iG LIBRE AniliTBE
de la vérité de vos raisonm mens? CrOyez-VOUS donc que je sentirai plus clairement la I i lisons,
que je ne sens ma liberté? Vous voilà enlaces dans vos propres Blets. Ce n'est pas tout : rona m'ai i nsi / da céder trop facilement à des apparences , d'être crédule ;
vous voulez me désabuser ; en conséq ■■■, vous
étalez votre système de fatalisme .
toutes ses parties, vous voulez me convaincre de l.i solidité de vos idées et de la foiblesse d mais vous croyez dont que je suis capable d'examiner] de |» ser mes pensées el les vôtres , de délibérer, de choisir . de me déi hier enfin pour ou contre votre doctrine? Mais ce pouvoir, qu'estn e . » 1 1 1 1 «- i liose que l'exercice même de ma liberté? Voila donc comment, pour me prouve! el me convaincre qn suis pas libre , vous êtes obligés ele supposer que je le suis.
Cette dernière considération nous mène à la seconde preuve , que va fournir l'é\ idence du minuit.
One la liberté soit possible, c'est une chose incontestable : tous les hommes en ont ridée, et tontes les langues « ■ n t des mots et des façons de parlei trisclaires et très-précises pour l'expliquer; tous distinguent ce qui est en notre pouvoir, ce qui i -i remis à notre choix, de ce qui ne l'esi pas; et ><n\ qui oient la liberté ne disent pas qu'ils n'entendent p.is ce mot , mais ils disent que la chose que 1' n veut signifia pai là n'existe pas ;i). Et pourquoi Dieu
[1} EosmicI, Tra.U Ja libre Âr'jilr- , dup. II.
n'auroit-il pu donner à l'homme cette faculté de choisir entre les objets divers, et de se déterminer par une activité propre , personnelle , inhérente à sa nature ? Si Dieu a pu nous communiquer quelque chose de son être, en nous donnant l'existence; quelque chose de son intelligence infinie , en nous donnant la raison ; quelque chose de sa puissance créatrice , en nous donnant le pouvoir de créer en quelque sorte dans la matière tant de formes nouvelles, et d'inventer tant de moyens d'embellir, de perfectionner la nature elle-même ; pourquoi n'auroit-il pas pu nous rendre participans de sa souveraine liberté, dans ce degré de subordination et d'imperfection qui convient à la créature? Et que nous dit ici la raison éclairée par L'expérience? C'est qu'il n'y a aucun motif déterminant , aucun bien particulier, aucun penchant naturel, qui nous entraîne irrésistiblement; qu'ainsi nous pouvons faire un choix par l'activité même de notre libre arbitre.
Sans doute l'homme agit par un motif qui le détermine; c'est par là qu'il i>t intelligent et raisonnable. Mais ce motif est-il nécessitant, irrésistible? voila le point décisif de la question. S'il l'étoit, pourquoi dont, avant que «l'y céder, a-t-on réfléchi , délibéré? On OC s'avise pas de mettre en délibération si l'on mourra un jour, ou si l'on verra la lumière en ouvi i : 1 1 les yeux; en cela, on se laisse emporter au cours iaéVitable des choses; mais , à l'égard des ration* qui e présentent pour agir ou pour n'agir pas, h. m, tentons que nous devons les peser, parce que nous voulons agir par choix.
Quel aveuglement , de Dure de l'homme un eue puremenl pa il ous les coups de la . • ité, de rouloL c xpliq i
ix, pai '1. s impressions mécaniqui >! Quel iapport \ a-i-il entre un acte de ma ti choi-
sit, et le chue d'un corps mobile frappé pai un autre? Est-il au pouvoii de celui qui c^t frappé, de délibérer sur le mouvement reçu, de le modifier, de prendre une direction opposée à celle qui lui est imprimée? L'ame, au contraire, se replie sur cllcméme, réfléchit sur le^ impressions qu'elle éproare*, et déploie , connue il lui plaît, sa loin . i vite. Que les d< ux bassins d'une balance soient dans un parfait équilibre, le poids qu'on met dans l'un des deux le fait peni li i . bassin ne peut : au poids qui l'entraîne; il n'i ■; paseu ><mi | de rester fixe comme il étoii , il ( t pa sil : mais notre ame est active, elle obéit ou elle résiste, suivant sa volonté. Prenons garde de nous faire cK notions des motifs qui agissent sur notre ame. Vallons pas. abusés par l'imagination, nous figures un motif comme un 1 01 p~ qui agit de tout s. m poids sur un autre corps. ' a motif, c'est une idée, un senôinent, une considération qui s'éveille dans lame; ('est quelque chose de spirituel. Une raisoi n'est pas l'action; il y a loin des lumières de l'entendement aux résolutions de la volonté : et i"> ihii n de fois, par une contradiction qui décèle la liberté, ne (ait-oi pas en pratique ce qu'on improuve en théorie?
