‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 42 sur 60 · i insn ARr.-T · texte numérisé non relu

i insn ARr.-T

nous-mêmes, nnih découvrirons que notre amc se

connoit , qu'elle se voit , se sent elle-même ; elle a la

ce de ses pensées , de ses facultés , de rations; elle est avertie de son état, di ce qu'elle éprouve, de ce qu'elle est, par un sentiment vif et profond dont elle ni peut se défendre. Or que < bacon de nous s'écoute et se consulte . et il si mira qu'il i -t libre , comme il sent qu'il pense et qu'il existe Oui . chacun de nous sent très-vivement et très-nettement, du moins dans une foule de circonstances, qu'il a le pouvoir de parler ou de se taire, de marcher ou de rester immobile , de garder un seen tonde le évéler . t ou de le délaisser , d'agir ou de ne pas agir, l'i si cette liberté est une chimère , somment puis-je la sentir de cette manière? Ce qui n'est • ]ui n'est qu'un néant . peut-on le sentir aussi positivement que ce qui est très-réel

Voulons-nous la sentir vivement cette liberté? faisons-en L'épreuve dans une de ces choses parfaitement indifférentes, où aucune raison ne nous penche plutôt d'un côté que d'un autre. Je me n sons, je Le suppose, .1 levei mon bras, .'■ le remuer: que je le porte à gant he, que je le porte a droite, M'il.i i t qui m'est très-indifférent ; je puis exéi iterl'un et l'autre mouvement avec une égale facilité. En le remuant ainsi à mon gré , je puis bien sentir le plaisir d'exercer ma libei té : mais que je le porte d'un ôté ou d'un autre . < □ \n ité le plaisir est é gai . et plus Je i oosidèj e s. n. us, ment et profondément pourquoi je commence à le porter .i droite, plus ji sens clairement que c'est ma , ilonlé seule qui m'y détermine pai son activité

propre, et par ce pouvoir de choisir qui la constitue. Oui , je suis ici tellement maître de mes mouvemens, que je puis annoncer d'avance ce que je ferai à ce sujet : je puis m'engager à faire trouver vraie ou fausse toute conjecture qu'on pourroit se permettre à cet égard. Ainsi , si l'on conjecture que, dans un moment , je lèverai mon bras , je ne craindrai pas de m'engager à le tenir immobile ; même il sufliroit qu'on me crût obligé ù un mouvement déterminé , pour que j'exécutasse le mouvement contraire : tant le pouvoir que j'ai de eboisir est véritable ! Sans doute l'homme est libre aussi dans des choses bien autrement importantes que le mouvement du bras ; mais je n'ai d'abord besoin que de ce seul exemple , pour faire voir que l'homme n'est pas une machine , et pour renverser ainsi le fatalisme.

Viendra-t-on nous dire que ce sentiment intime de notre liberté pourroil bien n'être qu'une illusion; que peut-être nous sommes déterminés nécessairement par des impulsions réelles, mais insensibles, et que nous sommes affectés comme si nous étions lihres,

e n que nous nele soyons pas? C'est-à-dire, qu'on

veut combattre un fait par une possibilité , une réalité par une supposition toute imaginaire, le sentiment positif de la liberté par une dénégation toute gratuit i -cl. ■ i e intiment. Quoi ! je sens que j'ai le pouvoir de parlei on de me taire; j'ai un sentiment aussi profond , aussi lumineux de ma liberté que de ma pensée , < i vous voulez traiter d'illusion ce que je sens d'une manière •> claire, si réelle! Que n'appelezvous également chimérique le sentiment de votre

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existence? Arec de tels raîsonnemeus , tout est renversé ; plus de mcyi ns de 1 1 folie, le mensonge <!>• la vérité. ^ oui aurez I» tu me parler de sentiment intérieur, île conscience, de lumière, d'impression de vérité, je vous dirni que ce sont là peut-être des illusions. Vous viendrez me raconter, je le suppose . qu'un jour , sur les bords de la Seine, aux environs de celte < ipitale, vous fûtes surpris par un ora^c épouvantable : j- \> observer que peut-être tout cela ne s'est passé que dans votre cerveau , dans voue imagination , et que re n'est pas la première fois qu'on prend des fantômes pour de- réalités. Vous me direz que vous jouisnea pleinement de vos sens et de vos facultés, <; avez parfaitement vu et Benti li pluie qui vou tn.it de toutes pai ts : je vous répondrai que \ dus avi i cru sentir , et que vous ne senlii i is élii : affecté comme si le < ii . étoit pluvieux, encore qu'il fût très-serein. Oui, avec cette manie de combattre ce que notre sentiment intérieur a de plus clair et rie plus vif, on nous conduiroit .1 douter même <le noire

pensée et de notre existent e;°cai enfin i - ne savons

que nous pensons et que nous existons, que parce que nous nous sentons penseï et exister.

le le veux, il est des choses dans lesquelles noua sommes entraînés pat une s,, nie nécessité; mais alors nous le sentons très-bien, ainsi l'homme s'aime lui-même d'un amour qui lui < -si trcs-agréabl doute . m lis ni \ essairc ; il n'est pas en notre pouvoir de ne pas nous aimer. Nous pouvons bien éprouver quelquefois le désir de voyager pour nous instruire,

comme nous éprouvons le désir d'être heureux ; mais voyez la différence : nous ne songeons pas seulement que nous puissions nous empêcher de vouloir être heureux , et nous sentons clairement que nous pouvons nous empêcher d'entreprendre un voyage; nous délibérons , nous consultons en nous-mêmes si nous devons l'entreprendre , mais nous ne mettons jamais en délibération si nous voudrons être heureux : ce qui montre, ditBossuet à ce sujet, que, si nous sentons que nous sommes nécessairement déterminés par notre nature même à désirer d'être heureux, nous sentons aussi que nous sommes libres de choisir les moyens de l'être.

A tous ces raisonneurs subtils, qui , par leurs sophismes, veulent combattre le sentiment de notre liberté, nous pouvons faire quelques réflexions bien simples, et pourtant bien embarrassantes pour eux. Nous leur dirons : A ous traitez d'illusion le sentiment «le ma liberté, et vous voulez le combattre par les argumens de je ne sais quelle métaphysique; mais prenez garde: tous vos raisonnemens seront inutiles pour moi , si je n'en connois pas la vérité. Je ne puis la connoitre que par un sentiment de Lumière intérieure qui m'avertisse de sa présence; car la vérité pour moi, (pie par le sentiment que j'en ai ; m lis, ai je ne dois pas croire au sentiment de ma conscience, qui me dit que je suis libre, pourquoi voulez- tous que j> croie au sentiment de ma concience , quand elle me dira que vous avez raison? Si je ne dois pas ajouter foi au sentiment de ma liberté, pourquoi devrois-je ajouter foi au sentiment

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