unes des autres par leurs caractères internes. En outre, nous trouvons dans le Helderberg inférieur deux et quelquefois plua d'espèces analogues à une seule espèce du Niagara. C'est ce qui a lieu pour les formes suivantes (p. 153):
„Je pourais m'étendre davantage dans ces comparaisons, qui montrent combien la représentation des Brachiopodes du groupe de Niagara est complète dans le groupe inférieur de Helderberg, et particulièrement dans le calcaire schisteux à DelthyriSy où les coi^ditions physiques sont si semblables à celles des schistes de Niagara.^
^Certainement , si nous choisissions seulement ces formes analogues, pour les présenter à côté des Brachiopodes du groupe de Niagara, un paléontologue expérimenté
irirait bien hésiter à déclarer, que oè sont des espèces tînctes. H pourrait se demander , si ces formes sembla- (S en apparence, ne résultent pas des cotnlittons pfaysi* es différentes, coexistant à la même époque sur des pa- ^es éloignés de l'océan, et qui auraient procuré un déve- •pement plus complet à celles de ces espèces qui sont LJours plus petites dans le groupe de Niagara que dans groupe inférieur de Helderbei^^ (p. 154).
Remarquons maintenant , que la classe des Brachioles, qui fournit ordinairement le plus d'espèees cosmoiites^ ou douées d'un grand pouvoir de diffusion horizone, n'est pas la seule qui nous enseigne, en cette ocoan, que la faune du groupe inférieur de Helderberg aprtient à la première phase de la faune troisième Silunne. En effet, la classe des <j[astéropodes, et surtout la mbreuse famille des Capulaides, vient nous fournir des )ports très-multipliés , de même nature et encore plus .ppans, car ce sont des rapports évidens et directs, avec faune de l'étage E de Bohême, tandis qu'il» sont k peine ionnaiasables sur les horizons correspondans, en Aliglere et dans les autres bassins de la grande zone paléoque du Nord. Ces relations inattendues n'ont pu se ma- ÎBstep aux yeux d'aucun de nos savans devanciers, parce B la description dea formes de cette classe n'était pu- 6e, ni pour le groupe inférieur de Helderberg, ni pour tre bassin. Nous n'avons pu les reconnaître nous-même d très-récemment, en étudiant le Vol. III. de la PaloêonU
N. York. Mais, lorsque les planches déjà lithographiées or notre Vol. IIL seront publiées, ces rapports frappeit les yeux de tous les géologues, comme ils ont frappé
nôtres. Voici en quoi ils consistent:
Dans l'imposante série des 140 planches qui compoit l'Atlas du troisième volume de J. Hull, 13 sont contrées aux 51 espèces des genres PlaiyceraSf Strophostyf et Platyoêtùmd, représentant la famille des Capuloides oa le groupe ii^iféirie^r de IJe^derberg, et presque toutes
concentrées dans le calcaire schisteux à DéUhyris, Neuf autres planches sont également occupées par Jes 15 formes des mêmes types, qui caractérisent le grès d'Oriskany, immédiatement superposé à ce groupe.
Or, l'ensemble de ces espèces américaines, considérées dans l'admirable variété de leurs appar^aces, etind^iendamment de la rigueur artificielle de la nomenclature, reproduit d'une manière étonnante les formes des Capuloides de la Bohême, que nous distinguons par une quarantaine de noms, et qui couvrent près de 20 de nos planches. L'affinité de ces espèces, séparées par une si grande distance horizontale, se manifeste par la r^productioQ presque servile des même^ formes, à partir de la ligne presque droite, jusqu'à la spire tnrriculée; et si Ton ne peut les dire identiques une à une, on doit da moins les reconnaître comme représentatives les unes des autres.
L'association, dans le groupe inférieur de Helderberg, des Capuloides qui caractérisent notre étage E, avec certains Brachiopodes du même étage, et beaucoup d'autres espèces qui distinguent l'étage de Wenlock en Angleterre, nous semble présenter des signes non équivoques de contemporanéité relative, mais nous ne casons pa3 de eontemporanéité absolue, entre ces formations. Dans tou0 les cas, ^ la présence des Capuloides dans le calcaire schisteux à Delthyrisy imprime à cette formation l'un des caractères les plus marqués de notre étage E, ou de la première phase de notre faune troisième. Ce cidoaiire lious semble donc devoir faire partie des dépôts américains^ qu'on peut mettre en parallèle avec cet étage.
Les autres classes nous permettent également de reconnaître, entre les séries comparées, des relations satis* faisantes, quoique moins étendues. Parfois aussi, elles nous offrent des conti^astes locaux, auxquels on doit bien s'attendre, dans le parallèle entre des tégionâ si éldigttées et
placées soi* deux zones différentes des mers paléozoiques. Considérons les clajssés principales:
Les Triiobites soqt représentés en Bohème par des formes beaucoup plus multîpb'ées, dont le chiffre est d'en* viron 82 pour notre étage E, tandis que 31 seulement ont été décrites pouf toute la série américaine que nous mettons en regard. Parmi ces 31 espèces, 13 appartiennent au groupe inférieur de ' Helderberg. Ce sont des formes disr tinctes de celles de la Bohème, mais analogues et issues des genres caractérisant cette première phase de la faune troisième. Ainsi, J. (laD fait remarquer l'affinité entre les espèces suivantes, dont les unes appartiennent à ce groupe et les autres à notre étage Ë.
r> X T> j* TT 11 ( Bront. Partâchî Barr.
Bront Barrandi. Hall. ^ ,^ , ^. „
I Bront. nuntius Barr.
Phac. Logani Hall. | Phac. fecundus Barr.
A ùe rapprocheiiient , nous opposons un contraste. C'est que le groupe de DaJmanites Hausmanni fait son apparition en Amérique durant la période qui nous occupe, tandid qu'en Bohème noils ne connaissons ses premiers reptésentana que dans notre étage F. J. Hall décrit dans son Vol. ni quatre espèces de ce groupe appartenant au calcaire schisteux à Delthyrisy c. à d. à un horizon peu tiàigné dd celui 'qui parait correspondre à Fétage F de la Bohêmie. II y a donc encore ici antériorité en faveur dé i' Amérique, mais sans une grande différence par rapport à notre bassin. D'ailleurs, nous allons retrouver le développement tnaximum de ce groupe^ sur des horizons supérieurs et correspondans.
