‹ Défense des colonies (volume 2)Chapitre 47 sur 128 · Acidaspîs Murch · texte numérisé non relu

Acidaspîs Murch

Si le lecteur veut bien jeter un coup d^oeil ci-dessos (p. 26) il trouvera sur notre tableau 4 autres genres de Trilobites de notre étage G, Harpes, Cyphaspis, Cheirunu^ BronteuSj offrant ensemble 21 espèces, et qui ne sont pas représentés dans le groupe américain correspondant. Mais nous allons reconnaître, que cet avantage en faveur de la Bohême, sous le rapport des Trilobites, est bien compensé par Tinfériorité de la faux^e de n^s étages G — U, sous le rapport de diverses autres classes, plus ridiement représentées en Amérique sur le même horizon.

Nous ferons remai*quer en passant, que diaprés le travail du Prof. J. Hall, qui nous sert de guide, le nombre des Trilobites américains, dans les groupes au dessus du Helderberg supérieur se réduit à 13, presque tous concentrés dans le groupe de Hanûlton. Ce çh^ffi*e est en

urmonie avec ceux que nous observons dans les bassins »vonien8 de PEurope, et que nous comparons sur Tune )s premières pages du chapitre 6, qui suit

Nous constatons Tabsenoe semblable^ dans les deux issins comparés, de toute trace des grands crustacés on oryptérideSy dans les dépôts renfermant la dernière phase i la faune troisième Silurienne.

3. La classe des Céphalopodes y • dont nous avons fait imarquer la disparition presque totale , durant le dépôt 1 grès d'Oriskany, où elle est réduite au seul Orthoceras 'enoaum Hall, reparaît dans le groupe supérieur de Helsrbeig, avec une variété de formes, qui peut paraître attendue. En effet, le Prof. J. H&U a reconnu dans ce "oupe l'existence de 5 genres et de 21 espèces de Nauides, décrites et en partie figurées par ce savant dans là. Repart of (he Régents. 1862. D'après ces descrip- >ns, leur distribution verticale est indiquée dans le taeau suivant, qui présente en regard la répartition des rmes de la même famille, dans les divers groupes de Stat de New- York, à partir de celui de Clinton, ou groupe î passage.

1ère Phase

2ème

Sème Phase |

Qen res

des

Nautilides

T5 BS

ha

Ortlioceras ) Ormoceras ] ' Cyrtoceras . . .

Oyroceras . . .

Troehoceras . .

Gomphoceras ) Oacoceras ] ' Phragmocera» .

totaux . .

En groupant les nombres de cea Nautilides pour char cune des trois phases, que nous concevons dans la £ume troisième de cette région, comme dans celle de la Bohème, on reconnaît une complète harmonie dans la distribution verticale de cette famille, malgré la grande disproportion de sa richesse respective dans ces deux bassins.

a. Le maximum des espèces se trouve dans la première phase.

b. U y « une disparition presque totale dans la se< conde phase.

c. Le nom'bre des genres et des espèces se développe de nouveau dans la troisième phase, et il s'approche de celui de la phase initiale de cette faune.

Ce sont exactement les relations que nous avons exposées ci-dessus (p. 34) entre les Nautilides qui caractérisent les trois phases de la faune troisième en Bohàme, 0. à d. nos étages E — F — G. Nous croyons donc que cette harmonie doit être considérée comme l'un des indices les plus apparens de la contemporanéité relative des trois phases de la même faune en Bohême et en Amérique. Cette manière de voir par^tra encore plus vraisemblable si l'on remarque, que la variation dans le développement des formes de cette famille a été le plus souvent indépendante de la nature des roches, qui se déposaient à la même époque supposée, dans les régions comparées. En efifet, s'il existe, d'un côté, une grande similitude entre les calcaires argileux du groupe de Niagara et ceux de notre étage E, dans lesquels nous trouvons semblablement 1^ développement maximum des Nautilides , il y a d'un autre côté, un contraste total entre le grès d'Oriskany et les calcaires de notre étage F, qui présentent également le minimum de la même famille. Un autre contraste de même nature existe entre le grès grossier ou grit de Schobarie et les calcaires compactes de notre étage G, dans

lesqads se sont de nouveau développés les Nautilides. Amsiy rhannonie que nous venons de constater dans la distribution verticale des Céphalopodes, sur des parages si éloignés, doit être attribuée à des influences générales, en connexion avec l'évolution normale dés faunes Siluriennes, 6ur la surface du globe.

