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lui qui l'adore, comme aux blasphèmes de celui qui L'outrage; que je ne dois ni craindre, i.( aimer, ni adorer, ni invoquer; qui est pour moi comme si elle n'existoit pas? Qu'importe une eonnois'C ce spéculative de la Divinité, si nous sommes dispensés de tout devoir envers elle , si elle est aussi étrangère à nos affections, à notre conduite, que ces personnages historiques dont nous reconnoissons , il est vrai, l'existence, mais à qui nous ne devons absolument rien? C'est bien alors que Dieu ne seroit qu'une abstraclion, un être métaphysique, dont le genre humain pourroit .se passer. Oui, séparez la croyance en Dieu , de toute obligation envers lui, de tout hommage religieux , et vous n'aurez plus que l'athéisme en action , c'est-à-dire , le fléau le plus destructeur de toute morale et de toute société. Voilà comment ceux qui , sans combattre ouvertement le dogme de L'existence de- la Divinité, brisent néanmoins les liens qui nous unissent à elle, sont [dus inconséquens , et non moins ennemis des hommes, que les athées systématiques. Ainsi notre intérêt, comme noire raison, non. presse de rendre à La Divinité des hommages d'amour et d'adoration. l'A ne devrions-nous p;ts lui •r sans cesse le tribut.' Sa puissance, sa sai bonté, noua enveloppent de toutes parts.
mu dans lui L'être et la vie ; et c'est ici le cas l ier avec un prophète : « Ou irai-je, Seigneur, " poui fuir vos regards.' Si je monte dans les lieux, •• vous y êtes; si je descends dans les abîmes, vous » y êtes encore; si dès le malin je prends des ailes • pour voler jusqu'aux extrémités des mers, c'est
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.. votre main mèmi qui me maintiendra. Alors j'ai >i dit : Peut-être qui me i ai bi ronl
« non, h nuit devient toute lumineuse pour i - i -i.n\ i ii , |inin vous . |i , ii ii bres sont i 01
es du jour. Ji » pane que votre immensité éclate d'une a a étonnante; vos œuvres sont admirables, • » aine nétrée «le votre pn s* ni i 1
Il nous m il Ite intérieur,
nous devons encore à la Divinité un culte extérieur et public.
1 1 ais . Mi ssieui 5, que la sub ni i ulte
légitime se trouve dans les homi >u<il<-
l'esprit el du ci mp< u\ .
reil du culte extérieur et public . i qu'un
vain simulacre , sans les sentimens el les intentions pures qui- en font le pris >i I mérite; que la D veul surtout régnei dans le cœur , et que ce qui ne l pa i à y établir son em] : qu'une
illusion. Les sages du paganisme n'uni | vérités; témoin Zaleucus, quand il disoit, dans la faim use i .l'I.n e de ses lois , qu'on doit présenter i la Divinité une ame« lempte desouillures, ets< p< rsuada qu'elle est bien moins bonoréc p u de pompi i
s que par la vertu; téu i rime le jeune.
dans --"il i élèbre Pan l'i.ij m . quand il ilii
qu il vaut bien mieux ai i iver au temple avec une une
DD CULTE EN GÉNÉRAL. 3Qj
sainte et pure, qu'avec des cantiques composés avec ait. Cette doctrine étoit Lien clairement enseignée chez les Juifs, ce peuple toutefois si enclin à placer une confiance excessive dans son temple et dans ses cérémonies. On sait avec quelle véhémence le prophète haïr s'élevoit contre ces fausses et trompeuses apparemes. « Ecoutez, s'écrioit-il à ce sujet (1), prê- » tez L'oreille à la parole de votre Dieu : Qu'ai-je be- » soin, vous dit-il par ma bouche, de la multitude » de vos victimes? que me fait le sang des boucs et » des taureaux? Votre encens, je L'ai en abomination ; ".je hais vos fêtes et vos solennités: lorsque vous » étendrez vers moi des mains suppliantes, je détoui- » lierai mes regards. Avant tout, purifiez vos cœurs; » ôtez de devant mes yeux la malice de vos pensées ; » assistez l'opprimé ; faites justice à l'orphelin , et ■■ après cela, présentez-vous avec confiance devant le «Seigneur votre Dieu.» O.i sait bien. Messieurs, que le christianisme est venu perfectionner tout ce que la i aise m ou la loi mosaïque avoient sur cette matière de plus sag< et de plus pur, et que sa fin essentielle esl île former au mi lit u de tons les peuples de la terre, un \ uple d'adorateurs en esprit et en Hais enfin, poui évitei un excès, n'allons pas nous jetei d. m un autre , qui ne seioit ni moins condamnable ni moins funeste. En vain de filions diraient qu'il ■ ne veulent d'autre culte que celui de la pensée , d'autre concert religieux que celui d'une vie consacrée à faire du bien aux hommes, d'autre
(i) Isai. i. ic
temple que la nature Ce i nfluin
de paroi
par L'expérience, par la raison . pari ni.
