SPIRITUALITÉ DE L'AME
ISi Ton voit des savants s'occuper avec une ardeur Infa-* tigable de la structure du corps humain, de ses organes, de son mécanisme, pour mieux connaître les moyens d*en conserver et d'en réparer les forces, de prévenir ou de soulager les maux de l'humanité : s'il en est même qui, se bornant à des vues moins utiles, n'ont d'autre but que d'observer dans l'homme les variétés de ses couleurs, de ses formes, de ses habitudes physiques, pour en faire la description, comme on fait celle des plantes ou des animaux; se pourrait-ii que l'étude de l'homme, dans oe qu'il a de plus noble et de plus élevé, dans les qualités de son esprit et de son cœur, fût pour nous dépouillée de tout charme et de tout intérêt ? Serions-nous tellement plongés daiis les choses matérielles, que tout ce qui est placé au delà des sens ne nous parût qu'une chimère ; ou tellement absorbés par des calculs arides et d'une évidence grossière, que nous n'eussions que de l'aversion et du mépris pour les choses morales et spirituelles, qui n'en sont pas moins réelles pour iMre moins palpables ? Oui, de nos jours surtout, à force de composer et de décomposer les corps, d'en manier en quelque sorte les ressorts physiques, de nous perdre dans le détail immense des éléments et des parties de ce monde visible, de nous enfoncer dans des calculs sans fin, éloignés de tout ce qui tient à nos devoirs ; il semble que nous y avons épuisé toutes nos facultés, que 1 esprit n'a plus de pensées, le coeur plus de sentiment, l'imagination plus d'essor, ni pour nous élever à l'auteur de toutes choses, et nous pénétrer de sa grandeur, de sa puissance, de ses bienfaits, ni pour nous occuper de nous-mêmes, de notre