Maintenant , vous sentirez combien est raine utte objection, que nos idées viennent des suis. nos dé-
tcrminations de nos idées, et qu'ainsi tout se réduit y l'organisation physique. Je réponds qu'il n'en est pas de l'aine, substance active, délibérante, comme d'un instrument dont on pince les cordes ; qu'après que le jeu des muscles, des nerfs et des fibres a éveillé dans l'ame des sensations, et par elles des idées, l'ame a la faculté de les comparer, de les combiner, de les apprécier ; qu'ainsi elle est bien passive d'un côté comme un instrument de musique, si l'on veut, mais que. de l'autre, elle est active par sa nature même. Ici , ce qui nous fait illusion, c'est que, dans bien des choses, la nécessité se trouve à côté de la liberté, et que, par irréflexion, on les confond ensemble : je vais m'expliquer. Les couleurs que je vois , les sons que j'entends, les odeurs qui m'affectent, les impressions extérieures que reçoivent mes organes, tout cela éveille dans mon aine des sensations dont je ne puis me défendre : en cela, je suis nécessité. Le sent i h i < Qt de la faim ou de la soif qui me presse, de la joie ou de la douleur dont je suis pénétri , des désirs qui m'agitent . des mouvemens indélibérés et rapides que j'éprouve : tout cela encore n'est pas libre, j'y consens. Mais vient le moment où finit la nécessité, et où la liberté commence. C'est sur ces impressions mêmes que la libei té en rce son empire ; elle est leur ne, m non leur esclave; les organes sont ses ministres, et non ses maîtres; ils peuvent bien être Rebelles, mais leur révolte ne détruit pas sou autorité, ou plutôt elle la suppose. Nous savons parfaitement distillai, i !i 9 impressions nécessaires, d'avec 1rs choses dans lesquelles nous sommes libres; certaini •
250 LII.I.F. ARRITÏF
volontés irréfléchies, d'avec celles qui sont de notre choix. Ainsi, au premiei instant ille, le
guerrier le plus intrépide peut bien frémir d'une frayeur involontaire; mais il sait ce que lui i dent le devoir et l'honneur, et il marche à L'ennemi
. courage irréfléchi. Au milieu d'un qui vous charme, vous avez bien le d( 9» in de l'entendre jusqu'au bout : mais voilà que le souvenir d'un devoir à remplir trappe votre esprii ; vous réfléchissez, vous savez par choix sacrifier le plaisir au devoir. Qui ne sait pis démêler ces diverses affections, et distinguer eu quoi il est libre, en quoi il ne l'est pas?
Sans doute nous aimons le bien en général ; nous le cherchons, nous le désirons comme le tenne unique de nos espérantes et comme l'objet de notre bonheur ; sans doute encore , si Dieu, le 1 m snpri m , nous apparoissoit , il nous entraineroit vers lui irrésistiblement , nous irions nous perdre dans ». I de grandeur et de gloire. Le d >irdecounoitre scroit pleinement satisfait par la vue de Di> u . la vérité même; le désir d'aimer seroit rassasié pai 1 1 p de Dieu, la beauté suprême. Cest alors que , dans un état fixe de connoissani e pleine et de bonheur parfait , nous ne serions plus libres. Mais sur la terre il n'eu est pas ainsi ; nous ne voyons q l'a 1 1 a Encore que la raison nous découvre que la vertu t-t le seul bien véi itable , i ependant nous ne sentons pas toujours un plaisir actuel en la suivant, il' souvent des sa< i ifîces pénibles à la natal les plaisirs soient taux et trompeurs, d- ont itéaumoias
des charmes, des attraits sensibles qui captivent; encore que, dans bien des points , la vérité se montre à nous d'une manière très-lumineuse, toutefois elle est souvent enveloppée de quelques ombres. Ainsi , il reste toujours quelque chose à désirer à notre intelligence comme à notre volonté ; aucun bien particulier ne nous entraîne nécessairement : et voilà pourquoi nous ne cessons de consulter, de délibérer, de choisir ; ce qui constitue l'essence de la liberté.
