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que lorsqu'il se sent éclairé d'une lumière si pénétrante , si vive , qu'il lui est impossible de s'en défendre : c'est dans cette conviction intime et profonde du l'esprit , que je trouve pour lui la certitude. Mais , il faut bien le remarquer, cbaque genre de connoissauce a son genre particulier de preuves; je m'explique. Qu'un enfant doive aimer sa mère , qu'il existe eu Italie une ville appelée Rome , que dans le cercle la circonférence soit le triple du diamètre , ce sont là trois choses également certaines pour nous. Dire qu'il est certain que la circonférence égale trois fois le diamètre , mais qu'il est seulement vraisemblable que Rome existe , et probable qu'un fds doit aimer sa mère , seroit uue proposition révoltante , et que repousseroit le sens commun. Sur i es trois eboses notre conviction est la même : la certitude est uue , mais les moyens de la faire naîtra dans l'aine sont différens. On ne prouve pas le devoir de la piété liliale par le calcul , ai L'existence de la ville de Rome par le sentiment , ni les rapports du diamètre à la circonférence par le témoignage humain. Prenons garde de transporter dans on genre de connoissances le genre ëe preuves qui lui est étranger; ne cherchons pas les procédés géométriques dans les objets qui n'en sont pas stu- 1 1 pti blés. Tout le monde i roit à l'existence de Henri IV, de Charlemagne ou de Césai , aussi fermement que l'on peut < îone a une proposition d'Euclide ; et pourtant I point pai des démonstrations géométriques qu'on acquiert la convictioD de ces faits historiques. Pascal a rem la géométrie se fonde sur
(i) Pensées , art. xxri
ni ipes d'une >■■. idem e palpable, et qu'il est de* choses plus déliées, plus délicates, qui si plutôt qu'elles ne se voient, et qu'il s'-r<>ii ii<liculede
h ni. i ; létriqnement. Toutes les fois qu
briste voudra appliquai sa science aui liment , de goût , d'autoi ité, 1 1 1 morale , .1 l*hi 1 homme de lettn s, le vrai ci itique , se moq ses raines théorii 5, comme lui-même aurait droit 'lu Be moquer de celui qui voudrait résoudre • blêmes d'après les règles de la morale : même, pour le remarque! en passant, toutes les sciences humaines port m sur une • rentière si ii nce, celle di a principes, <iii la métaphysique. Cesl par des vérités inti 1 dont le sentiment est dans ions les espi ii- , qu rive aux vérités géom tri pies la certitude de celles-ci suppose la certitude < ( < • celles-là : et -v < • i U» pourquoi ceux qui ont pu dire qu'il n'j avoit de ci tain qui les mathématiques, n'ont sa ce qu'ils disoient.
Nous voici 1 la sixième cause de nos erreurs , la upation. Il < >i des personnes tellement dominées pai ..il 11 leur sont propres, et qui, à leurs yeux, sont une découverte , qu'elles aériennenl comme inacci ssibles à tout autre genre de pensées : 1 ii"- faculti •. 1 h m ni absorbées on dirait qu'il m li m n te, pour toute autre chose, ni intelJ ni sentiment ; c'esl uneespi ition d'esprit Leur arrive-t-il de s'occuper de matières autres qui celles qui sont l'objet exi lus Fde leurs affections; 1 ll<-> sont distraites , inappliquées, incapables de saisii n-ru 1 11 1 -- rapports plus cachés, certaines nuances plus <1<iicates, qu'il importe toutefois d'apercevoir : de 11
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résultent des notions imparfaites , source de faux jugemens. A cette préoccupation se lie l'esprit de système ; et jusqu'où ne peut-il pas égarer la raison '. Dans la recherche des causes secondes qui régissent le inonde physique et moral , le savant aime à se faire des théories générales; il lui arrive de s'en créer une avant d'avoir réuni un assez grand nombre d'observations bien constatées; il s'y attache, il y place sa gloire , il en devient infatué : dans cette disposition d'esprit , il ne voit que ce qui le favorise ; il compte pour rien tout ce qui le contrarie ; il accommode les faits à son système , et non son système aux faits. L'expérience , les monuinens , le raisonnement, il faut que tout plie devant ses idées chéries : de là sont venus tant de rêves politiques , qui dévoient faire le bonheur du monde , et qui en ont été l'épouvante et le fléau; de là tous ces romans de la nature, qu'on dounoit pour son histoire.
Il faut li'uii le remarquer, Messieurs , les objt ts qui fixent nos regards se présentent sous différentes faces ; et mie des plus grandes fautes que l'on puisse commettre, c'est de ne pas les envisager toutes ivec une ittention : c'est de leur ensemble que dépend le jugement que l'on doit porter.
Dans les choses humaines, dans ce qui regarde les formel de gouvernement, les institutions, les l"i^ , les affaires de la vie civile, il n'est rien qui n'ait ses trantages-, il n'est rien qui h'ail ses înconvéniens : celui qui n'envisage que les avantana, s'expose A prendre le parti le plus funeste ; celui qui ne voit que les înconvéniens, abandonnera peut-être le parti le
66 SIR LLi C-.
plus util Cadre l'homn, « bien
, I 'Peser d uu ! i 1 dance de l'équité et les incon-
. t l.s avant . ai intiinida
... blouii p u 1« alors qu'il poui ra se < :ité.
