Chapitre cinquième
ConnezioiLS entre les étages F— 6— H dn bassin ûlnrien de la Bohême et les dépôts dévoniens.
Le parallèle que nous avons établi entre la division silurienne supérieure de Bohème et celle des principales régions siluriennes démontre, que notre étage calcaire inférieur E offre à lui seul une faune presque aussi complète que celle qui est distribuée dans les étages divers, occupant dans les pays comparés toute l'étendue verticale comprise entre la division silurienne inférieure et le terrain dévonien. Ce résultat de nos rapprochemens tendrait à faire supposer, que nos étages F — G — H appartiennent, au moins en partie, à la période dévonienne. Maiâ cette conception ne serait fondée que sur des apparences, qui s'évanouissent devant une étude plus sérieuse.
En effets il est facile de se convaincre que nos trrâ étages sapérieursy malgré la présence de quelques espèces communes avec la faune dévonienne/ sont réellement privés des formes jusqu'ici considérées comme essentiellement caractéristiques des trois subdivisions du syst^ocie dévonien, et qu'ils renferment, au contraire, un grand nombre de formes contrastantes, c. à d. entièrement empreintes du caractère Silurien. Pour faire ressortir cette vérité et pour apprécier convenablement les connexions entre nos étages F — G — H et les étages dévoniens, nous allons passer en revue les diverses classes de fossiles, représentées dans les demièrei^ phases de notre faime troisième.
Le« genres de poissons dont la présence est constatée dans nos étages F et G sont: Aaterolefiêj Caccosteui^ Ctenacanthua et Gompholepis (voir ci-dessus p. 22)-
Aêterolepiê Eichwald, était considéré, il y a peu d'années, comme un type exclusivement dévonien ; mais depniB
Sue M. le Doct Pander en a reconnu 2 espèces, Aat Hareri et Ast elegans, dans les couches siluriennes supérieures de rite d'Oesel, l'apparition de ce genre se trouve reportée en arrière, dans la période de notre faune troisiène. Notre espèce de Bohème, d'ailleurs très-semblable à celles d'Oesel, selon le Doct. Pander, ne. présenite donc plus qu'une connexion éloignée avec les faunes dévoniennes, oà le même type reparaît sous d'autres formes.
Coccoateus Agassiz, est cité par Sir. Rod. Murchison parmi les fossiles les plus caractéristiques de l'étage moyen du terrain dévonien. (SUuria p. 432 y 1859.) Sa présence a été d'abord conatatée sur l'horizon moyen du vieux grès rouge en Ecosse, ensuite sur divers points en Russie, et plus tard dans les calcaires de l'Eifel, considérés comme contemporains. Plus récemment encore , une forme de ce genre, Coccoeteus Hercyifàua a été recpnnue par M. Ber-
mann yon Meyer dans les schistes à OrlàocèreSy qui représentent dans le Harz les schistes de Wissenbach. (Palaeanr togr. II 82 PI. XU 1852,) Si cet horizon est bien déterminé, cette dernière découverte ferait rétrograder l'apparition de Coccosteus jusque dans Tétage inférieur du terrain déyonien.
En constatant à notre tour la présence de deux formes du même genre dans la faune troisième Silurienne, savoir dans nos étages F — G, nous reportons simplement un peu plus loin, dans la série des âges, Torigine de ce singulier type, qui reste contemporain des AsterolepU, avec lequel il offre une si grande affinité.
CtenctcantJiua Âgassiz, comprenait originairement des poissons dévoniens et des espèces carbonif&res. Mais en 1868 M. le Prof. Giebel a appliqué ce nom générique à un Ichthyodorulite trouvé dans le terrain silurien supérieur, aux environs de Maegdesprung, dans le Harz. Ainsi, ce type était déjà inscrit parmi les fossiles siluriens, quand nous l'avons adopté pour y ranger des restes très-analogues, qui se trouvent dans notre étage G.
Gampholepiê Pander, est un type nouveau, et jusqu'ici exclusivement propre à l'étage G de notre bassin.
Ainsi, sur 4 genres de polissons, existant dans notre terrain sihirien, trois ont été originairement fondés sur des espèces du terrain dévonien et considérés, durant un temps, conmie caractéristiques de cette période. Cette circonstance jette une teinte dévonienne sur les dépôts où des formes de ces trois types ont été postérieurement découvertes, comme en Bohème. Mais la réflexion dissipe bientôt cette illusion, car on sait que, dans les autres classes, telles que celles des crustacés et des mollusques, la plupart des types dévoniens ont fait leur première apparition dans le terrain silurien. Les genres de poissons qui no^s occupent sont dans le même cas. Le hasard à voulu qu'ils fussent
d^abord observés dans des dép&ts déyoniensy comme certains types de' Trilobites , Bronieus ^ Harpes &c. , dont l'origine a été reportée au loin , dans la profondeur du système silurien, par Feffet des découvertes postérieures.
Puisqu'il n'existe jusqu'ici aucune espèce de poisson commune à notre faune troisième et aux faunes dévoniennes, la présence de 4 types d^ cette classe de vertébrés, dans notre terrain, devient une connexion de même valeur que celle des genres de Crustacés, de Céphalopodes &c. qui se propagent, sous des formes différentes, de la période silurienne dans les périodes suivantes.
Remarquons maintenant, que les genres Cephdlaspis et Ptercbspisy considérés comme caractéristiques de l'étage dévonien inférieur, dans le tableau comparatif de Sir Bod. Murchison (Siluria jp. 432y 1859) ne sont nullement représentés dans nos étages F — G — H. Il en est de même des types Hohptychvua ^ DipteruSy Diplopterus &&, qoi figurent sur le même tableau, parmi les fossiles caractéristiques des étages moyen et supérieur du système dévonien. Enfin, l'extrême rareté des restes de poissons dans notre bassin contraste avec leur fréquence relative sur les horizons du vieux grès rouge, aussi bien en Russie qu'en Ecosse, en Angleterre et même en Amérique. Cette rareté indique donc simplement une apparition sporadique, avant l'époque du développement de ces premiers types des vertébrés, réservé à la période dévonienne. Nous allons arriver à un contraste opposé, en considérant la famille éminemment silurienne des Trilobites.
En résumé, quelque valeur qu'on puisse attacherais présence des poissons dans les dépôts paléosoiques, les 4 espèce|S de cette classe jusqu'ici découvertes dans notre étage G 5 ne permettent d'établir aucune relation de contemporanéité entre cet horizon et Tune quelconque des trois subdivisions du système dévonien.