I- i-l n. nrs, .1. t m. iji
t: ."In-., i , la lâcheté , le 1 titude,
l'aval i i . ->•.. m . onfoi mes
.: d : c qui . par m venlio.i ■ stipuler <|in-
la fièvre 1 1 1 1 pesl ci nisibles
à riiuni uiitc ; cl si •
condamné | ai la raison
pourquoi Montesquieu a pu dire au commencement de son Esprit des Lois (1) : « Les êtres particuliers, in- * tclligens, peuvent avoir des lois qu'ils ont faites; » mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pa> faites. Avant » qii il y eut des êtres intelligens, ils étoient possibles: » ils avoient donc des rapports possibles, et par conn séquent des lois possibles ; avant qu'il v eût des » lois faites , il y avoit des rapports de justice possin blés : l'existence de ces êtres intelligens réalise ces » lois, comme L'existence du cercle réalise l'égalité n des rayons. ."Mais dire qu'il n'y a rien de juste ou n d'injuste , que ce qu'ordonnent ou défendent les lois n positives, c'est dire qu'avant qu'on eût trouve le n cercle, tous les rayons n'étoient pas égaux. »
Consultons maintenant la conscience. Tel est l'empire de la vertu, que nous ne pouvons nous y soustraire impunément ; elle trouve en nous-mêmes son vengeur. La conscience est un tribunal où elle ne fait pas en vain entendre ses plaintes : sa voix puissante peut bien se perdre pour un temps dans le tumultc di s passions qui Foudroient l'opprimer ; mais, constante dans ses poursuit) s, i lie obtient tôt ou tard la justice qu'elli réclame. S'il est des êtres assez dé- ; "in l'étouffer entièrement, comme il en est q I l'uni- rend sourds aux < i î^ <le l'humanité souffrante, il f.-mi gémir sur celte exception, aussi rare qu'elle est effrayante , au lieu d'en prendre ocdc ne voir dans 1 1 i on i ii ni e qu'une chimère. Des bon - sans conscience ne s ni pas plus la na-
I iv. I , chap. I.
220 loi NtTii.ri.i-c.
(un- humaine, que des cadavres ne sont des hommes
Qu'il esl consolant à la fois et redoutai
tel ieur, qui nous i\ -,
soûl i ou I -'i poui l'homme de
bien, il lui fait trouver dans une joii douci le prix de ses efforts : redoutable au méchant, il le livre .1 tout l'ami i tume de ses ri moi ds. ( si tout est indifférent, s'il n'y a au fond ni mal, comment se fait- il que le méchant di ain i son accusateui et son bourreau? Pourquoi se ne-t-il avec tant de rigueur? pourquoi 1 " i ■ î <*- c d'un Dieu vengeur le fait-elle frémii . • t tourne-t-elle sa fureur contre lui-même pour se rendre malheureux ' I..- remords suppose nu crime, el le ci une une obligation . un il. voii . i emplir.
\ ce que
nous appelons remords. Q pénible
sentiment? Ce n*es\ ni la douleur qui arcom; a maladie, ni le chagrin que peut causer l'infortune; c'est an reproche que l'homme se fait à lui-même, parce qu'il sent qu'il devoit obéii à la loi, et qu'il l'a \ iolée librement I i de la
peine ne l'a pas fait naître : il vient de l' iveu que le coupable esl obligi ■ :• se fain e 1 1 \ lontaire ii>fi n ii. m de son devoii . Avez-vous fait un acte de justice ou d'humanité ' j itnaù vous ne pi uvei i repentir, dussiez-vous n'être pavé que d'ingratitude, et n'en recueillit que I. bainc tt le mépris. Oui. dût nduire au supplice . vous
victime, sans pour a 1 1 v ^niii coupabli
pourrie.- bien gémir sur l'injustice dis hommes it
sur le malheur de votre destinée , mais toujours le remords seroit loin de votre cœur. Au contraire, si je me sens coupable , toute la terre in'applaudiroit que je nie condamnerais toujours; dût le vice me porter au faite de la gloire, le remords y monterait avec moi, pour y déchirer mon cœur : tant la conscience est au-dessus de l'opinion et des conventions des hommes ! Je veux que la conscience , que le remords soient un sentiment plus ou moins vif, plus ou moins développé , suivant le degré de lumière ou la connoissance plus ou moins précise de nos obligations : ce seroit toutefois une grande erreur, que de ne pas y voir un sentiment naturel à l'homme, indépendant des variations du «limât, de l'éducation , delà naissance. Ni le secret, ni les ténèbres, ni le silence des lois, ni l'éclat du pouvoir, ne peuvent dérober le coupable à son aiguillon vengeur. Le crédit a bien souvent assuré l'impunité , mais sans calmer les alarmes de la conscience. Tibère et Néron ont connu le remords. Ils ont tremblé quelquefois, épouvantés du souvenir de leurs forfaits. I.a conscience peut être assoupie, elle n'est pas morte-, il se peut même que ses pointes soient d'autant (dus déchirantes et plus
cruelles, que- son sommeil avoit été plus profond. i .il du lion , qui a puisé dans le repos une \ igueui nom Ile poui déi Lui er sa proie. En un mot, disparaître la distinction primitive du bien et du mal . I liti - que tout soit ai I ii 1 1 .1 ii t- , <pie loin v,Mt le fruit d>. conventions, dès-lors ce reproche inté» 11 m (pie rhommi se lut a lui-même, lorsque d'ailleurs d n'a rien à craindre de la part des hommes, le
222 loi .nati»i
remords en un mot, n'est plus qu'une absurde diimère, dont il faut délivrer son ment alarmée.
