‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 40 sur 60 · DANS L ORDRE MORAL · texte numérisé non relu

DANS L ORDRE MORAL

Mais ne craignons pas d'entamer la discussion ; et sans prétendre dissiper tous les nuages , présentons aux esprits sages et dociles assez de lumière pour voir que le mal n'a rien d'inconciliable avec la sainteté , la bonté , la sagesse , la justice d'un Dieu qui préside aux destinées humaines.

Il est vrai, le Dieu trois fois saint, comme l'appellent nos livres sacrés , a une aversion infinie pour toute tache qui souilleroit son être divin, une immuable volonté de ne rien faire qui soit indigne de ses perfections; mais le mal ne souille que les créatures qui le commettent, et au milieu de leurs désordres . la sainteté de Dieu demeure inaltérable. Et ne pensons pas que Dieu doive être regardé comme l'auteur du mal qu'il permet. Il n'eu est pas du monde moral comme du monde matériel; dans celui-ci, tout marche , tout s'exécute par des môuvemens mécaniques; et les phénomènes que nous présente la nature peuvent être considérés comme l'ouvrage de Dieu , toutes les fois qu'ils sont le résultat inévitable des lois dont Dieu seul est l'auteur. Mais ce n'est pas ainsi que se gouvernent les esprits intelligent • t libres: l'hoinui est capable d'agir par raison et par chou ; il est doué de la sublime faculté de comparer, de réfléchir, de se déterminer; c'est par là qu'il est ce qu'il i -t , c'est par là qu'il est raisonnable. La liberté lui fut donnée pour qu'il embrassât le bien par chois, et qu'il ni' L- mérite de le pratiquer. Il est vrai que, libre de choisir entre le vire et la vertu , il peut se tourner vers des objets indignes de set affections , s'attadicr à ce qui est défendu , en un mot , faire le mal ;

108 u PBovnu

niais ce n'est pas poui celaqni Dieu l'a fait libn :li liberté rient de Dieu, l'abus rient de l'homme, sa détermination au mal est son ouyi I '■ est ri

pou la fin qui le Créateni s*esl proposé . qu'il adonné à l'homme le sentiment da bien, la oonsci n i , lere- , la raison, pour démêler la vertu d m ■ "\ iter l'un et pour pratiquer l'antn : et la

rebgioi n> fait ronnoitre tout re que -a prOI

miséricordieuse a jouir de secours divins à la n poui éclaiaer nos esprits et remuer nos . voh pas, an reste . que pei mettre le mal n'est pas la même chose que le vouloir ■ l le fair» Le maître qui enseigne 1 1 dialectique ■ i L'éloquence, est-il l'auteur de l'abus qu'on pourra faire rie ses leçons poui fense du vice et du mensonge.

Mais, dira-t-on, comment la honte toute pu de Dieu n'empêche-t-eUi ibusdu libre

arbitre , qu'il lui est si (ai ile d'einpêi bi i S M ors, le Dieu bon doit se manifesta | bienfaits et tousse^ ouvrages doivent portei L'empreinte de sa munificence : niais il est i. i une r< flexion décisif e . i 1 pie je VOUS pi le de bien ^.il^ir . i'is( rjiu'

dans Dini la bonté n'est pas une soi te de pcni liant < t d'instinct aveugle, -ans lumières <t sans règle, qui tende au bien des créatures sans tucun égard aux autres attributs dn Los, 1. * i onduile de lin u . œuvres, ni doit pas seulement présenter li es » 1 ■ sa bonté, mais encore celui de s-i justice . de son indépendance, de son empire souverain mu tout ce qui vit et respire. NYsi-il pas naturel que ses ouvrages soient l'expression de son être divin

dans l'ordre moral. 169

tout entier , que Dieu agisse en Dieu ? Dès-lors ce n'est pas seulement sa qualité de père qu'il faut envisager on lui , mais encore relie de souverain maître de l'univers. Père commun.de tous les hommes , il doit à tous des marques de son amour ; mais aussi , roi et législateur suprême, pourquoi ne pourroit-il pas nous imposer des lois , exiger de nous des hommages de soumission et de gratitude, et faire dépendre notre bonheur de notre fidélité? Les abus du libre arbitre, source du mal , sont déplorables ; comme la foiblesse de notre intelligence, source de tant d'erreurs <, est humiliante pour nous: mais si Dieu n'est pas obligé de nous rendre infaillibles dans nos jugemens , pouri oit-il obligé de nous rendre impeccables dans ;if>ns? Voudroit-on que, pour empêcher le mal, il enchaînât notre liberté, qu'il n'eût fait de nous que ries automates se portant au bien comme par nécessité? Alors où scroit le mérite de la vertu ' Oui, c'est le pouvoir de faire le mal. qui donne tant de prix

à noue fidélité, qui rend la pratique de la vertu si méritoire pour nous , et si glorieuse a la Divinité. Noua aimons ù ne voir en Dieu que sa bonté, pane qu'elle nous rassure sur nos désordres; et nous oublions i souveraineté, parce qu'elle intimide nos passions : mais si nous ne voulons pas nous abuser nous-mêmes . en donnant aui obligations de la bonté

divine étendue imaginaire, ne séparons jamais

en Dieu le litre de nés-bon , de celui de très-gi and.

Que si , in istant d'une autre manière, on demande

comment le Dii u sage a pu i tre l'auteur d un monde

pi. in de désordres, nous répondrons que ce Dieu est

170 l» pi

assez puissant pour lirei le bien du i

poui i n f m i naître un plu i gi ind I ii n ■ <p-

mission du mal . qu'on présente comme contraire i

sa sagesse , ne sert qu'à la fain éclatet davai

que, sous plus d'un rapport, le mal lui-mi i

n iliii.' à la bi auté . .1 la pei fi i tion do monde moral.

En effi i , Messieurs , qui n'admireroit

■m gouverne) cetti multitude de volontés libres et opposées, régler jusqu'à lem dérèglement i faire rentrer leurs di - l'ordre um!

i m i les soi ii tés humaim s uni , : ment et le clioc des passions contraires qui tendent à tout confondre el à tout détruire? Vous considém toujours en cux-mi d sont la honte el le Beau de 1 humanité . < i v

voulez p i v '-n que ce qui i t malhe isi ment un

mal trop véritable , se tourne ncanmi ins en une sorte île bien : s'il n'y avoit pas de mal sur la terre, le I ii n a m. ii moins de prix, mérite, et serait moins

estimé C'est le vice qui fail ressortii la vertu, comme la tempête lut ressortii l'éclat d'un beau jour. La générosité brille davantage I côté .le l'arari pureté îles mœurs à . ôté de 1 1 débauche ; la clémence pu. 'it plus magnanime au milieu des fureurs de la vengeance . la paix domestique semble plus touchante au milieu des discordes qui trop souvent .ij,i' familles. Ainsi l'on peut dire . sans exagéi or, q le monde moral comme dans le momie | hysiqui . il est une suite de beauté qui vient des oppositions it trastes.

Je placerai i.i une observation importante . pour

dans l'ordre moral. 171

nous faire sentir combien nous devons être discrets à prononcer sur les desseins de Dieu , et sur la sagesse dea moyens qu'il emploie pour arriver à ses fins passagères sur la terre. Placés dans un seul point du temps et de l'espace , nous sommes trop accoutumés à ne considérer que l'instant et le lieu où nous sommes , tandis que nous devrions considérer toute la chaîne des siècles; frappés du mal présent, nous ne vivons pas assez pour en voir la liaison avec le bien universel ; et parce que , dans ses desseins , la Providence ne mai die pas aussi vite que nos i isirs , nous en prenons occasion de blasphémer contre l1!c. Les desseins de Dieu sont immenses , et nos vues sont bornées. Yovonsdous assez bien les rapports de ce qui est avec ce qui a été et ce qui sera? en connoissons-nous la liaison avec la plénitude et la fin ultérieure de tous les ouvrages de l'Eternel , pour les soumettre à notre censure? Souvent le temps découvre le but des événement : et ce qui est inexplicable aux contemporains qui le voient, sera plus intelligible pour la postérité Ainsi, que l'innocent fils de Jacob, dont nos livres saint* ont conseï vé la touchante histoire, soit vendu hères, qu'il soit esclave en Egypte , précipité dans un cachot; voilà d'abord ce qui déconcerte: mais si l'on ■> rappelle que ses infortunes furent comme autant île degrés qui h portèrent au faite de la puissance, où il devint le sauveur de l'Egypte et de sa race; que ses malheurs passagers furent comme le pivot sur lequel ronloient les destinées d'un peuple . m. i : son sort ne devra-t-il pas exciter notre admiration plutôt que nos murmures? Trop souvent nos

U p..o\im

sonl aussi injustes . aussi i qu'elles

sont (oiiiniu

i ' ) ne autrefois lis peuples barba N

fondirent sur les provinces 'le- L'empire Romain, el

causërenl i. u milieu des ;

liques desGauli s . d - I I Lan iva

que les chrétiens, foibles dans leur foi. furent tentés dedemandi i comment il se faisoit que le pi api devint ainsi la proie de l'em ur et de L'in6dél

loquent prêtre de M ti seille , crutdevoû prendre la plume pour arrêta < es murmures et venger la Providence, dans un ouvrage que nous avons encore. Messieurs, de nos jours, au milieu de nos >ecousscs politiques et religieuses, et de i"ii< nos , h désordres , combien di Français cliancel scandalisés . étoient tentés de dire que Dit u ne s'émit pa ; de ce qui epassoit sui la terr ! Qui de non s o'a pas ' 11 peut- tn 1 1 reillc tea\ pée de ce langage? Et pourtant qu'est d qui I r eux de relui c|ni règne dan 1 nos murmures et no. blasphèmes as maux, ni semblons à l'insecte qui croiroitq est bouleversé tout entier, pane qu'uni i .un oit - jusqu'à sa demeure Oui , il y a toujours quel- . bouleversemeni qui changent de temps en temps la lace des. i Si le ciel daignoit nous révél r ses secrets, nous verrions i bien li sagessi en i -t profonde tt nous-

mé s, tout bornés qui nous sommes, n< ; nous pas entrevoir quelques raisons de ces révolutions ; h- peuples 7 Pourquoi les révo-

