‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 35 sur 60 · EXAMEN DES «BOCHES · texte numérisé non relu

EXAMEN DES «BOCHES

quelconque ; et quoi néanmoins de plus incompréhensible? Vous ac comprenez pas la création, ni coinrnent l'univers l tt uti du néant : mais prenons garde d'attribuer aux adorateurs de la Divinité les idées absurdes qu'ils n'ont pas. On ne dit pas que 1 soit âne cause productrice qui ait fait le monde; on ne dit pas que le néant ait fourni la matière dont il est composé', que la matière ait été extraite des al imes du néant, comme on extrait les métaux des mines qui les r» èli ut : il y auroit alors contradiction d ins les ternies , absurdité manifeste ; 111.115 on dit que Dieu, par sa puissance infinie , a donné l'existence à ce qui ne l'avoit pas , (pie te qui étoit possible dans . de son entendement divin , il l'a rendu réel par la force de sa volonté. Sans doute nous ne concevons pas cette manière d'opérer; il faudrait être dans le sein de la Divinité , pour comprendre quelle est sa manière de vouloii . et la puissance de sa volonté. Si , par notre expéi ient e personnelle, par notre sentiment individuel, nous ne connaissions pas ce que c'est qui le rouloir dans l'homme , il nous serait impossible de nous en faire nue idée . cornu impossible au sourd de naissance de concevoir le son, à l'aveugle-né de concevoù l<- I serait

une pensée basse it terrestre, que de transporter à la Divinité ce qui ne convient qu'à l'homme, borné dans son pouvoir comme dans ses conceptions. L'homme peut bien donner aux obji .~ préexistana de nouvelles formes ; il peut modifier la matière . et non la créer : mais au «ont nue. infini dans sa puissance, Du u donne [existence actuelle j ce qui n'avqit qu'une exi

possible ; et c'est ce qu'on appelle créer , tirer du néant. Ne faut-il pas qu'il y ait une différence infinie entre le pouvoir de l'homme et le pouvoir de Dieu ? et si la puissance bornée peut créer des modifications, pourquoi la puissance sans bornes ne pourroit-elle pas créer des êtres ? Nous avons en nous-mêmes une image imparfaite de cette puissance créatrice. Voilà , je le suppose , mon bras immobile ; cet état de repos est l'absence , le néant du mouvement : je veux , et mon bras se remue ; son mouvement possible est réalisé ; son mouvement qui étoit dans une sorte de néant , en a été tiré par un acte de ma volonté : espèce de création imparfaite , qui est une figure de la création parfaite , dont Dieu seul est capable.

Dieu est incompréhensible: mais comprenez-vous bien comment votre mémoire vous rend présent le passé qui n'est plus , comment votre pensée s'élance dans tous les inondes à la fois, comment votre ame anime toutes les parties de votre corps? Nous ne gommes environnés que de choses incompréhensibles. C'est bien aux athées à parler de l'incompréhensibilité de Dieu , à eux dont les systèmes ne sont qu'un assemblage de mots incohérens, de propositions contradictoires et révoltantes, dont la doctrine est si incroyable, qu'elle entre à peine dans quelques esprits singuliers ; en sorte qu'on ne peut être athée que par un excès de crédulité! Mais cette observation trouvera sa place ailleurs. Je passe à la seconde difficulté des athées.

On ne voit pas Dieu. Sans doute , si l'auteur de la nature n'avoit pas marqué son ouvrage d'un sceau divin ; s'il ne s'étoit pas rendu témoignage à lui-même

par une manifestation d i attributs , capable d'enraisonnabl

. Qoltans dans ! itude ctlecho lel\ spril humain.

Mais si I le cri 'I'- la raison, du genre humain, de la nature

qu'il est un I > 1 . n auteur de loui digne de nos idorations et de notre amour: que sommes-nous pour o i lui demande! pourquoi il ne se manife te pas <li. inlage, et ] . de plus

grand lumières, au lieu d •■uiiois-

sance i elles qu'il 'mu • donc

se mani itage: mais jusqu'à quel point

TOudi'icz-rous qu'il portât cette manifestation de luimême? Vous m pas sans doute que l'Etre infini soit obligé de m décom i ir j un être nuque vous, dans l'état infini di sa grandeur et de sa gloire. Voudriez-vou istence flit pour voua un fait aussi sensible que celle du soleil ou propri corps? mais alors où seroit le mérite de croire en lui? Quel mériti i l'existence du soleil que vous ^ yeux? Juste et bon, mais indépendant, maître it >"i de ses créatures, jaloux des horamagi s d'un cœur droit el sincère, Dieu se présente à nous sous un joui assez frappant pour qu'on puisse l'apercevoir, >i sous un voili assez épais pour que nous ayons le mérite de croire à sa i