Maintenant que nous dira ce que j'a] liment? On parli sans cesse de la natun lt
trouvi rez-vous , sinon dan clinarjons universelles et uniformes, dont les] ne peuvent se dépouiller; qui, plus rapides que le raisonnement , préviennent toute réflexion , *■■ nent l'espèce humaine tonte entière? C*< --t la une i a laqui I! nous sommes comme entraînés à aimer ou .1 Liaïi . i estimer ou à n
il <le l.i qm1 \ itiiiieti t le sentiment d'adoration envers la Divinité, la piété 61iale,l de li patrie, la pitié pour L s malheureux, l'admiration pour les actioi Oui . au inilii n de la diversité de leurs luis, de leurs meurs, de leurs habitudes, tous les peuples de la terre ont senti qu'on doithonorei esparens, que l'ingi ttitude est no vice , qu'il faut être Gdèle à -1 pan le, qu'il est beau <le suppoi 1 louable de secourir l'infortune, que nul ne 1 ! • 11 faircaautnri ce qu'il ne voudrait pa lui Q roitdire que ce sont l> des maximes de . il non dans notre natun ' Jamais les hommes , tout dépravés qu'ils sont , n'ont pu donner ouvertement au vice le nom de vertu: el I itijours I \: même qu'il a été triomphant , a été rédu Ju masque d'une fausse probité . désespérant de s attire! l'estime en se montrant à décoorert, Il n'\ i pas Encore eu d'homme qui ait pu se pentu ' 1 . ni per<-
suader an monde , qu'il est plus estimable d'être trompeur que d'être sincère , d'être malfaisant que de faire du bien , d'être emporté que d'être modéré : tant il est des choses que la nature rejette et repousse loin d'elle '
Je suppose qu'il fut possible de réunir dans un même lieu des liabilans de toutes les parties de la terre, pris dans les divers âges et les diverses conditions; je suppose qu'il fui possible de leur faire entendre un langage également intelligible à tous, et qu'un sopliiste élevât la voix au milieu de cette assemblée générale de l'univers, pour lui dire: ■< Jus- .> qu'ici le genre humain a été dans l'erreur sur le vice u et sur la vertu; le temps est enfin venu de lui ré- « vélei les véritables règles de sa conduite. Ecoutez; d voici ce qui doit être solennellement reconnu sur la » terre : Aucun sentiment d'adoration n'est dû à la » Divtmt; ; les enfuis seront dsiieiiv .: d uni: i leurs » païens ; nul n'est obligé d'être lidéle à sa parole ; tout n poui ta irès-innoi euuncnl trahir sa patrie j ■ chacun, en désirant que les autres lui fassent du .. bien, sera toujours le maître de ne leur faire que du » mal. » Je vous le demande, une pareille doctrine litH II pas repoussée par un cri universel d'indignation î et le harangueur ne seroit-il pas invité à 1 1 i 1 ours et les panthères, pour leur prç- -.% lenics? Oui , le cœur esl fait poui la vertu, connue l'entendement pour la vérité; oui, il est dans chacun de nous un amour secret du bien, comme ime boiieiii cercle 'lu nid: instinct sublime qui nous avertît de dos <li\"ii', comme certaines sensation»
nous avertissent de no • deverta
qui fait qui no Imiralionan
récit de cerf dons, conuni I de la
rente qui nous fait aiin< esprits ihoits et buu ères. ( '
saille au louvenir d'un trait hén s'intér< eà la vertu opprimée , qui ne frémisse d'indignation contre l'oppresseur? Q te que Pfaociou . marchant an snpplit e . ordoni d'où] lii i l<- « rime de son ingrate patrie . un » aliment devénéi itions'i mparede nos âmes. Quand l'ancienne Rome applan ette nazimei " Je suis homme, et rien de << qui inti resse L'huma- » nité ne m'est étranger [1), •• étoit-ce un cri de convention, Ii' té parla cal • ■ 1 1 1 1 . i i de
la nature humaine qui se faiaoit entendre par le peuple li"IU llli.