dans l'ordre MORAL. 173

huions ? C'est , Messieurs , pour châtier des nations criminelles: la justice divine s'exerce principalement dans la vie future sur les individus , et uniquement dans la vie présente sur le corps des nations. Lorsque la mesure des vices , des désordres , de l'irréligion , dans les princes , les grands et le peuple , est à son comble , la vengeance éclate ; et Dieu , jaloux des hommages publics d'une nation , la punit visiblement rolte et de son ingratitude. Il fait sentir aux puissans qu'ils ne donnent pas impunément aux peuples l'exemple de la licence et de l'impiété, et aux peuples qu'ils ne sauraient suivre impunément ce funeste exemple. Pourquoi des révolutions? C'est pour apprendre à ceux qui affectent de l'ignorer, queDieu, maître souverain , fait mourir , quand il lui plait , les royaumes connue les particuliers; c'est pour nous M et tir de porter nos espérances au-delà de cette terre , où tout n'est qu'agitation et qu'incertitude ; c'est pour rer des peuples d gradés, abâtardis par tous les i l les tirer de leur léthargie. lien est de si pro- Inii 1, i mut ensevelis dans le sommeil de l'indifférence, qu'ils ne sauraient s'éveiller qu'au bruit ces effroyables tempêtes. Pourquoi des révolutions? C'est pour ramener les peupli s égarés par le mensonge, à des doctrines nécessaires el trop Long-temps mécouiiins Quand les mauvaises ont prévalu, quand tous les prini ipes conservât) m s de la mot aie et de l'ordre public so' t foulés aux pieds, et qu'on a contracté Phabitude d'appel, i mal ce qui est bien , et bien ce qui est mal, comment désabuser les esprits? Est-ce: parla raison ? mais elle n'est pas écoutée dans le bruit

LA PBOVIDI

de touti I 'I' '■ baînées el fin i

ce pai l' in- rite de l'« spériew e ' on u') roil q

préjugi

par l'autorité di : sages cène -'>nt plus qui des esprits

timides, esclaves de maximes suranni 0

Pour la guérir . il faut une expérience ai tuell pante, sensible à tous. Que fait la Providem retire sa main , elle abandonne les hommes à leur intempérante sagesse : elle permet qu\ mportes par la fougue de leur raison en délire, ils se précipitent hors

n et de la vi tout ù coup le monde moral el politique se déi i

orts m bi isi nt, les appuis chancellent , l'édifice soi ici s'affaisse et tomJ e sur ses fonden Ce n'est plus qu'un <liaos de licence et d'impiété. Cependant I< mal sera guéri piai • i mes: du

sein de l'anarchie et de toutes les c damitéa réunies ensembli , l'homme sent le besoin d'un frein et d'une autorité tutélaire , louv les regards se tournent vers celui qui commande aux vents et aux tempêtes : la terre s'éclaire par ses malheurs; elle se renouvelle par l'énormiié même di 9 m m\ qu'elle endure , et du milieu îles

ruines du I dé, sort une i ix puissante qui

crie au loin avec l'éclal delà trompette : Kt maintenant

nez . ô rois . insti u vous qui êtes

appi li • a gouverner la une ; et nunc . regtr, intdli-

gite • rrutlwiini . qui judicatis terrain (1).

[fous venons, Messieurs, de faire sentir qt

DANS L'ORDRE MORAL. ]7j

bien légèrement quelquefois qu'on présente la perini ision du mal comme inconciliable avec la sainteté , la bonté, la sagesse de Dieu. Mais on peut dire enfin , et c'est le dernier terme de la difficulté : Non-seulement Dieu permet le mal , mais il le permet de manière que le sort de la vertu est pire que celui du vice , et c'est là un désordre qui accuse sa justice. La réponse à cette dernière plainte va compléter celle que nous avons donnée aux plaintes précédentes , et détruire celles-ci dans tout ce qu'elles paraîtraient avoir de plus légitime.

Vous êtes choqués avec raison des humiliations et des souffrances de la vertu , des prospérités et des triomphes du vice. Mais oseï iez-vous bien assurer que Dieu ne trouvera pas , dans les trésors de sa puissance et de sa sagesse , quelques moyens de réparer un mal si choquant ? Si vous le croyez infiniment sage , croyez aussi que, dans ces désordres qui vous offusquent , il y a quelque ordre caché. Vous aurez, beau Eure , jamais les sophismes ne pourront étouffer en vous ce cri de la nature, de la conscience, du genre humain tout entier, qu'il v a une Providence. Que si vous ne voyez pas clairement comment peut se concilier avec sa justice le sort du vice et de la vertu sur ta terre, il serait bien plus sage d'avouer votre insuffisance, que de vous prévaloir de quelques vains ai'guiuens. Mécoonoltre une vérité aussi éclatante que celle d'une Providence, parce qu'elle est enveloppée de quelques obscurités ci croit raéconnoltre l'existence du soleil, l"i iqu'il esl cai lié de 1 1 ièi e on nuage. H j eût-il qu'un seul moyen de ju lifier pleinement la Providence,

176 Là PROMbl

m/ le saisi i tvidement plutôt que de vous livrer à des murmuri 0 ble que

ce que i Ire de

choses que vous m voyez pas encoi imparfait s"ii l'ébauche d'un monde bit n | ! ù tout sera mis à sa place que l'Etre infini a des desseins in£ pas naturel que l'Etre éternel travaille pom l\ l

'Voyez les i hoses sou-, te point de VUI

doutes seront dissipés. Quel pourroit être, à le sujet de vos plaintes? Les prospérités du vi< i elles sont si passag i>^. et doivent 1 couvrir de tant de confusion devant le tribunal indéclinable du Juge suprême! Les combats de la vertu? ils lui ai une couronne immortelle. Les souffrances «In juste? elles seront converties en un poids immense d< el de félicité.

I. le dirai en pas-.nt . et par anticipation: je ne puis qu'admirer ii i i chrétienni . i

nous découvrant dans la dégradation primitive la source de nos maux (1) , nous en découvre le remède; qui , ajoutant de nouvelles lumières à celU sd son, change en certitude l<

philosophie humaine, fixe tous les esprits dans la croyance de la \ie future, explique ainsi le monde présent par le monde à venir, et nous apprend que les plus légers désordres qui peuvent eue rema gués ~nr laterre, seront complètement réparés dans l< i i l'éten '.U ju

Nom en loucherons quelque chose dans U Confacnce »«r

DANS L 0RPRE MORAL. 177

La Providence , Messieurs , est suffisamment vengée; il ne reste ici d'autres obscurités, que celles qui sont inséparables de toutes les hautes questions dont peut s'occuper l'esprit humain. Faisons taire pour toujours nos plaintes et nos murmures. Sommes-nous heureux ? sachons faire hommage à la Providence de notre bonheur. Sommes-nous malheureux ? il nous est bien permis de gémir sur nos disgrâces ; mais croyons que Dieu ne frappe que pour sauver. Ne parlons plus des jeux de la fortune ; ne voyons en tout que les desseins manifestes ou cachés de la suprême sagesse. Oui, il se joue dans cet univers, celui qui règne au plus haut des cieux : embrassant dans les soins de sa providence l'insecte qui rampe sous l'herbe t onime le soleil qui nous éclaire , le berger dans sa cabane comme le monarque sur son trône; grand dans sa justice quand il frappe les nations , grand dans sa miséricorde quand il les ressuscite ; grand dans ce monde qui u'c.it pourtant qu'une ombre de si lesternels, grand surtout dans le siècle futur, où il doit mettre la dernière main ù sis ouvrages; toujours et partout (li;;iH' de nus adorations et de notre amour , lui seul demeure , tandis que toutpa

• y< k\ . "i que les œuvres les plus fermes de la main nommes rendent t"t ou lard par leur chute un hommage éclatant à son immutabilité.

SPIRITUALITE DE L'AME

Mil l'on roil des savans s'occuper avec une ardeur infatigable de la structure du corps humain,

;, de son mécanisme, pour mieux connoître \. * moyens d'en conserve] et d'en répara de [u ('venir ou de soulager les maux de L'humanité : s'il en est même qui, se bornant a di 9 rues inoins utiles, n'ont d'autre but que d'observer dans! 1> imme les variétés de ses couleurs . de ses formes . de ses habitudes physiques, pour en faire la description, comme on fait celle des plantes ou des animaux : se

:!-il qne l'étude de l'homme, dans ce qu'il a de plus noble et de plu élevi . dans 1. • qualités de son esprit el de -ni, conu , fui pout nous dépouillée de tout charme it de te. ut intérêt? Serions-nous tellement plongés dans les choses matérielles , que tout • e qui est placé au-delà des sens ne nous parût qu'une chimère : ou tellement absoi bés 1 ■: di - ■ dculs ai ides et d'une évidence grossière, que nous n'eussions que de I aversion et du mépris pour 1' morales et spirituelles, qui n'en sont pas moins réelles pour êtn 'moins palpabli s ' Oui, de nos jours surtout. mposeretdedéi <>n i]

d'en manier en quelqui sorte le - i ssorts pi rsiquet . de mus perdre dans le détail immense des i ei des partit s de ce monde visible, de n dans ■'■< calculs s.ms fin, éloigt

SP1B1TUALITÉ DK LAME. 1/9

tient à nos devoirs; il semble que nous y avons épuisé toutes nos facultés , que l'esprit n'a plus de pensées, le cœur plus de sentiment, l'imagination plus d'essor, ni pour nous élever à l'auteur de toutes choses , et nous pénétrer de sa grandeur, de sa puissance , de ses bienfaits , ni pour nous occuper de nous-mêmes, de notre aine , de ses facultés et de ses destinées. Toutefois , quoi de plus digne de nos pensées et de nos méditations? Laissons, Messieurs, laissons une philosophie toute animale n'estimer , n'affectionner

que l'hoi e animal : en Trais philosophes , sachons

l'envisager dans cette intelligence, qui en fait le roi de la nature; dans ses rapports avec la Divinité, qui ennoblissent sou être , et d'où découlent ses devons religieux ; dans ses rapports avec ses semblables, qui le lient à l'humanité toute entière, et d'où découlent ses devoirs domestiques et civils. N'allons pas nous borner aux décorations qui embellissent les dehors du templi , mais pénétrons dans le sanctuaire, pour en admirer la richesse et la magnificence. La grandi m de l'homme n'est pas dans celte partie de luimême qui passe et qui meurt , sou-, ce point de vue, il ne ressemble que trop à la brute, rivant et périssant connue elle .- sa grandeur véritable est dans son intelligence. Eh quoi! cet esprit qui vit et qui pense en moi , plus actif que la flamme, plu rapide que l'éclair, plus grand que l'univers qu'il embrasse et qu'il es conceptions ; cet esprit qui, se multipliant e quelque sorte , semble être à la fois dans tous les temps et dans tous les lieux , qui vit dans le Drcsent par le sentiment actuel , dans le passé par le

180 spiairuLiTt dl l'amf.

souvenir, dans L'avenu par la prévoyance, eiqui,

franchissant les bornes du temps et di I

lance dans l'infini : cet esprit n'ést-il pas bien ]»luj

digne de nous occuper, que ce corps qui n'est, api es

tout , qu'un amas de vile pous-i.