A ous pensez que le Dieu 1 on I- il 1 i. n davantage,

s il i ndoit plus sensible à vous: mais le Dieu qui

est la bonté même est aussi la sou

que sareir-rous si, dans ses conseils étemels, il n'a

pas fait sagement de ne pas se manifester davantage? Vous le croiriez encore meilleur, s'il éioit plus visible ; et un autre le croirait meilleur, s'il lui donuoit plus de santé , plus d'esprit, plus de puissance. Ainsi la Divinité serait assujétie aux vains caprices des liommes, et il faudrait que leurs idées arbitraires devinssent la règle de celui qui est la suprême raison. Je conçois très-bien comment Dieu est tout à la fois visible et c.nlié: visible dans ses œuvres, qui sont comme autant de miroirs où se réfléchissent ses perfections adorables, et caché à cause des ombres qui enveloppent son infinie majesté: c'est le soleil caché derrière un nuage. Plus loin de nous , la Divinité pourrait échapper à nos regards; plus rapprochée, clic nous entraînerait avec une impétuosité qui ôteroit à l'homme sa liberté, et toute l'économie du monde actuel se trouverait renversée. C'est par la droiture du cœur, par la bonne foi, par le désir sincère de connoilre la vérité , que nous sommes estimables aux veux du juste appréciateur des choses : qui le cherche avec des intentions pures, le trouvera 11 est une de saint Augustin , souvent répétée mais qu'il faut rappeler toujours, parce que toujours on l'oublie, et que nous allons reproduire dans les expressions mêmes de l'a ( al : « Il y B assez de lumière pour ceux » qui ne désirent que devoir, et assez d'obscurité » pour ceux qui ont une disposition contraire (1). »

Ici, comme en tout le reste, le christianisme se montre éminemment raisonnable ; et nous pouvons

(l) Pcn-uvs, art. «vin, n. 1.

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observe) combien l< i relation confirme, en l'éporant , en le perfectionnant, tout ce qu'inspire mie saine raison. Elle nous apprend que c'esl ici le temps des ombres ei ! '<, et non celui de la pleine

et [parfaite lumière ; qu'il faut comment ei | oire,

pour mériter Je voir ; qu'il sera d île qui

nous dérobe la Divinité , et que , semblable puscule qui annonce le soleil, le temps pré* nt n'e^t que l'aurore du jour de l'éternité.

Venons à la troisième difficulté, qui est qu'on peut se passer de Dieu , et que tans lui on cj/j/iijuc tout.

On sait, Messieurs, avec quelle jactance les alliées modernes ont vanté leur science et leurs tumii \

les en croire, c'éloient des esprits sublimes, qui, portés sur les ailes du génie, planoient au-dessus «les préjugi s vulgaires: si quelquefois ils daignoient descendre de ces hauteurs pour nous ten Ire une main secourable, c'étoit pai mi reste de pitié superbe dont ils vouloient Lien ne pas se dépouiller. Ils pronon^oient contre nous les mots de supersliliou , de préjugés. lulité; ils nous accusoient de iioils traîner dans 1rs sentiers de h routine, et nous invitoient à Lu ix-i comme eux les iris d'une honteuse servitude. Ne seroit-il pas singulier, que l'accusali m de crédulité qu'ils nous intentent retombai sur eux toute entière;

que la force d'esprit fût de notre côté, et que du leur

il n's eût que foiblesse et puéi ilité ? Cet tes , si quelque chose peut les en convaincre, c'est Lien la prétention qu'ils ont de tout expliquer sans Dieu.

Oui , il est facile de faire voir que sans lui on ne peut ex] liquej m l'existence de la matière, m l'exis»

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tente du mouvement, ni en particulier l'existence de l'homme.

Je dis d'abord qu'avec l'athéisme on ne peut expliquer l'existence de la matière, de ces corps dont se compose cet univers sensible. En effet, si la matière n'est pas l'ouvrage d'un Dieu créateur, à qui doit-elle son existence? Ce n'est pas au néant, le rien ne produit rien : il faut donc dire que la matière existe par ellemême, qu'elle a été de toute éternité, que sa nature est d'exister nécessairement, qu'ainsi elle est ce que les métaphysiciens appellent Y Etre nécessaire. Or, cette assertion est non-seulement gratuite, mais contraire à la raison. Je fais observer d'abord que la matière n'est pas une fiction de notre esprit , mais une chose réelle, un composé d'une multitude de parties unies entre elles: dès lors, si la matière existe nécessairer.irni , chacune de ses particules a aussi une existence tire; si bien qu'il seroit impossible, sans se contredire, de la supposer non existante: ainsi il n'y aura pas un grain de sabli . une molécule d'air, un atome de matière , dont l'existence ne soit aussi essentielle, que la rondeur est essentielle à un cercle, du cercle et relie il,' la rondeur sont tellement ibles, qu'il est bien impossible de les séparer contredire soi-même. Or je demande s'il en est de même de l'idée d'un atome et de l'idée de son existence , et en quoi l'essence des choses seroit blessée, parce que je supposerais que cet atome n'existe pas: donc cet atome n'existe pas nécessairement ; et ( e que je dis de l'un , je le dirai de tous: donc il y a un Dieu. Je fais observer encore que la suprême perfec-

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licill , ( '. si il'.

i .-même

est indépendant; il possède tout : t 1 c|iu pourroil le limiti i -' Aussi, s?il es) un chi se démontrée en métaphysique . c'est que I I

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