ce sens moral, qui, avant toute réflexion . nous fait disi erner le bi« n du mal . | affoibli, vii'u- , <i presque éteint quelquefois par l'ignorance, pai les passions i • impressions contraires des longues habitudes. En nous donnant certaines facultés qui sont l'apanage il<- notre nature, le Créateur nous a laisse le soin d les cultiver. \m>i que le corps croît 't se fortifie par la nourriture et di reloppe | ion . par L'édui ation , par l'expéi iei M is ai <e l'aptitude .i n";i> éclain i . à nous instruin .
LOI NATOBELI t.
perfectionner. II se peut que , faute de culture , nos facultés restent dans une espèce de stupeur et de moit : et voilà pourquoi le sauvage est plutôt dans un état de dégradation , que dans un état conforme à notre nature. C'est un arbre naturellement fertile , mais qui demanderait un autre ciel et une autre température. C'est par là qu'on explique comment , avec des principes communs, les peuples ne s'accordent pas sur les conséquences des principes. Qu'on ne vienne donc pas bous dire, pour affoiblir ici l'autorité du genre humain , que ce qui est criminel cb.es un peuple est innocent chez un autre; qu'on a vu autoriser chez certaines nations le vol', l'exposition des enfans, l<massacre des pères dans leur vieillesse , l'immolation des victimes humaines, l)i( u des cruautés et des infamies de tous les genres , et qu'ainsi la morale est arbitraire. D'abord , M urs, depuis quand faut-il < bei < lier les vrais sentimens de la nature raisonnable, dans ses égaremens mêmes, dans les excès qui la déshonorent? Faut-il donc juger del'air que nous respirons, et qui nous donne la vie. par l'insalubrité de quelques climats où règne la contagion? Est-ce par les plaies du corps humain et par les vices de ses . qu il faut en apprécier les loin- 'Oui, des sentimens de religion, de justice, d'humanité, ont été répandus ches tous les peuples. Il est des règles invariables qui les ont unis tous; mais, soit passion , ■oil ignorance , ils se sont égarés dans l'application de ces | rincipes i omiuuns .1 tous Ainsi . que lé hâte le trépas du vieillard qui souffre, ou qui 1 itlion il étal de le sui li est hoi rible
22(i loi .natli-.f.lle.
tans doute ; et cependant cela fi ot d'un sentiment de commisération faussement appliqué. Ainsi, que le Chinois se débarrasse d'une population c\> • — ive par le iiiiu i ii I- ili 9 i D&B9 . i ■ l.i est horrible a ore ; mais il le fera, parce qu'il écoutera la crainte de manquer il . ( boses net essain s .< leur erisl
J té il trouveroit bien plus beau de u
Ainsi, que l'Arabe du désert, que le I
plus noble et plus beau de vivre d'un butin q !
conquête, que île son travail, cela n'empêchera pas
que , hors ci i i- pai ticulier , il ne son juste . humain,
hospitalier. Fais hommage à Dieu de ce que tu a» ;
voilà le principe , il i -t inconti si ible : pour 1 a
il faut lui saci Hier tout . même tic- \i< limes humaines:
conséquence fa ii aflreu e d'un prinr ij
Messieurs, ayet cette man ;.ner contre la
loi naturelle, am cette manie <le Vouloir que la morale n'ait rien de fondé dans la nature . ] uxe qui les hommes ont varié sur certains points, savez-vous où nous aboutirions? au pyrrhonisme universel. Il n'y aurait plus de vét ii>:-, pan e qu il u'< d i si pas qm n'ait été combattue, même avec beaucoup de sut tilité; il n'y auroilpios de beauté réelle dans le- ait* et dans les oui i agi - de l'esprit humain . pu* e que les nation- et les siècles ne se sont ; • -ui le
mérite de ces productions. Messieurs, la corruption de l'homme ne détruit tu- plus la morale, que h busse métaphysique ne détruit le sens commun. Il est donc une loi antérieure à toute convention humaine; je vii.,- de l'établir: mais pourquoi l'app lle-t-elle na-
LOI NATinr.LLE. 227
Loi.n de nous la puéiile pensée qu'il fut un temps où le genre humain vivoit saus Dieu, sans aucun sentimt ut religieux , sans aucun principe de morale ; comme s'il avoit commencé pai' être athée et entièrement brute , et que, par îles progrès insensibles, il fût | assé de cet état complet d'athéisme et d'abrutissement à celui de quelque croyance religieuse, et qu'il eut enfin découvert Dieu , La providence., la vie future, li morale, aiusi qu'après bien des efforts et des expériences multipliées, ou a découvert l'algèbre ou la chimie. L'homme est uu être naturellement raisonnable , moral , religieux : vous le trouveriez. plutôt dépouillé de toute intelligence, que dépourvu île toute notion de justice et de vertu. Si haut que vous remontiez dans l'antiquité , vous verrez toujours les hommes en possession de croire .1 quelques maximes de religion et de moi aie. Ici la nature a devancé l'iiulusli ie : tandis que la foLutt raison s'est égarée sur tout cela en de vaines recherches , ou que même elle n'a enfanté que des systèmes très-ridicules, nos livre* saints nous font assister en quelque sorte .i l'œuvre de la création , et nous apprennent comment les choses se sont passées. Ce que les sages de l'antiquité avoient . les enfans le savent parmi nous. Le premier homme sortît des mains de son Créateur dans l'état de uiaïuiiié. il ne naquit pas ei Canl, uauslafoiblesse et L'ignorance du premier Age ; il parut sur la terre homme fit. jouissant dès leinoun ut de son existent e, de toutes les facultés du emps et de L'esprit ; il arriva à la vie avec d< ton loissances toutes foi niées dans ion esprit, avci des tenutneni religieux dans sou
