Chapitre septième
Parallèle entre les docnmens publiés par M. M. Krejéi et Lipold et nos propres observations snr
les environs de Hlubocep.
Nous ferons remarquer avant tout, que les deux sections de M. M. Krejéi et Lipold concordent avec la nôtre pour constater que le vallon de HluboSep, au droit du village, résulte d'une fracture synclinale, dirigée suivant le grand axe longitudinal de notre bassin et déjà indiquée dans notre section idéale en 1852. Les parois symétriquement opposées de cette fracture se relèvent de manière à former sur la rive gaucbe du*niisseau, vers le Nord-Ouest, les hauteurs de Divci Hrady, et sur la rive droite, vers le Sud-Est, les hauteurs de HaJbrova.
Nos adversaires ont fait tous leurs efforts, soit dans leur texte, soit dans leurs sections, pour imprimer profondément dans Tesprit des savans Tidée des dislocations éprouvées par les formations de notre bassin, parce que cette idée constitue la base fondamentale de leur système d*atta-
que contre nos colonies, H est donc important de remarquer que, malgré cette idée prédominante^ M. Krejéi et M. Lipold ont figuré les formations soi disant disloquées aux environs de EQuboëep, comme offrant une stratification complètement concordante. Ainsi, en faisant abstraction de la courbe pointillée de M. Lipold, leurs sections que nous reproduisons PL 2. fig. 2 — 3, sont, sous le rapport de la concordance des étages, parfaitement en harmonie avec la section que nous donnons des environs de Hlubo^p fig- ly sur la même planche.
Nous devons même louer nos contradicteurs d'avoir fait abstraction, comme nous^ de toutes les perturbations secondaires^ qui se trouvent là comme ailleurs, surtout dans les schistes, mais qui sont tellement limitées, qu'elles ne troublent pas réellem^[it la concordance générale de la stratification des étages, ni de leurs subdivisions. ^
Nous devons aussi nous étonner que nos deux adversaires, s'étant successivement appliqués à faire ressortir l'effet des dislocations supposées au droit de Hluboéep , n'aient aperçu ni l'un , ni l'autre , la dislocation réelle ou le pli anticlinal, qui est si appiurent dans la masse de la bande g 1 ^ constituant les hauteurs de Divèi Hrady.
Nous suivrons maintenant dans notre parallèle l'ordre naturel des formations, de bas en haut, en étudiant sucpessivement chacune des bandes définies dans la première
Ïartie de cette étude, c. j^d. gl — g^ — gSf — hl — 2 — h3.
h Bande calcaire g 1.
Les hauteurs opposées Div6i Hradj et Habrova que nous venons de nommer, et dont les sommets forment les limites extrêmes de notre section (PI. 2, fig. 1) sont également constituées par la masse calcaire la plus puissante
de Fétage G, et que nous avons nommée bande g 1. L'épais^ seur maximum de cette bande, au droit de Hluboèep, peat être évaluée à environ 2Ô0 mètres.
Cette formation est indiquée dans sa véritable position stratigraphique sur les deux coteaux opposés du vallon, dans le profil de M. Krejèi, reproduit par notre PL 2, fig. 2, mais elle est tronquée du côté Sud sur le profil de M. Lipold, que nous reproduisons PL 2, fig. 3.
La partie inférieure et principale de la bande g 1 se présente à Hluboëep avec ses apparences ordinairea, telles que nous les avons décrites en 18Ô2 (Syst SiL de BoL I. p. 79)y et sommairement reproduites ci-dessus (p. 6). Mais, la partie supérieure de cette bande, principalement aux environs de HluboSep, se compose d'une série de coucbes, qui jouissent du privilège de reparaître sur deux horizons très-distincts, et qui, sur chacun de ces niveaux successifs, se font aisément distinguer par leur aspect particulier, contrastant plus ou moins avec celui des couches sous-jacentes.
En outre, ce dépôt remarquable , ajant accidentellement subi une altération physiquç, sur une partie de son étendue horizontale, au dessus de la bande g 1 , dans le voisinage immédiat de Hluboëep, sa nature et sa position stratigraphique ont été méconnues par M. Erejèi, le seul qui en ait fait mention. Ces circonstances nous obligent à décrire en détail la série des couches calcaires placées au sommet de la bande g 1 , et que nous désignerons par le nom de couches à eileœ noire. ^
Série des oouclies à silex noirs.
1. Cette série se compose de milliers de couches minces et dont répaisseur est plus fréquemment au dessous qu'au dessus de 10 centimètres. Par ce seul fait, cette formation se distingue, au premier coup d'oeil, de la masse
inférieure et fnîiicfpale de g f , dont les bancs sont notablement plus épAb.