Et d'abord, que nous apprend l'exp que tou > lespei
ou moi ■ i ! qu'ils ont
force des choses, ù rendre un culte exl conque à la Divinité. Des t m] !
neur, des victic
des hymnes pour célébrer ses louangi pour soll ienfaits , di s
action de gràcesj enfin des s u : iti' es ex] ce que l'on trouve en général >!. ...iiious,
dans le monde ancien et dans le nouveau. Or, tout >. !.i ne suppose-t-il pas la croyance d'un D faut adorer la grandeur, !
< lémi nce, 1 1 , pii-> dans
son ensemble et dans sls dehors , -i-d pas
i 1 pu! Lie donl prétendons établir la nécessi lise qui se soi) ul culte de 1 1
hommages invisibles de L' détails 1 1 Les réflexi cette matière rentre dans ce qui a ! quelques-uni s
Que nous dit la i faiiv à 1): i: l'I
i esprit. Nou
Mes, ne rivant que de sentiinens ;i corps et des
EO CCLTE EN GÉNÉRAL. gfltf
pour l'exercice même de nos 'facultés intellectuelles. N'est-ce clone pas lorsqu'il s'agit île la Divinité et des nommages qui lui sont dus, que notre corps nous serait comme étranger? ou plutôt n'est-il pas juste de le faire servir au culte de son Créateur , pour ces actes extérieurs et sensibles, les seuls dont il soit capable? Il ne faut pas s'y tromper ; il ne s'agit pas, pour relever la -dignité de l'homme , de lui supposer une perfection chimérique, de le croire tellement dégagé des sens et de l'imagination , qu'il puisse aisément se passer de leur influence. Si vous bornez le euhc de la Divinité à des hommages purement intérieurs, qu'an ivera-t-il? C'est que bientôt les sentimensde la piété s'affoibliront, jusqu'à ce qu'ils finissent par s'éteindre entièrement. Oui, s'ils ne sont éveillés, nourris , fortifiés par des pratiques extérieures , ils n'auront plus qu'un je ne sais quoi de froid, de vague et de superficiel. En vain la Hausse délicatesse et le bel-esprit dédaigneux affectent de voir des pratiques puériles et ridicules i ites sacrés, dans la pompe des cérémonies, I . postures suppliantes, I ■ < liant religii ux, el li s décorations d< s autels: l'expériem e appren ha i lujours que , si to'it cela n'est pas la n ligion tnî me . toul 1 1 la du moins en es( 1'.. liment et le soutien ; que san li dehors de la religion et ses pratiques saintes , bientôt les peuples en perdraient le goût et l'esprit j que la piété sincère habite, il e t vrai , dans le cœur, comme mu impénétrable et connu de Dieu seul, mais qu'elle finirait néanmoins par n'être qu'un vain fantôme , si elle n'éioit fixée, rappelée, inculquée, et comme réalisée < Uns le culte extérieur. Tout
30à DU Cl III I .N Ll NÉBAL.
, , pi ,i. adu culte d la pensée se i éduiroil à quelques idées iiv ' I
ni les ili ' ies reli-
gieux , qui voudroienl m: culte, res-
semblent à ces philanthropes qui prêchei îles hommes sans faire aucun acte d'hui . es | olitiques qui ■• Iroient bit :t un o ps mais saih aucuns liens ext "rieurs qui doivent . <!i ; et unir entre eux les membres divers.
