II. Crustacés. — Trilobites
La distribution verticale des Trilobites dans les terrains paléozoiquesy figurée en 1852 sur la PL 51 du Vol. I. du Syst. SiL de la Bohhr^, n'a éprouvé jusqu'à ce jour aucune modification y à notre connaissance. Ainsi, il reste constaté, que les 11 genres de Trilobites représentés dans le terrain dévonien, ont pris naissance dans le terrain Silurien, dans lequel presque tous ont eu aussi leur plus grand développement spécifique.
S'il est un pays au monde où ce développement maximum des Trilobites ait été bien établi, non seulement durant la période silurienne en général, mais plus particulièrement encore pendant les phases de la faune troisième, c'est sans éontredit la Bohême. C'est un fait qui ressort des chiffi^es suivants, que nous rapprochons. Nous déduisons le petit nombre d'espèces communes à nos divers étages dans les totaux indiqués.
Fine trfiiieM cspècei 4iitiietei
auteurs
Bohème
. . (Ludlow 12) Angleterre! we^^çt 31 } .
Suède . . Gothland . .
Russie . . Livonie Oesel
(N.York . . .
Amérique I y compris U groupe (sopér. doHelderberg.
Barr. 1865.
jMarchison. Silujna. 1859.
(Angelin. 1856. — \ï>2ji^\e FaralUU, (Barr.
Fr. Schmidt. 1858.
,J. HaU. Fah of
N. York, n. m. et
)15, ann, BepoH,
Ces chiffi*e8 montrent d'abord, que si la variété et la fréquence des Trilobitea impriment à une contrée le caractère silurien, le bassin de notre faune troisième est le pliiê Murien de tous les bassins contemporains, non seulement dans son ensemble, sans exception d'aucune contrée, mais encore dans chacun de iaes trois étages E — F— G; à l'exception de l'ile de Gothland.
En second lieu, malgré la décroissance qui se fait remarquer au dessus de notre étage E, dans le nombre des espèces trilobitiques , notre étage F offire encore un chiffre si rapproché du maximum , que la différence est i peine sensible. Cet étage maintient donc son caractère silurien, à peu près à l'égal de l'étage E.
Quant à l'étage G, où la réduction des Trilobites se fait notablement sentir, il offre cependant 60 espèces, dont 48 appartiennent à la seule bande g 1. Ce chifi&*e paraîtra encore l'expression d'une richesse véritablement silurienne, si on le compare au nombre des espèces de Trilobites jusqu'ici connues dans les contrées dévoniennes le plus étudiées :
Eifel. Grauwacke et calcaire, d'après divers auteurs, environ
Pays de Nassau. D'après les D. D. Sandberger pour tous les étages dévoniens . .
Harz. D'après le Prof. F. A. Roem^ pour tous les étages dévoniens environ
France. Dép. de la Sarthe. Dans les deux étages intérieur et moyen, d'après M. de Vemeuil .... •
Espagne. Mêmes étages, d'après M. de Vemeuil
Espèces
Ansleterre. Dans les trois subdivisions, d'après Te catalogue de M. Morris. 1854
Saxe et pays limitrophes. D'après M. le Prof. Cteinits pour tous les étages dévouions . .
Thuringe. D'après M. le Doct. R. Richter 1865 (in lut.)
Etats-Unis. D'après le Prof. J. Hall, dans le groupe de Handlton et au dessus environ .
Total ....
Espèces
£n calculant la moyenne du chiffire des Trilobites pour chacune des trois subdivisions dévoniennes, d'après les trois pays qui en ont le plus fourni jusqu'à ce jour, on trouve environ 7 à 8 espèces. Ce nombre est bien loin des 50 espèces de notre étage G.
Ainsi, la demîèi*e phase de notre faune troisième conserve encore, par rapport aux trois phases de la faune dévonienne, toute la supériorité qui distingue la période silurienne, au point de vue des Trilobites, sur l'ancien continent, beaucoup plus qu'en Amérique, moins riche sous ce rapport
Tous les genres de cette famille qui se trouvent dans le terrain dévonien ayant antérieurement apparu dans les terrain silurien, on doit remarquer, combien sont rares les espèces communes à ces deux périodes* La seule espèce pour laquelle l'identité est apparente , est Bronteua Br(mgniarti Barr. de Bohême, qui se retrouve dans le dépôts dévoniens inférieurs, dans le département de la Sarthe, en France. Cependant, comme on ne connaît que le pygidium dans cette dernière contrée, l'identité n'est pas encore
complètement hors de doute.