Si l'on me dcmandoit de iln u nettement ce que j'entends pai a I esprit dont L'homme est animé, je i épondroia sans balancer, que j'entends une suL^iaiu e intelligente dégagée de toute matière , tout êi qui n'est pas corps : voilà ce qu'on appelle esprit. Serions-nous assez peu philosophes pour regarder comme chimérique tout te qui n'est pas corpi pour juger de idées de L'entendement d'ap fantômes de l'imagination ? Faudrait-il q: soyons alliées , parce que nous ne saurions attribuer à la Divinité les dimensions et 1.- propriétés «le la matière? La pensée n'est-elle pas quelque ■ '< réel? n'est-ce donc qu'on pur néant Et i peut-on l.i i j sensibli s . lin

prêter une figure carrée ou cubique, La peindre sur la

-.ri des couleurs kinsi . Loin de n< i opinion grossii r< . qu'il n'est rien île réel au-delà de c qu'on |'i m imagini > \

La nature d'un être incorporel; mais, dans La réalité, connaissez-vous bien la n \

les proj tés, La divisibilité, La soUdité, la [itéj mais quel e^t Le fond , quelle est ! intime de La substance douée de ces qualiti le physicien qui se flatte d'avoir péni tré ie mystère ns li substance étendue, ou la une simple, nous ne pouvons apercevoir que

SPIRITUALITE DE L AME. 131

les qualités qui leur appartiennent ; et dans l'un comme dans l'autre cas, ce que nous nommons substance , c'est-à-dire , sujet ou soutien des qualités , uous est également inconnu (1). Mon dessein, aujourd'hui , Messieurs , c'est d'établir que l'aine est une substance différente du corps , qu'elle est spirituelle. Rien de plus lumineux que les preuves de celte doctrine , rien de plus vain que les arguuiens qui la combattent.

Il y a dans chacun de nous quelque chose qui sent, pense et juge : c'est notre ame. Or , pour peu que l'on veuille réfléchir sur cette triple capacité qu'elle a d'éprouver des sensations, d'engendrer des idées, de former des jugemens , on y trouve une triple démonstration de sa simplicité , de son immatérialité , de sa spiritualité, trois termes qui seront synonymes dans mon langage.

Il est vrai , c'est par la médiation dus sens , par le moyen de l'œil, de L'oreille, de l'odorat, du goût, du toucher, qui: l'homme entre en communication avec I. . objets extérieurs matériels dont se compose cet univers. Mais c'est i- i qu'il importe de bien d

~es , pour ne pas confondre ce qu'il y a de pupl ■ iqui avei ce qu'il y a de purement intellectuel. En effet, qu'arrive-t-il ? On corps lumineux trappe mon oeil , un corps sonore frappe mon deux impressions physiques sont transmises , ^i 1 m veut , jusqu'au cervi au : là , je ne sais

i ' nnililloc, Co-^M' Eludes , lomcl. Lecdm préliminaires ,

]fc'2 SPUltt AI.!TÉ DE ÙME.

quelle fibre est ébranlée , j'y consens encore ; niais de cette impression, decetébi tnli ment plus ou moins rapide, plus eu moins fort . a la sensation éprouvée par l'ame, L'intervalle est immense. Il s'agit de bien comprendre qu'une impression sur les oiga devient sensation qu'autant qu'elle est aperçue par le principe sentant. Ainsi, je le suppose, un corps étranger me touche légèrement ; si je m'en aperçois, mon ; une en est affectée n éprouve une sensation: un autre corps me frappe plus fortement, mais je suis plongé dans le sommeil, ou absorbé par unedianai don , en soi te que je ne sens rien ; 1! y aui là impression, il n'j aura pas sensation. Le sang , suivant l'opinion universelle, circule-t-il dans nos voilà bien du mouvemi ni ; mais , comme il est inaperçu , qu'il n'est pas senti, nul n'osera dire qu'il y a sensation. Non, Messieurs, je ne mus h lumière «lu soleil . i n'entends 1< son d'un pette,jene sens le parfum d'une rose, qu'autant que je m'aperçois que je vois, que j'entends . que je s je n'ai pas la consi ience d'une sensation . je n'ai pas plus de sensation, que la i ire sur laquelle on imprime un i a< lu t.

M tis prenons garde de donner dans une erreur grossière Y •!! ras | as en ire qu'il j a en nous autant

- du sentiment, que nous avons d'oi Les sens reille, l'oeil . fod

reçoivt nt les impressions physiques des objets; mais ils n'en ont pas La connoissance. Ainsi l'œil

l'impression du rayon lui eux, mais il n'a pas I.

sentiment de la lumière ; l'oreille i

corps sonore , mais elle n'a pas l'idée d'un son ; l'œil ignore ce qui se passe dans l'oreille ; l'oreille ignore ce qui se passe dans l'œil. Toutes les impi-essions reçues par les organes divers sont transmises à un principe unique , qui en a le sentiment , qui les compare et les apprécie ; et ceci va nous conduire à une démonstration rigoureuse de la spiritualité de l'aine.

« Non-seulement nous connoissons nos sensations, » non-seulement nous réfléchissons sur ce qu'elles » nous présentent ; mais souvent nous comparons les » unes aux autres. J'éprouve à la fois diverses sensa- >> tions ; quelquefois c'est le même objet qui me les » procure. Je vois , je goûte et je sens un ragoût ; » j'entends et je touche un instrument. D'autres fois » ce sont différens objets qui frappent mes divers » sens. J'entends une musique en même temps que » je vois des hommes, que j'éprouve la chaleur du

■ feu, que je sens une odeur, que je mange un fruit. Je discerne parfaitement ces sensations diverses; je

> les compare, je juge laquelle m'affecte le plus viv< ment et le plus agréablement; je préfère l'une

» à l'autre , je la choisis. Or ce moi qui comp

» diverses sensations est indubitablement un être '•impie; car, s'il est composé, il recevra par ses

. diverses parties les diverses impri ions (pic t haque

lui transmettra : les nerfs de l'œil porteront i

mu partie les impressions de la vue; les nerfs de

■ l'oreille! ronl passera une autre partie les impres-

linsi ''n ii Ht M. us, i , , sont les l rscs parties de l'organe physique, du cerveau,

] - : SFIBIiL'.tUlÉ ht l'aME.

.. | h exemple, qui reçoivent cTiamni di leur coté » la sensation , comment se fera le rapprochement , » la comparaison ' Li comparaison exijje un compa- » rairur ; le jugement suppose un juge uniqui I » opérations ne peuvent se faire sans que lus sensa- » dons différentes aboutissent loin simple.

I h écrivain qui ne doit pas être suspect aux in- >> crédules , rapportant ce raisonnement , s'exprime » ainsi : On peut dire, sans hyperbole , que c'est une >' (limons! ration aussi assurée que celles de la geo- •> nu trie (1). »

Mais quels d inveaux traits de lumière voit éclaii er la discussion , si nous considérons dans lame la capacité de penser !

Pour remonter aux principes les plus (

par nos idéi s , c'est par 1<> notions ni tb des objets, que nous] luvonsles discerner, proi sui I. m ressemblance ou aur leur opposition. Rien de |ilus simple ou de plus lumineux qne le principe suivant : Lorsque deux choses ont des défini des propriétés et d. s effets opposés, m bien que •< que l'on affirme de l'une on doive le nier de l'autre, nous disons que ces deux choses diffèrent en et en nature. Cest \ym cette unique règle qu'on dis— Si je vous demande pourquoi une pierre n'esl pas un trbre , pourquoi l'eau n'est pas du feu, vous ne pouvez en donner d'aut j

Vaj H. I I Dissert, sur la Spirùaalùi de

1 1 suiv. et h note où il ciu i

SPIBITCJLITÉ DE l'aME. 185

sinon que leurs idées , leurs définitions , leurs propriétés , leurs effets , sont différens. Or parcourez les qualités les plus constantes et les plus connues de la matière , voyez si elles ne sont pas en opposition avec la pensée ; et si cela est , concluez que ce qui pense n'est pas matière. Entrons dans cet examen.

La matière est étendue , composée de parties placées les unes hors des autres. Or qui ne sent pas que la pensée est simple, sans parties distinctes ? Les objets corporels de la pensée peuvent bien être de volume et de grandeur inégale ; mais la perception que j'en ai, ne se mesure pas sur leurs dimensions : la pensée du soleil n'est ni plus longue ni plus large que celle d'une fleur. Qui ne seroit révolté d'entendre parler de pensées d'une ligne de longueur , d'un pouce d'épaisseur? Si nous parlons de vastes, de profondes pensées, ce sont là des métaphores qui servent à nous rendre comme sensibles les opérations de L'intelli-

La matière est figurée ; elle a une forme et des couleurs. Or quelle figure doimerez-vous à la pi usée? Est-elle ronde ou carrée, cubique ou triangulaire ? La t-t lie d'un bleu céleste , ou rouge comme 1 é* ai l.itc ? Qu'on demande au plus simple villageois si ses pensées sont vertes comme ses prairies , ou carrées comme sa maison , cette question lui paroitra ridicule, impertinente; il croira qu'on veut se moquer de son ignorance : tant cette question répugne au sens commun !

