Chapitre sixième
Reproduction des docuinens publiés par M. M. Lipold et Krejci, au sujet de Hlubocep.
Par suite de l'ordre adopté dans la publication du Jahrbuch de Tlnstitut impérial géologique de Vienne, le mémoire allemand de M. Krejôi intitulé: Bericht iiber diê im Jahre 1859 ausgefûhrten geolog. Aufnàhmen hei Ptag und Beraufiy exposant 'ses observations sur les environs de Prague et de Béraun, quoique antérieur au travail de M. Lipold en 1860, n'a paru réellement qu'après celui-ci. Nous suivrons l'ordre des publications.
1862. Janvier. Dans son mémoire contre nos Colonies: Ûber Herm J. Barrande Colonieny in der SUur. For--
motion Bohmens, M. Lipold, itpràs avoir indiqué drven^ localités, où Ton peut le plus facilaineiit se convamcre qu'il existe des dislocations dans le bassin silurien de la Bohême, ajoute:
,,Du reste, je veux citer ici une disloea^tion que j'ai observée moi même, en partie pour prouver ce que je viens de dire, et en partie pour engager les géologues qui voudraient se convaincre personellement des disl^^catiofis du bassin silui^en de la Bohême, à visiter cette tocalité. Elle est située dans les environs les plus rapprochés de Prague, à peine h la distance d'une lieue au 8ud de cette ville, sur la rive gauche de la Moldau, près du village de Hluboèep, dans la vallée de St Proeop. A Textrémîté Ouest de ce village, il existe une profonde fissure dans la niasse calcaire qui s'étend vers le Nord et un petit ravin débouche dans cette fissure. Le profil ei^joint (fig, C) est pris suivant cette fissure et e^ petit ravin et il n'exige pas de plus amples explications, mais il ref^réeente certsinement une dislocation, qui, comme les phénomènes coloniaux, pourrait donner lieu à des vues erronnées. (Jahrb. XU. p, 52.)
Le profil cité par M. Lipold est celui que nous reproduisons (PI. 2. fig. 3).
1862. Mai. M. le Prof. Krejëi, dans son mémoire allemand, dont nous venons de citer le titre; Rapport mr le levé de la carte géoloffiqti^ aux envir0n$ de Prague et de Béraun en 18ô$, décrit la localité de Qluboôep dans les termes suives, bien incomplets, il est vrai, mais cependant plus intelligibles que ceux de M- Lipold, très-difficiles à comprendre.
„Si Ton fait une section perpendiculaire à la direction des couches, par le milieu du village de Hluboèep, le prolongement de la faille de Branik 9e manifeste d'une manière trèsrintéiï^essante, car un r^vin dirigé du Kard-fisi
vers le Sud-Ouest à travers les couches de Branik (G) est rempH par les schistes à TentaculHes de Hluboôep (H)* Les deux coteaux opposés du vallon de Hluboèep sont composés en effet des calcaires noduleux de Branik, qui du côté de Slivenetz aussi bien que du côté de Divëi Hrady sont recouverts par les couches de EQuboëep (H), et ils pencheiit synclinalement des deUx côtés vers le fond du vallon.
„Âu fond même du vallon, au milieu des schistes de H, s'élèvent sous forme de récifs, des parties du calcaire de Branik (G) qu'on peut suivre à partir du village de Slubo£ep, à travers le vallon jusques^ près de Vorîech. On reconnaît môme de loin, d'après l'érosion longitudinale du terrain, la sone des schistes à Tentaculites peu résistants des couches de Hluboèep (H)^ tandisque la Zone isolée du calcaire noduleux de Branik (G) est caractérisée par ses formes aiguës et saillantes au dessus du BoL
i,Le profil 9, sur la planche ci-jointe, nous montre qu'il s'est produit ici non seulement une faille grandiose, mais encore un recourbement d'une partie des couches de Branik (G) d'où résulte l'apparence d'une intercalation des schistes de Hluboèep plus récents (H) entre les couches plus anciennes de Branik (G). La fissure de la faille se trouve le long du côté Nord des masses calcaires saillanieê| et les relations stratigraphiques en ce point, rappellent les colonies de Gross KuckeL
„Les calcaires noduleux au bord de Divèi Hrady doucement, inclinés vers le haut, prennent une inclinaison croissante vers les schistes à Tentaculites, qui finissent par être verticaux.
„Une puissante partie de débris des calcaires, un véritable comglomérat calcaire, comble une lacune sur le penchant de IKvèi Hrady.