Nous aurions pu appliquer les mêmes considérations aux autres classes, si les limitas de cette étude nous l'eussent permis.

Enfin, les Céphalopodes nous ofirent encore un autre fait digne d'attention, mais de nature contrastante avec ceux que nous venons d'exposer. II consiste dans l'apparition, en Bohême, du genre OoniatiteSj qui a fourni 16 espèces dans nos étages G — H, tandis que son existence n'eat pas constatée dans le groupe supérieur de Hejderberg. Ce type s'était déjà montré dans notre étage F (voir p. 38). CeÛe antériorité relative, à l'avantage de la Bohême, nous semble comparable à tous les autres faits du même genre déjà signalés à l'avantage de l'Amérique, et notamment à l'occasion de l'apparition du groupe de Cryphaeua parmi les DalmaniteSj que nous venons de faire remarquer (p. 251) sur le mième horizon. C'est une sorte de compensation, à laquelle on pouvait s'attendre, d'après les lois de la nature.

4 Les Ftéropodes sont représentés dans le groupe supérieur de H^derberg par une seule espèce, décrite par le Prof. J. Hall sôus le nom de Theca ligea^ (15. Ann. Rep. 1862) et par Tentac. scalaris cité par M. de Verneuil (l. e. p, 64). Nous avons montré ci-dessus (p. 41) que cette classe offre 11 espèces dans nos étages G — H» Wle constate donc un autre avantage numérique de la faune de Bohême, par rapport à celle que nous lui comparons aux Etats-Unis. Mais c'est le dernier que nous ayons à signaler, car les autres classes que nous avons à mentNMuier présentent des proportions inverses, dans leur développement respectif.

5. Les Gastéropades relativement très-rares dans nos étage G — H, bien que fournissant 19 espèces, appartenant à 13 types divers, paraissent beaucoup plus fréqueni dans le groupe supérieur de Helderberg. Dans le 15. Ann, Rep, le Prof. J. Hall en décrit 30 formes, attribuées à 8 genres, la plupart identiques avec ceux de notre bassin. Mais nous devons faire remarquer une circonstance, savoir, que 17 de ces espèces américaines représentent encore la famille des Capuloides, sous les noms génériques déjà cités ci-dessus:

Platyceras 141

Platyostoma 2> 17 espèces.

Strophostylus Il

EIn Bohême, au contraire, cette famille, si variée dans ses formes et si prolifique durant les deux premières phases de notre faune troisième, est réduite à 2 espèces trèsrares, dans la phase qui nous occupe (p. 43). Malheureusement, nous n'avons pas sous les yeux les figures des formes américaines, pour juger leur analogie avec celles qui les ont précédées, dans le groupe Inférieur de Helderberg et dans le grès d'Oriskany. Cependant, les descriptions données par le grand paléontologue américain semblent noas indiquer que leurs affinités sont très-grandes.

A cette occasion, nous rappelons que la contrée dn Hans, en Allemagne, présente aussi de nombreux Câpulusy sur un horizon qui semble très-rapproché de celui de notre étage G, et par conséquent de celui du groupe supérieur de Helderberg (voir p. 211). Cette contrée appartient aussi à la grande zone paléozoique du Nord.

