S DE L* AUTORITÉ DES ÉVANGILES
Je m'adresse à un incrédule, et je lui dis : Est-il dans Tantiquité des ouvrages dont rauthenticifté puisse être établie par des preuves capables d'entraîner tout homme qui ne voudra pas se livrer au pyrrhonisme le plus outré? Ne regarderiez-vous pas comme un insensé quiconque oserait contester à Démosthène, à Cicéron, à César, les œuvres qui portent leur nom? Comment fut accueilli dans le monde savant et littéraire le fameux Père Hardouin, lorsqu'il essaya, contre la foi de tous les siècles, d'enlever à Virgile la gloire d'avoir composé TEnéide? Vous rougiriez de vous faire le disciple de cet érudit à paradoxes, encore qu'il ait su les appuyer de raisons apparentes. Hé bien, ce serait réellement se jeter dans des écarts semblables, que de contester aux disciples de Jésus-Christ les livres révérés sous leur nom par toutes les églises chrétiennes. Que peut exiger ici la critique la plus sévère? Voulez-vous que l'authenticité de nos Evangiles soit appuyée sur une tradition universelle, immémoriale, et même écrite, des sociétés chrétiennes? voulez-vous qu'elle soit appuyée sur les aveux de ceux-là même qui doivent être les ennemis naturels de ces livres ? voulez-vous enfin qu'elle soit appuyée sur l'impossibilité d'assigner une époque où ils auraient pu, avec succès, être supposés par un imposteur! Certes voilà bien de quoi contenter l'esprit le plus difficile ; et quel est l'ouvrage de l'antiquité profane, qui réunisse en sa faveur, des caractères si nombreux, si éclatants d'authenticité? Ce sont là poiirtant les titres qui assurent celle de nos quatre Evangiles.
J'ai dit qu'elle était appuyée sur la tradition constante, immémoriale des sociétés chrétiennes. Interrogez les peuples chrétiens répandus sur la surface de la terre ; demandez-leur où sont les titres de leur origine, de leur croyance, de leur morale, de leur culte : vous les trouverez divisés sur quelques points de doctrine ou de disci* pline, mais tous se réuniront pour vous présenter les