La mature <->t divisible; elle est peut-être partagée en parties distinctes les unes des autres. La pensée,

1 sG spiaiTc.iLirÉ de l'ame.

au contraire , est indivisible; ell< entière,

ou Lieu t-ili- n'est pas; il est inoni qu'on prenne La 1 1 1 • > î t î • - . le tiers , le quart d'une | i donc

comme les propriétés - plus

11. nu ut reconnues de la mau opposition manifeste are celles de la pei I vous voudriez supposer dans la matière quelqi priété cachée qui la rendit susceptible de p d'abord c'est une supposition toute gratuite, que celle de cette occulte et merveilleuse qualité, i battre ce que l'on connoltbien, par une chose que l'on neconunii pas, c'est un procédé bien eu poussera toujours la saine logique. D'ailleurs, ce que la matière peut avoir de plus intime et de plus caché, n'empêi lu p.i^ qu'elle ne soh matière étendue , figurée, divisible; qualités incompatibles avec l'intelligence. Ne me dites même pas, qu'en n • sait point >» Dieu, par sa toute-puissance, ne pourroit pas attacher l.i pi usée à l.i substance matérielle. Ce n'est pas dm ttre des bornes à la toute-puissance , que d'à qu'elle ne peut faire ce qui implique contraili ce seroit même insultei .. -

capable de former le ci< -si m d'une chose absurde. Ainsi le Tout-Puissant ne peut pas i. ne que ce qui a été n'ait pas été, qu'un carré soit circulaire, et qu'un -..a carré. La pensée et l'étendue sont d'un . pposé . i omme le m h et li s i ouli n s ; ou ne peutcolorei le son d'une tr impette, ni rendu le parfum d'une fleur. I). même le matériel et llmîi.ahi iel, l'étendu et l'inétendu, ne peui cm s'il, miner dans 1. même sujet. In être n'existe pa> sans mi

SPIIUTtULITÉ DE LAME. 187

quilités essentielles , ni avec des qualités qui s'excluent nécessairement : dès-lors , s'il est étendu , il fuit qu'il soit sans pensée; s'il reçoit la pensée, il faut qu'il perde L'étendue. Telles sont les notions que nous donne la saine raison; et s'il étoit permis de les abandonner pour dos hypothèses chimériques , le parti le plus sage seroit de douter de tout : et pourtant ce parti est le comble de la folie humaine.

Enfin la matière est susceptible de mouvement ; mais le mouvement n'a rien de commun avec la pensée. J'ai une idée très-nette et très-claire du mouvement ; j'ai aussi le sentiment de ma pensée , des opérations de mon intelligence , de ses volontés , de ses jugemens; et je vois que ce sont des choses d'une nature différente. Qui dit mouvement, dit agitation, déplacement de parties , transport d'un lieu dans un autre : or je demande à tout homme de bonne foi , si sa pensée est un corps qui se remue. Il ne faut pas lie les mouveinens qui se passent au dehors , 'idée, avec la coimoissance que j'en ai. Dès qu'on se représente un mouvement , l'esprit se porte à concevoir un corps qui tantôt est dans m lieu, tantôt dans un tutre; mais quand je considère ces actes intérieurs par lesquels je veux ou je ne veux pas, je pense, je réfléchis, je juge, suis-je jamais conduit .'i me figurer une matière en mouvement? Si quelqu'un me disoit que les beautés poétiques de Virgile, la philosophie de Descartes, les découvertes de Newton , la sublime éloquence de Bossuet, n'ont été dans leur cerveau que îles particules de matière que le résultat de leur grosseur , de leur vo-

1^> SPIRITUALITÉ Ut LIME.

luine , de leur vékx ité , de leur cha , j'avoue que ce

langage nie paroitroit étrangemi nt bizarre , et je se-

rois tenté de croire que le genre humain n'a

ni poui le pulcr ni poui l'entendre. .\ i st-il

smde de due que la conscience d - >l un

déplai i nu m. que K s sentimens di

de l'amitié, sont d> > pa lages d'un Li u dans un

autre.' lu voilà pourtant ce qui seroit , si la]

étoit un mouvement.

Lajjiande ressource des matérialisa •■' t'est de dire (ju'il ne faut pas confondre la matière inerte el passii eavec la matière organisée : qu ce nouvel état, elle peut avoir de nouvelles qualités qu'< Ile u'avoit pas : de même que, pai le mélange de plusieurs substances , on obtient des résultats que n'eût pas donnés chacune d'elles sep i sieurs, c'est bien ici de toutes les illusions la plus grossière. <v>in Ile est donj cette organisation gai donne la pensée à la matière? Ce n'est pas • I lie des plantes. Je ne crois pas , je L'avoue , que La violette la mieux organisée et la plus odorante soit poui cela un ctie penseur ; c'est même un problème qui n\ Lien résolu, de savoir >i Les animaux raisonnent II s'ayit donc de l'organisation du cor] • humain , mais, encore qu'elle soit plus parfaite, que fait-elle? Elle met des parties matérielles dam des rapports d trie et de correspondance , dans un.- certain) proportion avec certains effets et certains mouvement bien denouveaux arrangemens de substances matérielles; mais enfin c'est toujours de la matière étendue, figuré ' divisible : or. dans tout cela, je lÙlhLc ta

SPIRITUALITE DE LAME. 189

Vain la pensée. C'est un principe bien simple et Lien lumineux , qu'il n'y a pas d'effet sans cause ; et dèslors ce qu'il y a dans un effet doit se trouver dans sa cause. Prenez une assemblée d'aveugles , donnez-lui toutes les combinaisons possibles ; il n'en résultera jamais un liomme clairvoyant : pourquoi ? parce que , dans aucun de ces individus aveugles, il n'est aucune aptitude à recevoir , par sa combinaison avec les autres, les impressions de la lumière; de même , de la combinaison de parties non-pensantes, vous n'aurez jamais un être pensant. Que font les composés cbimiques? ils combinent des forces particulières , de manière que l'une donne l'impulsion à l'autre , et que , s'entr'aidant, elles concourent a l'effet commun. La composition des substances ne fait que développer ce qui étoil préexistant, et qui avoit besoin d'être tiré de l'inaction. Ainsi le soufre allumé dégage l'air condensé dans le salpêtre : l'air dilaté suit les lois naturelles de son élasticité , et delà L'explosion. Si donc la pensée r'ésultoil des combinaisons de la matière organisée, il iaudroit qu'il y eut dans la matière une aptitude à devenir puisante, qui n'attendit que le moyen de se développer. Or, l'aptitude à pi user ne peut trouvei dans ce qui est étendu , figuré , divisible: ce al ta di 3 choses incompatibles. J'aimerois autant dire que , dans la couleur d'une fleur , il peut se trouver une certaine aptitude à devenir sonore.

11 . -i • mieux de vo'u ce que les idéologues modernes ont i: V. nié pom expliquer mécaniquement la pensée. Je vais rite r littéralement des passages qui I ms un sermon , mais qui ne le sont

190 sriRin aliti: i>r l ame.

pas dans nos confereni Econi docteurs de

matérialisme; ils vous diront, dai es pleins

du plus scientifique a] pan il , qui » l'organe particuliei destiné .1 produ » comme l'estomac el li - intestins i Esii

Des alimens tombent dans l'estoi nsqua-

■> lités propres, et en sortent avec des qualil » velles. L'estomac digère. Ainsi Les impression n vent au cerveau par l'entremise des m I

entre en action, il a(;ii sur elles, et bientôt I >> voie métamorphosées en idées , d'où nous pouvons «conclure, avei la même certitude, que le e » digère en quelque sorte les impn ssions, el faitortquement la sécrétion de la ;>• tu ' Messieurs, il \ a dans i< langage autant d'équivi d'erreurs que de mots; et c'est bien i< i qu'on \"it toute la foiblesse du mensonge , qui, pou tous cotés, se 1 1 Fugii dans les ainphibol -t; i i s et dans les plus vagues obs< tu ités.

Si l'on nous disoit que , d'après l'union de l'aine et du corps . l'amea besoin de l'organe du cerveau pour

opérations , je pourrais entendre ce lai et plus loin nous y reviendrons. Mais faire du ci une machine à pensées, quoi de plus étnu effet , vous me dites qrre le cerveau digère les impressions qui lui sont transmises; nuis des impressions faites sur les organes ne peuvent Être que des impeeasi. n.. des dilatations, des vibrations, des déplace-

(t) Cabanis, Rapports du physiatic et du rural dt V\mmt , tome I , pag. i 5n.

SPIRITUALITE DE L.SMF.. \<\\

mens de parties matérielles, en un mol des mouvemens. Ainsi, dire que lecerveau digère des impressions, c'< ! dire qu'il digère des mouvemens : et fut-il jamais une manière plus barbare de penser et de s'exprimer? Vous ajoutez qu'il eu est du cerveau , par rapport aux impressions, comme de l'estomac par rapport aux substances nutritives ; mais sovez conséquent , et poussez la comparaison jusqu'au bout. Que fait l'action de l'estomac? Elle transforme les alimens qu'il reçoit ; mais les qualités qu'il leur donne ne sont pas inconipatibles avec un être matériel, et n'ei p client pas qu'ils ne restent dans la nature des substances matérielles. Donc il faudroit dire que l'action du cerveau , en ebangeant, en modifiant les mouvemens qui lui parviennent . les laisse toujours dans leur état de mouvement; donc il n'en résulteroit jamais que du mouvement , et déjà il est bien démontré que le mouvement n'est pas la pensée. Vous poursuivez , en disant que lecerveau renvoie les impressionsmétamorphosées en idées. Mais je demande <>ù ces idées sont reçues; il faut qu'elles soient quelque part. De même que le mouvement D'existé que dans le corps nu/bile, la pensée n'existe que dans un sujet qui pen» ; et la menu qui stion i >\ ient toujours. De quelle nature est LibsUnce qui a toutes ces idées? Si vousla faites matérielle, je vous oppose mes preuves, qui restent intactes, de l'incompatibilité de la pensée et de la

matière. Y'.ili dont i riniine , en analysant voire mécanique explication de la pensée, on n'y trouve que dtsmotsinsigniBanson des absurdités palpables. Pour résumer celte seconde preuve de la spiritualité de

192 SPiniTCALiTÉ Dr. i. 'ami.

l'aine, tirée de la nature de la penséi . nous di-on~ :

Ce qui est san^ i i ndui . ins figure, sans divisibilité,

comme la pensée, ne peut s'identifier a [uiesl

étendu . figuré, dii isible , comme la m ■ qui pense n'esl pas matière.

Si les sensations < t I i soient en nous sans

laisser <1«- traces après elles ; si notre ami voit le souvenir, elle ne pourroil faire aucun de ces connoissances fugitives, aussitôt ai qu'acquises; elle scroit incapable de compara , de jugei et de raisons i Mais elle es) douée du sublime pouvoir de faire comme revivre ces notions qui se sont succédées m elle, de se les n ndre de nouveau présentes, de les rapprocher, de les combiner ensemble, d'établir des principes . 1 1 d'en tiri i des conséquences; en un mot, d< juger et de i lisonner: nouvelle capacité de notre ame, et nouvelle preuve de sa simplicité.