L'pxislencé des grands Crustacés de la famille des Enryptérides confirme et étepd largement les rapprochemens d^à exposés, ainsi que nous allons le constater tout à l'heure, en appelaat l'attention sur le groupe américain du Waterlime.
Les Céphalopodes du groupe inférieur de Heldeil)erg sont mal conservés et se réduisent à 1 Oneoceras (Chmphoc.)y 1 Cyrtoceras et 10 Orthoceras, Cette pauvreté relative est exprimée par le grand paléontologue américain daofi les termes suivans:
^Tandis que dans cette période les Gastéropodes a^ quièrent un développement inconnu dans toutes les autres périodes géologiques de notre pays, les Céphalopodes paraissent réduits au degré minimum, car ils offirent moîm de variétés de formes que durant les autres périodes antérieures ou postérieures.** (Vol. IH p. 812.)
Cependant, nous rappelons que les formations infô* rieures au groupe de Helderberg, comme le groupe dn Niagara et le Coralline limestan^, renferment des Kautilides variés, analogues à ceux qui prédominent si puissamment dans notre étage E. Outre l'espèce cosmopolite OrA. annulatum Sow. que nous retrouvons parmi eux, nous devons faire remarquer l'apparition et la coexistence semblable des genres Trochqoeras^ Ghmphœeraa et J^hragmoeeras, dans les pays comparés. Ce dernier est représenté par une forme non nommée, mais figurée par J. Hall (1. c II PL 78) et qui reproduit tout l'aspect des fbrmeB congénères de notre î étage E, si remarquables par leur ouverture contractée à deux orifices.
Lbs Ptéropodes nous offrent les analogies habituelles dans les formes du genre Canularicu^ peu variées dans la sMe américaine, comme dans notre étage E. Mais cette eiasae nous présente im double contraste. D'abord, on reIDa^ quera (p. 223) unô formation nommée Ckiieaire à Timtacth lites, parmi celles qui constituent le groupe inférieur de Helderberg. Ce nom indique la prédominance de ces petits Ptéropodes sur cet faorision, inférieur à celui qui nous montre le grand, développement des Capuloides. Ep Bo* hême, au contraire, l'existence des Tentàcdites dans notre étage E ne nous est pas encore démontrée d'une manière
^ 2âi -.
définitive. Par une sorte de compensation, nous ferons ob^ server que le genre Hyolitea Ëichw. {Theca Sow.=Pt/^tincuhië Barr.) n'est pas représenté dans toute la série américaine comparée à notre étage E, tandis que celui-ci nous en a fourni 7 à 8 espèces.
La classe des Acépbalés ne peut en ce moment nous ofiiîr aucun document important , parce que nous n'avons pas encore pu l'étudier suffisamment en Bohême.
Quant aux Bryozoaires et Polypiers du groupe inférieur de Helderbergy J. Hall nous enseigne dans le passage cité ci-dessus (p. 225) qu'ils appartiennent aux mêmes genres que ceux du Niagara, et qu'ils offrent des espèces très-smnblables. Ce fait établit entre ces horizons une connexion suffisante pour confirmer les vues que nous exposons.
Considérons maintenant dans la série américaine deux subdivisions locales et intermédiaires, caractérisées par des faunes qui contrastent avec celles des groupes extrêmes, Niagara et Helderberg inférieur. Ce sont celles qu'on nomme groupe du Waterlime et groupe salif&re d'Onondaga.
Oroupe salifàre d'Onondaga.
Ce groupe, dont la puissance s'élève jusqu'à 1000 pieds, est cependant une formation locale qui, suivant J. Hall, n'est développée que dans la partie ori^itale de l'Etat de N. York, et disparaît en s'amindssant graduellement vers le Sud-Ouest. ('Mep. on Làke Super. IL p. 299, 185L/ Ce fait nous autorise à penser avec l'éminent géologue américain, que ce groupe n'est pas explicitement repi^éaei^ en Europe.
La même autorité nous enseigne, que la faune attribuée à ce dépôt salifere ne se montrant que vers ses deux lÎBÛtes dans le sens vertical, les fossiles de la partie infé-
rieure pourraient ôtre adjoints à la faune du Niagara, et ceux de la partie Bupérieure à la faune du Waterlime. (Pal. of N. York IL p. 339.) Dans tons les cas, il est constant que ces fossiles sont peu nombreux, et si mal conservés, que leur détermination est diffic^. Cekti d'être eux qui attire le plus Tattention par s^ forme, est Megalonvu^ Caauêdens^Uy bivalve de grande taille, qui se présente comme les autres sei^ement à Tétat de moule interne. Nous ne connaissons pas de forme semblable dans notre terrain, mais, par compensation, nous pourrions citer dans notre étage E, les fermes que nous nommons AtMpleura, comme aussi singuliàres et comme également renfermées dans certaines conches locales. La plupart des antres moulps du groupe salifère représentent des Ga^ropodes dont nous pourrions citer aussi les semblables dans notre même étage. Enfin, nous remarquons (1. c. PL 84) la figure de Cyrtoc. arcticameratumy qui reproduit les apparences des espèces constituant Tun des groupes de ce genre, qui caractérisent notre baïkde e 2, ou la partie supérieure de notre étage E.
Ainsi, malgré rimpossibiiité d'assigner dans notre bassin un équivalent stratigraphique au groupe saliftre d'Onondaga, nous ne trouvons dans sa faune aucun caractère prononcé, qui puisse la distinguer de la première phase de notre faune troisième, avec laquelle elle montre, au contraire, une grande affipiité. La présence de cette formation dans la série américaine ne trouble donc aucunement la correspondance que nous concervons entre cette série et Tétage E, que nous lui comparons.
Groupe du calcaire hydraulique ou Wateilime.