228 LOI NATOIELLE.
cœur, avec une langue toute faite pour exprimer ses I trouva en lui la connoissanct di Ilieu son ( h', iic in , des DOtion d'ordi i : de venu . L'amont 'lu liieu . une intelligence qui s'élevoit jusqu'à l'auteur nié animée «In désir de lui plaire :
et sans doute son premier sentiment fut ci lui de la reconnoissance et de l'amour. Ce qu'il aw.it i Dieu même, ce qu'il savoit, il le transi] ipii , i leur tour, le laissèrent tomme un h ni\ générations suivantes: la tradition se con s'étendit avec l'espèce humaine : et voilà comme de famille en famille , <1 âge en âge, de contrée en contrée , les notions primitives se sont c onseï vél - plus ou moins pures dans le genre humain. Ainsi toutes les croyances religieuses et morales ont uni source commune; mais ce sont des ruia rux dont lest conservé la pureté dt li urs eaux, et do ii li - .i. sont plus on moins altères ù travers la corruption des
siècles. Cest de là que sont venus cesprincipi o-
munsà tous les hommes . que l'ignorant e ou ions affoiblissenl , mais n'anéantissent pas; cette lumière, qui , pour bien des peupli s . a i té "1 si un le îles nuages «lu mensonge, mais qui laissi toujours échapper quelques rayons 0 ! > universelles,
invariables, dont le sentiment se trouve partout , ces notions communes de bien 1 1 de mal . qui gouvernent l'espèce humaine , etsont comme la législati a du monde moral, voilà ce qu'on appelle I : naturelle : dénoi lination très-légitime. Elle est naturelli qu'elle est fondée sur la nature des choses , sur dos rapports primitifs entre l'homme et Dieu . entre
loi naitrelle. 229
l'homme et ses semblables ; naturelle , parce que les principes en sont tellement conformes à notre nature raisonnable, qu'il suffit de les exposer pour en faire sentir la vérité ; naturelle , parce qu'on en trouve (les vestiges partout où se trouve la nature humaine , ce qui a fait dire qu'elle est gravée dans le cœur ; naturelle enfin, parce qu'il falloit la distinguer de toute autre loi donnée à l'homme depuis la création , et qu'on appelle positive. Aussi la dénomination de ioi naturelle est-elle autorisée par les livres saints, et notamment par saint l'aul , par tous les doctetns de l'Eglise, par tous les moralistes de toutes les nations et de tous les siècles , par le langage universellement reçu de tous les hommes ; en sorte que proscrire le mot de loi naturelle , ce seroit se mettre en révolte contre le genre humain.
Voyons enfin quel devoir dicte à l'homme la loi naturelle, par rapport à ses penchans et à ses passions.
Si nous écoutons plusieui - des (aux sages du dernier siècle, ils nous apprendront que c'est un projet de vouloir combattre ses passions ; que sans elles l'homme seroit stupidej que celles qui forment le i irai 1ère de chacun sont incurables ; qu'elles sont la -"une de ce qu'il v a de grand et de beau; et qu'après tout . les vices sont aus^i utiles à l'humanité que les vi nus. h i , Messieurs, que le bon sens ■oit notre arbitre, qu'il juge entre L'école chrétienne et celle des novateurs. Que penserttWrous de la lo- • i de 1 1 force d'esprit de tous ce-- fabrii ateur»
230 LOI .NAriBU-LE.
il. morale aouvclle, si nous découvrons que leur doctrini " l'abus de
quelques mots , sur ù
qu'elle peut 1 \ ■ î i de raisonnable étoit connu avant eux, 'i que ce qu'elle a de neuf est vraiment in-
Cheii bous, a\ani tout , à I eboscs, • ; j ni u • garantir de a tli gage qui fait ici toute la lune de L'incrédulité.