(bible , rer, qu'on ne doit négliger aucun des peuvent fixei i iller son atl
et nourrir Jan^ son ■uni- 'le pieu
Ci' n'esl pas u i ! lieu le déve loppei touti ; lent e et tous l j du culte chrétit n ■
ticulier; nous enfi is un jour le s d'u à paît. Je me borne donc à quelques réflexion raies. S mbli . - reli-
gieuses , où tout ce qu'un voit, tout ce qu'on entend, doit naturellement faire de salut mes impressions: là des chants graves et put - . >!> s céi éuionies touchantes . un auguste appareil, le recueillement et 1. pén tient les âmes . et les in\ itent 1
lisent ; l.i pensée de la 1 .: deve-
nant plus vive , fait rougir le vice, ranime ht vertu , li malheur . dispose .i di
lissement il< ordinaires de la vie. Si la
I .lire que L- culte garde la religion . i ni uncoii le ,'. populaire, t.. culte est
DC C.LJL ES GÉSÉHAL. 309
"expression visible de la croyance et des règles des mœurs; c'est une suite de tableaux exposés aux regards de tous, où tous , sans effort et sans travail . peuvent voir tracés la doctrine qu'ils doivent croire et les préceptes qu'ils doivent observer. Et pourquoi le déiste blâmeroit-il dans la religion ce qu'il approuve dans toutes les choses humaines? Je m'explique. Dans la société civile . s'est-on contenté de porter dt s lois , d'en faire sentir les avantages, d'en recommander la fidèle observance? Non, sans doute : on a senti que , pour leur donner plus de force et d'empire, il filloit entourer ceux qui en sont les dépositaires et li sorgnnes, de ce qui peut attirer les regards et fixer les hommages de la multitude. Si l'on dépouilloit les lois < t 1 au toi ité publique de ces dehors imposans qui frappent l'imagination di s peuples , semblent ajouter quelque chose à la réalité des objets . et ] u là même impriment plus de respi 1 1 dans li - âmes , qu'en résultiroit-ii.' C*< ^t qu'on verrou bientôt !>"- liens di la dépendance et de la subordination se relâcher, les lois tomber dans le mépris, l'esprit d'audace et de révolte éclater de tontes puis. Ainsi en seroit-il de la religion, si elle étoit dépouillée de tout culte ext 'i ii ur, et abandonnée à la pennée de chaque particulier: on i oit s'.ifloihlir par di giés , perdre son ascendant
sur les-etprits, devenir étrangère aux babitudi . i i i conduite dis hommes , et s'<lli<.i presque de leui soiivi 1 1 1 1 \ oyez > ncore ce qui ai rive dans les sciences , les lettres i les arts. Que d'efforts n'a-t-on pas faits de nos jouis pour faciliter h s moyens d'instruction , et n ndre comme palpables les recherches et les con-
3iO du i
es de l'esprit humain ! ment le
burina gravé la figt inimaux
dans mi détail et m t , mais
que n'a-t-on pas imaginé pourdonnei sible aux i onnoissam es histoi iq .