Cheirurua ffibbus Beyr. est décrit par les D. D. Sandberger comme se trouvant dans les couches déyoxiiemie8 de Nassau. Cette détermination parait exacte d'après la tête figurée (yerst Nase. PI 2^ fig. 2)^ mais le pygidium associé à cette tète fig. 22 , diffère trop de celui de Tespèce Bohème, pour que l'identité de ces formes puisse être admise.
En somme, les Trilobites communs à nos étages sapérieurs et aux faunes dévoniennes ne constitueraient jusqu'ici qu'une seule exception, qui demande encore à ê^ confirmée.
 ces observations, qui montrent les contrastes généraux entre les Trilobites de la faune troisième silurieime et ceux des faunes dévoniennes, s'ajoute le contraste particulier mais frappant, qu'ofi^ le genre DalmanUes entre ces deux périodes.
Dans la forme initiale doïit DcUm. Hausnumni est le type, le contour du pygidium est dépourvu de toute pointe, excepté l'appendice caudal. On sait, au contraire, que le même genre Dalman%te$ est représenté, dans presque tous les bassins dévoniens , par un groupe très-bien caractérisé, par les pointes qui ornent le contour du pygidium. Ce groupe a porté originairement le nom de Cryphaeus Qreen.
Or, parmi les 8 espèces de DalmaniUa qui se trouvent dans notre étage G, aucune ne présente les pointes qui distinguent le groupe dévonien; toutes appartiennent aa groupe de DaUm. Hausmanni. La même observation s'applique avec uae exception très Umitée à l'Amérique du Nord. En effet, le Prof. J. Hall, dans la Pal of N. York IIL nous enseigne, qu'il existe 4 espèces de DcdmaniUë dans le groupe inférieur de Helderberg, et que toutes ont le pygidium dépourvu de pointes marginales. Le même savant a aussi décrit 11 espèces du même genre, apparte-
nant au groupe supérieur de Helderberg^ et parmi lesquelles 9 sont conformes au type Daim. Haasmanniy tandisque les deux autres ont des pointes autour de leur pygidium et apparaissent comme avant-coureurs du groupe dévonien Oryphaens. (15. ana. Bep. 1862.)
On sait que Phacops laHfrons Bronn, qui est le trilobite le plus caractéristique du terrain déyonieui se retrouve dans presque toutes les contrées, en conservant les mêmes apparences. On pourrait considérer notre Phacops fecundu^ comme le représentant de cette espèce dans le terrain silurien, mais avec cette difiérence, qu'il apparaît dans chacun de nos étages avec quelques modifications qui constitaent diverses variétés. Aucune d'elles n'est identique avec la forme dévonienne.
Le genre Hamalanotiiê manque totalement jusqu'ici dans la faune troisième de Bohème, tandis qu'il se trouve dans la faune correspondante en Angleterre, et dans la faune dévonienne de beaucoup de contrées.
Au contraire, le genre Calyfnene^ qui paraît exclusivement silurien, est représenté dans chacun de nos trois étages E— F*-G.
En résumé, la grande différence dans le développement des Trilobites, l'absence à peu près complète d'espèces communes , le contraste qu'offi*ent les groupes de Dalma^ nitéê par le contour de leur pygjdium, et la présence du genre CaJymene jusques dans notre étage G, suffisent pour prouver que les faunes de nos étages F~G — H ne représentent pas les faunes des étages dévoniens.
■IL Céphalopodes.
U s'agit de déterminer quelles sont les connexions que présentent les genres et espèces de nos étages G et 9 d'un côté, avec la première phase de notre faune troi-
câ&me, et de l'antre côté, arec les &imee déTonîennes. Dans le but de f&oiliter l'iatelligenoe de ce que noua aTOnB à dire sur ce sujet, aous avons dreasé le tableau ci-joint, qui montre la distribution verticale des genres de Gépbalopodee dans notre bassin, et leur extension dus les trois subdivisions principales du terrain dévonien. Les genres sont ordonnée anivant l'époque de leur ap^taritîon en Bobâme. Nous prions le lecteur de consnlter anwi notre tableau p. 31.
Dlgtribntloii vertioala des genres de Oéplialopodea dans les ten aUxirlena. et DéTonleu.
Système Silurien
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LlfnltM . . . .Brern.
Cyrtoceras . . Ooidf.
Ascoeeras . . . Barr.
Phragmoeerafl . Brod.
Nantfliu .... LiM.
Trochoceras . Barr.
GyrocerBB . . . Eonk.
Hercoceraa . . Bon.
Ooniatidea.