Dans le dessein de nous taire veillei . lion de nous-mêmes, de nous intéresser au Lien de lut* ur Je la nature a mis l i-, ■!« s inclinations, dont nous ne | nous défendre, qui nous avertissent rapidement «le nos besoins, Je nos devoirs, des dangers qui nous menacent Souvent la marche de la raison serait 1 c mcoup trop lente, ses conseils nous arriveraient tiop lard. Ce n'est point d'après un systèu e réfléchi, par un long circuit de i isonnemensj c'est bien plutôt par une impression involontaire, par le sentiment, que l'homme est averti de corporels, que
lime ses < ufans, que le malheur nous touche. que nous avons Je l'attrait pour nos semhl qu'un tendre souvenir nous attache aux lieux ou nous avons pas .'■ notre c ufauciN 11 est naturel à lliomme de s'aimer soi-même, d'aimer ses païens, sa p. mie. ••es Ut ofaiti tus, ,',,■ fuir la doulem-; comme il naturel de donner à son corps la nourriture qui le soulii al , ou le repos qui le ii unit cela,
il di wt roii que la vob de la nature attentive à . que Jes impressions utiles qui se i i j»— portent .i notre 1 nheur ou a celui de m sembla-
Lies : c'est ce que nous désignerons sous le nom île s naturels; et notre devoir, c'est de les régler. Que s'ils ne sont pas contenus dans de justes bornes, s'iK d< viennent ardens , impérieux ; s'ils sont poussés jusqu'à l'excès, ou bien s'ils nous portent vers des choses illicites, en un mot, si les penebans sont déréglés de quelque manière, nous les appellerons passions; et notre devoir, c'est de les combattre. Entrons sur tout cela dans un développement nécessaire. Pour peu qu'on veuille consulter son propre cœur, sou expérience personnelle ou celle de ses semblables, comment ne pas sentir qu'on doit être en garde contre les penchans de la nature , même les plus légitimes ; qu'ils tendent i franchir les bornes; que si la raison ne vient en modérer l'essor, en tempérer les ardeurs, ils acquièrent une force, une violence qui entraîne, < t qu'ils finissent pas dominer en quelque sorte la volonté, s'ils ne sont pas dominés par cil ? Ainsi , c'est lieu par un penchant également légitime et doux , qu'une mère se complaît dans ses enfans ; mais pour peu qu'elle écoule trop sa tendresse, elle aimera dans eux jusqu'à leurs défauts et tenu s \ i( es, et son amour ne si 1,1 plus qu'une indigne . Ainsi , rien n'est plus innocent à la fois et plus consolant, que le sentiment de l'amitié; mais, Vil . i abandonné '> lui-même, il peut aisément devenu vicieux, dégénérer mi commerce de flatteries et di i nnplai inces criminelles. L'amour de soi est le premii i qui se fait sentir; mais, s'il se dérègle . d devient pire la haine, pousse à la ven-
geance- Oui , abandonn / la nature à sa pente ordi
2^2 '• ''Ti i'.m.le.
nain-; et nu lieu de l'amoui de soi-inéuie, vous aurez cel orgueil qui ne vit que de disliuctii : préfère] • . et qui semble faire ses délio 5 Jesburailiatiorjs d'autrui ; au lieu d'une louable éruulatioB, vous aurez cette ambition effrénée, qui veut toujoun montei plus li ml , et B'élever mu les i iùn< ^ il vaux confondus; au lieu d'une sage, d'un industrie, vous n'aurez plus qu'uni' insatiable cupidité, «lciui rien ne pourra contentei I lieu des plaisirs honnêtes , vous n'aurez que et lupté qui énerve à la fois l'aine et le corps, et que suivent trop souvent l'opprobre u li discorde.