I) [in Ique • ex< triples dt préoc-
cupations d'esprit, lu publicisle aura i
des climats sui le tempérament , les i ;
ludi - physiques, et pai 1j un nu sur i 1ère , les mœurs et les loi . frappé de cette i cherche à l'approfondir, il finit par 1 t ' cupations , il ne voit p;i
veut pas \".i jusqu'à quel point la religion , l'éducation, la politique, le commerce , la conqui t. . ] eucent modifie! - pre-
mières ; et il voudra tout expliquer, les vertus i omme les \ ii < -s di g peuples . pai 1. - > lun.it> . le roili tombé dans un excès; et une chose qui, renfermée dans de justes bornes, étoit une vérité, poussée trop loin, nest plus qu'un paradoxn .
Ce moraliste n'envisage que la lettre et la i delà loi; il \. il les choses dam la spéculation, jamais dans la pratique; il n'a aucun égard à 1 1 In. une; il ne tient aucun COUipl tunes
de tempérament, de surprise , qui, dans l'application, peuvent tempérer la règle : le voilà dans un i igoi isme . qui . en décourageant le coupai I . plus li ii ; peut-être que lerel i< bi ment
1! ' i viennent tant d'< trangi s opinions sur 1. de Louis \l\ . le plus beau de la monarchie, el qui éfj de, s'il ne ' . ' .. plus beau
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prit humain? C'est toujours de la même cause. Aprèâ les troubles d'une orageuse minorité , Louis enfin est roi , et il ne cessera plus de l'être jusqu'au tombeau. Quelle suite de merveilles présente son règne! Pour le bien de ses peuples, il protège la religion, perfectionne les lois, règle les principales branches de l'administration publique par des ordonnances qu'on admire encore , fait fleurir les sciences , les lettres et les arts , étend le commerce, maintient en tout lieu la justice, l'ordre et la paix ; c'est sous ce règne que brillent ce que la France compte d'orateurs , de poètes , de savans , de philosophes , de magistrats, de capitaines, de pontifes plus illustres. Louis ajoute six provinces à son royaume , couvre ses frontières de places fortes , établit son petit-ûls sur le trône d'Espagne , soutient dans sa vieillesse , avec une magnanimité rare , les efforts de l'Europe conjurée. Par ce prince , la gloire du nom français est portée jusqu'aux extrémités du monde , et la France exerce sur l'Europe une espèce matie d'esprit et de talent, qui, après un siècle , et tant de désastres , se fait sentir encore. Quel quels titres ,i l'admiration publique ! Ils n'ont Méconnus , ces titres, par des hommes dont L'hommage n'esl pas suspect , mais qui avoient euxmêmes trop de talent pour insulter au siècle du génie ; je veux parler de Montesquieu, de Voltaire et de Frédéric. Mais aujourd'hui que fait un esprit préoccupéde nos idées modernes? Il fut un ci imeàLouisXTV de a'avoii pas régné d'après des formes et des vues qui n'étoient pas celles de son temps. Quelques écarts de politique , quelques erreurs d'ambition , des fautes
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personnelles qu'il a eu le courage de se reprocher luiméme; roilà ce que l'on considère uniquement, et ce qui donne lien aux plu violentes déclamations» Bé ! Messieurs, il n'est pas de simple particulier, qui,
dans i. iduite de ses affaires domestiques ,
qui Ique faute; et l'on voudrait qu'il n'j eût pas une seule tai he dans un règne de soixante ans de ;;loire et de prospéi ité ! < lu es( il i la justii e ? et que peur en t an reste • ontre lui l< ^ i ! imi m - <!<• la m \;nn~ détracteurs passent, et la gloire reste. Ixmis a donné son nom .1 son sièi le pour jamais . ■ i 1 1 postérité ne cessera d dire, £ tù I \U .comme, après deux mille ans , elle dit encore , .'■ t gusle. Je me sens heureux d'avoii eu ci solenni Ile de vengei la mémoire de Louis \H : el je vois, i l.i manij redonl mes] aroli s viennent d'être accueillies, que vos cceui sont Iran liscoi une le mien. En septième lieu, Me sieurs, je dois vous prémunir contre l'esprii de curii - LTn très-grand défaut
dan lé raisonnement , c'est de le pousser trop loin. La marque d'un bon esprit est de savoii s'arrêter, >i «le mettre un frein i i ette i m iosité supi i be qui voudroit s'élancer au-delà des bornes. I vide de savoir , L'esprit s'irrite contre les obstacles opposés . blesse; il veut les franchir ; et si quelquefois son audace est heureuse, souvent au >i il se précipite dans les régions du mensonge Sut la terre, il àfesl pa donné à l'homme il<- jouii d'une lumière parfaite ; uns connoissances sont mêlées de quelque oha urité. Quand l'espril est frappé il>' preuves convaim u : lumineuses, il d >ii s'en contente] , encore qu'il ne