Vous possédez . je suppost . un riche trésor de connoissanc.s : histoire, sciences, lettres, .m>. politique, rien ne vous est étranger; mais ce long amasd tenus que vous avez éprouvées . d idées que \"us .ive/ conçues , de réflexions que \"M< avez laites , c'est un seul principe qui en i st dépositaire. 11 n'\ a pas en vous un prirn ipe pour les ■

les idées, un principi pour les jugemens; il n'yapaa en vous plusieurs i .il n'y en a qu'un : c'est le même moi qui voit ce monde, qui en connoît la bonté, qui juge qu'un être intelUgenl en est l'auteur. Ce dernii r acte de votre esprit . par lequel il s'élève jusqu'à Dieu . à ses perfections infinies . aux devoirs qui en décoo-

lent, supposera bien des sensations, bien des idées préliminaires, bien des jugemens particuliers ; en ce sens, votre jugement intérieur sera composé: mais l'acte en lui-même . par lequel l'esprit juge et prononce, est un, cette opération intellectuelle est indivisible; et voilà comme toutes les fonctions les plus intimes de notre intelligence nous conduisent à son immatérialité.

Je ne viens pas contester ici aux docteurs du matérialisme la science et l'esprit; j'abandonne leurs ouvrages sous ce rapporta ceux qui ont le droit d'en être les juges; je conçois comment , avec une détestable métaphysique sur l'aine et ses opérations, on peut être très-versé dans la connoissance du corps humain et des maux qui l'affligent. ISous saurons toujours respecter la science, le talent , les sei vices , pai tout où ils se trouvent ; mais nous contestons hautement à ces apôtres de matérialisme, la première de toutes les qualités dans les oui rages polémiques : je veux dire la I . une métaphysique saine, le talent de rai-

sonner . de lier leui s idé< s . el d'enchaîner des conséquenecs justes à des principes bien démontrés. l'admire coinmi nies aussi absurdes en métaphy-

sique, qu'ils sont d'ailleurs funestes es morale, peuvent trouver tant de sectateurs; du plutôt cessons de nous , n étonna , G tte monstrueuse doctrine n'est pas Douvi lie : elle a sa source '1 ins des passions plus anci< mu s qu'elle. Du moins, antn fois, elleétoh 1 1 léguée dans il. s livres qui ne passoient pas dans lis mains du commun il > lecteurs; aujourd'hui , elle est mêlée â tan*, de productions savantes et littéraires, que la

; SPIEITCAU7I .

jeunesse m esl aisément infectée: el c< tnbicn n'estelle pas avide de ce qui flalli ses : iousse

la pointe '1 nords , di

crainte, et lui laisse, pai L'espoii de l'impunité, li licence de tout dire et de tout faire! Nous aurons occasion , dans une autre circonstance , d les liiin tes i em es de i • Ue doctri

maintenant > e que les m itéi ialistes ■ ■ spécieux.

Les matérialistes n'ont rien négligé pour appuyer lit 1 1 s systèmes: l'autorité, l'expérience, l'analogie, tout est appeli de leur doctrine.

S'appuyant de l'autorité . ils disent que le dogme <lc la spiritualité de l'ami a, que

même l> 9 Pères de l'E^jli le ( lirétii ani : soient pas, témoin Terlullien-, saint \ ibroise, ^ùut Hilaire, qui ont l'ail l'ame corporelle , il sain) .Auguslin, qui a écrit un livre sur la quantité de l'ame, de Quanlilale anima; et l'on sait que Locke met en problème: ■ Si Dieu n'< t , int pour

.. communiquer 1 1 p< nsi eà 1 1 matière. ■

S'appuyant de l'expérience, ils vous d n Voyez comme l'aine éprouve les . . isetles

» vicissitudes du corps; < lie semble naître ître,

» vieillir avec lui ; la raison se développe el s'affaiblit » comme les organes. Quelle influence n\ it pas sur

■ 1 asations et les pensées de l'ame. I. i » ment, l'âge, le climat, l'éducation, les liai

■ le régjme? N'avez-vous pas observe les i

■ pei pfcuelsdu moral et da physique dans l'iioninu

SPIRITUALITÉ DE l'a.ME. 195

n Ne fanl-il pas en conclure qu'ils sont une même et o unique chose , diversement modifiée? »

S'appuyant sur l'analogie, ils vous disent : « A oyez » comme les animaux vous donnent tous les signes » d'êtres qui sentent , pensent , raisonnent. Cepcn- » dant que sont - ils autre chose que des machines • bien organisées? Oseriez- vous leur supposer une •• ame? La théologie chrétienne s'y oppose. Il se peut <y donc que l'homme doive tout à son organisation b physique. » A ous voyez, Messieurs, que je ne dissimule rien. Reprenons.

Vous avancez que le dogme de la spiritualité de l'âme lut inconnu aux docteurs de l'Église chrétienne; mais où est la preuve de celte assertion? Elle est dans quelques mots équivoques. J'avoue qu'ils se sont servis quelquefois, en parlant de l'aine humaine, de termes qui n'ont pas la rigueur mélapliv ique qnr nousi berchons dans la discussion présente. ÎMais qu'ils étoienl loin des ténébreux systèmes qu'on leur En effet, les uns ont pensé qu'outre ce corps visible qu'elle anime, lame éloit unie à une sorte d'enveloppe aérienne, qui luiservoit comn edecommunii m h avec les organes plus grossiers du corps. En ci sens, ils disoient que lame avoil un corps, ce qui n'einpêchoit pas que, dans sa substance intellielle ne fût spirituelle. Les autres , pour signifier «lin- l'ame étoit quelque chose de réel , de subsistant, ii non une simple qu dite, disoient qu'elle étoit ■■ i di ps, dans le même sens que nous disons qu'elle

est une substance. El même, ci ne l'aine a diffé-

u ultés, L'intelligence, la volonté, la Mémoire,

Ï9G SPIflITI AI.ITI r>F. I

on en prcnoil i casion de la considéra comme an composé qai avoil diverses parties On ]■■ al \ • ■ir tout ! u dans

. , lin , // . par Pluquet.

Voici, une réflexion décisive; c'est que

sans doute ils éloient chrétiens ces docteurs di I i Li étienu oi soient , ils professoienl I

mens du christianisme; iK croyoient tous, comme cela n'est pas contesté , à L'existence de la vie future. Or , qu'importe qui l'ami fûl corporelle, si elleétoit néanmoins immortelli , . t destina i recevoir dam une autre vie le hàiimenl de ses vices ou 1 1 récompense de ses vertus? <!<■ n'est '\ui' i!.- nos jom-s qu'on sYsi avisé de mettre sainl Augustin au rang des maléi iali >l is de lui un ouvi agi en formi iIp

dialogue, donl le 1 ■! 1 1 est de faire voir quel'ame,

qu'i lie soil quelque i hos de g ind | action et sa puissance, n'a pas une grandeur comme celle des corps; qu'elle n'est pas une quantité divisible comme les quantités corporelles : de là le titre <fc Quant italeanimœ. Saint Augustin expose des principes que Descartes devoit avoii plus tard la gloire de bien développer; el . chose étrange 1 c'esl di '.t écrit, où il coinliat leur doctrine . que n"s mal ri [listes . (]tii ne l'ouï pas lu, prennent occasion d'invoquer saint Augustin comme un <1> leurs pati n^

b i vient donc leui obstination à défoudre la matérialiié de l'ame? C'est, Messieurs, pour en conclure qu'elle est mortelle, qu'elle finit avec le corps, qu'ainsi il n'es! rienà espérer niàcnîndn au-delà du tomVeau. Hé bien, je veux, pour un moment,

SPIRITUALITE dz i. '.-'.r. 197

que la pensée très-inconsidérée et très-imprudente Je Locke put se réaliser , qu'il fût absolument possible que , parla toute-puissance de Dieu, la matière devint pensante, auroient-ils de quoi se rassurer contre l'avenir? Non , Messieurs. Prenons la pensée de Locke toute entière : il établit lui-même qu'il est impossible de concevoir que la matière puisse tirer de son sein le sentiment , la perception, la connoissance ; mais aussi, pair un faux respect pour la toute-puissance divine, il n'ose prononcer que Dieu ne puisse faire pensa la matière 1). Mais si, comme le veut Locke, Dieu est peut-être assez puissant pour rendre la malien-pensante, pour en faire un être intelligent , libre, capable de bien et de mal, de mérite et de démérite, pourquoi Dieu ne seroit-il pas assez puissant pour conserver de quelque manii re cet être matériel, pour le transporter dans un autre ordre de choses, et l'y rendre i ipable, pai le entimeut, de recevoir des récompenses ou des chàtimens ? Cette remarqu faite par des métaphysiciens célèbres, entre autres, par Charles Bonni t (2). i m sait bien par 1 s é< i its de Locke, par sa vie et ses derniers mon is, qu'il croyoil ' l'immortalité de l'aine ; et voilà donc que, m hypothèse même, l'incrédule ne seroit pas certain de ce néant auquel il a pire, et que ce misérable partage , ainsi que l'a dit Bossuet (3), ne lui seroit pas assuré.

J.- pa •-<• a la seconde difficulté , tirée de l'influence

il) De l'Entendement humain, liv. IV, cli.ip. Ill , § ("> j et rli.jp. »,j io, i5, etc. • Voyez Peruéet de /..'./,/.-, tom. I, pag. 164. — (3) Oi aison funcùre de la piinccae Palatine.