Nous apprenons dans les mêmes documens publiés par le Prof J. Hall que, parmi les 17 Capuloides mentionnés, 7 reparaissent dans le groupe dévonien de Hamilton. Nous pouvons citer un phénomène analogue dans la zone centrale de l'ancien continent. Il y a longtemps en effet,

que M. de Vûmeoil et nous avons remarqué parmi les fossiles du calcaire déFonien de Néhou, en Normandie, et du département de la Sarthe^ diverses espèces qui semblent reproduire des formes de Capulvs^ très^-communes dans les étages E — F de notre bassin.

En 1847, M. de Vemeuil a cité dans son tableau les troia espèces suivantes, comme communes au calcaire cornifère, c à d. à la formation couronnant le groupe supérieur de Helderberg et aux calcaires dévoniens de TËifel, de la Belgique et du Boulonnais: B^tterophon striatus, Mttrckisofda àilmeata, Chemnitzia nexUia, La présence de ces espèces sur les deux continens, à des niveaux dififérens, mais verticalement très-rapprochés , dans la série verticale, nous paraît très-naturelle, et concorde très-bien avec le privilège d'antériorité que nous reconnaissons à l'Amérique, dans la plupart des cas.

6. Les Acéphales du groupe supérieur de Helderberg nous sont trop peu connus pour que nous puissLoné juger leurs affinités avec ceux de nos étages G — H, qui consistent seulement dans 28 espèces (p. 48). Nous remarquons d'après M. de Vemeuil, que Lueina proavia^ et Luc. rugosa espèces de TËifel, se trouvent aussi dans le calcaire comifère. C'est une antériorité peu étendue, comme celle des Gastéropodes que nous venons de mentionner.

7. N'ayant pas en ce moment sous les yeux les figures des Brachiopodes, qui caractérisent le groupe supérieur de Helderberg, nous ne saurions indiquer aucun rapport entre ces espèces et celles de nos étages G — H. Nous nous bornons donc à rappeler les formes qid établissent des connexions avec les faunes dévoniennes de l'Europe :

a. Le calcaire comifère renferme divers Spiriferj que M. de Vemeuil a reconnus comme identiques avec ceux des terrains dévoniens de l'Eifel, savoir, Spir. heteroclytuê, et Spir. acuminatuê Cosr., connu sous

le nom de cvltrijugàtus Roem. Quant, à Spir. maaro- ' pterusy indiqué sur le même horizon américain^ Tid^tité supposée ne parait pas confirmée. Le même cidcaire comifère contient aussi Terebr. coneentrieOj autre espace dévonienne très-répandue en Europe.

b. Outre Productvs subaculeatfM ^ espèce dévoniemie, dont M. de Vemeuil signale l'existence dans le même calcaire comifère (1. c. p. 60), deux petites espèces ont été recueillies sur cet horizon par M. BiUisgs, au Canada, et une par M. le Colonel Jewet, dans l'Etat de N. York. Elles sont mentionnées dans le Manttal du Prof. Dana, p. 275, tandis qu'il passe sous silence l'existence de l'espèce dévonienne d'Earope, que nous rappelons.

€• Une espèce de Calceola^ voisine de l'espèce typique Cale. Sandalina de l'Eifel, a été trouvée dans Fîkat de Tennessee, sur l'horizon du calcaire comifère, et à été également mentionnée par M. Dana.

Ces formes, et d'autres qui sont cosmopolites, comme Spirigerina reticularisy Stropkom. depresaa &c., établissent certainement des connexions entre la faune du groupe supérieur de Helderberg et les faunes dévoniennes d'Earope. Mais pour apprécier la valeur relative de ces affinités, il faut considérer que:

a. Parmi les fossiles paléozoiques, ce sont les Brachiopodes qui ofiFrent la plus grande extension verticale, et certaines espèces traversent même plusieurs systèmes superposés. Ainsi, ces formes sont peu propres à nous indiquer des époques bien déterminées et sjnchroniques , sur des régions très-distantes les unes des autres.