Sur notre section PI. 2. fig. 1. la série des couches à silex noirs s'étend entre les points m — o dans le favin Biid Éokle.
2. En raison sans doute de leur ténmté relative, ces couches se montrent généralement plus flexueuses que les aift^s. Leur stratification est tourmentée et il existe même dans leur ensemble des plis plus ou moins prononcés, qui ne s'étendent pas ordinaii'ement au delà des limites de cette série. Ces plissements restreints dans une certaine zone, entre des masses exemptes de plis, constituent un phénomène déjà connu, et assez fréquent dans notre basr sin. Nous e^ avons signalé un autre exemple très remarquable , entre les moulins Urban et Biutice (p. 86 et PL 1 fig. 6), et nous nous réservons d'en décrire d'autres, dttna nos études stratigraphiques , relatives aux colonies, parce que ces apparences ont contribué à faire naître les Ulusiofeis de nos contradicteurs.
3* Le caractère le plus apparent et le plus constant de cette formation est de nature pétrographique. Il consiste dans k présence et l'e^ctrèmé fréquence de rognons de silex n(nr, que les Anglais nomment Chert Ces rognons sont discoïdes et plus ou moins aplatis. Ils contribuent à produire les inégalités qu'on voit à la surface de ces couches, paient où elle est exposée.
4. Un seul fait suffit pour démontrer que ces enclavée de silex noir ont eu une origine simultanée avec lea couches calcaires qtd les renferment; c'est que les unes et les autres ofirent les mêmes espèces, par exemple: PhaOé fëcunduêj Var. degener^ Pentamerua Imguiferua §fc.j que^ nous avons recueillis de notre propre miedn, dans le ravin blanc, à Hlubodep, et que nous conservons dans leur gangue siliceuse*
& La formation à silex iioûrs est trèâ-déTaloppée aux environs de Hluboëep , et elle se retrouve également sur la bande g 1, de chaque côté du vallon, avec une puissance approchant de 100 ipètres. liais. eUe appelle particulièrement notre attention pi^r quelques appareticea locales et singulières, au pied du coteau gauche, sillonné par divers ravins parallèles , dont le plus considérable se nomme BUd RokU^ ou Itç>vin blanc j que nous venons de mentionner.
Cette dénomination dérive éiddemment de ce fût, que les calcaires de la formation à Chert ont été transformés sur place en une sorte de craie blanchittre, peu consistante, et contrastant ainsi avec les calcaires compactes et durs, de couleur tantôt jaunâtre, tantôt bleuâtre, qu'ils 'représeiitent. Cette transformation^ qui n'a nullement altéré les relations stratigraphiques de ces couches, peut se concevoir par VeSet d'émanations gaaeuses ou de sources miiiérfiles, di^ns une étendue limitée, et qui ne dépasse pas quelques centaines de mètres dans le sens de la direction. En e£fet, les couchas d'apparence cri^eiise se voient encore dans le ravin Sekand RokUj mais elles disparaissent à peu de distance de ce ravin, vers l'Ouest
M. le Profl Exejëi, daiis le passage cité ci-dessas (p. 321) , mentionne cette formation traversée par son profil, sur lequel elle n'est pas indiquée. (Voir notre PL 2, fig 2.) U U considère comme Une puifiêante partie de débris calcaires y un véritable conglomérat oaloairôy eaimr blant une Uicune sur U penchant de Divôi JBrady.
C'est une simple erreur d'observation. Nous sommes persuadé que M. le Prof. Erejël la reconnaîtra immédiatement, s'il veut bien remarquer dans le i2aWn blanc^ 1-r- que les couches transformées en place conservent leur stratification aaturelle, flexueuse, mais concordante dans l'ensemble, avec celle des couches de g 1 et g It» et 2 — que tous les disques% de Chert qu'elles renferment maintieiment éga-
n«it leur grand axe parallèliB au plan presque vertical 8 strates calcaires.