Ou reproche au moraliste religieux de faire de l'homme un être insensible , une statut et sans aine, parce qu'il l'inviti - pen-
ebans : mais fut-il jamais une ai < usation plus i ; Quel moralistes jamais pu défendre à l'hom sentir, de désirer, d'aiinei .
damné les affec lions légitimer . et s'i st a\ isé de faire
de- I b ne un être passil . indifTi rent, plongé dans
I s langueurs de l'apatbie? L'Evangile I code de morale si parfait, ne fait que le^ épurer et les rendre | > 1 1 1 - utiles. Aimei Dieu, aimer 1> s hommes, voilà toute la l"i : or, de i oui . comme
de leur source, découlent toutes les affection les devoirs naturels , domestiques el civils, qui perfectionnent les hommes et les rendent plus heureux. Quelle loi fut jamais plus - fvère contre le serviteut inutile . contre le 1 i< lie in I
l'oish ii' ' Vous ne profanez pas I< s dons que le < ■• 1 vous a faits : ce n'est pas assez , vous di
valoir ; vous n'opprimez pas le pauvre , vous ne retenez pas le bien d'autrui : ce n'est pas assez, si vous êtes pourvu des biens de la fortune , vous devez savoir les répandre dans le sein de L'indigence. Et qui vous empêche de suivre les sentimens nobles et généreux? Etes- vous épris de l'amour des lettres et des arts? tout ce qui vous est commandé , c'est de ne pas leur sacrifier des devoirs plus sacrés , et de ne pas en abuser pour prêter des charmes à des vices déjà trop funestes. Avez- vous un amour ardent pour la patrie? qui vous empêche de vous livrer à des travaux, ou de former des entreprises utiles à la prospérité publique ? Etcs-vous vivement affecté des maux de l'humanité? qui vous empêche de vous vouer au soulagement des malheureux; et de mériter le titre de père des infortunés? En un mot, pour que tout soit dans 1 ordre, que les penchans soient réglés par la raison; c'est alors qu'ils seront utiles , et qu'ils n'auront jamais une activité funeste. Ce n'est pas détruire le ■ 1 un fleuve, que de L'environner de digues puissantes.
Est-onde bonne foi , quand on accuse le moraliste tir n'être qu'un imprudent déclamateur i d s'élevant i ' • 1 1 1 1 les passions? Eaut-il donc que nous fassions l'apologie de ces penchans vicieux et déréglés , source de tous Les maux qui désolent les familles et la société? Faut-il que les chaires de L'austère vérité ne soient plus qui des tribunes rouées à La défense de toutes les in< Linai i"ii> qui ni i onnoissent ni hein ni mesure? Quoi! au gré di novateurs, n'y a-:-il pas sur la usez d'orgueil et d'insolence, assez de cupidité
o;i loi
et de 1»
dales? l'om augmenli r le jeu Je • se font les apôtri - complaisans, il faudra , Icin de les re au poète de ne chanta que la mollesse et l'impiété; au peintre , < I •- ne Lracei qui de la volupté ; au jeune li itnme , de [ ■■ du jeu jusqu'à la frénésie; à l.i mère de famille, d'engloutir dans la folie de
île ses enfans ; à l'homme de négoce, d'ex] ;
(brtune et telle Je tani d'autres par des spéculation! folles, où il n'entre que de l'avidité et point <h prévoyance; au» i i re des arts les plus frivoles l'occupation la plus sacrée <le leurs enfans. M ce sont là, je crois, des excès; et si nous voulons y mettre un (rein , on nous accusera de vouloir snéantir l'homme et ses facultés! l'ui-il jamais uxusation plus
étl in,;. .'
1 I signifie l'éloge qu* a a fait df - passii as en les présentant comme la source il< ie qu'il v a de beau et de grand parmi les hommes? Quand "ii tient un pareil langage, peut-on si flatter de bieu s'entendre soi-inêu En effet, l très-ardent et i omme eu !n-jl |m,ir certains obj tible d'impressions vues et durahles , un espi it capable de réflexions profondes ou de soudaines illuminati .us , une aine Ferme, inébranlable dans -es pensées et ilai:- bien , je crois, ce que lVu trouve <l,ins ceux qu'on suppose animésde l : sions Mais qui ne voit que ces dis| irdleS) si ell. aesont bien dirigées , si iLY* ne tournent i
un but louable et utile, peuvent entraîner les désordres les plus monstrueux , qu'elles peuvent faire des hommes ou grands par leurs crimes ou grands par leurs vertus? Avec ces qualités extraordinaires de l'esprit et du cœur, vous pourrez avoir des Aristide, des Trajan, des Louis IX, des Henri IV, des Turenne, des Bossuet, des Fénelon : mais si l'amour de la fausse gloire , si de funestes exemples , si la flatterie , si des circonstances malheureuses donnent à ces penchans une direction funeste, vous aurez des Catilina, des Néron , des Mahomet , des Cromwel , des novateurs audacieux , de. poètes infànu s , des sophistes dangereux. Voyez ce fleuve qui roule tranquillement ses eaux ; il répand sur ses bords la vie et la fraîcheur, et l'on peut, par mille canaux divers, étendre de toutes parts ses influences salutaires: mais, s'il vient à se déborder , il porte au loin le ravage et la désolation.