Sans doute le tempérament , les penchans naturels , l'habitude, exercent sur nous un certain empire; mais gardons-nous de le croire absolu , et sachons réduire son influence à sa juste valeur. Ainsi, que par un effet de leur organisation, les uns soient plus cm lins au plaisir , à la paresse , à la colère, je le veux ; que nous naissions avec certaines dispositions , certaines qualités plus particulières , qui doivent faire comme le fond de la trempe de notre esprit et de notre caractère , je le veux aussi ; que de longues habitudes aient laissé dans nos aines des impressions très-diflii îles j ilc'ii nirc , ce qui a donné lieu à cette façon de parler , que l'habitude est une seconde nature , j'v consens encore. Qu'on voie des esprits , d'ailleurs pleins de raison , tourmentés , sur quelques points, d'imaginations bizarres dont ils ne sont pas lis maiins , i uiiiim: on le raconte de Malcbranchc et •le Pascal; qu'un voie des hommes possédés de la manie de se i roire des animaux dans certains intervalles , cntiai:n(9 machinalement à imiter leurs cris ou à partager leur nourriture : je ne prétends pas trouver la liberté dans les maniaques et les insensés,
il s'agit en ce moment de l'homme raisonnable et i di toul ! ultés. Alors . loin 'le noua
la pensée que le tempérament , le penchant , IliaLiii 1 1 irrésistibles; ils peuvent aflbiblii la lilxrté, et non l'anéantir : bientôt je ferai sentir k-5 conséquences affreuses de la fatalité. Disons ici que l'éducation , K- bon exemple , la raison , la relij peuvent rendre l'homme vainqueur Je toute la \ tics inclinations et de l'habitude. Ce n'< lieu île dire tous les prodigi que p< ni genre la religion avec ses pronu lenaces,
avec tous les secours divins dont elle est la di trice; |e me contente de rappeler que, chez les anciens ii li s modei nés . mille i temples attestent I tu combien l'amc iserve d'empire au miUeu des impressions qui pi '! ii lier au mal. Qu'un arbre soil peni l> : d'un i ôté , i h ne 1c verra j de lui-même ; une piei re qui tombe du haut di a ans ne remonte pas dans l'atmosphère ; le fleuve ne recule pas vers sa source: ici tout esl soumis à des lois mécaniques Rii n d •: mblable dans l'homme ; -'il n'est pas indépendant iU causes physiques, il a' entraîné pai elle§; il est animé d'un principe d'activité, d*unefoi de raison et de yoIoi é , qui s'élèvent au-dessus de tous les attraits et de t<'ii> les i : Combien de l lis, malgré toutes les impressions «les plus longues bahitudes, n'a-t-on |m-> vu dci robxptueux sortir enfin de leur mollesse . devenu la] pérans! Comme le changement prod
iduite, faisoit éclater merveillcusemcni ' u liberté, et l'empire de leurame sur leurs
organes l Augustin étoit né avec un esprit ardent , un cœur naturellement tendre ; long-temps il est livré à de monstrueuses erreurs , il est plongé dans les plaisirs des sens : enfin des pensées plus sérieuses commencent à le faire rougir de ses désordres ; il combat , il triomphe des habitudes de l'orgueil et de la volupté ; il est rendu à la vertu , et par elle à la véritable liberté. Youlez-vous un exemple mémorable de ce que peuvent la réflexion et la religion sur la nature la plus rebelle? rappelez-vous l'immortel élève de l'immortel Fénelon. Colère, impétueux, effréné dans tous ses desil s , plein de caprices et de saillies bizarres , le duc de Bourgogne livré à lui-même, ou dirigé par des mains inhabiles, auroit pu être un monstre de vices et de cruauté; et voilà que de douces insinuations, des exemples plus touchans encore que les leçons , et surtout l'empire que la religion prend insensiblement sur son cœur , tempèrent , adoucissent ce caractère presque féroce , et développent dans le jeune prince des qualités qui sembloient préparer pour la France de longs jours de gloire et de prospérité. Ainsi . Sfessieurs, la raison me dit qu'il n'est point de motif, point de bien particulier, point d'inclination naturelle, qui entraîne irrésistiblement ; qu'ainsi l'homme est libre avant d'agir, puisqu'il peut choisir; et libre il. in - l'ai lion , puisqu'elle est de son choix.
Enfin , consultons la foi du genre humain. S'il étoit qui rtion des secret» de la nature, des sciences appelées
exactes, cb 1 inoissance physique du globe et du
monde plan , . n un mot, de ce qui suppose une vaste capacité ou de savantes recherches, sans doute