Ces caractères des couches en place contrastent totanent aveo ceux de leurs propres débris, accumulés ccessivemoat sur leur tranche et simulant, au premiet* ^f d'oeil, les couches primitives, brusquement reployées ivant la direction des anciens talus du coteau* Cette eudo-stratificatiôn des débris à angle plus ou moins aigu ec la sbratifioation des couches trè»-redressées, s'observe plusieurs locaUtés de notre bassin. Elle se conçoit »ément $i Ton remarque, que chaque couche étant à son ir exposée aux intempéries sur une Certaine hauteur, nbe en débris sur le sol, et que ces débris s'étendent la ou moins loin sur le talus, par leur poids et par fifet des eaux. Ainsi, ils se recouvrent successivement ^ forme de lits, qui s'amincissent en s'éloignant de la uohe décomposée. Mais chaque lit de fragmens reste
, connexion par sa base ayec la couche dont il provient î \k résulte l'apparence simulant la flexion brusque des uches sur elles mêmes. Ces apparences sont encore plus kppantes dans les localités où les couches décomposées
distinguent lea unes -^ des autres par des couleurs pronoées et contrastantes. DanB le ravin blanc, ce contraste
borne à celui de la substance crayeuse blanchâtre avec
teinte noire des débris de silex.
Nous ferons remarquer que, sur le coteau droit du Uon de Hlubo£ep^ vis -à -vis le lieu occupé par les uches crayeuses, 1a formation qui nous occupe n'a subi cune transformation, et présente uniquement des couches nces de calcaire compacte et bleuâtre avec les rognons Chéri noir. Nous n'avons pas cru nécessaire de la itii^puer sur cette partie de notre section:
Du reste, les oouehes à silex noir se retrouvant aussi ec leurs apparences naturelles sur le coteau gauche, un u en amont de Hluboèep, c à d. dans le prolongement
des couches transformées, qui ne s'étendent guères an delà du ravin Sekand Rokle, vers FOuesti
6. Un dernier fait, que nous avons à constater par anticipation, au sujet des couches à silex noir, c'est qu'elles se reproduisent avec des apparences pétrographiqneê et stratigraphîques presque identiques, à la partie sapérieure de la bande g 3. La comparaison des deux edteftnx opposés du vallon de Hluboèep suffit pour nou» convaincre de cette répétitîoii de la même formation sur ces deux horizons très -«Ustîncts , et distants de 100 à 200 mètres^ dans le sens vertical.
En effet, sur le coteau gauche, il suffit de s'arrêter un instant à l'entrée du ravin blanc, ou du ravin Sekam RokUj pour reconnaître la série des couches à silex noir^ reparaissant pour la seconde fois et reposant en parfaite concordance sur les calcaires de la bande g 3, constituant la crête de Èvahov. Le ravin blanc, malgré sa direction un peu oblique à la direction générale des formations, permet d'aprécier, au premier coup d'oeil, la distance ve^ ticale d'environ 160 mètres, qui sépare ces deux réapparitions distinctes et successives des couches qui nous occupent £n ce point cpnmie ailleurs, la puissance de ces deox dépôts est à peut près proportionnelle à celle de diacune des deux bandes calcaires gl— g 3, dont ils font partie, et elle en représente presque un tiers. En effet, au fond du ravin blanc les couches crayeuses reposant sur g 1 ont environ 100 mètres de puissance, tandis que les candies analogues, reposant sur g 3, à l'entrée du même ravin, n'offrent que 40 à 60 mètres dépaisseur et n'ont pas été transformées en craie.
Les couches à silex noirs se prolongent avec les mêmes apparences sur la surface de la masse murale de Zvahov, en remontant le vallon vers St Proeop. Leur surface et leur tranche sont nettement mises à nu dans plusieurs carrières, espacées sur une disliance de plus de
1000 mètres y et notamment au droit des derniers fours à chaux, dans la localité dite Prachotmay en souyenir d'une ancienne poudrière, qui n'existe plus.
De l'autre côté du vallon de Hluboèep, c. à d. sur le coteau droit, la présence des couches à silex noirs^ sur la bande gS, se manifeste d'une manière non moins évidente, car elles sont exposées dans toute leur épaisseur, inmiédiatement sur cette bande, dans la section naturelle au droit de la carrière dite û Zajesku, à l'entrée du village. L'aspect de cette section suffit pour prouver la concordance des formations gl— g2--g3~hl — h 2, qui seules constituent le terrain aux environs de Hluboëep.
Nos savants lecteurs remarqueront combien le fait évident de la réapparition des mêmes couches calcaires à silex noir, sur deux horizons très-distincts, est intéressant et important, au point de vue stratigraphique. Ce fait contribuera aussi à expliquer à leurs yeux, comme aux nôtres, pourquoi M. M. Elrejéi et Lipold ont confondu dans cette localité, comme partout ailleurs, les bandes calcaires g 1 et g 3 , qui sont semblables par la nature et l'ordre de succession de leurs roches, bien que représentant deux époques géologiques successives, complètement dififérentes par leurs faunes.