b. La grande zone paléozoique du Nord, et plus particulièrement l'Amérique, parait avoir été le premier

centre de création pour beaucoup de formes animales, qui n'ont apparu que plus tard, dans d'autres contrées. Ainsi, on ne saurait attribuer à une même époque absolue l'existence des espèces identiques sur les deux continens, sans faire abstraction du temps néicessaire pour leur diffusion horizontale, et sans courir le risque de mettre en parall^e deux époques successives.

c. La présence d'une Càkeola sur l'horizon du groupe supérieur de Helderberg, dans l'Etat de Tennessee ne peut pas avoir à nos yeux plus d'importance que celle d'une autre espèce sporadique du même genre, qui se trouve dans l'île de OotÛand, au milieu des fossiles les plus caractéristiques des étages de Wenlock et Ludlow. Ce fait est encore bien moins surprenant que celui de l'existence de Pleurodictyum Lansdalei Richter, peut-être identique avec Pleurod. problematicumy entre des couches qui renferment des Graptolites , et qui correspondent à l'origine de la faune troisième Silurienne. Voir ci-dessus (p. 205).

d. La découverte de Prodnctus dans le calcaire eomîfère, c. à d. près de la limite du terrain dévonien, est simplement un fait ordinaire d'extension verticale des fossiles, car on sait que le résultat habituel des recherches paléontologiques prolongées, a été jusqu'ici de reporter de plus en plus bas dans la série, et jusque dans la période Silurienne, la première apparition des types qu'on avait d'abord £xée sur des horizons plus élevés.

e. EInfin, on doit être frappé de cette circonstance que, toutes les principales espèces dévoniennes d'Europe, reconnues en Amérique par M. de Vemeuil, appartiennent au calcaire comifère , c. à d. à la formation culminante du groupe supérieur de Helderberg, et limitrophe au terrain dévonien.

Ces oonBidérationfi ne tendent pi» à afikibUr les oonneziûDB paléontologiques, qui lient évidemment la faune des oalcairea du groupe aupàrieur de Helderbearg aux faunes dévoniennes d'Europe, mais elles doivent noua mettre en garde contre Tadmisaion d'une contemporanéité réelle, entre ces diversea formationa, bien qu'elles soient œrtainement trèa rapprochéea dana Tordre chronologique.

8. Lea Bryozoairea manquent totalement dana nos étagea G — H, et noua ne trouvona aucune mention de leur exiatence dana le groupe américun en parallèle.

9. Lea Crinoidea aont à peine repréaentéa dans nos étagea G — H (p. ôl) tandis qu'ila paraissent asaes nombreux dana le groupe aupérieur de Helderberg. M. le Prof. Dana fait remarquer parmi eux l'eapèce Ntioleocrinus Vemeuili — (Olivamtea Trooat.) {Elaeacrintis Eoemer), qui repréaente la famille dea Pentrendtesy reparaissant aprëa une longue intermittence, à partir du calcaire de Trenton.

10. Lea Polypiera noua offrent le plua grand contraste sur les horizons comparés. Nous avons constaté cidessus (p. 62) leur rareté remarquable dans nos étages G — H. Au contraire, suivant le Prof. J. Hall, lea calcaires du groupe supérieur de Helderberg représentent d'immenaea maaaea ohargéea de polypiera, sur une longueur d'environ 1500 milles, et offrant dea eapèces plus variées et de plus grande taille qu'à aucune époque antérieure (1. c. UI. p. 44). Selon Texpreasion de M. le Prof. Dana, „c'est éminemment la période dea récifs coralliens, dans l'histoire paléozoique.^ (Man. p. 280.)

L'exiatence de Plewtodictyum problematieum a été aignalée par M. de Vemeuil dana un calcaire de l'Ëtat d'kidiana, parallèle au calcaire comifère de TËtat de New- York. Une forme aemblable se trouvant en Thuringe, dans la zone aux Graptolites, la valeur de ce fossile se

trouve bien infirmée^ pour fixer bd horison géologiqtle k une si grande distance.