254 I-fl.BE ABBITRE.
ce n'est pas l'opinion commune des peuples qu'il faudroit prendre pour arbitrée! pou i notre;
mais dans les choses qui • font -entir a tous, qui se lient à la conduite ordinaire de 1 1 rii . qui sont la règle universelle des actions et des jugement de tous les hommes, on ne peut qu'être li ipp tiou universelle , constante , impei lui bahle ili -. nations
et des sièdes. Comment ne pas v voir un de ces sentiiuens que la nature inspire , et qui tiennent au fond même de L'être raisonnable? Si . dans bien des points, les savans eux-mêmes sont peuple par leurs 1 1
Le peuple à son teitr , sur bien des objets, est vrai
philosophe. Entre li 9 esprits Les plus suHunes et nous, il est beaucoup de choses communes; d faut qu'entre leurs pensées et les nôtres d exisl - un Lien de communication : sans cela , comment pourroient-ib se faite entendre? Ce Lien . i est le sens commun ; < 1 dans ce qui est du t. - ort du sentiment,- du sens tninniun , j'avoue que je suis imiji > 1 1 1 s n appé de l'autorité du genre humain. <>, . quelle a été sa croyance sur I.- Libre arbitre? Il est aisé de s'< u instruire. Si h< hommes sont Libres, i] est naturel qu'ils d. ! avant d'agir; qu'ils portent Leurs pensées dans L'avenir; que, dans Leur prévoyance . ils se ménagent des ressources, ei se décident enfin pour le parti qu'Os croient Le plus sage. Or, voilà >e qu'ils ont l'ait dans te us Les temps . si bien que ceux qui oi i flexion ont été traités d'esprits légers, ot bien eut pas» pour des téméraires et des S noua
sommes libres . il e>t naturel d'exhorter les hommes a fuir le vice, a pratiquer La venu . a sacrifier la pas-
UBBE ARSITRE. 255
sion au devoir, à mei.^er par une conduite sans reproche la considération publique. Dans la doctrine de la liberté , tout cela est en notre pouvoir : aussi voiton les sages , les hommes vertueux , les législateurs de tous les temps , tous ceux qui ont été amis de l'humanité , consacrer leurs travaux et leurs veilles à rendre les hommes meilleurs et plus heureux. Enfin , si nous sommes libres , il est naturel que la société nous impose des lois , qu'elle nous oblige de les suivre , qu'elle récompense ceux qui s'y montrent fidèles, et qu'elle punisse les infracteurs. Or, voilà ce que l'histoire nous atteste de toutes les sociétés civiles. Ce n'est pas tout ; on a vu des philosophes systématiques s'élever contre la liberté , et la combattre dans leurs écrits : hé bien , dans la pratique , ils démentoient leur théorie ; dans leurs actions , ils agissoient et se régloient comme s'ils étoient libres. Ainsi , dans tous les temps et dans tous les lieux , les hommes ont présenté tous les phénomènes , tous les traits caractéristiques de la liberté ; ils ont senti , parlé , agi , comme doivent le faire des êtres libres. Donc la liberté est un des attributs de la nature humaine.
Eh! Messieurs , si les passions, qui voudraient se satisfaire impunément et sans remords, n'étoient pas intéressées à méconnoitre la doctrine de la liberté de nos âmes, croyez bien qu'elle n'auroit pas d'ennemis. On peut bien disputer contre cette vérité, comme les Pyrrhoniens oui ridiculement disputé sur la vérité du leur propn sophisme! peuvent l'ob-
scurcir, mais non la détruire; et toujours , entraîné par le sentiment d'une conviction profonde , on verra
le genre humain parler, raisonner, a^ir comme il doit le faire . s'il jouil de la lil ■
■ - «lu libre arbitre, que je tire di quencei
du système contraire, dufaial
Soi mm. Messieurs , un moyen coui t et (ai île «le juger un système, c'est de l'examiner d quences immédiates. Avec de la souples prit, et les subtiles ruses de la dialectique , le vient à bout «le répandre une lueur de vérité mu 1. ; plus monsti 'i. i!m -s em ors. Il peut être difficile de le suivre «dans si argumens compliqués, ou d'en faire voir le fans , lois même qu'on le sent très-bien. \!"is voyez les suites nécessaires de la «loi triiu ; l'ai connoit par les fruits, et quand les « onséqm m absurdes, comment les principes seroient-ils vrais? Appliquons cela au fatalisme. Si je votas ment qu'il n'y a au fond ni vice ni venu dans ce monde; si je disois encore que le remords n'est qu'une chimère et le vain tourment des dupes, vous révoltés « >..!«s; et dans un autre dJ
nous avons fait voir combien en effet minabli m j'ajoutois enfin qu'il n'y a p is de Dieu , i plus révoltés que jamais, lié bien , voyons si « e ne sont pas les tiois conséquences iinmédi inévitables «lu fatalisme: et dès-lors i«"u^ erons nmenés par la force des « li «ses .« la doctriue oj | celle du libre arbitre.