,Nous constaterons en passant, que notre division supériejure présente encore ailleurs des couches à silex noirs très analogues à celles de Hluboëep, mais sur des horizons divers. Mous en citerons im seul exemple, sur un niveau relativement bien inférieur savoir, dans notre étage E, à Hinter Kopanina. Dans cette dernière localité, le calcaire crayeux est jaunâtre, et les silex sont d'une couleur moins prononcée qu'à Hluboëep. Tous ces phénomènes indiquent des causes semblables, mais intermittentes, à de grands intervalles de temps.
IL Bande schisteuse g 2^ a sphéroïdes caleaircs.
Sar le coteau gauche ou Nord-Ouest du valloii de Hluboôepy M. M. Erejèi et Lipold iiidiquent exactement la position de cette foimation, diaprés la section naturelle exposée dans le ravin blanc (BUd RokU) à l'Ouest de Hluboèep. Mais par suite de leur système, ils la désignent comme un li^nbeau de H, intercalé entre les calcaires de G.
Sur le coteau droit ou Sud-Est ou vallon, les sectiom de M. M. Exejéi et Lipold n'indiquent, ni Tune, ni Tautre, la présence de la bande schisteuse g 2. Cette grave omicr 3i6n, de la part de deux observateurs successifs, est d'autant plus difficile à concevoir, qu'il est très-aisé de constater l'existence de cette bande, sur ce versant du vallon de Hluboéep. £n effet, la nature elle même semble avoir voulu faciliter l'observation de ce fait impprtant, en creusant un ravin longitudinal, qui, sillonnant profondément et obliquement la masse g 2, expose successivement tontes les couches qui la composent, à partir 4e !& bande calcaire g 1, qui lui sert de base, en ren^ontant jusqu'au contact de la bande calcaire g{|, qui la recouyre.
Ce ravin porte, en langue Bohême, le noin de RuHèkova Roklcy d'après le nom du propriétaire Ruzicka. Il s'étend sur une longueur d'environ 800 mètres, presque en ligne droite, le long du chemin des piétons allimt vers SUvenetz. Son extrémité ii^érieure, en s'ouvrant largement à peu de distance de la chaussée, au point où celle-ci pénètre dans I}luboâep, appelle l'attention de tous les géologues qui passent et semble leur dire: Veniie pwr avcmti. Nous sommes même étonné que, dans les excursions magistrales, réitérées durant longues années, quelque écolier de M. Krejèi, lancé à la recherche d'une fleur ou k la poursuite d'un papillon, n'ait pas entriiîné son maître dans cette gorge pittoresque et solitaire. Là, secondé par les yeux perçants de ses jeunes et intelligens auditeurs,
le zélé professeur des sciences natarelles n'aurait pas manqué d'observer conune nous, sur les parois dénudées et verticales des roches de g 2, les traces non méconnaissables des principaux fossiles qui caractérisent cette remarquable formatioDy comme: Phaeops fecundusy GhniaL fecunduêj TentacuL eleganSy TentacuL elavulus, Leptaena cûmitixns &c.y que tout le monde a pu recueillir de l'autre c6lé du vallon de Hlubofiep, dans le ravin blanc. ,
D'aîUeurSy outre ces caractères paléontologiques, la bande g 2 offire, dans le ravin de RuSièka, comme partout ailleurs^ une série régulière et variée de couches, qui ne peuvent manquer de la faire reconnaître, même par le géologue le plus distrait.
Dans sa partie inférieure, le ravin de RufiSka traverse d'abord les couches culminantes de g 1, chargées de rognons de silex noir. Au dessus et dans le voisinage de g 1, ce sont encore les calcaires qui prédominent dans leurs aHemances avec les schistes de g 2. Peu à peu les schistes deviennent prédominans à leur tour, mais ils renferment encore de nombreux sphéroïdes de calcaire blond. Un peu plus haut, ces sphéroïdes deviennent très-rares ou disparaissent, au milieu des schistes très-fissiles et très-fragiles, dont certaines couches argileuses, d'une couleur gris-clair, sont comme pétries de Tentaculites des deux espèces nommées ci-dessus. Enfin, vers le sommet de cette série, l'élément calcaire reparaît pour caractériser, comme nous l'avons constaté ci-dessus (p. 9), la transition progressive entre la bande schisteuse g 2 et la bande calcaire supérieure g 3, par l'intermédiaire de l& formation bicarrée.
En efifet, vers le sommet du ravin de Ru£ièka, il suffit de faire quelques pas vers la droite en montant, pour rencontrer les couches bigarrées exposées sur Fancien chemin des voitures allant vers Slivenetis. Ces couches sont régulièrement recouvertes pi|r la masse . de g 3, ex-
ploitée dans des carrières, sur une étendue de quelques centaines de mètres, suivant sa direction.