Que signifie encore ce conseil que nous donne uu des chefs de l'école moderne, quand il nous dit:
g Que vos pas-ion; ..oient toutes à l'unisson ; i'l iblissez
u en tic elles une juste harmonie , el n'en appréhendez » point Les désordres? » Mettez , dite -vous, vos passions à l'unisson ; mais voudi iez-\ ou-, bien nOUS'ap-
prendre I infaillible secrcl d'exécuter un si admirable
que l'on peul accorder les
passions de l'aine comme les cordes d'un instrument,
et qu'elles sont aussi dociles au commandement de
l'a , que la h ope sous les doigts dn mu iicien? Si
Kapassions q ni sont d'une égale force,
il en lébultcra un état d'équilibre et d'in ■» lion. Sup-
23G LOI -NiTlBELLE.
posez l'homme également a mbatlll par l'amour et la Laine, pai l'ostentation el l'avarice, | n l'au ' la pusillanimité , pai le desii de li gloire el i :
l; vous aurez le plus irrésolu el le plus nul detou 1 êtres. Voulez-vous que l'une di soit plus forte, qu'elle soit dominante, et qu'elle mette en jeu toutes les autres ' que devii ntl'l tendue? Si les passions sont fortes . ■-
die qu'elles ne soient
puteront toutes i l'envi la possession de l'hon cœur ne sera plus qu'une arène de gladiateurs, ou, pour parler av< les livres saints '1 . qu'une m r bouillonnante dont les flots se heurtent, se brisent arec fureur. Qu'il est bien plus sage d'avertir l'hi i veiller suj m ; penchans, . i de les combattre avec l'.ui ige, pom . d prévenir ou eu repris Les passions sont les maladies d( lui nui.
pour .n arrêtei les pernicieux effets, nous | sérieusement <lr les mettre en harmonie, ressemble i l'empirique, qui. pour la conservation de la nous conseillerait «le mettre a l'unisson toutes les maladies du corps.
Revenons dom . M. ssieurs , .< la saine doctrine que dicte la raison, que la religi >n . : is; c'est
quem i Dieu un maître dont la volonté doit
çtre la règle de la nôtre: 1«- bien, •'. >t d'y ol mal, i estd'j résister. Loin de nous tous ces docteurs de mensonge, qui voient dans les passions le bien supi me . 1 1 qui nous invitent à . plutôt
LOr NATUItELLE. 237
qu'à lutter contre elles pour les soumettre à la raison. J'aurois pu vous intéresser à la cause que je défends , pai la crainte même de voir les passions devenir le !!• .m de la société et la ruine du corps; vous dire que l'intempérance avec ses excès, l'ambition avec ses inquiétudes, la colère avec ses fureurs, la jalousie avec son ver rongeur, altèrent , détruisent les tempérainens les plus robustes, conduisent à des langueurs funestes, bâtent les infirmités et la mort; et sans doute que lis faits viendraient à l'appui de cesassertions. Mais j'ai mieux aimé envisager les choses sous 'in point de vue plus élevé et plus digne d'une créature raisonnable. Oui , la grandeur, L'héroïsme , c'est bien moins de suivre ses penebans, que de les sacrifier au devoir. Je consens à ne pas me prévaloir ici des maximes du christianisme) qui me donneraient tant d'avantage: j'en appelle à ces sentimens d'ordre et de vertu répandus riiez tous les hommes. Tous ont senti que le plus beau triomphées! celui que l'on remporte sui soi-même , sut 1 amour du plaisir , sur ses ressentimens, sur la cupidité. Le féroce Marius , ne pouvant se résoudre à quitter le pouvoir suprême, est-il plus grand que le modeste dictateur qui fait taiw l'ambition pour retournera la charrue? Coriolan , marchant àRome, à la tête des ennemis de sa patrie, est-il aussi grand que cet Aristide , qui , partant pour son exil , fait des vœiu pour la ville ingrate qui le condamne? Le guerrier, qui n'écoute qu'une intempérance fougueuse, \ tut-il le héros qui respecte la vertu de sa i ptive? Oui , dous sentons tous qu'il > t plus beau de passer avant tout le devoir, Ion même que non .
LOI KAT0BXIXE.
aurions la folbli ied< l'immolei i la passion. Le grand I avoit pour maxime , dil !
Ii maxime qui fait les grands I. >n m< - r\n<- . " dans Ils grandes actions , il fuit songer uniqui ment » à bien faire , et laisser venu la gloire apn la vertu. •
LÏBRE ARBITRE.