Ce groupe, intercalé vers le milieu de la hauteur de la série qui nous occupe, se distingue de tous les autres par ime faune peu nombreuse , mais toute particulière. Suivant le grand paléontologue américain, elle se compose presque uniquement des grands Crustacés de la fiumâle
B Euryptéridee, a^eoJc^iés à qu^lqueâ aiitref erùstàcés et ^llusques de petite taille. I^s grands crustacés sont présentés par 3 genres^ feumiaBant ensemble 14 à lô pèces, savoir:
Ënrypterus )
Dolichoptertts j •...••.. 8 espèces
Pterygotus 3 ^
Ceratiocaris )
Lep^ochetes ] - • •. - • • • • • 3 à 4 e^pèçee
14 espèces.
Lea autre» fossiles trouvés avec les Ëurjptérides as le Waterlime sont peu nombreux, et J. Hall jcîte ilement 9 Leperditia^ 1 Discina, 1 dfOnulariay 1 Lin^ Ua. La plupart sont très-rares, et aucune de ces formes peut contribuer à déterminer une époque absolue. W. 0/ N. York m. p. 391.)
J. Hall considère ce dépôt comme représentant en nérique rhorizon le plus élevé de Fétage de Ludlow en igleterre, o. à d. les couches dites TUeatones. On sait e ces couches renferment, dans la contrée typiq^ie du 'stème Silurien, à peu-près les plus anciens restes de îssons, associéf avec divers grands crustacés des genres irypteruêy Pterygotiis &c. £n outre, à Lesmahago, en ^sse, elles offrent un riche gisement des mêmes Euryptéles, mais sans les poissons.
Or, en exposant à la socjété géol. de Londres la couverte de ces fossiles de Lesmahago, par M. Robert [mon , Sir Rod. Murchisoq termina son instructive <comuncation par ces lignes:
^Partout où se trouvent ces grands crustacés associés de petites Linffuia ou autres fossiles^ nous pouvons être rtains, que nous sommes sur le sommiet ou près du timet ei(trême de toutes, les roches aùcquelles le nom
Ae Silurien peut être lippliqué, et que la couche reoou* vrante la plus voisine appartient à la première grande £re des poissons, c. à d. au dévonien, ou vieux grès rouge, car la bande étroite de transition qui nous occupe, reste encore aujourd'hui telle que je Fai définie il y a 21 ans, savoir: la couche la plus basse dans laquelle on ait découvert la trace à!\m véritable anipal vertébré.^ (Q^art, Joum, p. 24j 1855.)
Cette conclusion citée par J. Hall (L c. p. 388) et admise par lui avec la rigueur la plus absolue, Ta entraîné à modifier ses anciennes opinions et à admettre la contemporanéité du Waterlime avec les couchas de Lesmahago, c. à d. avec Thorizon des Tileatones d'Angleterre. Qu'il nous soit permis à cette occasion, de présenter les observations suivantes:
1. D'après les faits connus, Eurypterus et ses aUié$ coexistent avec les premiers poissons en Angleterre. Par conséquent, au Ueu de prendre l'apparition de ces Crustacés comme le signe infaillible d'une époque déterminée, si on voulait attribuer, avec le même droit, ce privilège aux poissons, il faudrait faire remonter l'horizon des TUe^tùnea jusqu'au niveau du grès d'Oriskany ou du grès de Schoharie , où les premières traces de poissons ont été trouvées en Amérique.
2. Il est d'aiUeurs constaté, que les JSuryptérides ont existé sur divers horizons très-distincts. En efiet, d'après M. Salter, le genre Eurypiema concentré et prédominant dans le Waterlime, se prc^age en Angleterre à partir du Ludlow supérieur, où il apparaît, à travers les dépôts dévonîens, jusque dans l'étage inférieur du terrain Carbonifère. (QiiarL Joum. p. 229^ 1858.)
3. D'après les documens cités ci -dessus (p. 188J JEhirypterus apparaît dans l'île d'Oesel, non seulement avec une remarquable variété de poissons, mais enco]:e avec
des espèces multipliées de moliusqnes qui caractérisent^ non les THlestonêê en particulier, mais l'étage de Ludlow en général, et dont plusieurs sont même comptées parmi les fossiles caractéristiques de Wenlock (p. 190). U serait donc difficile d'admettre que cet horizon, dans l'île d'Oesel, représente exactement celui des TUestoneSy où les mêmes ioBsiles n'existent pas.
4. D'après M. le Doct Schmidt, dont nous avons cité le voyage à Gothland (p. 193), Eurypterus remipes se trouve dans cette île, également associé à divers fossiles siluriens, représentant l'étage de Ludlow en général, sans ses subdivisions distinctes, mais aussi sans aucune trace de poissons (L c p. 55).
5. En Bohême, les Ëuryptérides sont représentés par de rares espèces, appartenant aux trois mêmes genres que partout ailleurs, et dont nous indiquons la distribution verticale.
.1 1 tH
fl 1 f2
Eurypterus . Dekay. | .
Pterygotus • AgassizJ .
Ceratiocaris) ^,.^ 1 Leptocheles| * - I '
+ Col.
Ces trois genres sont précisément les mêmes que ceux qui sont le sujet du beau travail de J. Hall, inséré dans le Vol. m déjà cité. Mais, dans notre bassin, les restes de ces Crustacés sont si incomplets, qu'il eut été impossible de se figurer la forme des animaux qu'ils représentent, sans les ehseignemens que nous avons successivement reçus de M. IL Dekay, Ferd. Roemer, Salter, Huxley, Nieszkowski, et J. Hall. Ainsi, il y a plus de
20 ans que nous a^ons necoeilli les fragnic^n^ à'MurjfpUrui BohemiciMy mentiomiéB! aoua le nom de JLeptonoitis Bohenùcua. dans notcB ParaUèlé entre la Bohême et laScandÀp,avie p. 58^ 1856. Noua avéns indiqué en même temps, Texiatenoe de aemblablea foaaâea trouréa dans File de Oothland par Jt. Angalin* Maî^, ce n'^at qu'à l'aide de» figures et deacriptîona publiées depuia cette époque, qu'il noua a été possible de nous convaincre de la nature générique de ces fosaîka. Bb $ettibleiift| n'jn^u^r qu'une aeule eapèoe^ qui, malgré $a rareté, .aui^ait traversé la loi^gu^ période du dépôt de notre étc^ge E. Noua trouypna dani notre étage F des fragikieoa qui pQuriraie^t auaai, appartenir à ce genre, ou à un g^inre yoiain.