En somme, les indices de contemporanéit^ relative entre la faune du groupe supérieur de Helderberg et celle de nos étages 6 — H^ nous sont présentés par l'apparition sporadique des poissons; par la présence du genre Calymenej et par le développetnevit maximum des Dalmanitea parmi les Crustacés; par la réapparition et le développe^ ment relatif des Nautilides, parmi les Céphalopodes.

Les contrastes entre les «lèmes faunes se manifestent par Texâitence développée en Bobème des'Goniatitee, qui sont^ inconnus en Amérique sur cet horizon, et, au con^ traire, par la prédominance dans TEtat de N. York des Capuloides parmi les Gastéropodes; par la' variété des Crinoîdes, et sistout par ^abondance extraordinaire des Polypiers, qui manquent presque totalement dans nos éta^ ges © —

Dans l'état actud de la science, il est difficile d'as* signer une valeur exacte et comparable à chacun de ces indices. Mais il semble plus rationnel de s'attacher aux affinités générales entre les &unes. En effet, ces affinités nous aident à reconnaître l'uniformité des progrès de la nature dans l'évolution svecessive de la série animale, sur tout le globe, tandis que les différences partidles, dérivant des circonstances locales, tendraient à détourner notre attention de l'observation de ces grands phénomènes.

Ayant donc constaté les remarquables analogies qu'offirent les classes les plus élevées dams les fitunes corn* parées, il nous semble qu'il y a lieu de penser, que nos étages G — H sont représentés^ nous ne disons pas d'une manière absolue, mais d'une manière très^pprochée, par le groupe supérieur de Helderberg, dans l'Etat de N. York. Dans ce rapprochement, nous nous garderons surtout de vouloir faste coïncider exactement les limites supé4

riettres déa étages comparés, sur un même horizon, correspondant à une époque fixe et synchronique. Nous rappelons, au contraire, que la plupart des espèces communes au groupe américain en parallèle et aux faunes déyoniennes d'Europe, se trouvant dans le calcaire comifère, mêlées avec des formes d'un caractère Silurien, la fixation d'une limite tranchée entre les syst^es silurien et dévonien pourrait être un problême insoluble en Amérique comme en Europe.

On remarquera sans doute, que les connexions spécifiques avec les faunes dévoniennes sont plus nombreuses dans le groupe supérieur -de Helderberg que dans nos étages G — H, où elles sont très-faibles, ainsi que nous allons le démontrer dans le chapitre qui suit. Mais il ne faut pas perdre de vue que, suivant l'observation du Prot J.' Hall: ^plusieurs de ces formes identiques sont comparativement très-rares dans les calcaires de Helderberg, et qu'elles n'atteignent leur maximum que dana le groupe de Hamilton" (in Fost et Withney. H. p. 307). Ainsi, ces espèces pourraient bien n'être que des avanf-coureurs, sur l'horizon où elles apparaissent Si .on considère, que des formes fortement caractérisées parmi les Céphalopodes, comme Phragmoceras et AscoceràSy ont été reconnues par M. Billings dans la faune seconde du Canada, tandis que les formes semblables n'ont apparu en Europe que plus ou moins tard, dans la faune troisième, on concevra qu'il est fort possible que le même privilège d'antériorité se soit étendu aux espèces dévoniexmes en question. Par conséquent, ces formes, si on leur attribuait trop d'importance, pourraient nous induire à regarder comme contemporaines des époques réellement successives.

Far suite de la présence de ces espèces dévoniennes, le groupe supérieur de Helderberg paraît plus intimement lié aveo le terrain dévonien d'Europe que nos étages G — H, qui en renferment im moindre nombre. Mais, pour prévenir toute illusion dans cette manière de voir, nous

ferons remarquer que notre étage F, sous-jàbent à l'étage G, contient beaucoup plus de formes que celui-ci, reparaissant dans les terrains dévoniens^ de France, de TEifel &c Ce sont aussi principalement des Brachiopodes, que nous avons énumérés ci-dessus (p.. 245), la plupart sous la garantie de la même éminente autorité, M. de Vemeuil. Ainsi, nos étages G — H qui, en s'élevant au dessus de notre étage F, représentent évidemment un pas en avant vers la période dévonienne, sous le rapport stratigraphique, représenteraient en même temps un pas en arrière, sous le rapport paléontologique. «