BactrilM . . .Sandb.
«ODialltes . . .Haao.
Clymenia . . . Hoiut.
Avant tout remarquons que, par suite de la disparition inattendue de NautiliASy lÂtuites, Ascoceraa et Phragmoeerds au sommet de notre étage E, les genres des Céphalopodes se trouvent réduits à 4 dans notre étage F, savoir: Or^iocerasj Oyrtocerae^ Oomphooeras? Trochoeeroê. Mais l'apparition de deux nouveaux tjrpes, Cfyroceras et Ooniatitea élève leur nombre total à 6, sur cet horizon. Aucune des espèces ne nous montre une ressemblance marquée avec les formes dévoniennes. Plusieurs au contraire, sont identiques avec des espèces de notre étage E, comme Orthoc. pseudo-calamiteum &c. &c.
La plupart des Gt)niatite8 qui aj^araissent dans cet étage, reparaissent dans notre étage O, et nous allons indiquer leurs relations avec les Goniatites dévoniens.
En somme, les espèces relativement rares des Céphalopodes que nous connaissons dans Tétage F, contribuent comme les nombreux Trîlobites contemporains, à indiquer la continuation de la période silurienne sur cet horizon, intermédiaire entre les étages E— G.
Considérons maintenant l'étage calcaire supérieur.
Dans l'étage G, le nombre des genres s^accroît de nouveau jusqu'à 10, soit par la réapparition de types antérieurement existans, comme Phragmoceraa et NavttilvSy soit par l'apparition de deux genres nouveaux: Hercoceras et Nothoceras. Ces deux derniers types sont exclusivement propres à l'étage G, et nous ne connaissons jusqu'ici leur existence qu'en Bohème. Ils ne peuvent donc pas être invoqués dans la discussion qui nous occupe.
Trochoceraa n'a fourni jusqu'ici que 3 ou 4 formes dans notre étage G, tandis que nous en connaissons environ 36 dans notre étage E, et une seule dans l'étage F. Conmie les formes de Tétage G sont toutes dépouillées du test, nous ne pouvons pas juger, si elles possèdent les
omemeiiB habituellement caractéristiqueB des espèces de ce genre dans E. Cependant , nous voyons que les unes et les autres sont très-aplaties, les tours de leur spire étant très-peu élevés. C'est le même caractère qui les distingue dans notre étage v calcaire inférieur , c. à d. à Torigine de ces formes.
Le type Trochocer(tê se propage dans le terrain divonien, car nous connaissons une espèce de cette époque, très-caractérisée , malgré l'absence du test, par ses toun fortement turriculés, Troch. Lorierei Barr. Elle a été trouvée par M. de Lorière aux Courtoisières, dans le dépi de la Sarthe, en France , et elle appartient à l'ôti^ inférieur de ce terrain.
On sait que les D. D. Sandberg^ ont figpiré, sous le nom de Troch. serpena (Verst. Nass. PL 15J un fragment d'une autre espèce dépouillée du test, et provenant des schistes de Wissenbach, classés dans la même subdivision.
Nous rappelons aussi que le Prof. Ferd. Boemer a décrit et figuré sous les noms de Oyrt eancéUatum et Cyrt. mulHstriatum deux formes qui rappellent fortement celles des Trochoceraa de notre étage E, par leurs apparences, leur section transverse et surtout par leurs omemens. (Bhein Ueberg. geb, 80. PL 6.) Une figure de la première de ces deux espèces a été reproduite par les D. D. Sandberger pamû leurs Oyroeeras y à cause de la grande ressemblance entre les omemens de sa surface et ceux des deux espèces qu'ils nomment Qyroc. qtuuirato - clathratum et Ctyroc. UnuMquamatum (l, c. pi. 13 — 15J. En effet, les fragmena qui portent ces deux noms, et surtout le premier, rappellent les anneaux et les stries croisées des TVoehaceras de notre étage E, conmie les deux espèces nommées par le Yroî. Ferd. Roemer. Toutes pourraient bien appartenir à ce genre.
Le Prof. J. Hall a aussi figuré sous le nom de TrocK Clio une espèce d'Amérique, reproduisant les apparences des formes de notre étage fL (Fiftemth ann. Bep, pi. 9. 1862.)
S'il est constaté définitivement un jour, que les diverses formes dévoniennes d'Europe, que nous venons de mentionner, appartiennent réellement au type TrochoceraSy les analogies que nous siglialons entre elles et nos espèces de l'étage E tendraient à prouver, que ce type est resté trop immuable dans ses apparences, pour nous fournir des moyens de distinction entre les faunes siluriennes et les fiEMinecf dévoniennes.