A Textrémité opposée, c. à d. vers le bas du ravin de Ru£iëka, si Ton s'avance un peu vers le Nord-Est ea franchissant le ruisseau de Hluboôep, pour pénétrer dans les jardins de M. Herget, on j retrouve les couches bit garrées^vec leurs apparences habituelles. Elles sont trèsnettement exposées au bout de ces jardins, dans une ancienne carrière, sur la rive gauche du ruisseau, vis-à* vis la carrière dite û Zajeshuj située sur la rive droite. Elles offrent 8 à 10 m. d'épaisseur visible sous la mssse calcaire de g 3, jadis exploitée sur ce point
Les couches bigarrées sont indiquées sur notre section par la lettre n. (PI. 2. fig. 1.)
Ainsi, le terrain £6umit libéralement tous les élémens nécessaires pour faire reconnaître la présence de la bande g 2, dans le coteau droit du vallon de Hluboèep. Si cette bande n'a pas été vue par M. M. Krejèi et Lipold, c'est que ces hauts dignitaires de la science se sont dispensés de parcourir cette moitié de la section, fantastiqu^nent figurée sur l'un et omise sur l'autre des deux profils officiels. Ils regretteront d'autant plus cette négligence, que la parfaite régularité de la stratification, dans ce côtean, les aurait infailliblement mis en garde contre l'idée des dislocations, malheureusement inspirée par le premier aspect du coteau opposé du même' vallon.
Avant de quitter ce sujet, nous mentionnerons un fait secondaire et uniquement relatif à la localité que nous étudions. C'est qwe, immédiatement au dessus des couches à silex noirs de g 1, les schistes de la bande g 2, au lieu de présenter les sphéroides calcaires que nous avons signalés, renferment des sphéroïdes ferrugineux, offrant fiéquemment un vide à l'intérieur ou une substance terreuse. Cette formation se voit principalement dans le ravin Se-
kimd Rokley où elle à une épaisseur d'environ 50 mètres. On la reconnaît d^ailleurs aisément par la nuance grise de ses schistes, contrastant avec la couleur yerdfttre des schistes normaux de gZj qui sont au dessus, et qui renferment les sphéroïdes calcaires. On retrouve les mêmes sphéroïdes ferrugineux en d'autres points sur la même direction, mais seidement dans le voisinage de ce ravin.
Enfin, nous saisissons la ^première occasion qui se présente, pour réparer une erreur.
 répoqne où nous n'avions' pas encore établi ime distinction assez rigoureuse entre les roches schisteuses très analogues et renfermant également diverses espèces identiques, nous avons attribué certains spécimens à notre étage H •— h 1 , au lieu de les rapporter, comme nous aurions dû le faire, en même temps à notre étage G — g 2.
Heureusement, il n'y a que deux espèces qui se trouvent dans ce cas, parmi celles que nous avons publiées jusqu'à ce jour, savoir: Phaeops fecunduê var. superêtes, et Cheiruruê Sternbergi, Le premier n^est pas rare dans presque toute la hauteur de la bande g 2, et dans toutes les localités, tandis qu'on n'en, trouve que des traces doutetises dans la bande h 1. Quant à Cheiruruê Sternbergi^ il est extrêmement rare dans la première de ces formations, et nous n'avons jamais rencontré ses vestiges dans la seconde.-
Nous prions les savans de vouloir bien remarquer cette rectification. #
III* Bande calcaire g 3.
Sur le coteau gauche du vallon, les profils de M. M. Krejèi et Lipold figurent, dans sa position véritable, la bande calcaire g 3, au dessus de la bande schisteuse g 2* Mais, d'après leur système, cette dernière est indiquée
comme une intercalation aocîdeniellè dé H f tfttidis que notre bande g 3 ne serait tfae la répétition de la maaae des calcaires de G, placés au dessous de cette endave supposée.
£n faisant abstraction de cette interprétation, si Ton considère seulement la figure et la disposition atratigrapiiiques des diverses formations, les sections de nos contradicteurs concordent Suffisamment avec la nôtre, dlms cette moitié.
Au contraire, sur le coteau droit du vallon, les profils de M. M. Krejéi et Lipold différent essentiellement du nôtre, parce qu'ils ont omis un fait matériel de la plus grande importance dans cette question, savoir, la présttioe de la bande schisteuse g 2, que nous venons de démontrer. Par suite de cette omission, les deux bandes calcaires g 1 et g 3 se trouvent confondues en une seide masse, dans le profil de M. Ejrejii, le seul qui figure tout ce coteau droit. Cette confusion de deux horissons très-distincts dans la nature est sans doute une erreur grave de la part de deux géologues, remplissant des fonctions officidks, mais elle est cependant du çombre de celles qui peuvent trouver en nous un juge indulgent Tout observateur est en effet excusable à nos yeux, lorsqu'il confond, en passant, des masses calcaires qui se ressemblent par leurs apparences pétrographiques, au même point que nos bandes g 1 et g 3. Cette excuse s'applique naturellement à nos contradicteurs, que nous devons considérer comme des passants officiels.