grammaticales ! Que >!> tableaux yeux i e qui sembloit d l'esprit ! El quand il s'agit de la religion ,onv la dépouillei de tout ce qui parle gination, de ce qui peut la faire pénétrer plu ment, \V;< profondément dans les cœurs! Quille incon^
Etqui oe voit d'ailleurs que, ' ti delà
Divinité aux hommages intéi ii ors, l 'i si m '• onnoltre la nature <!■ l'homme, c'est exiger >lo lui ce que
repoussi ra touj s cet instinct, ce sentimenl
plus fort que tous les sophismes, i qui
humaine toute entien ? En effet , qui ti ne s. : i très-l ien qu'il se tronve une liaison intime entre les affections de l'ame et leur manifestation; qu'il est impossible à l'homme d'être vivemen tri'- d'un sentimenl . sans l'exprimer au dehoi
est l'homme compatissant, qui ne do
de sa pitié pour les malheureux ' q .■ 1 es) l<- 61s i ■■— pi'c i mu x e) tendre . qui n>' fasse éclater sa pii té lili de? qui-l peuples jamais honoré ses magistrats, sans lest donner des témoignages visibles de considération el de respect? Et l'on voudrait que les sentunens religieux de nos cœurs fussent sincères, sans qu'il en parût rien ni dehors! Cela n'est pas dans la nature. Quoi ! j'adore intérieurement Dieu coutti
BU Cl'LTr EN GÉNfcil.iT.. 'M 1
leur, comme l'arbitre de mes destinées ; et je n'aimeroispasà lui payer extérieurement le tribut dénia dépendance ! Mais tous les peuples ont si bien recc.t~," la légitimité d'un pareil hommage, qu'ils se sont empressés de lui offrir lies productions de la terre , les prémices des moissons , et de tout ce qui étoit à leur usage : le faux zèle les égara même jusqu'à les porter à lui immoler des victimes humaines; zèle barbare, dont le christianisme seul a délivré les différentes de la terre à mesure qu'il v a pénétré, mais qui atteste combien l'homme sentait que Dieu avoit sur lui. comme sur le reste dis êtres, un domaine suprême. Quoi! dans le fond de mon cœur, il m'est impossible de ne pas reconnoitre Dieu comme un bi< nfaiteur ; les mervi illes de la nature qui nous ra- . ces fruits de la terre qui servent à nos besoins, ces animaux qui nous aident dans nos travaux, le jour qui n tus éclaire, le pain qui nous nourrit, le vêtement qui nous couvre . ri- corps avec des organes si bien adaptés à toutes les fonctions de la vie, cet esprit qui peut s'élever jusqu'à sou créateur; voilà des dons que je tiens de sa libérable ; son amour m'environne de toutes parts, je suis comme plongé dans l'océan de sa bonté : je crois tout cela, je le sens intérieurement , et vous ne voulez pas que je célèbre ses bienfaits, que j'invite mes semblables à partager mon admiration ci ma reconnoissan i !T3e scroit me condamner i l'ingratitude. Le Hoi-Pro- I lu; ne faisoit que suivre les impressions delà nature, lorsqu'il j'écrioit dans son transport (1): « 0
(i) IV en. i.
i. mon ame, i i ' u ; que
« tout) I l'i m i ■-•■il nom et
anima mca , Doi, omnia , nuœ inlra me sunt , nomim
Il est une i u .1 été v ioli rainent .• mo-
i . imitateui . u > ela de qui I ; anciens, et que ;■■ dois justifier en particuli . la piière. « J'adore Dieu, ;> «.lit l'incrédule, je l'ad- .i mil . dans îes '"!'-i ig 5, ;<• m'attendris de ■■ ■• faits; mais j< ne I prii pas, je ne lui ilcmandc i- rien : ci •■ . -ii doul i '1<- sa providence et de sa » bonté. » Homme ergu illcux autant qui misérable, as-lu donc oublié la dépendanci "il? Si
Dieu i t notre pèi t -il pas aussi notre maître?
et si nous devons compt r sur sa tendresse, vons-nous pas au . i ei >nnolti i m 'iiv . comme sur le re ite <1< la > rcation .' \ <.i> dans li- places publiques cet indigent superbe, qui, se croyant des droits J la générosité des passans, dédaigne de leur tendre la main pour implorer leui secours ; s'il vient à périr d'inanition, ne doit-il accuser son orgueil, bien plu^ que l'indifférence de ses semblables? Fi lèlc i nage de celui qui refuse île prier son créateui La difficulté qin- propose iri l'incrédule a été discutée par deux des plus beaux génies de l'antiquité chrétienne , saint Jérôme et saint An— gustin. « Si nous expo i Dii u dos I i ! tins, a <lit > le premiei (3 , ce n'est pas pour lui faire le récit de
(i) J. J. lu'.i. i.jii. — • c" nrn-nt. in Malth. cap. ti , lib. I.