Le type Pterygotus eat repréaenté par dea fragmens beaucoup plua nombreuK^ mais |r(^;inç€!i^plelB rppur nous guider dans la distûaati.QDrdoa ^apèçea, que AOua pouvo^a auppoaer au nombre 4e ^ ou ^. jËllea offirent upe étendue verticale aemblable à celle de notre JHuryptertiSj et d'apo*^ certaina veatigea douteux, ce genre aérait auaai indiqué
.dans notre étage F.
' Enfin, Ceratiocaris où Leptochelee, dont noua diatînf
iguons 3 à 4 foimes, a fait sa première apparition dank jnos Colonies, c. à d. dans notre bande ^ 5, horizon cotof Iparable à celui de Llandovéry, où il apparaît en Angles [terre. Puis, il a'eat propagé jusque .daJûiï:liQti*e i$tage F, ou jnoua en connaissons une espèce.
On voit que les rares Euryptéridea de Bohême, presque toua oonc^ntpréa d^a.notfe étage E| ço];i8|tita^i|t l'un dea élémena normaux et cQnatana de la prei^ièçephaae d^ notre faime troi9iàme. Maia ila ae montrent^ au^i^ aoceaaoir rfsmçnt avant ou après, ; cfttte phase. , Ainpi, ^'un de leui^ derniers repréi^entans, C/erat^oc. délais B9,xt. a é^ çontem;porain de Cocco^teue pri^ys ^ c à d. de notre premier poiaaon, dans l'étage F, pu 4&na laaepon^e.pba^ de la même fai^ie, , , . , ^ ,, ^;. / ,
Diaprés ces -faits, èti oonsidérant le WaJterlvme comme partie intégrante des dépôts qui représentent notre étage E, dans TËtat de N. York, les Ëuryptérides auraient apparu et ffubsisté à des époques, si non synchroniques, du moins très-rappmchées, avant Tapparition des poissons, dans les dedx contrées comparées;
L'association ii!^% Mv/njpterika avec des fossiles dé Lfidlow et de Wenlock dons les tles de Gotfaland et d'Oesel serait en harmonie, avec cette manière de voir. Mais s'il fkllait aèmetk^, que les poissons ont apparu dans Tîle d^Oesel plutôt que dans les autres régions de TËurope^ esÉte opinion concorderait encore avec notre doctrine de contemporanéité relative et non absolue.
En somme, la série américaine comprenant le groupe de Niagara jusque vers le sommet du groupe inférieur de Helderbeig^inousf présente des connexions paléontologie ques assez ihultipUées avec noti^ étage E. pour que nous puissions cansid^ei* Fime et l'autre comme renfermant également la première* phase* de la faune troisième Silu^ rienne. Cette phase ne se montre pas ^ur les deux oooti* n^DS^ avee> une majorité • numérique d'espèces identiques, se «pooédant suivant' le mjème ordre, et existant durant le même espace de temps. Elle se manifeste principalement par l'imposante harmonie résultant de l'apparition et de l'existence relativement concordante des mêmes types, développés sous des formes semblables ou représentatives, offrant' entre elles les seules affinités que l'étude de la nature vivante nous enseigne à reconnaître, entre les faunes contemporaines des deux continens. La présence de quelques espèces identiques sert seulement de confirmation à ces vues. L^s espèces communes aux Etats-Unis et à la Bohême sont indiquées dans le tableau ci-joint d'après celui de M. de Vemeuil (1. c. 1847), en y ajoutant l'indication de quelques unes des formes représentatives, dont le nombre est très-considérable. Les espèces identiques en Amérique et en Angleterre sont beaucoup plus nom-
breuses et sont éanmérées par M. de Vemeuil et aussi par M. le Frof. Dana, dans son Mcunual p. 261 &c.
Nous ferons remarquer, que la plupart des formes de la faune troisième qu'on peut considérer comme identiques ou comme représentatives en Amérique et en Bohème, appartiennent à notre étage E. Ce sont, en général, les mômes espèces qui figurent dans nos tableaux relatifs à TAngleterre, la Suède, la Norwége, la Russie &c EUes jouissaient donc d'une grande , diffusion horisontale , embrassant les deux zones paléozoiques du Nord et du Centre de l'Europe. En outre, plusieurs de ces espèces avaient apparu oans la faune seconde des régions de la loiie Septentrionale, ainsi que nous l'avons constaté ci-dessus, et en diverses autres occasions. En harmonie avec ce fait, on remarquera aussi, que diverses formes qui ont existé en Amérique dans la première phase de la faune troisième, ont apparu plus tard en Bohême, c. à d. dans la seconde phase, représentée par notre étage F. Nous allons revenir sur cette observation, qui tend à montrer de plus en plus l'impossibilité d'établir dans les séries stratigraphiques des diverses régions paléozoiques, des systèmes, étages ou subdivisions quelconques, qu'on puisse considérer comme représentant des périodes de temps égales et synchroniqnes.
identiques ou représentatives dans la première phase de
la Faune troisième.
Poissons.
Crpstacés.
le Binnienbachi . . Broogn.
Il \Hausmanni . . Brongn.
iBarriensû .... March.
Bouchardi .... Barr.
18 inrignis .... Beyr.
xoehufi miras . . Beyr.
ras Dekay.
iHB ....••. Ag.
:ari8 M'Coy.
[Céphalopodes,
ras annolatum . . Sow.
sceras Brod.