. ! SPJB1TCALITÉ DE J

■ in i 01 ! ur ] !s enlrc

l'un et L'autre . qui i

qu'une seule et mêi I

bien démêli nous croyons à la distinction de l'aine et du nous confessons que , d'après I Ci'éateur pour leur union, il exi ius deux

une correspon

le corps, le corps i s t fait pour l'aine: ! une reine, dont les organes sont connu

rviteurs (lus ou moins fi '■ que des

impressions lait» sur les sens éi illent dans l'âme «les sensations et d te les volontés et les aflec-

L'ame excitent des mouvemei ganes; que l'ami dl besoin plus particulièrement du ministère du cervi m pi •ur les opérations de son intelligence ; qu'uni nformationsoil plus au développement de en tains sentimens et de certaines pensées; que la constitution | hysique, que 1 climat, I régin . influent mu I une: ce n'est | as l.i ce que l'on conl i vain qu'où fait un pompeux étalage de tons '. l'ame et du corps ; rapports observési i u us l< s temps. Tout cela i^t la suite de l'n ion de I du corps ; tout cela prouve bien leui correspon niais ne prouve pas leur identité. Ce n'est point par l'accord el la dépendance de deux suhstaiio

juger si leur n ttui i - ^; 1 1 mi : leurs idées, Leurs propriétés , leurs effets , ainsi que nous l'avons établi au commencement de la discusxe, seule infaillible pour lie::

SPIRITUALITE DE h AME. 199

règle qui nous a forcée de conclure que l'esprit étoit distingué du corps. Je suppose que vous ayez observé qu'une sentinelle quitte régulièrement son poste au moment où elle est avertie par un signal donné, vous viendra-t-il en pensée , pour cela , de confondre li sentinelle avec le signal?

Un matérialiste voit que l'état de l'aine est modifie par celui du corps, et il se hâte de conclure que l'aine est corporelle. Un spiritualiste \ iendra , qui observera que l'état du corps est très-souvent modifié par celui de l'aine , que les sentimens de plaisir ou de douleur, de haine ou d'amitié, affectent les organes, la physionomie, et s'y rendent en quelque sorte visibles: il en conclura que ce que nous croyons être un corps n'est qu'une apparence, une imagination de l'aine, semblable aux visions des songes. Voulons-nous éviter ces excès? reconnoissons l'influence réciproque de l'aine et du corps ; vovons dans l'homme une intel- Ligl QCe unie à des organes; disons cpie le corps est comme l'instrument dont lame a besoin pour l'exercice et le développement de ses (acuités intellectuell< . Sans doute l'aine possède des qualités étran; ères aux , mais, en général, c'est par h- ministère des organes qu'elle déploie sis facultés : dés lors faut-il s'étonner que les défauts, les imperfections, l'altération des organes, puisse se remarquer dans les opérations de l'intelligence? Voyez une harpe sous les doigts de i lui qui en pince les cordes j la perfection , I , h- nombre des cordes sonores , influent sur 1 1 I" mie 1 1 l'h h monie des snns. Que si L'instrument ectucux , il .'■ peut que l'artiste le pluscon-

200 SPIBITLALIfll dc l'ame.

gommé n'en tii e que des se a isera»

t-onpoui cela d i Le joueui de barpeavee

Vous observerez que lame suil l i !> s ,lu

. il |: ; qu'elle semble croîtn el rieilliu i lui : je ne i ont que peui .non de ■

observation prise dans sa généralité; mais ue la poussez pas trop loio , etne soyez pas outré dans 1 séquences. Si l'enfant est [bible de peu vous que La foiblesse de son esprit vienne uniquement de celle de si s organes? Elle vient aussi de i e qu'il est sans expérience , sans conrn quises; de ce

qu'il ignore la Langue qu'on Lui parle . el qu'il n'j attache pas encore des idées bien distinctes Supposes deux ènfans d'une 01 pai fait m< :

que L'< spi il de L'un soit eulth 1" ige Le plus t< ndre

par uni éducation soignée; qui l'esprit Lel'au

: K' premier peut manifestei ,i <li\ ms une intelligence que le secondn'aurapasdanssa vingtième année.

\ ous et ■ frappés de l'accord que vou marquer entre li développement de l'ame et celui ilu naais prenons garde de faire de < 1 1 accord une règle universelle, invariable. Que Pexcepl souffre-t-elle pas ! Combii d d'ami s se montrt m sapé* rieures aux atteintes que souffre le corps! Souvent

. "i ps L*i libles . quelle \ igueur . 1)111 .. don de pensées! au contrairi . quelle 1 des corps vigoureux ! Dans certains vieillards . quelle magnanimité! dans certains boulines de 1 îgi viril, quelle lAcb< 1 1 Et ces enfans délk tts, et ces Unîmes

timides , et ces vieillards décrépits qu'on a vus si souvent braver les tournions et la mort , et se montrer calmes malgré leurs membres et leurs organes mutilés , brisés, détruits par le fer et le feu, où puisoient-ils tant d'héroïsme? Leur ame ne se montroit-elle pas indépendante de leurs organes? Non, il n'est pas vrai que la dégradation du corps entraîne toujours celle de l'ame , et les exceptions sont si nombreuses , qu'elles fourniroienl scides une nouvelle preuve de la distinction de l'ame d'avec le corps.

Au lieu de voir dans leur développement successif et correspondant une preuve delà matérialité de l'ame, voyons-v ce qui s'v trouve réellement, un trait admirable de la sagesse du Créateur ; c'est par là qu'il entretient l'harmonie du monde présent. Car, pour emprunter ici la pensée et même les expressions d'un apologiste moderne , « si l'enfant avoit sa raison dans » toute sa force, sa foiblesse corporelle lui seroit in- » supportable. Loin de sourire sur le sein de sa unie , » on le verroit sombre , inquiet , jaloux , aspirer » impatiemment à toute la vigueur de son père ; res- « serré dans ses langes, il auroit les passions et les .. projet) de l'homme; et s'irritant de ne pouvoir se » satisfaire, il auroit le sentiment de sa liberté, et le . berceau où il repose tranquillement ne seroit plus » pour lui qu'une ton ible prison. Les pères n'auroient " pins d'autorité que celle de la force; les vieillards ■• ne tiendroienl plus de la maturité de leur jugement » un droit légitime au respect de la jeunesse. Tout ■> «croit renversé dans l'ordre des choses humai-

» ncs (l ' parler

l'écrivain q • de la nature

I i| ique ai vi( toi il use . je '!ii ai : I » qu'il v aune dépendance mutin ! orpset

. l'esprit; mais c'esl déraisonnei qui de< nelure de •■ 1 1 dépend rni e de deux choses , que ce i » sont i,!t atiqui s [2). »

Nous voici à la dernière difficulté, i ■ de la ressemblance entre 11 iniinaux <>u

a c< rdi aux animaux l< sentiment et la peu nie tout, fois qu'il aient nue aine spirituelle , et l'on < n conclut qu'il peut en être de même de lame humaine. D'abord, Messieurs, je ne puis m'en de trouver bien étrai des m iti i qui veulent nous faire jug< i de I lioi pat lis animaux: cai enfin je connois ce qui uaoi,les

mon intelli sentiment le plus vif et le plus clair ; mais je n'ai nulle une ilu principe intérieur qui fait agir les animaux. Si leurs actions sont visibles, la cause en esl dérobée à notre sagacité : et pour bien juger, il faudroit avoh vécu dans l'animal, avoir éprouvé , senti ce qui se passe en lui quand il agit « l-> vrai phi- » losoplie, <li( .1 ce sujet l'immortel auteur de l'Anti-

■ Lucrèce, procède de ce qu'il connoit à ce qu'il

• ; par quel caprice aimez-vous à ji ;er de ' e

■ que vous i issez, pai ce qui vous est ibeonnu .'

(i) Belriemei , Oiserv. à l.i suite de la Itttr. uw. —

; lil ,. etc. ch. ru, |

» Etrange dialectique ! Est-ce dans le sein des ténèbres » qu'il faut chercher la lumière (1)? »

Je laisse aux analomistes à comparer l'organisation des animaux avec celle de l'homme , pour eu établir les rapports et aussi la différence. Envisageant les choses sous d'autres point:, de vue, considérons en quoi ils se ressemblent , et en quoi l'on voit éclater merveilleusement la supériorité de l'homme.

Dans l'animal , on remarque cet instinct qui le dirige; force inconnue, niais dont on voit les effets, mais qui le maîtrise au point que, dans tous les temps et dans Ioils les lieux , il fait uniformément les mêmes choses. Or, sur bien des points, il est aussi dans l'homme une espèce d'instinct , de cause irréfléchie, aveugle , de ce qu'il opère ; ainsi , que l'enfant nouveau-né sache près I r le sein de sa mère pour en tirer sa nourriture ; que l'œil , blessé par une lumière trop vive, se ferme rapidement; qu'en tombant j'avance les mains pour défendre ma tète; (pie je penche mon corps d'un côté pour faire équilibl e avec le poils que je soutiens de l'autre : ces uiouvemens el l»i' n d'autres semblables s'< né< aient d'une manière toute mai hinaie. li i rien de réfléi hi , de prémédité ; et , chose n marquante, le ■ illageois le plus stupide sait et fait tout i parfaitement que l'homme le plus savant el mien le plus habile. Voilà comme, pai I instinct, l'homme quelqui fois ressi mble à la brute. Que voye*-vous encore dans l'homme? C*es( que paHesorga teneurs, soit intérieurs, il reçoit

[>. Uv. VI, vei

20 i SPIRITUALITÉ DE l'a.ME.

des impi lions do froid

ou de i haL ni . de joie ou de plaisii . de faim ci de 6oif , qui se rapport)

lion , à sa santé ; en untnot, il a une ami sensible. Or rien n'empêche de reconnoitre quelque cbose de semblable dans les anini aux , de croin qui L < '>nipaj;uon fidèle du bergei i si - osible a la main qui le caresse, comme à celle qui le châtie; qui 1, . est docile par sentiment à la main qui le guide; que les animaux en général éprouvent des sensations relatives à leurs besoins physiques, a la conservation de leur espèce : soua ce rapport, ils peuvent avoir une

ame, i semblable à la nôtre, mais d'une nature

inférieure, et capable de sensibilité. Où a-i-on vu que l.i religion candamnoît celte opinion? Depuis quand

fait-elle un devoir de croire que les animai)

comme les plantes , qui végètent et . roissent sans éprouve] la sensation de la chaleur qui les vivifie, ou des pluies qui les arrosent? Quand nos livres saints

nous fout la peinture, si magnifique par sa simplicité , des œuvres de la création, ilssecoulciitcittdcdirequc Dieu couvrit la terre de plantes, en mettant dans chaque espèce la semence qui devoit les reproduire; mu-, m parlant des animaux , ils 1 s appellent jusqu .i n<>i> 1 1 p i -> une ( Ainsi rien n'empê-

i h.' de donner aux animaux un ame sensible jusqu'à un certain point , comme celle de l'homme.