Ctyroceras est représenté dans notre étage G par 6 espèces, privées de leur test Malgré cette circonstance, on voit que deux d'entre elles, Cfyr. annulatum et Oyr. proaAnum sont très-rapprochées de Oyr. alatum^ qui caractérise notre étage F. Ainsi , leurs affinités sont siluriennes. IjA troisième espèce, Oyr. tenue, qui se propage dans l'étage H, et les deux autres, Oyr, nudum et Oyr. mmuscuium propres à l'étage G, ne nous offirent pas de ressemblance marquée, ni avec les espèces Siluriennes , ni avec cellM du terrain dévonien. On doit remarquer cependant, que les formes dévoniennes de ce genre figurées par les D. D. Sandberger, dans l'ouvrage cité, sont généralement chargées d'omemens en relief qui manquent aux formes de la Bohême.
D'après ces observations , les Oyroeeraa de notre étage G ne peuvent établir aucune connexion avec les faunes dévoniennes.
Nautilus est représenté dans le même étage par deux espèces sans test. L'une et l'autre se distinguent par la position de leur siphon contre le bord convexe, et de plus, dans celle que nous nommons NtmtUua anamaluê, cet organe est constamment placé hors du plan médian de la
coquille* Enfim, la tendance de ces deux espèces à la forme globuleuse contraste avec la forme discoide et aplatie des espèces de notre étage E j dont le siphon est centnl ou Bubcentral. Ces Nautiles offrent donc des apparences qui leur sont propres et qui ne les rattachent pas visiblement aux premières formes Sifairiennes de ce genre. D'un autre côté, nous ne distingnons point, sur les moules de ces fossiles, les traces des omemens en r^ef, qd parent ordinairement les Nautilides dévoniens. Ainsi, ces deoz espèces ne constituent pas des Uens zoologiques apparens, entre notre étage G et les étages de la période dévonienne, oà les Nautiles sont d'ailleurs très-rares, sur les deux continents.
Cyrtoceraa après avoir presque disparu durant le dépôt de l'étage F, où il n'a fourni qu'un couple de formes, reprend une richesse relative dans l'étage G où nous en avons recueilli 11, parmi lesquelles 9 dans la bande sa* périeure g 3. Ces espèces, quoique conservant rarement leur test, offirent les apparences générales de celles de notre étage E, qui se font toutes remarquer par leur ornementation extêmement simple et uniforme. Presque toujours leurs omemens se réduisent à des stries d'acroissement, simples ou groupées, et ils se reproduisent avec peu de diversité sur plus de 150 formes, que nous distinguons par des noms. Cette simpUcité extérieure dans le test de nos Cyrtoceras contraste avec les sculptures variées et ^i relief qui ornait la plupart des espèces figurées par le Profl Phillips, et qui caractérisent l'étage moyen dans la contrée tjrpique du système dévonien. {Palaeog. fasê. of Corwat. Devon ^c.) Quelques unes des espèces des bords du Rhin, figurées par M. M. d'Archiac et de Verneuil, et par les D. D. Sandberger, montrent une semblable tendance, tandis que d'autres offi*ent la même simplicité extérieure que celles de Bohème.
Ce type ne paraît pas représenté, aux Ekats Unis, dans les groupes dévoniens de Hamilton et au dessus. (15. cum. Bep.J
En somme, les Oyrtooer<u de notre étage G se rattachent plutôt aux formes de la première phase de notre faone troisième qu'à celles des faunes déroniennes.
€hmphoceraê aprè0 avoir présenté environ 45 espèces dans notr0 étage E, a pour ainsi dire disparu de notre bawrin durant le dépôt de notre étage F, où nous ne connaissons qu'une seule forme qui se rattache très imparfaitement à ce type. Nous n'en trouvons aucune trace ni dans la bande gl, ni dans la bande g9« Ainsi, on peut considérer la présence de 5 espèces de ce genre dfps la bande gS, comme constatant une véritable réapparition des €hmfkoc€r0s en Bohème, après une longue intermittence.