Mais pour nous, qui avons recueilli et étudié, durant plus de 25 années, les fossiles de ces deux bandes, il nous est devenu absolument impossible de les confondre l'une avec l'autre. Cette impossibilité est rendue évidente par les tableaux de la distribution verticale des espèces, exposés ci-dessus, Chap. U. La distinction des faunes des deux bandes calcaires étant ainsi une fois établie, il suffit
aujourd'hui du moindre fragment de Cheir. Stembergï^ de Bront, furd/ery de Phac, fecundus var. degener, de divers Dalmanitea &c. pour reconnaître la bande g I , tandis qu'un fragment de Goniat, plebeitiSj de Hercoceras mirum, d'un Phragmoceras quelconque &c., indique sûrement la bande g; 3.
En nous fournissant ces simples moyens de distinction des deux horizons g 1 et g 3, la paléontologie nous a donc rendu un éminent service, car nous nous rappelons très-bien le temps, où, après beaucoup de visites à Hlubo- 5ep, nous n'étions cependant encore, pour l'intelligence de cette localité, guères plus avancé que les passants officiels en 1860.
Cependant, pour ne pas perdre nos droits à Tindulgence des savans, nous ferons remarquer, qu'à l'époque dont nous parlons, les carrières des environs de Hluboèep étaient bien loin d'avoir le développement qu'elles ont pris depuis lors et qui nous a été d'un grand secours pour reconnaître sûrement, d'un côté, les relations stratigraphiques et surtout la disposition concentrique, et de l'autre côtéy la faune particulière des trois bandes qui constituent notre étage G.
A cette occasion, pour montrer combien le souvenir de nos erreurs anciennes nous dispose à excuser les simples erreurs d'autrui, nous confessons que les premières découvertes que nous avons faites dans la bande g 3, à Hluboèep, mal interprétées par notre intelligence bornée et d'ailleurs entravée par la discipline scientifique, nous ont d'abord entraîné dans une illusion, que l'intervention de la stratigraphie a seule pu dissiper. Voici comment:
Parmi les premiers fossiles que nous avons trouvés dans les calcaires de g 3, étaient Goniat plebeius et Phae. fecundus var, major. Ces deux espèces existant aussi dans notre étage F, aux environs de Konieprus, les lois alors
dominantes dans la science nous indiquaient le même horizon pour les calcaires qui les renferment près Hlubo&p. Ces mêmes calcaires nous offrant aussi de nombreux céphalopodes, parmi lesquels des Phragmoceroêj Chraphoeeras &c. analogues et quelques uns peut-être identiques aux formes à ouverture contractée qui caractérisent notre étage E, il nous semblait naturel de rapporter tous ces fossiles à Fétage F, c. à d. à Thorizon immédiatement supérieur. Nous éprouvions, au contraire, une vive répugnance à concevoir que ces formes, après une longue intermittence, embrassant la majeure partie *de la durée de notre faune troisième, avaient reparu au sommet de notre étage G. La science semblait alors interdire des conceptions de ce genre.
Mais, chaque fois que nous sommes retourné à Hlaboôep, pour essayer d'y constater définitivement l'existence d'une combinaison stratigraphique quelconque , à Tappui de notre supposition paléontologique, nous en sommes revenu de plus en plus honteux et confus de l'inutilité de nos efforts. Enfin, il a bien fallu nous rendre à l'évidence stratigraphique, en dépit des connexions paléontologiqaes, auxquelles nous avions accordé une rigueur qu'elles n'ont réellement pas dans la nature.
Cette évidence stratigraphique ne peut manquer de frapper les yeux de nos lecteurs, s'ils veulent bien examiner la carte ci jointe des environs de Hluboôep, qui) combinée avec notre section (fig. 1.) fournit le moyen de bien saisir les relations que nous allons exposer entre les formations de cette localité.
' Le premier fait à remarquer sur notre carte, c'est que les affleuremens opposés de la bande calcaire g 3 convergent l'un vers l'autre, à partir du S. Ouest et finissent par s'unir et se confondre, vers le Nord-Est Cette observation seule fera comprendre l'ideiitité et la continuité de cette nappe calcaire, couronnant notre étage G.