^Ensoite suivent les récifs calcaires fortement relevés, au delà desquels, sur le coteau opposé, les cdllckes de Hluboëep reposent de nouveau sur le calcaire noduleux de Branik." (Jahrb. k. k. B. A. XIL p. 271—278.)
Le profil 9, cité dans ce passa^, par M. KrejSi, est celui que nous reproduisons. (PU 2. fig. 2.)
1862 Juillet, M. le Prof. Krejëî, dans un mémoire en langue Bohème, publié dans le journal Zvya sous le titre: O koloniich p. JoacMma Barranda v aiturskén ûtvaru Oiském = I}e8 Colonies de AT. J. Barrande dans le terrain Silurien de la Bohêmey reproduit les principales objections déjà formulées dans les mémoires allemands que nous venons de citer. Mais il insiste particulièrement sur dj&oz argumens, vainqueurs à ses yeux, savoir; d'abord Targnment de Hluboëep et ensuite l'argument de Litten.
Voici comment il expose les phénomènes stratigraphiques qu'il croit avoir observés à Hluboôep.
„Dans le prolongement de la fracture qui sépare les rochers de Branik de ceux de Dvoretz, le glissement des roches de bas en haut est encore plus remarquable à Hluboëep. Voir la figure suivante.
„A l'extrémité amont de ce viUage, des roches calcaires escarpées percent au milieu des schistes à Tentacalites de Hluboôep (H) et on croirait voir évidemment que ces schistes sont interstratifiés entre les calcaires de Branik (G), Aucun de ceux qui s'occupent d'études géologiques ne doutera qu'il y a ici un glissement de bas en haut, qu'on peut suivre dans toute la longueur du vallon de St. Procop, à l'aide de cette apparente interstratification. Il n'existe aucune différence entre l'intercalation des schistes de Hluboôep (H) au milieu des calcaires de Branik (G) et l'intercalation des schistes de Litten au milieu des couches de Koenigahof, à Gross Kuckel et à Radotin;
ces deux apparences d'intercalation sont également des Colonies." CZiva IL p. 140.)
Le profil cîté par M. Krejôî dans le texte cî-deasus, a été emprunté au mémoire de M. Lîpold. C'est celui que nous reproduisons. (PL 2. fig. 3.)
Ces trois passages et les deux profils reproduits renferment tout ce que nous connaissons des observations de nos contradicteurs au sujet de Hluboëep. On reconnaît aisément, qu'ils se bornent Tun et l'autre à exposer la première impression produite sur leur esprit par l'aspect des localités. Mais ils n'ont songé à étudier en détail, ni la véritable nature pétrographique des formations en apparence semblables, ni leurs véritables relations stratigraphiques. Ils se sont encore moins occupés de rechercher et de comparer les élémens paléontologiques de ces diverses roches, qui, seuls, auraient pu les guider et les aider à rectifier par l'étude l'efTet de leur première intuition, ou de leurs préoccupations.
Quelle sorte de dislocation M. Lipold a t-il cru voir à Hluboëep? Nous l'ignorons, parceque son texte ne formule pas sa pensée. Il est vrai que sa section est ornée d'une courbe pointillée, semblable à celle par laquelle ce géologue en chef a l'habitude d'indiquer les plis sur ses profils. Mais nous nous gardons bien d'interpréter cette indication si incomplète, de peur de nous tromper.
Quant à M. Krejëi, il est plus explicite. Dans son mémoire allemand, il nous enseigne qu*il y a non seulement une faille grandiose à Hlubocep, mais encore une recourbernent cCune partie des couches de Branik (G). Dans son mémoire postérieur, en langue Bohême, M. Krejëi nous parle encore d'une fractui'e, et il y ajoute un glissement de bas en haut des calcaires de Branik sur les schistes; mais il ne fait plus mention du recourbement de ces calcaire?»
Nous ferons encore remarquer, que la figure par la* quelle il représente ces mouvements du terrain est précisément celle que M. Lipold a donnée avec la courbe habituelle de ses plis. Nous laissons à ces auteurs le soin de concilier leurs textes entre eux et avec cette figure.
En somme, les prétendues dislocations de Hluboèep, quoique évidentes aux yeux de nos contradicteurs, ont été exposées d'une manière bien insuffisante dans leurs docn-. mens. Ils ont visiblement compté sur cette prétendue évidence, pour se dispenser de définir nettement les accidents stratigraphiques , qui semblaient leur fournir un argument si péremptoire contre nos Colonies.