DANS L'ORDRE MORAL
sou être. On ue trouve pas étrange , que l'homme ne soit point assez intelligent pour voir d'une simple vue toutes les vérités dans leur ensemble ; qu'il ne soit point assez puissant pour commander à sou gré A toute la nature ; qu'il ne soit point assez vertueux pour posséder toutes les vertus dans le plus haut degré , sans aucune ombre d'imperfection; en un mot, on trouve naturel que l'homme ne soit parfait, ni en lumières, ui en puissance, ni en vertus : pourquoi voudroit-on qu'il fût parfait en phisirs , en santé, en honneur? Je suppose que , dans un bonheur continu de cent années , un homme éprouvât une légère douleur : sans doute, cet instant de peine ne lui feroit pas mécoanoître la boulé divine ; voudroit-il ressembler à cet homme ridicule dont parle la fable, qui, mordu par un insecte, s'étonnoit que Jupiter ne foudroyât pas un tel monstre? Que si Dieu, sans cesser d'être bon, peut permettre quelques momens de souffrance, pourquoi pas une heure, pourquoi pas un jour? et que sommes-nous pour opposer nos calculs aux profondeurs de son adorabla
Qu'on étale , tant qu'on voudra, toutes les misères humaines;il est vrai pourtant qu'il est bien peu d'homm< 5 qui s m m assez malheureux pour désirer la mort, i ' | nu préfé i i 1> néant > leur existence actuelle; que, suivant ' dinaire de la vie , nous éprouvons
bien souvi ni des sentimens île plai ii et de joie; que li ■. maux que nous souffrons sont presque toujoiu-s tempérés pai quelques consolations, du moins par l'espérance. L'homme, dii-on , est malheureux : mais
] , ', la p:io\ idence
dhi m pi "i ; h i épurer et sa vertu . à di
1', spril 1 1 du i '.m , 1 t .1 le i ortei au plus haut point d'héroïsme; alors je ne ven u dans ses malh u heureux an ident , qui , dans l< - vuespal
divine I té, tourne au bien de L'ensemble d
ses. L'homme est malheureux ; m u tu» ■>
Léplaisirs étoii ut son ouvrage , pourquoi 1
. la Divinité? Or trop souvent l*h< n
accuseï que lui-même 'le- ses malheurs. Soyons ptaa modérés dans dos désii s, pi
cours, plus rai as nos projets, pins sobres,
plus tempérans, plus éloignés des voluptés et di qui énerr< ut à la l"i-> l'ame et L ts ver-
rons disparoitre le plus grand nombre di s maux que nous souffrons. L'homme, dit-on, est malheureux; mais prenons is tromper sm li bonheur.
(lu n'est heureux ni par la fortune, ni paj lesi ni pat le savoir, ui par les plu irs du monde, ni par l.i solitude; mais ou est heureux par le témi d'une conscience san reproche : c'est là que se troovent la paix , le plaisir solide de l'ame , le bonheur; et dans cette matièn nos écrivain nt mon-
trés bien plus éclairés que tous les sages i • l'antiquité Ce bonheur i st au pouvoir de tous . et il n'est au po«voir de personne de nous le ravii il i --t indépendant il. tous les accidens de la vie humaine ; il res
nous quand tout périt auloui .le nous. l.'Ii ni \. i-
tueux peut bii a souffrir . mais . dans Le calme de bob âme pure, il ne voudrait pas changer sa destinée contre celle des médians qui sembleraient eue les
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plus heureux des mortels , et les chaînes dont il pourroit être chargé lui seroient plus douces que toutes les couronnes du vice triomphant.
Jusqu'ici je me suis attaché à faire voir ce qu'il y avoit d'injuste et d'exagéré dans les plaintes que l'on forme contre la Providence , soit à cause de l'inégalité des destinées humaines, soit à cause des souffrances et des malheurs de l'homme; maintenant je vais répondre à ce qu'< Iles semblent avoir de légitime, eu résolvant la troisième difficulté. Pourquoi , dit-on , sous un Dieu saint, bon, sage et juste, ces désordres et ces crimes qu'il lui étoit si facile d'empêcher, qui sont le fléau de la terre , et rendent souvent le sort de la vertu pire que celui du vice? en un mot , pourquoi le mal moral? C'est ce que nous allons discuter.
Ox sait hien que la question de l'existence et de l'origine du mal est une de celles qui ont le plus exercé les philosophes et 1rs théologiens anciens et modernes, et que c'est là comme un écueil contre lequel s'est la raison humaine, quand elle a voulu tout ■ r et tout savoir. Nous ne balançons pas à dire qu'il est impossible de dissiper cnlièrci, ent toutes 1 qui enveloppent cette matière. Si , dans
l'étude 'lis phénomènes du monde visible , on rencontre si seuvem il. s , hoses qui déconcertent l'intelligence <l.s savons les plus habiles, et dont toute leur sagacit' ne peut rendre compte; comment, dans un ordrr ■'• choses bien plus sublime, dans le momie intellectuel et moral , ne se ti ouveroit-il pas des points ■il ilmnil 'I I i capacité humaine? Alors que doit-on
1GG la pnoviLi
faire? On doit admirer la Providence dan^ tous les
traits <!'■ | ni • m e 1 1 de sagi - par I.
r . 1 1 li croire également admirai.!, d (hoses qu'elle nous caclic. Si vous tous pi l'athéisme, quelli frén (i ! si vous admettez o mais --ans providence, quelle contradiction ! si vous prem / le pai ti de dire qu'il n'y a ni bien ni mal . qm 1 aveuglement! Il y a dont oui Providence qui gouverne ce monde, il \ a du mal dans c< monde; deux vérités également incontestables : mais comment fient-elles ensemble? Je pourvois me contenter de vous
dire que ji n'en - n~ 1 1 n, et, i ppeler, avec les
esprits les plus élevés, teb qui !' tes, Clarke, Bossuet, qu'on ne doit jamais abandonne! d( (vérités bien établies , ] les difficultés qui paroiasent insolubles ; que sans cela toul seroil incertain, n géométrie. Le premier géomètre du d< Euler, avoue que l'on a proposé contre cette science r des difficultés m captieuses, qu'il ne fdiit | » de peine et de pénétration poui les réfutei i » nient. » Ainsi . quand je ne pourrais suffisamment ti lairi n la question de la pei mission < t «le l'existence du mal sur la terre, ma foi dans la Providence n'en seroil point ébranlée. D'un coté, je senois ferme dans la vérité , comme de L'autn sdétoui l'aveu
démon ignorance, et j'obéirais aui inspirations mêmes d'une raison éclairée) en m'abaissant devait \<< hauteurs de la science de Dieu. En tout, Messfean, il but taroii s'arrêter; <t dans le rajstMutesnatf, connue dan-, la conduite, la véritable force M trouve dans uiu juste mesure.