‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 14 sur 60 · LES CAUSES DE ISOS ERREURS · texte numérisé non relu

LES CAUSES DE ISOS ERREURS

JjE premier besoin comme le premier Lien de l'homme, t'est la vérité ; oui . vérité dans la religion, qui , en nous donnant des idées hautes et pures de la Divinité , nous apprend à lui rendre des hommages dignes d'elle ; vérité dans la morale , qui trace leurs devoirs à toutes les conditions, sans rigorisme comme sans mollesse; vérité dans la politique , qui , en rendant l'autorité plus ju.-,te et les sujets plus soumis, sauve les gouvememensdes passions de la multitude, et la multitude de la tyrannie desgouvernemens; vérité dans les tribunaux, qui fait pâlir Le vice, rassure l'innocence , et amène le triomphe de la justice ; vérité dans l'éducation , qui , mettant en accord les doctrines et la conduite , fait que les instituteurs ne sont pas moins les modèles que les maîtres de l'enfance et de la jeunesse; vérité dans les i . les arts, qui les préserve de la contagion t!u mauvais goût, des faux ornemens comme des lausses pensées ; vri ilé dans le commerce de la vie , qui, en bannissant la fraude et l'imposture, fait la iùrelé commune, vérité en tout , vérité avant tout : voila au fi nd ce que cherche, par les désirs secrets ; coeur, le genre humain tout entier : tant les peuples ont cou. pi is que la vérité est utile , et que h» mensonge est nuisible !

SDH LES CACSES

Et en effet, lorsque les véritables doctrim universellement , qu'elles ont pénétré dan

les cœurs , qu'elles miment tontes les clasa 'lelaso- • iété ; i elles n'ai rêti ni pas tout I auront du moins l'avantage d'en arrêter m !

uombn : féi ondes en si ntimi

. h .h tii . . t l'on i ompi endra q

rite est pour le i 01 ps soi i.il un pi si , au i ontraire, l'ei reuj ^m des choses i apitales vient ù dominer dans les espi lis. soi toui dans i eu* qui sont appi lés .1 servit il<' guides 1 1 de modèli s, i II I ni i . les jetei dans de i ta g routi s; et rompant les pensées, les M mini, h- et les u lions . i lie devii adra un principe de dissolution >i de mort.

Depuis un sièi le surtout . quel choc d'opinions onposées parmi nous! que de systèmes renversés par d'autres systèmes! que de p ucadoxes révoltan ! Et l'histoire religieuse, politique el lui êj tire de 1 1 I elle autiv chose, depuis , l'histoire du

i reurs > ontre toutes les vérités ?

combat soutenu d'abord par la plome, el plus tard pu I glaive, et dont l'issue fut pour un temp ta destruction apparente de la religion el de la monan In:'. Ce <pi il l mi bien remarquer . <'. -i q le t"ns I liattans , I. sectaire comme l'orthodoxe, le • comme le philosophe, l'impi comme le chrétien., le démagogue commi le défenseur do trtee, ton.» • profession de marcher sous les drapeaux de la vérité; et ceux qui étoient armés contre elle se leroient regardés comme i dncus, s'ils eussent reconna qu'ils loienl enrôlés sous les bannières du mi

DE NOS LRRELRS.

Mais comment se fait-il qu'avec cet amour secret de la vérité , qui est dans le cœur de tous , l'erreur soit si répandue , et qu'elle égare si souvent le savant même comme le peuple? Ne Seroit-il pas possible de remonter aux causes de nos erreurs , de bien les connoitre, pour se dérobera leur influence? En signalant les écueils contre lesquels va se briser la raison humaine, on ne préviendrait pas sans doute tous les naufrages; mais peut-être on lui en épargnerait beaucoup: c'est dans cette pensée et cette espérance, que j'ai conçu le dessein de vous entretenir aujourd'hui des causes ordinaires de nos erreurs.

Ces causes sont laloiblesse de la raison , l'ignorant c , le demi-savoir, la science même, la fausse application (ies divers principes de véi lié, la préoccupation , l'excessive curiosité . les passions.

Je dis d'abord lafoiblesse de la raison. Placé, pour ainsi dire, entre I être et le néant, l'homme, par ses facultés , présente bien des traits de ressemblance avec sou divin auteur; mais en même temps il se ressent des imperfections et de la misère <!<• tout ce qui est créé. Il est intelligent , mus son intelligence est bornée ; s'il n'est pas dans l'impuissance absolue de saisir tonte mi ité , il ne lui est pas donné de tout voir et de tout connoitre , en vain -mi orgueil murmure contre les limites de sa raison , il ne saurait 1rs renverser , misai incapable de Redonner une intelligence infinie,

que de -e '' amer un COipS lliilnuili I : et s'il est lini ,

est-il étrange qu'il soit faillible? lussi esbU des erreurs qui sont une suite' naturelle de l'infirmité de notre esprit l'aveu que nous en faisons, doit, non pas nous

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jeter dans un 1 u Le dé i >uragem< nt, mais nous inspire i uni: juste d( G u i e de ai us-mcmes.

