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t^ont il est appuyé a*t-il tout ce qu'il faut pour ne laisser aucun soupçon raisonnable d'illusion ni d'imposture? c'est là tout ce qu'il importe de savoir.
On avoue Tautorité du témoignage sur un fait naturel; mais ce n'est qu'un fait naturel que tous Paris nous propose à croire, savoir que cet homme est plein de vie. Il est vrai qu'une fois qu'on est assuré de sa mort, sa vie présente suppose une résurrection. Hais si l'on ne peut douter de la vie de cet homme, sur le témoignage de tout Paris, puisque c'est un fait naturel, on ne saurait donc douter de sa résurrection ; Tun est lié nécessairement avec Tautre. Le miracle se trouve enfermé entre deux faits naturels, savoir, la mort de cet homme et sa vie présente. Les témoins ne sont assurés du miracle de la résurrection, que parce qu'ils sont assurés du fait na-^ turel. Ainsi je puis dire que le miracle n'est qu'une conclusion de deux faits naturels. On peut s'assurer des &its naturels, le sceptique l'avoue ; le miraii^le est une simple conséquence de deux faits dont on est sûr : ainsi le miracle que le sceptique me conteste, se trouve, pour ainsi dire, composé de trpis choses qu'il ne prétend point me disputer, savoir, de la certitude de deux faits naturels, la mort de cet homme et sa vie présente, et d'une conclusion métaphysique que le sceptique ne me conteste point; elle consiste à dire : Cet homme, qui vit maintenant, était mort il y a trois jours ; il a donc été rendu de la mort à la vie.
J'en ai dit assez. Messieurs, sur la possibilité, la nature, l'autorité des miracles, et sur les moyens de nous assurer de leur existence. Maintenant il ne s'agit plus de rejeter, avec un superbe dédain, les miracles que rapportent les livres de l'ancien et du nouveau Testament, ni de les renvoyer au peuple ignorant : ils sont possibles; et si- nous faisons voir pins tard qu'ils sont appuyés sur des témoignages irrécusables, qu'ils sont aqssi bien prouva qu'au^
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oun de ces fhits anciens dont personne ne doute, la raison commandera impérieusement d en reconnaître la vérité. En vain on fuit observer que Thistoire de tous les peuples abonde en prodiges; les faux ne détruisent pas les véritables : c'est comme si Ton disait quil n'est pas d'histoires fidèles, parce qu'il en est de fabuleuses; qu'il n'est pas de véritable monnaie , parce qu'il s'en trouve de fausse dans la circulation. Il serait bien plus philosophique d'observer avec Pascal (1), que le mensonge vient après la vérité; que l'imposture est une fausse imitation de ce qui a été ; et que, si le Tout-Puissant n'avait jamais opéré de miracles, les hommes n'auraient pas eu la pensée de les imiter. Je le sais, de nos jours, on est retenu par une fausse honte ; on rougirait, ce semble, d'avouer que Ton croit aux miracles évangéliques : et par un contraste bizarre, et bien humiliant pour la raison, on ne rougit pas de croire les absurdités du matérialisme. On craint de penser ici comme le peuple ; mais quoi ! parce que le peuple croit en Dieu, faut-il donc que le savant soit athée? Pour ne pas adopter certains préjugés de son ignorance, faut-il que le raffinement d'un faux savoir nous conduise à des erreurs non moins ridicules, et plus funestes encore? La force d'esprit, ce n'est pas d'affecter l'irréligion dans un siècle irréligieux, c'est bien plutôt de lutter contre le torrent des mauvaises doctrines. Le crime de beaucoup d'écrivains du dernier siècle est d'avoir cherché la célébrité plutôt que la vérité. Malheur à nous, si, énervés nous-mêmes par la mollesse des opinions actuelles nous avions pour elles de coupables ménagements! Il est écrit que les lèvres du prêtre seront dépositaires de la science (!2); et s'il restait muet au milieu des clameurs de l'impiété, qui donc rappellerait aux saines doctrines la jeunesse égarée? Non, môme dans ces
{i) Pensées, art. xxvii, n. (6, etc. — (2) Malach, ii. ?♦
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jours mauvais , tous les cœurs ne sont pas fermés à la vérité; elle y pénètre pour réveiller des sentiments plutôt assoupis qu'éteints. Puisse t-elle, par notre organe, en être entendue, les émouvoir, les convaincre, et les ramener à cette religion sainte, si tendre dans ses invitations, si indulgente envers le repentir, si magnifique dans ses promesses, et qui ne cherche à triompher dans le temps que pour couronner dans l'éternité !
MOÏSE