‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religionChapitre 23 sur 48 · LES MIRACLES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LES MIRACLES EN GÉNÉRAL

JCiXA«iifra les fondements de la révélation, qui comprend la loi de Moïse ci>m ne la loi de Jésus-Christ, et les ven* ger des attaques d^une incrédulité année plus d*une fois de haine et de csilomnie, toujours de préjugés et de sophismes ; tp| est le but principal de nos instnictions. Nous sommes tous nés dans le sein de l'Eglise chrétienne, héritière des promesses faites à la Synagogue ; nous avons tous reçu le caractère de ses enfants. Mais enfin que hvttr il penser de cette religion que Ton voit tour à tour lévé* rée par les uns et blasphémée par les autres? Faut-il la chérir comme le plus précieux héritage que nous ayons reçu de nos pères, et nous montrer jaloux de la transmettre à nos descendants ; ou faut-d n*y voir qu*une croyance surannée, bonne tout au plus au temps de la simplicité de nos aïeux? Notre siècle est-il trop éclairé pour y croire, ou 1 incrédulité moderne n^a-t-elle pas une autre source que les véritables lumières ? Voilà ce qu'il s*agit de discuter et d'appn>f«>ndir ; non que je vienne mettre la religion en problème et la classer parmi les opinions incertaines, abandonnées aux vaines disputes des hommes; mais, à une époque où mille préjugés funestes se sont répandus sur son origine, son histoire et sa doctrine, il importe plus que jamais de se rendre compte à soi-même de sa croyance pour la ranimer. Celui qui ne croit pas, a besoin d'être con%'aincu; celui qui chancelle, doit être affermi ; et celui qui croit, verra toujours avec une douce et ^crète satisfaction se dissiper devant lui tous les nuages que le mensonge cherche à élever autour de sa croyance*

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Mais sur quoi pork^-t-elle principalement, cette reli* gion que nous avons le bonheur de professer? Elle porte sur un petit nonit)re de faits éclatants, qui sortent des lois ordinaires de la nature, et qui ont été opérés en sa faveur par la main toute-puissante du Maître de Tunivers; en un mot, elle porte principalement sur des miracles. Je le sais, Messieurs, aiv seul nom de miracles, nos be4iu\ esprits incrédules sourient de pitié; ils s*éfonnent qu'il existe encore, au milieu d'une nation aussi éclairée que la nôtre, des hommes assez simples pour s'occuper sérieusement de miracles. Ils ne cessent de rappeler que rignorance a souvent mis au rang des prodiges des événements purement naturels ; quil fut un temps de crédulité, où la fourberie dans les uns, la simplicité dans les autres, pouvaient aisément accréditer comme miraculeux ce qui ne Tétait pas ; que , dans tous les temps, des hommes habiles ont su profiter du goût des peuples pour le merveilleux ; que Mahomet prétendait converser avec un ange, Numa avec la nymphe Egérie, et que Socrate avait son démon familier : qu'ainsi, pour n*étre pas dupe de rimposture, le sage sVnveloppe du manteau de sa philo* Sophie, laisse les miracles au vulgaire, et ne croit à d'autres merveilles qu'à celles de la nature. Vous voyez que nous ne prétendons pas dissimuler les arguments de Fincrédulité. Pour les résoudre, nous allons établir les quatre propositions suivantes : la première, que les miracles sont possibles; la sec^inde, qu'on peut très- bien discerner les miracles d'avec les faits naturels; la troisième, que les miracles sont un excellent moyen d'établir la vérité d'une religion ; la quatrième, que les miracles que nous n'avons pas vus peuvent être constatés par le témoignage, comme les faits ordinaires. Tel est le sujet de cette Conférence. Je vous prie de ne prononcer sur le fond des choses, qu'après l'avoir entendue tout entière ; parce que ce n'est qu*i mesure que nous avancerons, que vous verrez

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sucoessivement se dissiper les préventions et les difllcultés.

J'appillk mimole un événement contraire aux lois oon* fltantes de la nature. Ainsi, qu*un mort de quatre jours, déjà tombé en dissolution, sorte vivant de son tombeau ; qu'à la voix, au simple commandement d'un homme, une tempête violente s'apaise soudainement, ou qu'un fleuve remonte vers sa source : voilà des faits, des événements qui sont une suspension manifeste des lois universelles et bien connues de ce monde physique ; voilà des miracles. Or, qui osera dire que de pareils prodiges sont impossi*** blés à Dieu, qu'il ne peut les opérer par sa toute«puis-* sance, ou, s'il lui platt, par des agents qui parlent en son nom ? Le bon sens dit à chacun, que Dieu a établi librement les lois qui gouvernent ce monde visible, que ces lois sont l'effet de sa volonté toute- puissante ; et comment seraitMl le maître suprême de la nature entière, comment en serait-il le législateur indépendant, s'il ne pouvait modifier, suspendre ses lois^ suivant les desseins de son adorable sagesse ? Pour donner plus de développe^ ment à ces pensées, remontons un moment à ces notions premières sur Dieu, auteur et conservateur de l'univers ; notions si simples, si lumineuses pour tous ceux dont l'entendement n'est pas obscurci par les ténèbres de Ta^ théisme. La matière ne trouve dans son propre fonds ni la raison de son existence, ni la raison de la manière mer« veilleuse dont sont liées, ordonnées toutes ses parties. Le hasard n'est rien; la nécessité est un mot, et non pas une cause. C'est Dieu qui a fait les causes secondes, et qui leur a donné leurs propriétés, leur degré de force et d*ac« tivité; c'est lui qui, dans les cieux, a réglé la position et le cours des astres, comme il a déterminé sur la terre les différentes espèces de mouvements, et la manière dont ils seraient communiqués. L'expérience nous a fait aperce-

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