Où -t donc la différence? La voici, Mi Observez les animaux . vous \cnez qu'ils marchent

(i) (icncs. i. ao, ji . .

SPIRITUALITÉ DE l'aME. 205

toujours dans la même route , que leurs actions sont constamment , universellement les mêmes. Incapables de combinaisons nouvelles , ils n'inventent rien , ne perfectionnent rien ; les enfans ne sont pas plus instruits que leurs pères ; ils savent même sans avoir appris. Quel animal a découvert une nouvelle manière de se défendre , de se garantir des pièges de l'homme , de bâtir sa demeure , de vivre en société ? L'hirondelle du Mogol maçonne son nid de la même manière que celle de l'Europe; au-delà de la 'N istule comme audelà de l'Ebre, l'abeille construit ses alvéoles avec la plus ressemblante régularité ; le castor n'est ni plus ni moins habile qu'il l'était il v a deux mille ans. Cette rigide , cette insurmontable uniformité semble supposer que les animaux sont plutôt mus par une force dont ils n'ont pas la direction , que par une raison qui inédite , combine et se détermine avec choix. Surtout , qui osera dire que l'animal peut s'élever jusqu'à l'auteur de son être , qu'il en admire les perfections divines dans la beauté de cet univers; qu'il connoit l'ordre , la vertu ; qu'il suit des lois par conscience , et rend au Créateur des hommages volontaires? Quant â l'homme , voyez quelle admirable variété dans ses ouvrages; comme il fait sans cesse des découvertes nouvelles ; comme , avec ses arts et ses sciences , il maîtrise la matière , et change la face de la terre ;

con sa raison se promène dans tous les ouvrages

leur, pour y admirer la suprême tantôt il.it.uiii-, tantôt plus cachée, et toujours adorable; comme elle s'élève à la connoissance du bim, de la venté- , de l'éternité!

1106 s;mi: • un.

Maintenant il esl flkuhé

des matéri ilisti s, Nous 1 -vous,

comme Descartes, <pie les animaux soient d mac bines qui n'aii ni ni pensées ni - ni lors il u'.-t pas étonnant qu'ils soient aussi sans aine, et point de parallèle entre eux et nous , qui bi tainement sentons el pensons. Voulez-vous , aucontraii e , leur ai i order le si i

lors ou peut vous déli.i hautement de prouver qu'ils n'ont i>oini d'ame , je ne dis pa-> une amei omme celle de l'homme, aussi parfaite dans ses facultés, mais une ame dont L'existence soit bornée par celle de 1 animal , et dont les fonctio is soient pour la conservation et les besoins physiques de l'animal ! .

Chose étrange , Mes icurs! l'homme, assex superbe pour s'arroger t <• qui vient du Créateur , et pour être jaloux du bien '!•■ son 54 mbl il le . (ait a ijounThui

rts prodigieux de ienc< et d'esprit , pour sa persuader que les bêtes! m'entre

ellis et lui la di!l i Hais, en même

temps qu'on dégrade l'homme jusqu'au rang de la brute et même de la plante, on veut ennoblii ci, en leur prêtant les facultés it l'intelligence de l'honwM : on célèb lésine) s el le sentiment

des plantes; on s' extasie de vant l.i résignation . on d'un oiseau malade. La dignité d< I humaine est avilie; une philosophie, plus

qu'elle n'est audacieuse , cherche en qu Iqut

(i) royos Bossuet, Connoùsoie* il cliap. \ . n. i ;

SPIRITUALITÉ DE l'aME. 207

sorte à dépouiller l'homme de ses droits, à soulever tonne lui le reste des créatures; de fauxsavans seinbien» porter la démocratie dans la nature , comme de faux politiques l'avoieut portée dans la société ; et pomme servir de l'expression originale d'un grand écrivain, « le peuple de la création semble conspirer pour » en détrôner le roi. » Mais non , la royauté de l'homme ne périra pas; malgré les sophistes , toujours il sentira l'excellence de ses destinées. Sa prééminence éclate de toutes parts ; elle se voit , et dans la majesté de son port , et dans la dignité de son front , et dans la sublimité de ses regards , et dans la position de son bras qu'il tient élevé, étendu sur son empire: mais mu tout la grandeur de son rang éclate dans cette pensée qu'il répand autour de lui par la parole . et que, par l'écriture, il porte en tous lieux ; dans cet esprit dont les livres saints donnent une idée si magnifique, en disant qu'il est fait à l'image de Dieu. Oui , par sou empire sur celle portion de matière qui lui est unie, et qu'elle gouverne, l'aine retrace quelque chose de l'action puissante du moteur de l'univers : parla rapidité- de ses pensées, parla mémoire du passé, la conscient . du présent , le pressentiment de l'avenir, elle se rapproche de l'intelligence infinie, qui, d'un coup-d'oeil , embrasse tous les temps et tous les lieux. L'impétuosité de ses désirs iu~.iii.illi s. l'étendue de bornes, L'avertissent qu'elle doit possédi i tte éternité que Dieu possède par

■ature. ODieu, créateur de l'univers ! vous êtes le seul roi immortel des siècles; mais tous avez daigné établir l'homme roi du globe qu'il habile , et c'est

203 SPIRITUALITÉ DE LAMZ.

mépriser vos dons , que de i" pas sentû le prix d'une dignité que nou^ tenons de votre divine muni Elle doit nous être chère cette roj une, parce qu'elle vient de tous , et parce qu'elle est le prélude de la royauté sans fin , que nous devons partager avec vous dans le séjour de L'immortalité.

1^1 e premier des philosophes , comme des orateurs de l'ancienne Rome , avoit des idées bien hautes et bien pures sur la loi naturelle, quand il disoit : « La d véritable loi , c'est la droite raison et la voix de la » nature commune à tous les hommes ; loi iuimua- « ble et éternelle, qui nous prescrit nos devons et » nous défend l'injustice. Le peuple ni les magistrats » ne peuvent nous soustraire à son empire. Elle n'a » pas besoin d'autre organe et d'autre interprète que » nous-mêmes ; elle n'est point autre à Rome que » dans Athènes, ni di fié rente dans un autre temps de » ce qu'elle est aujourd'hui. Par elle, Dieu enseigne » et gouverne souverainement tous les hommes ; lui d seul en e^t L'auteur, l'arbitre, le vengeur. Quicon- » que ne la suit pas , est contraire à soi-même et re- • belle a la nature; il trouve à ms ■> >n propre cœur » le châtiment de son crime, quand il échapperait à » toutes li s peines que peuvent infliger les hommes » Ainsi parlai) autrefois Gicéron, au troisième livre de sa République. Laclancc, qui nous a conservé ce fragi 1), le trouvoit si beau, qu'il le traite de pres-

que divin. Quel langage en effet, quel trait de lumièn .m sein même du paganisme! mais aussi quel jour d'ignominie ne vient -il pas jeter sur tous ces

(i) Divin. Intiit, lib. VI , caji. Nil.

210 LOI IMTOUIXE.

:> qui confondent 11- Lien et !

le ■ < ï « * ma u nent ar-

bitraire! Il a donc (alla que, jusque dans les plus vives lumières du christianisme, on vit se renouveler ces tiiou>u ueux systèmes, qui, chez les] excitèrent d'abord L'indignation et le mépris, ci ne finirent par s'accréditer chez les G que pour tout corrompre et tout détruii Q tères d'iniquité n'anrois-je pas à dévoil . lois exposer tout ce qui est échappé à la plutni née de nos écrivains impies, sur la vu tu, sur les passions, sur la règle des ai ù"<i< humaines, sur les motifs qui doivent les dirigei '. Qu'il - 1 1 1 : i ~ • de savoir que. d'après leur doctrine, le vice et la vertu n'ont aucun fondement dan- li nature des clioses, qu'ils peuvent varier connue les usages ilk< climats; que la morale tire sou origine de la. poliiiqu -, comme les lois et les bourreaux ; que les passions grandes actions ; que celui qui s'y abandonne , a la S Igesse de ne pas se donner la peine inutile de ! battre; que, si l'on est bon le matin, et vicieux le soir, il faut s'en prendre à la circulation du sang [«lus lente ou plus rapide : et que le moraliste qui du au débauché : Soyez tempérant , i in qui diroit au malade : N'ayez pas la Sèvre. T. Is -ont les excès des modernes réform | hismeo! que d'équivoques, pour en colon i la noirceur, poui m déguiser les affreuses conséq i dre odi uses ou ridicules les maximes éternelles qui sont la sauvegarde de L'ordre et de la justice sur la u ne! < ta - rit avec quelle avi.iité ont 1 1

toutes les classes de la société ces doctrines de mensonge , et quels ont été leurs funestes ravages. Notre dessein aujourd'hui, Messieurs, c'est de vous présenter la vérité dégagée de tous ces nuages du sophisme et des passions trompeuses, et d'établir la distinction essentielle et fondamentale du bien et du mal , sans laquelle il n'y a ni morale , ni lois, ni société. J'établirai trois choses : la première, rju'il est une loi antérieure à toutes les conventions humaines; la seconde, que cette loi est appelée à juste titre naturelle; la troisième , que le premier devoir que cette loi nous impose, c'est de régler nos penchans. Tel est le sujet de cette Conférence sur la loi naturelle.

Encore que, dans les choses religieuses et morales, la raison, la conscience , le sentiment, soient Lien souvent confondus ensemble, on ne soient séparés que par de-, nuances très-légères , nous allons les disi ii i , pour mettre plus d'ordre et de netteté dans le développement de nos pensées.

J'appelle raison] cette lumière qui nous découvre les principes des choses et les règles des mœurs; j'aposcience, ce jugement intérieur par lequel l'homme s'approuve ou se condamne lui-même upiès l'ai 1 1 • ■ 1 1 ; et je désigne sous le nom de sentiment , ces impressions, ces penchans communs à tous, qui préviennent la réflexion, et qui sont inséparables de notre nature. Or, c'est au triple témoignage de la raison , de la conscience el du sentiment, que j'en appelle pour établir la différence essentielle du bien et du mal , l'existence d'une reyle primitive de uoa

212 LOI NATOKEUJE.

actions, d'une loi antérieure à toute convention lmmainc.

J'en appelle d'abord à la raison. Il i-t une ' qui éclaire tous les esprits , el qui n'est j ts [.1 n> «le l'invention de l'homme, que cell q corps.