Je soutiens «l'abord que. dans le système du fatalisme. iln'\ a dans la réalité ni bien ni mal. Je m'a-
dresse à ses défenseurs , et je leur dis : Les meurtres , les parricides , les enipoisonnemens , la calomnie avec ses noirceurs , la barbarie dans les pères , l'ingratitude dans les enfans, la perfidie dans les amis , la mauvaise foi dans le commerce de la vie, tout cela vous paroîtil un désordre? voyez-vous là des crimes? Au contraire , la probité , la reconnoissance , la justice dans le magistrat , le courage dans le guerrier , la bonté dans le riche , tous cela vous paroit-il dans l'ordre ? voyez-vous là des vertus? Le mal est-il d'un côté, le bien est-il de l'autre? Parlez; si tout est égala vos yeux , si vous ne voyez d'autre différence entre les bons et les médians , que celle qui se trouve entre l'épei vicr vorace et la timide colombe ; si le parricide ou le dévouaient filial ne sont pas plus pour vous, que la tempête furieuse ou qu'une douce rosée , quels senlimens sont donc les yôlres? et cette doctrine n'estelle pas si horrible à vos propres yeux , que vous n'oseriez la professer hautement? Si , d'un côté , vous voyez des crimes , et de l'autre des vertus , vous êtes inconséquens : car enfin , suivant vous, fatalistes, tout existe nécessairement; tout ce qui est, doit être ; rien de ce qui est , ne peut être autrement ; tout est en- ( bainé' par les lois de L'irrésistible destin : dès -lors tout est à sa place, tout est dans L'ordre; dè>-lorsau- CUne règle tt'< i iolée, il n'est plus de désordre : car le désordie esl la violation d'une règle qu'on doit suivre, et qu'on n'a pis suivie. Ainsi, que Néron, à la vue de Jlo. >e incendiée , chant* L'embrasement de Troi ; ou que saint Louis rende la justice sous le chêne de Yincenm i , l'un et L'autre ne font que rem-
258 UBSBAMH
plir leur inévitable destinée; l'un est juste par la même raison croc L'antre lire par
le cours de l'immuable nécessité. Ainsi, que Titus soit les délices dn genre humain, et que fialignla en soit l'> Œroi, ce sont deui anni ans i . di nu al né-
de la chaîne des êtr« s . l'nn • l'autre d'or, si l'un vent; mais voila tout : 1 férence «le leur conduite u'étoit pas plus de I. ur clioix, que la différence de ces ieax métam ; de leur volonté. Ainsi enfin, qu'un meurt cité devant les tribunaux, Us mains encore tl mica du saiiji de si a semblable, il peut se duo innocent. Oui, dans h système du fatalisme, il a le droit de dire au magistrat : - J'ai tué mon semhlabli aussi n nécessairement «pie vous êtes le vengeur de sa • mort; chez nir.i comme chet vous le tempérament •> fait toui. par l'impulsion de l'irrésistible nature; t. j'ai dû être le tigre qui dévore sa proie, et vous » avez du être le i basseur qui le poursuit ; vous êtes » plus heureui que mot, mais je ne suis pas plus «coupable que vous.» Messieurs, m le magistrat etoit fataliste, d pourroit bien condamner l'assassin, mais il lui seroit impossible île répliqn harangue.
Le fataliste nous d'ua-t-il qu'il appelle vertu ce qui es) utile, et vue ce qui est nuisible : encore que le premier, comme le second, s<>ii nécess m . L'effet d'un choix libre .' Mais >'d en ist iu-i , lui dirois-je, si c'est là votre balance du juste it de Pinjuste, du vice et de la vertu, renverses don< tontea les notions du bon sens, et toutes les u des du lan-
gage renies parmi les hommes : appelez vertueux le champ fertile qui se couvre de riches moissons, car cela est très-utile; appelez criminel le torrent débordé qui ravage les campagnes, car cela est très-nuisible. Voyez , Messieurs , comme dans l'esprit de tous les hommes l'idée du crime se lie à celle de la liberté: le malade dans le délire de la fièvre , l'insensé dans un accès de sa folie, auroieut beau commettre des meurtres, on verroit bien là un malheur, mais non pas un crime : on pourroit bien les mettre hors d'état de nuire à leurs semblables ; mais quel code a jamais puni de mort celui dont le cerveau étoit aliéné, encore qu'il eût commis des actions nuisibles? Pourquoi, Messieurs, devant les tribunaux, les forfaits iéfléchis, combinés, préparés de loin, sont-ils plus lévoltans, plus odieux, que ceux qui sont commis dans un accès de colère et d'emportement , sinon parce qu'on voit dans les premiers plus de réflexion, plus de liberté? Ainsi, ôtez à l'homme la liberté, admettez le fatalisme , dès-lors plus de vice ni de vertu. Une seconde conséquence, c'est que le remords est une chimère , et que le seul parti sage , c'est de l'étouffer. Le remords se compose de ce double sentiment, qu'on a dû éviter l'action qu'on a commise , et qu'on pouvoit l'éviter. C'est alors qu'il s'élève dans l'homme un combat pénible entre In conscience qui ■h i h r , et l'esprit obligé de se condamner lui-même. Mais, si vous Otez à fbomme sa liberté , si le coupable n'avoit pas le véritable pouvoir d'éviter le mal, quoi de plus insensé que de se le reproeber ! Qu'il soit responsable d'un vol, d'un meurtre, d'une ca-
lom ii le volontaire ; que, tentant très-1 i< u qu'il avoit l.i lilj< i • n proche , je
i- : m il, s'il \ a été ii résisli] L
i ouj lui au i qoe la
mil idie i i 1 1 i"' rt, il lu ule de
procher, qu'il le seroit au moribond do se reprocher son agonie. Remarquez , M . qu'on
sait fort l>i. u distinguer le remords, ■! tinii n- pénibles qui peuv< ni nous affecli i On (l'un événement qui renverse noi projets on fortune , on donne des regrets à la mort d'un ou d'un ami : mais L'aine ne connoit di i> mords, que pour des fautes qu'elle i commises Librement. Que, dans l'égarement de la lièvre qui le brûle, le malade insulte ou matlraitc ceux qui I i
; purcment machinal; s'il vient un ]■ ui i 1 pourra s'en aliliji i , m lis non i mords : jamais la conscience n'est troublée, que par des faute- qu'il étoit en son pouvoir d'éviter. Donc nous oter la liberté . nous prêcher le fat iLisin apprendre aux méchans i dormir en paix au sein de leurs crimes; c'esl leui enlever La dernière i qui leui dn remords.