J £llh est la destinée de la vérité sur la (erre : si elle a des amis sincères, qui la défendent avec courage, elle a aussi ries ennemis ardens, qui la comliattent avec acharnement ; sa lumière, en même temps qu'elle charme les esprits dociles, irrite les esprits superbes. Le propre de la vérit '. c'est « î< • combattre tous les vices et toutes les erreurs; et dès-lors faut-il s'étonner qu'on voie s'armer contre elle toutes les passions et tous les préjugés? C'est un talent bien déplorable, que celui que nous avons tous plus ou moins, de répandre des ténèbres sur les choses les plus claires, de nous embarrasser nous-mêmes dans nos propres su l>tilités, et de réussir plus d'une fois à donner un faux jour de vraisemblance aux paradoxes les plus révoltans. Il y a long-temps qui Cicéron a dit, qu'il n'est point d'absurdité qui n'ait eu ses défenseurs, même parmi des esprits non vulgaires. Ces réflexions , Messieurs , se son) présentées naturellement à nous, au sujet de la n ipic nous allons entamer sut le libre arbitre.
Oui . 5'il est une doctrine simple , lumineuse , dont le
sentiment *"it universellement, profondément répandu dan-. I< genre humain, c'est qu il \ a en nous un principe actif) 1 ipable de délibérer, de choisir , de se déterminer ; c'est que nous ne sommes ni des machin 1 des impulsions | m. ni. nt méi a-
. ni des pi tnti - qui végèti nt «1 après des lois purement ph) iques , ni d< g animaux conduits par un
2iO uonr AT.tnr.T.
instini i .i\ r h I, qui les niait]
ii fois . • i ' l'étude de la phi] i ophii p
une question plus ol :>i sopbisme,
que celle de la Liberté de l'ame humaine. Tout ce que
la dialectique peut avoii de plus embarrassant et de
plus suliiil a été mi - en o ai re | r la • orabattre. Ici
la corruption d n esl venue se join I
ment de l'esprit; et le fatalisme, loul odieux, tout funeste <[n il rst , n'a pas 1
dans tous les siècli 11 est si commodi de penser que les passions nous entraînent ave< uni force irrésistible, que nos actions dépendent uniquement de nos organes, qu'un inflexibl s destin fait nos vires comme nos v.i tu> ! A \ 1 1 cette doctrine , on pourra bien étalei d irs la morale la plus rigide , parce qu'en temps , par elle . la i ona ii m e s'endoi i la volupté n'est plus troublée d , eth
crime même peut \ i re dans le < ilmedel'inni
En venant aujourd hui, Messieurs, \< ng< i la liberté de nos ami s des attaques ils sophistes anciens et ino- ■ li m 5, n'allons pas nous méprendre sur le véritable objet <!<• la discussion: il s'agit de bien s'entendre, pour ne pass'enga ;ei dans des disputes interminables. Sans doute on ne prétend pas que dans toutes ms pensées, dan tous ses désirs, d mouve-
mens, l'homme soii à l'abri de toute n cessité. Que <!. mouvemens dans ses org di s . dont il u\ ^; pas le maître! que d'impn que de
os qui i a -"Ht la suite ! qui- d< | fléchies que souvent nous éprouvons malgré nousmêmes! Ou s.ut bien aussi qu'il est di
d'ailleurs nous sont agréables , auxquelles nous acquiesçons sans contrainte, sans violence , et qui néanmoins ne sont pas libres. Ainsi l'amour de nousmêmes, le désir de notre bonlieur est bien ce qui est le plus conforme à notre volonté ; et c'est pourtant ce quil y a de moins libre. C'est Bossuet, qui , au commencement de son traite- sur le Libre arbitre, fixe l'état de la question par les paroles suivantes: « La ■i question est de savoir s'il y a des choses qui sont » tellement en noire pouvoir et à la liberté de notre * ( boix , que nous puissions ou les choisir ou ne les » choisir pas. » Ainsi la liberté, c'est la faculté de se déterminer par son propre choix.
Ici nous avons des preuves de tons genres : preuves directes , tirées du sentiment , de la raison , de la foi du genre humain; preuves indirectes, tirées des al>surdilés mêmes du sentiment contraire. Notice dessein est de vous les exposer. Nous aurons soin, en les développant, de combattre les difficultés à mesure qu'elles se présenteront. S'il en éloit parmi vous qui fussent arrivés dans cette assemblée avec des préventions contre la liberté de leur une, j'espère qu'ils en feront un noble usage, en se rendant, par une conviction réfléchie, aux preuves qui l'établissent.
Tout me dit que notre esprit a la faculté de délibérei h d'agir par choix, qu'il est l'arbitre de ses détei minations . en un mot . qu'il est libre.
Et d'abord j'en appelle au sentiment, ce témoigaage intérieur qui nous avertit de ce qui se passe en nous. Si nous voulons un moment nous replier sur i. 11