L'intelligence de ce fait nons conduit naturellement à reconnaître, que la surface restreinte de cette carte représente Textrémité Nord-Est de plusieurs des bassins superposés et concentriques, qui correspondent, soit à chacun de nos étages, soit à chacune de leurs principales subdivisions, ainsi que nous Favons expliqué en 1852, dans notre Esquisse Géologique, (Syst 8iL de Boh. L p. ô9.J Mais, avant de nous étendre sur cette importante considération, nous avons à décrire en détail les afSeuremens de la bande g 3.
D'abord, sur le coteau gauche ou N. Ouest du vallon, l'affleurement de g 3 suit une ligne presque droite, largement tracée par de nombreuses exploitations, sur une lon^ gueur d'environ 1,600 mètres. Dans une grande partie de cette étendue, principalement au Nord de Hluboèep, cet affleurement s'élève sous la forme d'une crête saillante, escarpée et comparable à une immense muraille, profondément découpée par les ravages du temps et de l'homme. Cette partie pittoresque porte le nom de Zvahov. Elle est si rapidement démolie par d'impitoyables carrières, qu'elle semble condamnée à être rasée, avant longues années.
Ces carrières s'accordent à nous montrer, que les couches de cette masse calcaire, quoique presque Verticales, plongent visiblement et uniformément vers le Sud-Est
Sur le coteau droit du vallon, l'affleurement de g 3, un peu moins apparent, mais cependant très-visible, suit d'abord le sommet de la crête arrondie qu'on nomme na Vrikach. Sa tranche est sillonnée par l'ancien chemin des voitures allant vers Slivenetz^ et par une suite d'anciennes carrières. Au droit du ruisseau de Hluboëep, cette crête est coupée par une profonde entaille, à parois presque verticales, exposant la section naturelle de la bande g 3, entre les deux bandes g 2 et h 1, très-bien caractérisées.
Immédiatement au delà du ruisseau, vers le Nord- Est, la bande g 3 se dessine en saillie, sur le sol, sous la
forme d'une crête escarpée, qui surgît dans les jardins de M. Herget, et qui reproduit les apparences de Ëvahov, avec un moindre relief et une inclinaison des couches moins rapprochée de la verticale. Cette crête offre Tapparence d'une haute digue, barrant obliquement le vaUon de Hluboôep, à l'aval de ce village. Elle figure une ligne brisée, qui présente sa concavité vers la crête opposée de ËvahoVy dont elle atteint la direction près de la croix élevée sur le point culminant du chemin qui conduit i Slichov. Cette croix est marquée sur notre carte.
Danâ toute l'étendue de cet afiBeurement sur le coteau droit, les couches de g 3 plongent vers le Nord- Ouest, avec une inclinaison variable, tantôt presque vertipale, et tantôt à 45^, mais toujours symétrique et contraire à l'inclinaison des couches de l'affleurement opposé, c. à d. de 2vahov.
Le point de jonction de ces deux affleuremens de g 3 est caché sous la terre végétale et sous le chemin de ^lichov à Hluboéep. Mais, cette jonction est si évidemment indiquée par la direction à angle aigu des deux crêtes convergentes, par leur proximité à environ 75 mètres et par les inclinaisons opposées de leurs couches, tendant à se raccorder dans le voisinage de la croix mentionnée, qu'elle n'est pas méconnaissable aux yeux d'an géologue.
Nous sommes donc convaincu, que tout observateur non préoccupé reconnaîtra comme nous, entre Hluboèep et Slichov, l'extrémité Nord-Est du bassin particulier, qui a servi de moule, pour le dépôt de la nappe calcaire g 3, postérieurement brisée et sjnclinalement ployée^ suivant l'axe du vallon.
L'horizon continu de la bande g 3 étant ainsi étabh', toutes les apparences du terrain aux environs de Hluboèep s'expliquent clairement et confirment les vues que nous
développons. Jetons d'abord lin coup d'oeil rétrospectif sur les formations inférieures à g 3.
La bande g3, composée de nombreuses couches d'un calcaire très-dur et très-résistant, repose sur la bande g2y dont les schistes se décomposent facilement par les intempéries atmosphériques. A son tour, la bande schisteuse g 2 est assise sur la puissante bande calcaire g h dont les roches sont presque identiques avec celles de g 3.
Par suite de cette différence de cohésion dans leurs roches, les affleuremens des bandes g 1 et g 3 figurent l'ossature saillante du sol, tandisque ceux de la bande intermédiaire g 2 sont, au contraire, creusés par de profondes érosions longitudinales. Ces érosions dessinent donc la direction de cette bande, dans l'intervalle qui sépare les nappes calcaires g 1 et g 3, et elles tracent visiblement les contours concentriques de l'extrémité du bassin particulier, qui a reçu le dépôt de U formation schisteuse g 2.