Ces espèces, privées de leur test et réduites au moule interne , se distinguent cependant par leurs fortes dimensions, qui ne se voient que dans un petit nombre des formes congénères de notre étage E. C'est un caractère accessoire, il est vrai, mais c'est le seul signe difftrentiel que leur état de conservation nous permette d^observer, et qui contraste également avec la taille généralement exiguë des espèces dévonîennes figurées par divers auteurs, Mtinster, de Vemeuil et d'Archiac, D. D. Sandberger, Quenstedt, F. Boemer, Louis Sâemann &c. &c et qui sont connues de tous les savans. Cependant, nous retrouvons des dimensions semblables dans Chmph. Nau~ manîd Geinits {Oratiiw. IL PL 6^6), si toutefois, la forme qui porte ce nom possède réellement une ouverture contractée à deux orifices. Cette partie manque totalement dans les deux spécimens figurés. Ce fossile provient du àalcaire à Clyménies de Saxe, et par conséquent de l'étage dévonien supérieur.
Au contraire, parmi quatre espèces décrites par Pacht, comme appartenant aux couches supérieures dévoniennes de la vallée du Don, en Russie, trois sont de petite taille. Quant à la quatrième, Chmph. reos, qui offre de grandes
dimensionsi elle notus semble étrangère à ce type, car son ouverture est circulaire et sans aucune trace de contraction. (Beitr. van Helmersen und B. Pacht. PI 1—2. 1858.)
Une espèce des calcaires dévoniens de Cdombns, Ohio, dans les Etats Unis, décrite par M. Louis Saemaon, sous le nom de Apioceraa olla^ présente une taille asseï forte. (Paloeùntogr. IIL PL 19. 1852.)
Ainsi, les Gomphocerœ de notre bande g 3 contrastent gén^pdement par leur grande taille avec les espèces dé' Yoniennes connues, excepté avec une seule, Chmph. Nom" rnoofini des calcaires à Clyménies. Mais cette analogie avec une espèce douteuse et isolée ne peut pas être considérée comme une indication de contemporanéité, puisque nom trouvons d'autres espèces presque aussi développées dans notre étage calcaire inférieur E, conmie Gamph. impmiale Sfc,
Phragmoceras représenté par environ 26 espèces dam notre étage E, a totalement disparu durant le dépôt, non seulement de notre étage F» mais encore de la bande calcaire gl, très puissante, et de la bande schisteuse gt Après cette intermittence de très-longue durée, il a repara dans notre bande calcaire g 3, où il nous présente 9 formes spécifiques, presque toutes de grande taille.
Malgré l'absence constante du test et de ses omemem, ces espèces tardives se rattachent intimement au type Phroffm. Broderipiy qui domine dans notre étage E, car elles offrent la même forme générale de la coquille, et U même disposition de leur ouverture contractée à deux orifices, placés aux deux bouts opposés du plus grand diamètre. Nous croyons même reconnaître parmi elles l'espèce typique, sauf l'ornementation, que nous ne pouvom observer dans la forme de g 3 en question.
D'après cette observation, les Phragmoeeras de la bande g 3 sembleraient reproduire lea apparences de leurs
congénères sflurienB de l'étage E, mais cette fois encore, comme pour les Oomphocerae^ avec de plus grandes dimendons dans quelques espèces, et non dans toutes.
On sait que des espèces de ce genre, bien reconnaissables par leur ouvertiûre, se trouvent dans la division Silurienne supérieure en Angleterre, dans File de Gothland, dans l'île d'Oesel et aussi en Amérique, où l'une d'elles a été figurée par J. HalL (PàL of N. York IL PL 18.)
M. Kllings a aussi décrit un Phragmoeeraa bien caractérisé, et qui a fait son apparition au Canada, comme avant-coureur de ce type, durant les âges de la faune seconde.
n est important de remarquer, que nous n'avons appliqué le nom de Phragmoeeras à aucune des 9 formes mentionnées dans la bande gd, qu'après avoir bien constaté la contraction tjrpique de son ouverture. Cette circonstance contraste avec ce fait, que l'ouverture contractée à deux orifices n'a jamais été observée dans aucun des Céphalopodes des terrains dévoniens, auxquels le nom de Phmgmaeeraê a été appliqué. Nous citerons:
1. Phragm, Brateri des calcaires à Cljménies, figuré d'abord par le Cte. Miinster 1840 (Beitr. III PL 1.) puis par le Prof. Gtoinitz, dont plusieurs figures montrent l'ouyerture bien conservée, sans la contraction caractéristique. (Orauw. II PL 5 S 1853.) Il ne nous paraît pas certain que toutes ces formes appartiennent à une seule espèce, du genre Cyrtocerasy selon toute vraisemblance.
2. Phragm. êubventricosus figuré par M. M. de Verneuil et d'Archiac dans leur ouvrage sur les formations Rhénanes. PL 30.
3. Phragm. subpyrifarme Hûnst sp. figuré par le Prof. Qeînitz (1. c. PL 1—8).