I ne tro'isièn .i qu'il u\ a pas de
! i effet, li première idée qu'éveille dans L'âme le souvenir d'un Dieu. c'est bien sana doute «.• llr d'un être qui i même . qui
iv< i ni commettre le crime : et dépouille) Dieu : i Oi . le : £ Dieu .
ou de le faire auteur de tout le mal qui souille la terre. Dans son système, le monde moral, comme le monde physique, se régleroit par des impulsions et des mouvemens inévitables; toutes les actions humaines, comme les phénomènes de la nature, ne seroient que le développement nécessaire de la direction primordiale imprimée aux esprits comme aux corps. Alors non-seulement Dieu permettrait le mal , comme provenant de l'abus de la liberté; mais Dieu même en serait la véritable cause. Alors le crime de l'assassin, comme l'éruption du volcan qui couvre de ses laves brûlantes les lieux d'alentour, serait l'effet de la volonté divine : ainsi le mal ne viendrait pas de l'homme , mais de Dieu. Ah ! je le dirai sans craindre de blasphémer, mais plutôt dans un sentiment profond de respect pour la sainteté du Dieu que j'adore ; s'il falloit admettre le fatalisme, croire que l'homme n'est pas libre , dès ce moment il faudrait prêcher l'athéisme comme la première de tontes les vérités. Si t-nites ces conséquences nous épouvantent1, revenons donc à la doctrine enseignée par la saine raison, comme par la religion; revenons à la doc-
ti de la liberté de nos ames.
Mais, dira-t-oii, Dieu a tout prévu; une chose qu'il a prévu devoil an iver, il faut bien qu'elle arrive : sa science est infaillible ; il n'est pas en mon pouvoir de la faire trouver en défaut, en faisant le contraire de
ce «pi elle a prévu. Comment do lier la liberté
de L'hommi a ■■ la prescience divine? Messieurs, cette difficulté, qui est bien ancienne, est devenue banale , à force d'être répétée ; elle a je ne sais quelle
202 LIBEE AEBITr.r.
apparence qui éblouit, mais au fond elle n'a rien de solide : je vais v répondre brièvement. La science qu'a Dit m des événement futur» ni chance pas leur nature ; il connoît comme libre ce qui < i' >ï t être libre, et comme nécessaire ce qui doit kx D
savoit d'avance, Messieurs, que vous >t moi nous nous réunirions aujourd'hui dans ce temple, mais librement ; en sorte que , si en ci la nous u'sn été libres, c'est alors que sa science aui oit «V trompée. Notre détermination à nous réunii n'a , l'effet < lf la pi i il l'objet : je
ne me détermine pas à parler, précisément parce que Dieu l'a prévu; mais Dieu l'a prévu, parce que je devois me déterminer : je vous vois réunis d enceinte, parce que vous v êtes; mais vous n \ êtes pas pat li raison que je vous ] vois, car quand même j'aurois lesyeiu fermés, vous 3 sei n également. On semble croire que i ■ counoissanec anticipée d'un éi énement en devient la cause; mais c'est une erreur manifeste. Ainsi je prévois bien que, cette conférence finie, vous et moi allons quitter k>\\^ assemblée; et cependant cette prévision ne nous imposera pas la nécessité de nous séparer. Quand l'astronome prédit
une éclipse, est-ce sa prédiction qui la fait arriver?
Non, sans doute. L'éclipsé n'arrive point parce qu'elle esl annoncée dans nos almanachs; mais eU< j est annoncée, parce que, d'après les lois physiques, elle doit arriver. Il est bien infaillible que l'action prévue arrivera , mais il est infaillible qu'elle arrivera librement. S'il est certain que bientôt nous sortirons de ce lieu, il est certain «pie nous en sortiront très-
librement. En un mot, nous faisons librement, sous les yeux de Dieu , ce qu'il a prévu que nous ferions librement : rlonc sa prescience n'ôte rien à notre liberté, ou plutôt elle la suppose. Si ces explications ne dissipent pas parfaitement tous les nuages dont la matière est enveloppée , s'il reste des obscurités sur l'accord de la liberté de l'homme avec la prescience de Dieu et son empire sur sa créature , c'est le cas de dire avec Bossuet : « Quand nous nous mettons à » raisonner, nous devons poser comme indubitable » que nous pouvons connoitre très-certainement beau- » coup de clioses, dont toutefois nous n'entendons « pris loutes les dépendances ni toutes les suites. C'est » pourquoi la première règle de notre logique, c'est » qu'il ne faut jamais abandonner les vérités une fois
• connues, quelque difficulté qui survienne, quand » on veut les concilier; mais qu'il faut au contraire, » pour ainsi parler, tenir fortement comme les deux ■ li ii de la ebaine , quoiqu'on ne voie pas tou-
* jours le milieu par ou l'enchaînement se conti- » nue (I). n
Ainsi, Messi ors, loin de nous le fatalisme , non moins redoutable par ses conséquences, que faux «lins m principes. l'our nous tranquilliser sur les suites qu'il entraine, qu'on ne vienne pas nous vantir les \ <-i lus de quelques StOM uns, les mœurs douces et paisibles de Spinosa, les actes de bienfaisance de quelques matérialistes modernes. Je réponds que, par »» i é< • lie m i m mi onsequence, ils se sont montrés mcil-
Truiti du l ihrc Arbitre, rli. iï , ■ la fin.