En effet, sur le coteau gauche du vallon de Hluboëep, la surface de g 2 est occupée par une dépression longitudinale, entre les hauteurs de Div^Hrady représentant la bande calcaire g 1 et la crête de Zvahov, représentant g 3* Cette dépression porte le nom Za Skalama c. à d. derrière les rochers, parce qu'^e est située derrière les carrières de Èvahov, par rapport au village. Elle peut être suivie vers le S. Ouest, jusqu'aux carrières de Prachovna.
Sur le coteau droit du vallon de Hluboëep, l'érosion de la bande g2 a donné naissance au ravin ^de Ruîiôka, symétriquement situé par rapport à la dépression Za 8ka^ lama. Dans sa moitié supérieure, ce ravin sépare les hauteurs de Habrova, c. à d. la bande calcaire gl, de la crête parallèle dite na Vrskachy c. à d. de la bande calcaire g 3* Dans sa partie inférieure il s'élargit à la fois sur les couches de g 2 et sur les couches les plus voisines de g 1 et dé g 3.
La jonction de ces érosions longitudinales de la bande g 2 s'opère d'une manière remarquable à TËst de Hlnboëep , car elle est représentée dans la dépression du terrain y qui s'étend à partir de la crâte ou de la haute digue dés jardins Herget jusqu'à la chaussée de Prague, et même jusqu'à la Moldau. C'est cet espace creux qui correspond au sommet du bassin particulier de la fonnation schisteuse g 2 et il s'étend aussi sur g 1.
A son toiir, ce bassin de g 2 est concentriquement entouré et limité par les hauteurs de Divéi Hrady et de Habrova, formées par la masse calcaire inférieure g 1. Mais la grande fracture , où coule la Moldau , empdche de voir le raccordement et la continuité des contours de cette bande vers le Nord-Est.
Un point isolé de cette enceinte démantelée est représenté par le mamelon ou pointement anticlinal, situé le long de la chaussée, et où se trouve la carrière la plus récente, dite Schwagerka, Cette carrière a fourni de nombreux fragments de Cheir. Stembergi, Bront furci/eff Phac. fecunduSj var, degener ; Dalman. Mac Coyi et autres fossiles caractéristiques de la bande g 1. Au contraire, les anciennes carrières de Schwargerk^, qui s'avancent jusques près de la croix, sont situées sur la bande g 3 et ce sont elles qui nous ont offert les premiers Goniatites de cette localité.
Nous ferons remarquer en passant, que la bande calcaire g 1 représente seule cet étage, sur la rive droite de la Moldau. En effet, les carrières de Dvoretz et de Branik, qui of&ent de nombreux fragmens de divers Daltnanites y de Cheir. gibbuSy de Bront formosus, de Phac. Stembergi &c. &c. propres à l'horizon de g t? n'ont jamais fourni aucun spécimen des Ooniatitesy des Phragmoceras y de Phac fecundus var. major y ni des autres formes, qui caractérisent la bande g 3, aux environs de Hluboéep.
Tontes ces considérations s'accordent à nous montrer que, sur la surface qui est l'objet de cette étude, tous les traits topographîques du terrain, étudiés sous le double rapport de leur disposition horizontale et de leur relief relatif, sont en parfaite haimonie avec l'ordre de superposition et la nature pétrographique des trois subdivisions gl — g2 — gS de notre étage G, telles que nous les avons définies cidessus.
Lorsque cette concordance stratigraphique, si imposante, s'est pleinement manifestée à nos yeux, malgré nos préjugés paléontologiques , on conçoit que nous avons dû nous résigner humblement et même avec reconnaissance, à admettre sur l'horizon supérieur de notre étage G, c à d. vers la fin de notre faime troisième, et après ime longue intermittence, la réapparition de divers Oeniatites et de JPhac. fecundus var. majora qui avaient apparu dans notre étage F. Nous avons été forcé de reconnaître également, à ce niveau, la réapparition des Céphalopodes à ouverture contractée, reproduisant les formes de cette famille, qui avaient prédominé dans notre étage calcaire inférieur E, c'est-à-dire à l'origine de notre faune troisième.
U est doux d'être ainsi vaincu par la vérité.
L'harmonie que nous venons de signaler dans l'étage G, s'étend de même aux apparences des subdivisions de l'étage H, dont il nous reste à parler pour terminer notre parallèle.