(ceras Sov.
cras ••.... Barr»
Qastéropodes.
des
Brachiopodes.
marginalis .... Daim.
a iransTersalis . . Daim.
tumida Daim.
slegaotnla Daim.
ybrida? Sow.
cnis galtatos . . . Daim.
QDeata Daim.
Niella defl«za . .Sow.
oneDa Wilsoni . . Sow.
snlcatus His.
im retieiilaiis • . Linn.
mena depressa . . Sow.
Biyozoatros.
glU^lgraoilis . . . Hall.
(Bohemica . . Barr.
Wmioaiis .... Hall.
(Geinitzianns . . Barr.
Polypiers.
» Gothlandica • . Linn.
« catenalatus . . . Linn.
Etat de H. York
Bohtme
Représentatm approximative de Tétage F de Bohême, dans les Etats-Unis d'Amérique.
La prédominance, dans le calcaire schisteux à Delikyrisj des Gapnloîdes semblables à eertK de la Bohème, nous a porté à comprendre cette formation américaine dans la représentation de notre étage E. Mais nous avons déjà fait remarquer, dans le même calcaire à DelthyrU^ l'apparition de 4 espèces de Trilobites appartenant au groupe de Dalman, Hausmanniy qui se montre pour la première fois dans notre étage F, sous deux formes, IhUm, rugosa Qi Daim. Réussi. A ce premier signe avant-coureur de la seconde phase de la faune troisième en Amérique, viennent s'ajouter d'autres indices de son origine au dessous du sommet du groupe inférieur de Helderberg. Ces indices sont:
1. La disparition presque totale des Céphalopodes, signalée par le Prof. J. Hall, dans le passage cité ci-dessus (p. 230) et que nous avons semblableinent constatée pour notre étage F (p. 35).
2. La prédominance à laquelle tendent les Brachiopodes, sous le rapport de la variété de leurs formes, carac* tère qui distingue également notre étage F. Nous ferons particulièrement remarquer la présence du genre MeriHa représenté dans les pays comparés par des formes trèssemblables, telles que Merista Herculea Barr. typé du genre, et Mer. princepa Hall, Mer. subquadrata Hall, &c. Nous voyons également les Pentamères se multiplier beaucoup dans notre étage F, où nous en comptons 10 à 12 espèces, dont quelques unes très-prolifiques. Ainsi, cet étage renferme le caractère qui a été choisi pour distinguer deux des formations du groupe inférieur de Helderberg , et en particulier celle qui en formç le couronnement.
D'après ces rapprochemens^ on voit que les formations supérieures de ce groupe américain offrent déjà des connexions très-apparentes avec la seconde phase de notre faune troisième , tout en nous ^montrant des connexions encore plus fortes avec potre étage E. II serait donc impossibie, dans l'état actuel de la science, d'assigner une limite déterminée entre les équivalens de nos étages E— F, dans la région comparée, mais on pourrait la placer approximativement vers l'horizon du calcaire à Ëncrines.
Quant à l'extension verticale de l'équivalent approximatif, que nous cherchons pour notre étage F, nous ferons remarquer, que c'est le moins puissant des étages de notre division supérieure. U nous semble donc qu'on pourrait se borner à y comprendre le grès d'Oriskany, qui, par son épaisseur relative et surtout par ses fossiles, parait correspondre à une subdivision de même étendue, et encore mieux à une phase semblable de notre faune troisième , malgré les contrastes locaux , très-marqués , que nous allons constater.
1. La première trace de l'existence des poissons en Bohème a été découverte dans notre étage F (voir p. 22). C'est un fragment jusqu'ici unique, reconnu par M. le Prof. Pander, comme appartenant à une espèce distincte du genre Coccosteua. De même, en Amérique, le plus ancien fragment cUtribué à un poisson a été découvert dans le grès d'Oriskany, suivant une note du Prof. J. Hall (L e. m. p. 42). Les dépôts comparés auraient donc été contemporains de l'apparition sporadique des premiers vertébrés, dans leur régions respectives.
2. La classe des Crustacés a fourni dans notre étage F environ 78 espèces de Trilobites, une espèce de Ceratiocaris ou Leptoeheles avec des fragmens qui peuvent appartenir aux Eurypterus ou aux Pterygatus. Nous y trouvons en outre de nombreux Cythérinides, de taille gigantesque, par rapport aux formes exiguës qui représentent habitu-
ellement cette famille. Lea valves de notre Cpth t regina atteignent une longueur d'environ 10 centimètres.
Rien de semblable n'existe dans le grès d'Oriskanj, car le Prof. J. Hall n'indique la présence d'aucun crnstaoé quelconque, sur cet horizon. U y a donc, sous le nq>port des crustacés, un contraste absolu entre les deux horisons comparés.
3. Les Céphalopodes, après un immense développement dans notre étage E, éprouvent une grande et subite réduction dans notre étage F, où ils sobt représentés par un petit nombre de formes génériques et spécifiques, comme nous l'avons constaté ci-dessus (p. 35)^ Nous observons dans le grès d'Oriskany une disparition presque totale de la même classe, car le Prof. J. Hidl nou3 enseigna (7. e. HT. p. 480) qu'un seul Orthocère a été trouvé dans cette fo^' mation, sans qu'il existe aucun autre reste de Céphalopodes, parmi les collections rassemblées, par lui sur cet horizon, dans les Etats de New- York, Maiyland et Virginie. La diminution progressive de cette classe, signalée par le même âavant, dans le groupe in£érieur de Helderberg, annonçait déjà cette disparition. Ces deux faits^ e& harmonie avec la lacune analogue dans notre étage F, constituent l'un des caractères généraux, les {dus marquât^ de la seconde phase de la faune troisième Silurienne.
4. Les Ptéropodes représentés dans noiare étage F par 2 (jonuloTia et 10 HyoliUe (Pu^nc.y paraissent rares dans le grès d'Oriskany, puisque le Prof. J. Hall ne eite que 2 espèces du premier genre dans cette formation, sans aucune mention du second.
