‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 20 sur 60 · PROUVÉE PAR LA FOI DO GENRE HUMAIN · texte numérisé non relu

PROUVÉE PAR LA FOI DO GENRE HUMAIN

des génies malfaisans , à des divinités subalternes et mensongères , de s'imaginer que la pierre et le bois façonné par le ciseau, qu'un animal, une plante, renfermoient quelque divinité cachée. Mais , du milieu de cet amas de superstitions et de la fange des vices , le peuple s'élevoit de temps en temps à l'idée de la suprême majesté d'un Dieu, je ne dis pas unique, mais supérieur à tous les autres dieux. Les apologistes de la religion en out fait autrefois la remarque ; je me borne à citer saint Cyprien. Dans son traité De la Vanité des idoles , il remarque que le vulgaire coufesse quelquefois le vrai Dieu, lorsque par un mouvement naturel , il s'écrie : 0 Dieu! Dieu le voit ; je le recommande à Dieu : ô Dcus ! Deus videl ; Deo cnmmendo. Oui, souvent, en parlant de la Divinité , on excluoit la pluralité, on la nommoit simplement Dieu ; et c'est là ce que TVrtullien , dans son Apologétique (1), appelle énergiquement le témoignage d'une ame naturellement chrétienne.

Des peuples de l'antiquité païenne passons aux peuples des âges modernes. Sans doute , on ne contestera pas la croyance des nations Européennes qui se sont formées, depuis quatorze cents ans, des débris de l'empire Romain ; on sait aussi que les peuples Juifs, Chrétiens, Musulmans, idolâtres, répandus sur la surface du globe , sont religieux , et que toute religion port- sur nu s, intiment pins ou moins pur de la Divinité. Mais que dirons-nous des peuples découverts dans les trois derniers siècles? Jusqu'où n'a pas

(l) Apoloj. cip. it il

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pénétré l'audace des navigateurs ? Quel* monts inaccessibles, quelles forêts profondes n'ont pas

li ,.]. d< missionnaires ? Hé bien! «ur quelle ten e nom i lie onl abordi ! I i on la i on-

noissance de la I >i s Lnité ne se trouvât point avant eux? Non, i. u'esl pas Cul,, ml, qui l'a portée en Amérique, ni Magellan aux lies des Larrons

Je sais bien quedes voyageurs, trop hardis à prononcer sur ce qu'ils n'avoiem eu ni le li rnps ni Les uioyi ns d'observer . avoii ni up fons 'I i-

théisme sur les babitans des lies Antilles , sur 1 I siliens, les Canadiens, les limons, les Souriquoi», les Bottentots; nos sceptiques, nos athées en triomphoient. Bayle , Helvétius . aimoii i \aloir :

triomphe ignominieux , comme je le dirai bientôt, ne fût-il pas imaginaire! Qu'esl-il arrivé Cest que ces premières relations très-hasard ces ont < ié formellement démenties par des relations subséquent! s . plus fidèles et plus circonstanciées; il si l'on n'a] parmi ces peuples que îles linéainens informes de religion , si leur croyano est tri ■grossière, du moim elle n'est plus un problème. Pour n'eu i iter ici qu'on exemple entre plusii urs autres , on avoil douté quelque temps de la religion des (haïtiens : hé biet et après lui Vancouver ont reconnu leurs dogmes et leurs cérémonies religieuses.

Ainsi les athées n'ont pas La triste consolation d'avoir pu découvrir un seul peuple assez dénaturé pour être sans Du h lu reste , nous pourrions bien impunément leur abandonner ces horde s sauvages qui n'ont d'humain que lt figure; il seroil digne d'une telle

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cause , d'avoir pour patrons les habitans des forêts, ce qu'il y a de plus abject et de plus dégradé dam notre espèce. Depuis quand faut-il juger des sentimens de l'homme , d'après des êtres qui n'en ont conservé que le nom? Voudroit-on apprécier son intelligence parcelle des insensés que la police renferme dans des lieux de sûreté ? Et quand Buffon faisoit une si sublime peinture de l'homme, de la beauté de ses formes et de ses traits , avoit-on le droit de lui opposer les individus qui sont d'une conformation bizarre et difforme? Que si nous invoquons le témoignage des sauvages , c'est d'abord parce qu'il étoit contesté ; c'est ensuite pour faire voir que la croyance d'un Dieu est si conforme à la nature raisonnable , qu'elle a pénétré jusqu'au sein de la plus profonde ignorance et de la férocité même.

Nos impies d'Europe ont été chercher des alliés aux extrémités de l'Orient , à la Chine ; ils ont avancé que les lettrés Chinois étoient une société d'alliées. Encore que cette autorité ne soit pas très-imposante, discutons lui moment le fait. Que parmi les beaux esprits de Pékin il v en ait qui fassent profession d'athéisme , comme parmi ceux de notre Europe , cela peut être ; mais que le corps des lettrés soit athée, je demande qu'on m'en cite des preuves irréfragables. Si quelques missionnaires en out fait autant d'athées , ce n'est pas l'opinion qu'en ont eue le plus grand nombre de ceux qui se sont, rendus très-habiles dans la langue chinoise, par une étude constante et par leur commerce avec les principaux lettrés. Voici ce que dit à ce sujet un très-savant missionnaire . le Père Parennin , dans

<X) KCE I l DO I

une lettre à M. de Mairan , directeur d. i' \. adeusfl des sciences (1). « Il m'a toujours para qui eeuxcnn » ont accusé les lettrés Chinois d'athéisme, n'ont eu

■ d'autre raison di L'assurer dans le public , que lin—

n térêl de la cause qu'ils aboient à souteoii Je

» n'ai point vu encore de Qlinois qui fût ;iil

» la pratique Je puis ajouter que le non I

» très-petit de ceux qui ont voulu paraître aih

.. si quelques-uns ont tâché, dans leurs livn

• pliquer tout physiquement, sans avoir recours à

■ un Etre suprême, autrui d< toutes choses, ils se » plaignent que Leurs sentimens, l"in d'être suivis, » sont abandonnés dis lettrés. » Nou* Messieurs, que ces lettrés offrent des sacrifices a ce qu'ils appellent l'i sprit du ciel : or il serait trop al>surde d'adresser des vœux et des hommages au néant. à un être sans rie <t sans intelligence; et c'est là du moins une notion confuse de la Divinité'.

Faut-il, en passant , dire un mot de certain Dictionnaire dés Athées, et de ses Supplément, dans K-squels se trouvent inscrits l.s plus beaux génies de tous les âges, à commencer par saint Augustin et à finir par Bossuet? Voulefr-vous savoii . Mi ssii ors . I quoi se réduisent ces rapsodies? Nous disons tous les jours que Dieu est partout, qu'il remplit de sa présence le i ii 1 et la terre , que par lui tout w et respire , qu'il est la lumière d< s esprits ; bous y. \ Ions de sa parole féconde, de son bras qui lance le \.- ■-.

(i) Dr . date du u août 1730. tMtrtsUifantu

tt evriruses. iJil. de 1781 , lom. XXI, pag- joi.

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