Lorsque de pareilles irrégularités se manifestent entre les limites étroites d'un bassin conune celui de la Bohème, a-t-on bien le droit d'attendre une régularité complète et satisfaisant toutes les exigences des théories, dans l'évolution des faunes paléozoiques , sur des méridiens situés presque à angle droit, sur la surface du globe ? Pour nous, de plus en plus convaincu de l'impossibilité d'établir une correspondance exacte entre les étages reconnus comme distincts, dans chaque région isolée, nous nous estimons heureux de rencontrer en Amérique une série Silurienne, qui concorde avec (celle de la Bohême, si non complètement, du moins beaucoup plus que les séries des bassins disséminés sur la surface de l'Europe.

Résumé dn chapitre quatrième.

Dans rétaf actuel de la science, les rapprochemens que nous venons d'essayer nous semblent les seuls moyens auxquels nous puissions recourir pour reconnaître, si la dernière phase de notre faune troisième, renfermée dans nos étages G — H, est représentée dans les autres contrées paléozoiques. Comme termes de comparaison, nous formulons les principaux caractères distinctifs de cette dernière phase, ainsi qu'il suit:

1. Présence intermittente ou aporadique des poisaoDS, et surtout des types cuirassésy dont la prejmière apparition remonte à notre étage F*

2. Prédominance des genres JJalmamte^ ei3r^nteM parmi les Triiobites, et présence du genre Oalytnew, Le genre Dalmanite^ n'est représenté que par le groupe Dahk HauBmannL

3. Réapparition et nouveau déyeloppemcat relatif des Céphalopodes Nautilides , en général| et particulîàremeiit des genres caractérisés par leur ouverture contractée, Phragmoceras et Oamphooeroê.

4. Développement du groupe des NautiKni représentant le genre OaniaiiteBj qui avait fait sa première apparition dans notre étage F* t

5. Apparition, aporadique de Ckirdiola rek'otiriaiaj dans notre étage IL

Ces caractères ne se trouvent complètement réimii sur aucun horizon de la division Silurienne supérieure, dans les contrées paléozoiques des deux continents. Mais leur absence se manifeste à des degrés très^ différents, iam les divers pays comparés à la Bohème.

L Première catégorie.

La Saxe, la Thuringe et la Franconie, régions limitrophes ou voisines de la BobènOi «.'oftent jusqu'ici aucune trace de la dernière phase de notre faune troisième, tandis que la première phase de cette faune y parait aujourd'hui distinctement reconnue. Lea dépots siluriens de ces contrées semblent appartenir à la grande zone paléozoique du Nord, comme l'Angleterre, la Russie et le Harz, dont les faunes nous présentent^ au coor traire, malgré leur éloignement relatif i^ dea connesâons

tràa-niArqaéeft avec la phase rmifermée dans ikos étages G — tt

La Suède et la Norwége, placées stsr la même sone du Nord y et intizQémeQt liées à rAngktéire par la pre* mière phase de la faune troisième, ne présentent cependant aucun des caractères que nous attribuons à la der* nière phase de cette faune. Elles contrastent ainsi avec l'île d'Oesel^ c. à d. avec la contrée l^urienne la plus voisine.

La France, TËspa^e et la Sardaigne ftdaant partie, comme la Bohême, de la grande sone paléoBOjqneeeaotrale, oSresït aussi les traces les plus apparentes de l'existence de la première pha«e de notre faune troîcdème, mais elles sont également dépourvues de tout vestige de la dernière phase de cette faune. Seulement, les formations classées efVk France comme représentant l'étage dévonien inférieur, renfeormeAt divers fossiles semblables à des formes disséminées dans nos divers étt^es E — F — Cr.

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