ô. Les Gastéropodes et surtout les Capuloîdes vien^ nent suppléer à cette sorte de défaillance des classes que nous venons de comparer. Nous avons déjà signalé la présence, dans le grès d'Oriskany, de lô espèces des genres PliXtyo^Uma y Straphœtylus et Platycerae^ parmi
lesqueliee ploeieurs avaient déjà apparu dans, le groupe inférieur de Helderberg (l. c. III. p. 403). Nous répétons, que presque toutes ces formes peuvent être considérées comme représentatives de celles qui existent dans notre bassin, les unes dans l'étage E, les autres dans Tétage F. Parmi ces dernières, nous nous bornons à citer notre NiUica greffaria comme représentant Strophostplus eœpan^ sus Hall. Nous remarquons encore, que le Prof. J. Hall dgi^^e dans cette formation l'existence de deux espèces spinifères, annonçant les espèces ornées des mêmes appendices, dans le groupe supérieur de Helderberg. Or, notre étage F nous oSre aussi diverses formes spinifères, n'appartenant pas il est vrai aux Capuloides, mais à divers types tels que Euomphalus tubiger Barr», Tvibina spinosa Barr., Tub, armata Barr. &c. La classe des Gastéropodes contribue donc puissamment à établir les analogies entre le grès d'Oriskany et notre étage F.
6. Les Acéphales sont presque uniquement représenter par quelques grandes Avicules dans le grès d'Oriskany. Ce g^ire fournit aussi plusieurs formes de diverse taille dans notre étage F, mais leur fréquence est bien moindre que celle des Pleurorhyncus, dont aucune espèce ne paraît exister sur l'horizon comparé en Amérique. En somme, dans les deux pays, cette classe ne joue qu'un r61e très-secondaire, dans la faune de cette époque, en comparaison des Oastéropodes et surtout des Brachiopodes.
7. Ce sont en effet les Brachiopodes qui constituent, aussi bien dans notre étage F, que dans le grès d'Oriskany, la classe prédominante, à la fois par la variété des espèces, par le développement de leur taille, et par la multiplicité des individus. A ce sujet le Prof. J. Hall s'exprime ainsi:
^Certains Brachiopodes inconnus avant la période du groupe inférieur de Helderberg acquièrent dans le grès d'Oriskany un développement vraiment étonnant, et deux
genres au moins y atteignent leur point culminant, à partir duquel ils vont en déclinant Dans ce grès, nous rencontrons pour la première fois, dans les formations de N. York des Spiri/er avec des côtes bifurquées, caractère qui se montre constamment dans quelques espèces des périodes suivantes et surtout dans le cidcaire carbonifère et les CoaL metutires" (L c III. p. 40).
Bien que Thorizon américain fournisse plus de grandes espèces que celui de la Bohême, nous citerons parmi celles qui se font remarquer, sous ce rapfK)rt, dans notre bassin :
Rhynchon. princeps • . B.
Spirifer secans B.
Spirifer togatus . . . . B. Pentam. optatus . . . . B.
Chonetes V^nïeuili . . . B.
Strophom. Sowerbyi . . B.
Strophom. Bouei . . . . B.
Orthis distorta B.
Dans le grès d'Oriskany, ce sont surtout, Orthii^ Strophodonta , Spiri/er, RhynchaneUay Chonetes y JEatonia, Renaeellaria, qui se distinguent par leur grande taille. Les deux derniers de ces genres ne paraissent pas exister dans notre bassin.
Nous ne pourrions, en ce moment, citer aucune identité spécifique parmi les Brachiopodes, mais il y a de grandes analogies de forme entre divers Spirifer, Strophomena &c. Notre Orthis distorta pourrait à peine être distinguée de Orthis deformis Uall, qui appartient au calcaire supérieur à Pentamères, c à d. à la formation immédiatement inférieure au grès d'Oriskany, et que nous lui adjoignons dans nos rapprochemens (1. c. III. p. 174 PL 15).
Quant à l'apparition des premiers Spirifères à pUs dichotomes, sur cet horizon, dans'l'Ëtat de N. York, le Prof. J. Hall nous apprend dans une note (L c. lll p. 41), que dans la région de TOuest, une espèce de ce genre, à côtes bifurquées, a été découverte dans des couches dont
r^e est à peu près celui du groupe de Niagara. Nous ajouterons qu'en Bohême, notre Spir. nobilisy caractérisant Tétage E, présente des plis dichotomes. Ainsi, ce caractère qui se développe durant les époques suivantes, n'est qu'un signe avant-coureur, dans le grès d'Oriskany, aussi bien que sur Thorizon du Niagara et de notre étage E.
Nous devons encore rappeler, que les Brachiopodes de notre étage F offrent des affinités prononcées et même plusieurs identités avec ceux du terrain dévonien. Nous citerons:
Rhynchon. Eucharis Rhynchon. princeps Spirif. heteroclytus Lept. Phillipsi Spiriger. reticulariB Strophom. depressa
Strophom. Bouei.
Strophom. Bohemica Orthis Gervillei Retzia Haidingeri Pentam. galeatus.
Ces espèces ont été reconnues par M. de Vemeuil, parmi celles du dévonien inférieur, en France. (BulL Réun. au Mans 1860.) Nous y ajouterons, PenU acittolobaius Sandb. des bords du Rhin, et notre Peut, optatns, reconnu par M. Schnur dans )a même contrée.
Dans le grès d'Oriskany, apparaît de même le grand Brachiopode, Orthis hypparionix décrit parmi les espèces de l'Ëifel par Schnur. Mais cette formation américaine ne renferme pas, selon les déterminations du Prof. J. Hall, Spirif. macropterus, espèce caractéristique, dont M. de Vemeuil avait cru reconnaître la trace dans des empreintes incomplètes. Nous devons aussi faire remarquer sur cet horizon, comme dans notre étage F, l'absence totale des Brachiopodes à grandes aUes, qui caractérisent diverses contrées dévoniennes en Europe.
8. Les Bryozoaires et les Polypiers ne paraissent pas avoir laissé de traces dans le grès d'Oriskany, tandis qu'ils
Bont représentés par d'assez nombreuses espèces dans les calcaires de notre étage F.
