‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 15 sur 60 · DE SOS ERREURS · texte numérisé non relu

DE SOS ERREURS

la sage retenue que le bon sens inspire , ni la lumière que donne une science profonde ; il suit les vaines lueurs de son esprit, il s'égare. Non, le plus ignorant n'est pas celui qui ne sait pas , c'est celui qui faussement croit savoir; de là naissent les plus ridicules et les plus funestes prétentions. Quoi ! Messieurs , je n'aurai qu'une légère teinture des lettres humaines, et je m'arrogerai le droit de juger les anciens et les modernes , comme pourrait le faire le littérateur le plus profond ! Je serai à peine initié à l'étude des lois, et je me croirai un jurisconsulte aussi habile que Domat et d'Aguesseau ! Ou est ici le bon sens? Je ressemble à celui qui , placé au pied de la montagne, croiroit jouir d'un horizon aussi vaste que celui qui en occuperait le sommet. Maintenant jugez vousmêmes de ce qu'il faut penser de ces esprits téméraires , qui ne connoissent la religion que par de faux portraits ; qui , vains de quelques vieux argumens qu'il-; croient une découverte , se permettent de combattre le christianisme , et s'exposent à le calomnier sans le savoir. Gomment , avec, une connoissance légère de la religion, de ses fondemens, de n doctrine, de son histoire, osc-t-on prononcer contre elle en faveur de l'incrédulité? Dans les affaires qui intéressent l'honneur , la vie, la fortune, voudroit-on se conduire a\. , < etle pitoyable légèreté -'

Une quatrièi anse d'erreurs, c'est quelquefois

la science elle-même. Heureux en général ceux dont la mémoire . enrichie par de longues études , est devenue comme une mine inépuisable d'où ils peuvent tirer des trésors toujours nouveaux! Lorsque l'érudi-

un jugement sûr . pr u:.

d'un npe supérieuri . il ne p< ul en sortit qu'une

oeuvri du pins grand prix ; mais aussi , poui prit faibli . L'érudition pourrait être une charge dont ils seraient comme accabl I i qu'un

amas de connoissances , si l'esprit u'est : pour les porter, assez pénétrant |K>ur tout di l

et tout apprécier : alors 1- s matériaux l'an bitecte manque | oui li s mettre • science sans jugement ne servira •, lui qui

la possède; offusqué, ébloui par mille lueurs opposées, il ne saura pas discerner la véritable. A même qu'on a u de savons grammairiens n'être que des écrivains médiocres, on a tu de tri dits n'être que de foibles critiques , et donner dans de puériles erreurs: leui jugement n'étoit pas > li mesure de leur mémoire; engagés dan! les détours d'un dédale sans lin, U n'avoient pas le lil condu- . leur pour I I là qu'on ex| lique

comment le fameux Père Hardouin, un des hommes ; savans qui aienl jamais existé , a donné dans des écarts qui n'ont excité qu< la riséi ii 1 1 pitié; en cela imité, surpassé même par quelques érudits de n< >- jours, qui . .ui sujet élu divin fondateui du chri- • tombés dans des égaremens plus ridicules eue ore, et malheureusement bien plus i

Je viens à une cinquième eau e de nos n n r ^ . la

ipplication des principes île vérité. L'esprit bu-

main s'exerce sur divers genres de connoissances. le

monde intellectuel et physi rue est <!<■ son domaine.

partout il cherche 1.'. vérité, et il m- croit la

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