leurs que leurs systèmes; qu'ils n'ont pis citï leurs vertus à leur fatalisme ; que, dai laite, Us
ont oublié K principes, pour agii comme s'ils
étoienl libres ; que le sentiment a prévalu •!
sur I. m métaphysique . que leur opinion éloil -i évi-
dei -lit mauvaise, que, dans la pratique, ilsétoieut
obligés de se dépouilla de i e qu'ils i théorie : je réponds qu'il ne s'agit pas de Bavoir -il a existé des fatalistes vertueux , mais s'ils l'ont été par suite de leui fatalisme ; qu'un système qui, par un cm ii mu •. heureux de circonstances, a di - >niits moins funestes pour quelques-uns de . peut
néanmoins être destructem de toute morale, et que le prêcher, c'est se rendre coupable envers !• toute entière. Ah! l'incrédulité moderne recueille avec complaisance tous, les excès des chréti : les faire retomber sur la religion; par une I aussi absurde qu'injuste, elle accuse le christianisme des vices qu'il condamne, « 1 ■ - fureurs dont il i été quelquefois le prétexte , il par cela seul , s • salions ne sont que des i alomnies. Mais < e qui . si nue horrible vérité; t'est que le fatalisme conduit au sang-froid dans le crime; qu'il apprend aux si à nu-pi iser les remords, en leiu enseignant qu'ils ne sont pas plus coupables de leurs forfaits, que la plante vénéneuse n'est coupable des poisons qu'elle recèle. Cesl bien le cas de répéter ces paroles d'un écrivain trop célèbre {I ' . qui trop souvent auroil p i se les appliquer .1 lui-même : « Fuyci ces hommes, qui, sous
(i) *. J. Ron
n prétexte d'expliquer la nature,-sèment dans les cœurs d de désolantes doctrines... Renversant, détruisant,
u foulant aux pieds tout ce que les hommes respec- » tent, ils ôtent aux affligés la dernière consolation » de leur misère, aux puissans et aux riches le seul » frein de leurs passions ; ils arrachent au fond des » cœurs les remords du crime, l'espoir de la vertu, » et se vantent encore d'être les bienfaiteurs du genre » humain. Jamais, disent-ils, la vérité n'est nuisiblt « aux hommes : Je le crois comme eux , et c'est, à « mon avis , une preuve que ce qu'ils enseignent • n'est pas la vérité. »
immortautï: de lame.
ui nous jetons nos regards sur le théâtn
m. us De pouvons qu'être frappés de deux cl
des travaux sans DOinbre dont L'homme se loui mente
sous le soleil , cornu
de ses fragiles destinées. Que de raouvemens, que
d'inquiétudes sui 1 1 tte tei i ■ que m us liabi
ce sont des politiques qui poursuivent
seins ('. ntilss promettent de recueillir La gloire ;li,
i'cnf tncent dans de pénil pour jouir enfin de leur propre renommée; ailleurs, de hardis spéi ulateurs qui voudraient , parleui lunaisons , eni bainer les i ipi i( s de la fortune , dans i i dégoûter un jour le repos au sein de l'abon-
dani ■• : partout ce sont des peuples entiei s lu agitations perpétuelles, vu mt poui Le ci mmerce et les arts , et plaçant dans je ne sai ; quels biens qui leur échappent la suprême félicité. Ainsi tout roule dans un tourbillon perpétuel de ; rojets, d'affain - . t d. plaisirs. Cependant que d'espérances trompées ! Tout re qui occupe la scène du monde n'y brille qu'un instant; ce qui vit aujourd'hui demain ne sua plus. La génération présente ira se perdre avec les lions passées: tout meurt, les empires comme b s hommes; et nous-mêmes , nous foulons tous 1< aux pieds cette terre qui doit être notre toi Or. au milieu de ces \icissitu les perpétuelles à
IMM0.1TAUTE L£ L AME.