En somme, malgré les contrastes que nous venonB de signaler, et qui peuvent dériver, en grande partie, de la nature totalement différente de leurs roches, le grès d'Oriskany et notre étage calcaire moyen F offrent des analogies très-remarquables. Us nous semblent donc pouvoir être considérés comme représentant dans des régions très-éloignées et très distinctes Tune de l'autre, une phase semblable de la faune troisième Silurienne, offrant de grandes connexions avec la phase précédente. Ces connexions ont été bien remarquées par le Prof. J. Hall, qui constate que, malgré le grand changement dans les conditions physiques, qui a dû avoir lieu entre les dépôts calcaires du groupe inférieur de Helderberg et le grès d'Oriskany, les changemens dans la faune sont principalement de nature spécifique, sans introduction d'aucun nouveau genre (1. c. m. p. 402). Plus loin, cet éminent observateur ajoute:
„I1 est donc impossible de signaler dans la faune de cette période aucun changement suffisant, pour indiquer le commencement d'un nouveau système, et ses relations avec les formations inférieures sont aussi intimés qu'avec les formations supérieures. En outre, dans les Etats du Centre et du Nord, la faune du grès d'Oriskany présente des connexions plus fortes avec les formations placées au dessous, qu'avec celles qui sont au dessus^ (1. c. III p. 403).
D'après ces considérations, émanant du savant qui a le mieux étudié les élémens paléontologiques qui ont servi à nos comparaisons, il nous semble que, dans aucun cas, le grès d'Oriskany ne peut être regardé comme représentant en Amérique la base intégrante du système dévonien. Tout nous porte, au contraire, à voir dans ce dépôt une représentation approximative de notre étage calcaire moyen F.
Représentation approximative des étages 6 — H de la Bohême dans les Etats-Unis d'Amériqne.
Nous rappelons le nom et l'ordre de superposition des subdivisions américaines^ qui nous semblent représenter, d'une manière approximative, nos étages G — H, renfermant la dernière phase de notre faune troisième Silurienne (voir. p. 219),
Division supérieure de Helderberg.
'Calcaire comîf&re Etages G — H \calcaire d'Onondaga
Jgrèd de Schoharie f grès à queue de coq.
Dès 1851, dcms le mémoire: cité^ le Prof. J. Hall avait clairement montré, que la limité assignée en Amérique aux systèmes Silurien et dévonien par les savans ËQix>(>éenB, était peu satisfaisante, sous le double rapport de la diëtSnëtion absolue des faunes et de leur harmonie àveo èelles deè régions typiques en Angleterre. Nous reproduisons divers psissages dans lesquels Fémînent observateur américain a exposé ses observations à ce sujet. Notts lisons d*abord dans le Rep. de Poster et Whitney II. p: 802 les lignes suivantei^:
„U a été difficile d'établir la limite inférieure du système ' dévonien dans les Etats-Unis. Kous avons pu reconnaître Textension de la série équivalente à la formation de Wënlofek, jusqu'à une hauteur comprenant les calcaires du groupe inférieur de Helderberg, dont nous avons pîai^lè; mais il nous a été impossible de trouver des couches correspiiidàiit aux roches de Ludlow, à moins d*y comprendredei groupes placés beaucoup plus haut dans la série, et de remonter Jusqu'au groupe de Hamihon."
Le Prof. J. Hall indique diverses espèces de Tétage de Ludlow, qui se retrouvent aux Etats-Unis dans le grè« de Schoharie, c. à d. au dessus de Ut limite assignée au système dévonien (p. 303). Plus loin (p. 307), après avoir réduit et rectifié la liste des 15 espèces, les unes siluriennes, les autres dévoniennes, indiquées par M. de Verneuîl, comme se trouvant à la fois en Europe et dans les calcaires du groupe supérieur de Helderberg en Amérique, il conclut en ces termes:
„Par conséquent, nous devons continuer à considérer ces dépôts calcaires comme très faiblement représentés dans le système dévonien de l'autre côté de l'Atlantique. En réalité, nous ne pouvons pas voir après tout, qu'il ofirent plus de ressemblance avec la série dévonienne qu'avec celle de Ludlow, et le nombre des espèces de ces deux subdivisions du groupe supérieur de Helderberg, qui passent dans le groupe de Hamilton, n'est pas aussi grand que celui des espèces de Ludlow, qui s'élèvent dans le dévonien d'Angleterre^ d'après les autorités citées.
„Nous constatons ici, comme dans les listes du mémoire de M. Sharpe, qu'il y a comparativement peu d'espèces dévoniennes au dessous du groupe de Hamilton, et que ces espèces elles-mêmes ne sont nullement des formes caractéristiques. Bien que nous admettions les conclusions de M. de Vemeuil, en général, cependant, nous sommes encore incapable d'apprécier l'évidence qui placerait tous ces dépôts en parallèle avec le dévonien d'Europe.''
Ces termes si explicites, émanant du savant qui connaît le mieux les faunes américaines, ont guidé et raffermi nos propres opinions, dès le jour où nous avons cherché à nous rendre compte de la correspondance approximative entre la série Américaine et celle de la Bohême. Nous ne retrouvons pas, il est vrai, dans V Introduction du Vol. UI de la Pal. of N. York l'expression renouvelée des mêmes opinions. Mais le Prof J. Hall, en conûdérant
le groape inférieur de Helderberg comme non reconnu, et probablement non représenté en Angleterre (p. 34), semble nous autoriser d'avance à mettre les formations américaines en parallèle avec celles de la Bohême, dont nous ne trouvons pas non plus la représentation explicite dans les îles Britanniques.
Nous allons donc exposer les rapprochemens et coil^ traates que nous ofirent les faunes des formations mises en r^ard sur notre page 247. Cet essai sera plus incomplet que les précédens, parce que la faune du groupe supérieur de Helderberg n'a pas été jusqu'ici illustrée comme celle des groupes antérieurs. Cependant, J. Hall a déjà décrit la plus grande partie des fossiles de cette faune, en donnant les figures de quelques uns, dans les ^?m. MeparU of ihe Régenta of the VniversUy of the State of New'Yorh. Malheureusement, nom avons laissé à Paris une partie de ces précieux documens, dont nous regrettons vivement le manque aujourd'hui, sans pouvoir y suppléer.
