‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 29 sur 60 · PROUVÉE PAR L ORDRE DE LA NATURE · texte numérisé non relu

PROUVÉE PAR L ORDRE DE LA NATURE

sons avec toute la nature; la terre, les mers , l'air, la lumière, le soleil, tout concourt à notre conservation. Le pain qui nie nourrit vient de ce grain confié à la terre ; la terre est fécondée par les pluies qui l'arrosent; ces pluies tombent des régions de l'air; l'air soutient les vapeurs qui les produisent ; ces vapeurs s élèvent Je la surface des mers et des neuves ; cette évaporation suppose l'action de la chaleur et du soleil: voilà comme tout est d'accord pour fournir à ma subsistance. Jene suis qu'un pointa peine aperçu clans le tout ; et je deviens comme un centre où tout doit aboutir. Ce que je dis de l'homme, je le dirai de chacun des êtres de la nature ; je le dirai de ces animalcules qui échappent à l'œil. Ainsi tout se lie, depuis l'infiniment petit jusqu'à ['infiniment grand ; et le ver qui rampe sur la terre tient, à la constellation qui brille au plus haut des deux.

Voulez-vous admirer l'ordre et la beauté dans un objet particulier? Je demande s'il n'est pas évident que, dans l'homme, l'œil est fait pour voir, et si l'on ne découvre pas une admirable proportion entre l'organe de la vue et les phénomènes de la vision? Voilà donc un but, et des moyens qui s'y rapportent. Vous vous trompez , dira l'athée, héritier ici d'une pensée de Lucrèce: L'œil n'est pas fait pour voir,

mais il fallait bien que la matière qui le compose coexistai d'une certaine manière avec les autn s objets de la nature ; il s'est trouvé qu'elle étoit en rapport avec la lumière . et voila pourquoi l'homme s'en sert pour voir les objets. Messieurs, j 'ai tnerois autant dircquela porte d'une maison n'estpas faite pour qu'on

114 l'lVISTENCE 1>E DIEO

i trouvant la, on s'en sert pour cet osagi ■: w Ken en< ■■ ■ il Inuliadire que lea instrumens divers dont m -m l'ouvrier j>our

ii . polù , ii mner, achever son ouvrage, n'ont pas été faits pour cela, mais que l'ouvrier les vovam propres à cet usage, i

de quoi pousser a bout l'athée II | lus obstiné. Je n'examine pas ce que seroit l'homme dans un autre système; toujours est-il vrai que, dans l'ordre actuel des c hoses , l'homme est né pour voir les <>!->]■ : rieurs: et que deviendrait l'espèce humaine, à elle étoit frappée d'uni cité? elle périroik

L'homme est donc fait pour voir. Mais par quel organe voit-il? par les yeux. Maintenant l'optù h a le plus habile si l'a il de l'homme n merveill. tisemi ni construit pour cet usage ; si par la place qu'il occupe, parles paupières ui le couvrent, par sou orbe mobile, pai la pupille, le nerf optique , il n'a pas les rapports les plus manifestes &vac la vision. Ainsi, voiries objets, tel est la fin; l'oeil, td . -t

le moyen : 01 yi d i si p u (alternent adapté a La

Sa, Que faut-il de plus pour un dessein . un but , un plan ci mu ri I ore une fois, voilà de l'ordre. Mail ce qu'on dit de l'œil , on I

ou le dira du merveilleux mécanisme du corps ln>main, de celui des animaux t des plantes. Interroge! le savant le plus profondément veraé dans la connoissance de la nature, 1 1 il vous dira que, dans la chaîne immense des cires, il n'en est pu un seul qui ne soit bien ordonné en lui-même, >i bien ai*

pari tp] irt au tout. Et où doue seront l'ordre

PR0LYEE PAR LOSD.U DE Là NATURE. 115

et la beauté, s'ils ne sont pas dans cette suite et cette liaison de merveilles?

Messieurs , la nature est si belle , les hommes ont tellement le sentiment de sa beauté, que tous leurs efforts ne tendent qu'à la reproduire , et que le triomphe du génie , c'est de l'imiter. On sait que les beaux arts ne sont que l'imitation de la nature. Le peintre , le statuaire , le poète , se croient d'autant plus parfaits , qu'ils en retracent des images plus fidèles ; même les beautés de la nature ont pour nos cneurs un charme secret qui nous suit partout. 11 y a s siècles qu'on l'a remarqué : au milieu des chefs-d'œuvre de son industrie , dans ses jeux etses fîtes , dans ses spectacles les plus pompeux , dans les portiques et les palais qui sont son ouvrage, l'homme se plait à retrouver la nature. Des cieux étoiles , des paysages, des fleurs , des fruits, des oiseaux , voilà ce qu'il aime à voir reproduire ; et lors même qu'il fixe tes yeux sur les beautés enfantées par l'art, il sent que, par la partie la plus pure de lui-même, il tient bien davantage aux beautés originales, dont on peut dire ([ne li fraîcheur est toujours ancienne et toujours nouvelle

Il est vrai que nous ne connoissons pas complètement cet uni vers; mais il seroit contre le bon sens d' die» ( herent r dans ce qui nous est inconnu, des argtunens contre ce que nous connoissons; ce seroit chercha la lumière dans le-* ténèbres. Prenons pour règle ei noui guide l'an ilogie et l'expérience; jugeons des parties qui peuvent nous être encore inconnues, par celles qui sont enfin venues à notre connoissance,

])G L EXISTENCE DE DU r

.,|„. nous a\ fté loi g-ti m] Dan» les

,1, , progrès iuuni na - Qui lie Coule ctonn ml

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L m domaine '■ Oi i haque dé< ouverte a été u

m dlle : Christophe Col b, en découvrant I !

, ique . i comme doublé pour nous le .,'. habitons. Bé bien, a-t-on trouvé dans les 11. m les montagnes, les forêts, les productions de a

hémisphère . qui Ique i h qin le rendit indigne de

figurei .i coté de l'an D inventés

p. ii l'homme ' ont fait pénétrer plus avant dans toutes

Les parties qui composent \i< divers s | lui lions de

La nature . ils ont i d qui Iqu monde nouveau, peuplé de milliers d'êtres in libles à l'œil. Hé bien , ici encore nouveaux sujets d'admiration, nouveaux tniracli Depuis que le télescope d'Herschel a visité le* y a-t-on vu quelque désordre choquant? les quatre nouvelles plai ertesdenos jours ont-elles

quelque chose de contraire à l'harmonii universi Lie? L'astre vagabond dont L'apparition imprévue a surpris nos savans (T a-t-il fourni quelque argument

contn La sagesse del'ord tateui dt s mondes ? Aon ,

non . il n'en est pas des oui ragi s de la nature comme Je ceux de l'homme : avec de nouvelles lumières on ,i souvent découverl de vieilles erreurs; nos théories physiques d'aujourd'hui sont en bien réfutation des anciennes. Depuis que le siècle de

i ' ni l du u. d juillet 1819.

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