Plus foible dans Us uns plus vive clan, l< s autres, mais commune à tous, rlle déoouTre .1 i"" rites premières, qui font que tous les bomi tous les temps et de tous les pays s'entendent >m ci ii.uns points, sans jamais s'être connus, [mi aucun commerce d'amitié ou d'éducation, et se trouvent si bien d'accord, qu'ils traiteraient d'insensé quiconque ne penserait pas comme le reste du genre humain. Les hommes >le différens siècles et île différentes régions ilu monde peuvent bien être divisés sur une foule de choses moins claires; mais il est toujours une lumière supéri ure, inévitable, qui les domine et ks subjugue, les tant comme enchaînés autour d'un i ei tain > entre immobile, unis par certaines règles invariables qu'on nomme piemiers principes : et cela, malgré les variations infinies de sentimens qui naissent parmi eux, de leurs passions, de leurs intérêts, de leurs caprio I : cette lumière, «lit Fénelon 1 . qui fait qu'un sauvage du Canada, tout stupide qu'il esi . coup de ch( ses, o mine peuvent les aroii pensées autrefois les philosophes Grecs >i Komaina, ave toute leur science et leurs lumières c'est elle qui lait qu'au Japon, comme en France, on jugi qua

(i) Traité de l'Esittetm de Pun, l" partis, u. M>.

le tout est plus grand que sa partie ; c'est elle qui fait que les géomètres de la Chine ont trouvé sur certains points les mêmes vérités que ceux d'Europe, pendant que les peuples de ces contrées étoient inconnus les uns aux autres. Loin d'être assujétie aux caprices des hommes, cette lumière est plutôt leur règle et leur guide ; elle est notre souveraine , et non notre esclave ; on peut se révolter contre son empire , mais non le détruire. C'est par elle que l'homme compare , discerne , juge : or , cette lumière , c'est ce que nous appelons la raison. Voilà notre maître intérieur : il est dans notre destination d'être docile à sa voix ; le bien , c'est de l'écouter et de la suivre ; le mal, c'est de [a mépriser. Sans doute, l'homme indépendamment de toute convention, est , par sa nature même , un être raisonnable. Il ne nous est pas moins impossible de constituer la nature humaine à notre gré, que de constituer la nature du cercle; l'homme est raisonnable , comme un cercle a ses rayons égaux : c'est par là qu'il est ce qu'il est. Donc, urinent à toute convention, la raison est -..^ loi suprême; c'est en la suivant qu'il < <t bon, c'est en la violant qu'il devient méchant: et dire que nous ne sommes bons ou vicieux que par convention , c'est dire que c'est uniquement par couvent ion que nous sommes des êtres raisonnables, ou , en d'autres termes . l 'est dire que c'est par < onvention que l'homme est un homme; ce qui est le dernier excès du ridicule.

Api rofondissons davantage les choses. Que me dit la saine raison? Que Dieu, l'Etre souverainement

n'agit point au hasard el par caprice; qu . dans toutes ses œuvres , il se pro] sseins di-

gnes de lui; qu'en créant l'bomme 't le douant de < ri i tines fai nb rs, il 1 I ! iquelle

il doit tendi e Oui, il • I is pour les

esprits comme ur le monde inu-1-

ligeot comme poui le monde matériel II dans li nature corporelle tout se Lie, tout s'enchaîne, tout marche par «le-; règles admirables, tout concourt .1 l'ordre, à l'harmonie universelle; l.i terre et les cieux, les animaux et les plantes, tous les êtres ont leur place marquée, leui destination •

1 1 main \ de celui qui gouverne l'univers : et l'homme seul, abandonné à lut-im u

roit été créé sans bul >t sans dessein; et li j il n ~ noble, la plus pai laite des ci Dtre globe, ne serait soumise à au une règle prise d

de sa nature : quelle monstruosité! M l'homme est créé pour une (m, il n'est pas le maître de s'en écart* r impunémi nt ; y tendre e<t un devoir, el v< ï 1 • I i vertu : s'en éloigner volontairement est un désordre, el voilà le vice, il n'est p S plus au pouvoir <lr^ hommes de se dispenser de suivre la route qm la Mine raison trace di vaut eut , que de dispenl< U d'apparaître À l'orii ni 1 1 de «lisparoitre à 1 occident. Ce n'est point par un si pu ^a

nature, que l'homme est sensible, libre, intelligent . il s'aime lui-même, et désire son bonheur, et il esl dans l'ordre qu'il cherche à se rendre heureux : libre , il n'est entraîné ni par la contrainte, ni

par la nécessite; il est fait pour peser dans une juste balance les incenvéniens et les avantages des choses; il est capable d'un choix réfléchi , et il est dans l'ordre qu'il ne se précipite pas, qu'il ne soit pas téméraire dans sa conduite : intelligent, il est fait pour voir, pour embrasser la vérité, et il est dans l'ordre qu'il n'v soit pas indifférent, et qu'il la préfère au mensonge. Voilà des devoirs qui déroulent de notre nature même et de nos facultés, qui sont la suite inévitable et non pas convenue de notre qualité d'êtres raisonnables ; voilà des obligations qui ont leur principe hors îles conventions humaines, et de là naît la distinction primordiale de l'ordre et du désordre moral , du vice et de la vertu.

One me dit encore la saine raison? C'est qu'il est des vérités spéculatives, indépendantes des hommes,

et d'où découlent des conséquences pratiques aussi

immuables que huis principes; c\si qu'il existe enti j. êtres des rapports , qui sont non pas arbitraires, mais essentiels, et auxquels se lient les règles de nos devoirs. Ceci demande à être développé , et nous allons tâi het de le faire en portant la lumière dans vos esprits.

Sans doute Dieu , heureux de lui-même, pouvoit bien ne pas créer le monde présent ; sans douic il tiit pu donner naissance à tout le genre humain à la f • i i , par un seul acte de Sa volonté; sans doute enfin il aurait pu choisir un monde ou l'homme n'auroil . is été destiné à la vie domestique et so-

ii il.-. Mais en Mipposanl que le Ci.'alcur ait Créé

l'homme, qu'il ait établi des lois pour la perpétnit"

2iG LOI BATDtl

de l'espère humaine, qu'il l'ait appelée < la il résulte de i e fait 1 1 de i e plan de la ■ 1 th-s i.i] | orl Dieu 1 1 L'homme . i nlre le père

et les cnfans, entre une- famille et une famille; il

rapports que l'hon ■

établis, mais qu'il trouve préexistai] . qu'il poiul pai ses c api i< i s, m lis qui doivent êtri i de ses sentimens et de ses actions Ainsi, q donne à L'homme l'être el La vi . voilà un i dépendance de l'bommi i réature à Dieu sont réau ur,

de inoissance de l'I) me recevant le bienfait de

L'existi ni •■ à Dieu son bienfaiteui - 11 n'esl pas Libre a L'homme d'empêcher ni di détruire ce lien et port . il n'esl | as en son pouvoii de i hangi i La nature des choses, di faire qu'il ne soit pas créature et que Dieu ne soit pas créateur; et s'il est vrai en théorie que Dieu lui ait donné l'être, il est vi J en pratique que l'homme lui doil des sentimens sYadoration et d'amour. Ainsi, que Dieu établisse le pouvoir paternel, voilà un rapport fondé dans la nature entre le père et les enfans; si l> s pères prodiguent aux les soins de La pins tendre el souvi ni de 1 1 plu blc sollicitude, les enfans sont-ils les mailrea de n'avoir pour eus que de l'ingratitude? Est-ce donc par une convention, que le Bis doit honorer et aimer les auteurs de ses jours ' Ainsi, dès-lors que Dieu appelle les bommi s en soi iété, il faut qu'il existe das rapports entre le maître et Les serviteurs, entre li n et les ujets : il faut , avant tout , qu'un principe île |ustice commande La soumission .• l'autorité, <i Le respect poui Les lob: il doit être dans l'ordre, que

LOI NATCRELLE. 21?

les uns commandent, et que les autres obéissent. Je sais que, sans la création de l'ordre actuel du monde, ces rapports et ces devoirs n'auroient été que possibles, et connus seulement de l'entendement divin : la création nous les a manifestés, nous les a fait connoitre; L'homme les voit, mais il ne les fait point Si vous tracez un cercle, vous rendez sensible légalité des rayons : mais ce n'est pas vous qui créez cette égalité ; elle étoit fondée sur sa nature , et il vous est impossible de faire un cercle dont les rayons soient inégaux. Je sais encore que les hommes peuvent se lier entre eux par des lois qui sont leur ouvrage, qui peuvent varier suivant les temps , les climats et les personnes; que bien des choses, d'ailleurs indifférentes . peuvent cesser de L'être, d'après la loi qui les défend ; que, dans ce qui tient à la forme des gouvernemens, à la police extérieure des Etats, à la législation , au commerce ordinaire de la vie . il est sans doute bien des choses d'institution humaine et de pure convention : mais il est manifeste que toutes ces conventions, qu'on appelle arbitraires, supposent elles-mêmes des principes antérieurs d'ordre et de justice, qui Leur servent de fondement et les rendent obligatoires. Oui, ceux qui veulent que la loi humaine soit la seul.- règle du bien et du mal, sont 1> s plus 9 hommes ; ils ne voient pas que

la Loi humaine demeureroil -uk force et sans autorité, 'i elle n'étoit appuyée sur un principe antérieur. Car enfin, m je leur demande pourquoi je béir an\ Lois, ils me répondront que c'est que j'ai contracté L'engagement de Leui obéir, t. 10

1 1 que . i i mbre de la s<v .

doi - i I :

pourquoi ji I

Icnr v il ni la fori iii r ma con-

ki i< in i : 1 1 si l'on n nu ccr-

( le | . n i - 1 il , ou sera '

antérieur ;m\ lois humain 5. Non, I

ne sont obligatoires que parce qu'avant ■

principe d'éti . qui dit : Tu seras fidèle à

t. g i ■ inventions.

Vous m- >:' '| n les l si un ain • ■

ri'ijlc du bien et du mal; maïs, *• il en • -t ainsi, il sera donc au pouvoir des hommes di toutes 1<^ notions <!<■ la mi - universelle-

ment ; ils poui i "ni ■ qu'on a

toujours abhorré comme d Irii du nom

de vins ce qu'on a toujours pi vertus. On pourroit donc i et la conduite , i '

des contrats . 1 .ou la

foi me desl Quoi! est -il i

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