Nous ferons d'abord remarquer qi|e, dans l'Etat de New- York, les formations nommées grès à queue de coq et gras de Sehoharie^ ont relativement peu d'étendue horizontale et disparaissent vers l'Ouest, tandis que les dépôts calcaires couvrent, au contraire, dans l'Amérique du Nord, mué immense surface, dont J. Hall évalue la longueur à plus de 1500 milles, ou environ 2,600 Ealomètres. Ce savant fait aussi observer, que ce bassin reproduit les dimensions de celui du groupe de Niagara. Or, en Bohême, la masse calcaire de notre étage G paraît avoir aussi occupé une surface semblable à celle de notre étage E, en conservant dans toute son étendue les mêmes apparences pétrographiques, et la même faune, comme nous l'avons constaté ci-dessus (p. 136)*
Parcourons maintenant les diverses classes des fossiles, pour i^précier les analogies et les contrastes qu'ils présentent dans les deux bassins comparés. '
1. Les poissons se montrent d'une manière indabitable dans le grès de Schoharie, et parmi leurs restes on avait cru reconnaîti:e le genre Asterolepisy cité avec doute dès 1847^ par M. de Vemeuil. Le Prof. J. Hall nous enseigne, que les vestiges de ces vertébrés deviennent plus nombreux et plus variés vers FOuest, dans les calc^air6s formant la partie supérieure de ce groupe (1. c. III. p. 43^. Ce savant fait observer à la p. 44: „Que ces fossiles, bien qu'ils ne soient encore ni aussi abondans, ni aosn remarquables que ceux de la même période en Ekurope, correspondent néanmoins par leurs caractères avec ceux du vieux grès rouge d'Angleterre et d'Ecosse." Cette observation pourrait ' s'appliquer littéralement aux restes de poissons que nous avons décrits ci-dessus, comme sporadiquement disséminés dans les calcaires de notre étage G (p. 26). E3Ie vient donc à l'appui des rapports de contemporanéité, que nous concevons entre cet étage et le groupe supérieur de Helderberg.
Plus récemment, en 1863, M. le Prof. Dana dans son Manual (p. 276), nous a enseigné que^ parmi le» firàgmens de poissons recueillis, soit dans ie grès de Schoharie, soit dans les calcaires superposés , on a reconnu les genres Cephalaspiê Ag. et Holaptychius Ag., qui se trouvent en Europe, et un type nouveau, MacropeUJ^ûfUhpe, qui est rapproché de Aster olepis Ëichw. L'os de nageoire 'attribué à ce type et figuré dans le Manual p» 27Ô^ rappelle beaucoup les apparences des restes oiseux que nous rapportOBS au genre Ctenacanthuê , dans notre étage 6^ On sait d'ailleurs qu'en Angleterre, le gi^xïTQ Gephalaspis existe dans les couches dites Poêsdge hedsy au sommet do l'étage de Ludlow. Ainsi, les poissons du groupe supérieur de Helderberg n'infirment pas ses connexions avec la faune troisième Silurienne, et semblent, au contraire^ les étendre, à l'égal de celles de notre étage G.
2. Les crustacés, c. k d. les Trilobites de ce groupe américain, viennent. fortement confirmer ces rapports. Eo
effet, remarquons d'abord que le genre Calymenej qui, en Europe, n'a jamais été réellement observé au dessus des limites du Système Silurien, existe dans le grès de Schoharie, sous la forme de CaZyjn* platya Ghreen. Cette espèce très-rapprochée, selon le Prof. J. Hall, de Calym. Blumenbctchi var, major Murch, peut cependant être distinguée par certaines différences, et particulièrement par la forme de Fhypostôme. (75. Ann. Rep. p. 54* 1862.^ En harmonie avec ce fait, nous rappelons que notre bande g 1, formant la masse principale de notre étage G, renferme Caljfln. interjectay qui est également très-voisine du type de ce genre, et qui se trouve dans toute l'étendue horizontale de cette bande.
£n second lieu, le genre Dalmanîtes acquiert le maximum de son développement spécifique dans notre étage G, comme dans le groupe supérieur de Helderberg. Dans ce dernier, il est représenté par 11 formes, dont 2 dans le grès de Schoharie, et 9 dans les calcaires qui le recouvrent. Sur ces 11 formes, 9 appartiennent au groupe de Dahn. Hauamanni^ comme les 8 espèces qui existent dans l'étage G de notre bassin. Bien qu'on ne puisse signaler aucune identité entre ces Trilobites congénères, le seul fait de leur existence établit un rapport de contemporanéîté relative , entre les formations qui les renferment. Cette harmonie est cependant accompagnée par un contraste. C'est que les calcaires du groupe supérieur de Helderberg contiennent aussi deux espèces d'un autre groupe du même genre Dalmanitesy connu sous le nom de OryphdeuSy et qui se distingue par les pointes ornant le bord du pygidium. Ces deux espèces sont décrites avec les autres par le Prof. J. Hall, sous les noms de Daim, myrmecophorus et Dalm^ Pleione (15. Ann. Rep. 1862.) Mais le type de ce groupe, Oryph. calUtelea ou Boothii Qreen, n'apparaît que dana les dépôts dévoniens de Hamilton.
En Bohème, au contraire, conmie dans tous les bassins siluriens de l'ancien continent, le groupe. Cryphaeus
n^existe pas, et il est jusqu'ici exclusivement propre au terrain dévonien. Son apparition en Amérique, à Tépoqae du plus grand ^ développement du genre Dalmanit£ê, ne peut être attribuée qu'au privilège d'antériorité, que nom signalons pour un si grand nombre de formes animales, dans les formations du nouveau contineut
Tous les genres de Trilobites qui coexistent dans les pays comparés, sont indiqués dans le tableau suivant, avec leur richesse spécifique :
fielderberg
«upériear
de BoliéiM