Oui, Messieurs, vous supposeriez réunis même pi rsonni l'i (prit le plus pénétrant , le cœur le j.ln^ droit , l> savii h plus s a ste . vous n'auriex jamais qu'un homme , un être dont les facultés sont limitées ; il a Lien le pouvoir Je rapprocher les objets, Je les comparer, de les apprécier, pour éviti i L'erreui dans ses jugemens ; mais ce pouvoir, qui fait sa nol rogative, décèle en même temps sa foi l ! en exceptez certaines vérités premières, qui brillent à l'espi it de leur lumii il brille

aux yeux di L'éclat de tes rayons, l'homme im

d'une simple et pleine vue : dans l.i plupart de ses connoissances , ci a' est qui par des rapprochemens multipliés, pai des efforts pénibles, par d< Ion) circuits de raisonnemi os, qu'il arrive enfin à la

avait, il Millit île quelque inattention , d'un moment d'oubli et de s nui n,pour

que l'erreur se glisse comme à son insu dans 1> - résultats Non. le ;;i ni , la bonne foi, ne suffisent \ garautii toujours J< L'illusion; il n\ *t pas plus doux a l'honune de se mettre à l'abri ur, que

de vivre exempt de toute faute. Qu esi le s ivanl critiqui si exact si attentif <|n'il ait été , qui ue se soit trompé quelquefois dans les di tails de si sréi ils bistoriques? Quel est le magistrat , fùt-il le plus éclairé . 1. plus con ciencieux, qui, parvenu au terme d'une bo- >.m ii. u- . pi odre d'avoii toujours

i é sui\ mi La rigoureuse équii ! 'n tout , L'homme i>i condamné à payer tribut I l<

M .NOS ERBEOBS. 59

sa nature : t'est un mal qu'on ne sauroit guérir entièrement ; le seul remède qu'on puisse y apporter , c'est de travailler à s'éclairer tous les jours davantage sur les choses qu'on est obligé de savoir, à fortifier sa raison par la réflexion 1 1 L'expérience , à se mettre en garde . ontre toute illusion. Disons au reste, pour la consolation de la foible humanité, que les erreurs vraiment involontaires ne sont pas criminelles aux yeux de la souveraine justice.

N< >n-seuleine ut l'esprit est borné dans les choses qu'il lonnoit, et sujet à s'en former des idées inexactes , incomplètes, fausses ; mais combien n'en est-il pas qu'il ignore entièrement! La science est comme un champ immense que le ciel livre à nos soins et à nos travaux ; dans quelques-unes de ses parties, il donne des fruits sans culture ; dans la plupart, l'homme ne le féconde qu'à la sueur de son front, et jamais un seul homme ne pourra le défricher tout entier. Or, comment juger sainement de ce qu'on ne counoi t pas? Voyez le peu pie: il ignore les ressOJ ts m ciels (le la nature, les lois physiques qui entretiennent l'harmonie du monde, les causes des phénomènes célestes et des merveilles qui frappent es regards ; il n'a fait aucune étude qui puisse l'éclairer sur ces matières; ici il peut être aisément le je. net des m us 1 1 de l'imagination : il pourra bien inventer des causes bizarres de ce qu'il voit; de la des opinions ridii ulea ou même superstitieuses : or, Messcurs, combien de Lx aux esprits qui sont peuple dans leur manu re de juger, et qui prononcent sur ce qu'ils nt! Les hommes universels oe sont pas communs; un grand poète peut ignore) les secrets des hautes

fîO ira '

s, |, ■„, • . un géomètre demeure assez étranger à la con-

noissanced m humain et » l'on veut élancer

au-delà de la sphère di ses • onnoiawm i s . est-il étonnant qu'on s'égare? Que chacun ne juge que de ce <]u'il sait bien . qu'il n î t 1 1 jugemi nt dans les choses in< ertaines; et le pin nombre des fausses opinions disparoîtroni I à mit' troisième > rosi di not i m m s . le demi- Rien de plus commun que de rencoi prits qui se contentent des aperçus I. ■- plus superficiels et les plus vagues . qui effleurent tout . n'approfondissent rien, l sont d'autant plus trani hans et plus affirmatrfs dans leurs décisions, qu'ils devraient être plus réserves et plus modestes 1 ne des plus incurables manii s de < i tu qui se piquent de s» tt i 'le

beln prit, c'est de vouloir être universels et «J ger en docteurs, même dans les mat hrcs sM, I. ^ quelles ils n'ont que des demi-connoù de 1 1 qu'est i enu . depuis m sièi le . • e déb< i le systèmes en matière de morale, «le politique, d'éducation, capables >le bouleverse] le ode entier : voilà ceux ilout parle Pascal l . qui ont » quelque teinture de science, font les entendus, . troublent le monde, et jugent d< (Dut, plus mal » que tous les auo. I

mieux qu'un x . t i n savoir : l'homme qui n'est ose connoîl si foiblesse, s, l'avoue à lui-même. défie : le <1> m qu'il - . un savoir qu'il n'a pas, et n'a ni

[i)Fmt4tt, irt. nu, n. i.

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