rations qui passent , de générations qui arrivent , u'eslil pas bien raisonnable de nous demander à nousmêmes si tout finit avec le corps? Ces personnages qui se sont rendus illustres par leurs vertus , ces hommes célèbres dont la mémoire vit dans les annales des peuples, nos pères dont les ossemens reposent parmi nous, ne sont-ils qu'une vile poussière? Mon être tout entier sera-t-il renfermé sous la pierre du tombeau? y a-t-il au-delà de la vie dans laquelle j'existe, une vie toute nouvelle? dois-je y trouver le malheur ou la félicité? Messieurs, lut-il jamais une question plus digne de L'homme sensé ? et où est celui qui puisse en tout temps , en tout Lieu , la bannir de sa pensée ? Pascal a dit;i) : « L'immortalité de l'ame est une ■■•chose qui nous importe si fort , et qui nous touclu » si profondément, qu'il faut avoir perdu tout senti- » ment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui » en est. Toutes nos actions, toutes nos pensées, doi- » vent prendre des routes si différentes, selon qu'il y • aura des biens éternels à espérer, ou non , qu'il , >t ■■ impossible de faire une démarche avec sens et ju- » geinent , qu'en la réglant par la vue de ce point , qui » doit être notre dernier objet. » C'est donc pi
■ qu'il y a de plus grand et de plus digne de leurs pensées , que de leur rappeler leur immortalité. ^ oyons i eque Les seules Lumières naturelles peuvent nous découvrir sur l'existence d'une vie future, où se trouvent des récompenses pour la vertu et des châtimens p ur le vice. Les considérations puissantes
(i) Pensiei , art. I.
268 immortalité de l'axe,
<jiir nousavon i exposer en sa faveur , nous les pni«
inbinéf de L'homme ; t de !>■ u I • 1 i >t le .sujet de cette Coup
Si nous voulons descendre au fond de notre ame pour l'étudier et la connoître , nous ti 111 si d tture même , da
i : . >\ .m. es, les consid 'rations li s j ■!. i > d en faveur «le son immortalité.
Une première considération se tire d'abord de la nature même d • l'ame; je veux dire de sa spiritualité. Nous voyons le cor| 3 de L'iiomme mourir , si poser, et sans être anéanti , devenir un qui ii'.i pas de nom. L'aii . l'eau, le feu, tons Ici agensde la nature exerci ut sur lui leur empire i oinme sur une plante ou sur le corps d'un animal; mais, pour l'ame . i 11 sensibles : pure < t sons mélange , elle ne poi te en . Ile
aucun principe de uption; simple, indivisible
comme la pensée . il n'< ^t pas d'élément . m ai subtil qu'on le supp le . qui puisse l'ut, indre. ('. qui s'appelle mort, nest qu'an dérangement de parties matérielles: mais l'aine n'a ni parties, ni Ggure, ni situation respective de parties entre rllis. et sj le corps peu! perdre i't anan einent ■!.• parti tinrtis, se déconcerter et mourir, l'ame. qui u'a rien de semblable dans sa inani re d'exister, .«<■ •■ naturellement éprouver une semblable destruction. Oui , une fois que la distinction réelle «lu corps «t «le i est établie , une fois qu'il eat reci nu que ce
IMMORTALITE DE l"aME. 269
sont là deux substances différentes par leur nature et leurs propriétés, on conçoit très-bien comment la ruine de l'une n'entraîne pas la ruine de l'autre.
Et qu'on ne dise pas que , l'aine étant faite pour le corps, elle doit cesser d'être avec lui , et que sans doute, par la volonté divine, elle rentre alors dans le néant. Où prend-on celte pensée bizarre, que la durée de l'ame est bornée , dans les desseins du Créateur, au temps de sa société avec le corps? J'ose dire que tout réclame contre cette supposition. Le corps est sans doute moins parfait que l'ame : or , après que la mort a rompu leur union , le corps existe encore dans toutes ses parcelles ; il change de figure ; il subit bien des transformations , mais enfin il n'est pas anéanti: et vous voulez que l'ame , la portion la plus noble de nous-mêmes , si supérieure au corps par ses facultés , rentre dans le néant ! Certes j'ai le droit de supposer que l'aine de l'homme n'est pas d'une condition pire qu'un atome de matière; et si l'anéantissement du moindre atome est sans exemple dans l'univers depuis la création, ne suis-je pas fondé à croire que l'ame bus i i -i hors du danger d'être anéantie? V-oilâ , dit FéndonfJ . le préjugé le plus raisonnable , le plus constant, le plus décisif; c'est à nos adversaires à venir douj en déposséder par des preuves claires et I ;énérale depuis la création , c'est
qp'aucun être n'est anéanti; et m Dieu a fait contre l'ame une exception à cette loi , c'est au matérialiste à uve de celte volonté particulière du Créateur
(i) L*»m mr la 1 II , chtp. n, n. G.
270 IMMORTALITÉ lit l'
Qu'on ne tli-i pas non p] . ■ séparée do
corps si i .• . privée de sentiment , dans an
état de stupeur et de mort: surqnoi fonderoit-onime
telle pens e ' I! est vrai que, da: ici des