M II M
prêtent i I urs pei
veulent de vinei la au i iecrèted tous
il i i aisé de comprendre que tout i
tural , et qu'au Lieu d'une histoire, l'auleut poum
].n i, ,,' ,-, oii donm qu'un roman
Mais supposons des historiens célèbres, l cités ivre éloge, honorés < i »- leurs contemporains >t dans les âges suivans, u es- lités parmi les critiques les plus difficiles j des historiens dont h--, ouvrages portent une empreinte de vertu et de probité que l'art ne peut conti efaire , qui racontent des événemens de lapins liante importance, dont ils pouvoienl avoir aisément eu main les preuves les plus authentiques : c'est alors qu'il e>t impossible de oe pas • r lire i leur témoignage; et si leur récit se trouve li I d nemens postérieurs qui en supposent la vérité , s'il est soutenu par les traditions les plus suivies, les pins fermes, les plus universelles, s'il <>t i;ravé sur des monumens qui ont échappé aux ravages du temps, on i ^t parvenu au plus haut degré 'le la certitude histoi ique.
Donnons ., i, ne matière le développement convenable. Que peut-on exiger d'un historien, pour qu'il soit digne de foi? Qu'il soii bien é lairé sur les faits qu'il raconte, et véridique ■ ! tns ses récits: "r , trèssouvenl il peut se prési nti i à nous avei tout ce qu'il y a de plus propre à garantir scsluniièn s et sa i érai ifa
Est-il contemporain di i événemens? il peut les eonnoitre par la £oi publique, ainsi une nous l'avons expliqué Si quelqu'un vouloit écrire
l'histoii de France depuis trente ans . man rueroit-il
SCR LE TLMGi 357
de moyens Je Lien connoilre, sinon les détails, au moins le fond même des événeniens les plus mémorables de cette époque?
A-t-ilà raconter des faits plus anciens? il peut être entouré d'une foule de monumens qui les rappellent. Si parmi nous un écrivain vouloit retracer les règnes de Henri 1\ , de François I". de Charleniagne, ne pourroit-il pas interroger les histoires , les mémoires, les document de tout genre qui seroienl relatifs à son entreprise? Les historiens contemporains ont été cités par ceux des âges suivans; ceux-ci l'ont été à leur tour : et voilà comment s'est formée une chaîne de témoignages parfaitement liés l'un à l'autre, qui se prolonge sans interruption jusqu'à nos jours.
Quant à la véracité , comprenons bien d'où l'histoire tire son autorité. Ce n'est pas seulement des qualités personnelles de celui qui l'écril ; (est bien plutôt du suffrage de ses contemporains. En lisant un n , t est sa nation, c'est son siècle tout entier que je crois entendre. L't qui ne voit pas que, s'il étoit assez impudent pour vouloir tromper ses contemporains sor des laits d'un éi lat, d'une publicité , d'une importance qui doivent éveiller l'attention pui tique , il s'éleveroil contre lui un cri d'indignation qui retentirait dan* !i postérité, etledénonccroil à tous les lièi les comme le plus insigne des faussaires ' lu exemple va é( laiK ir toute 1 1 tte dis» ussion.
Mous croyons que Charlemagne fut tout à la fois gii'ii"i , I' islateur, homme de lettres et savant roi,].,,, ,,n l'étoit alors , protc i u m zélé de la religion ; et pour sculu combien en cela notre foi est raison-
3")8 BDR LE T£MOIG!HGP..
naule , supposons, pour un moment , que les fameux personnages qui partagèrent la gloire de ce prince, les grands de sa cour , les g pontifies, les
hommes éclairés, Dationaux ou étrangers qui illustrèrent son règne, tout à coup sortis du lombeau, forment autour de nous un sénat auguste de témoins oculaires des actions de Charlemagne ; ils nous n ;
sa vie publique *t privée, ses expli its depuis l'Ebre jusqu'au Danube . sou goût pour les lettres , son activité prodigieuse , l'ordre qu'il mettoit dans son palais, la tenue des assemblées d'où sontéman Capitulait a : ]■■ demande s'il nous viendrait en i>ensée de suspecter la probité, la bonne foi de ces vénérables témoins? Ne serions-nous pas saisis , en leur présence, d'un respect religieux, et ne recneiUerionsnous pas avec une pleine confiance ce qu'ils raronteroient à la gloire du héros qui serait le sujet de leurs discours? Hé bien , s'il ne noua > -t pas denté1 d'entendre ces grave-, el fidèles témoins , il nous est donné d'entendre celai qui est leur organe : c'est Eginhard , qu'on a nommé le secrétaire de Cliarlemagne ; son témoignage , parvenu jusqu'à nous sans contradiction, nous représente celui de son siècle. Comment supposer qu'il eut formé le projet de tromper scs contemporains et la postérité par un mensonge fabriqué de sang-froid 1 N'auroit-il pas va qu'il alloit se couvrir d'ignominie, que son imposture serait découverte, qu'il ne lui r su roit qae la honte <ii tramée suis succès? lutl-il pu cr.'ire que, sur des faits plus édatans que le soleil . liés SOT destinées de l'Europe entière , il éloil assez pu i-- un pour
SCB LE TÉMOIGNAGE. 359
faire taire toutes les langues et toutes les plumes? Ce silence même, s'il eut pu l'obtenir, n'auroit eu qu'un temps ; la vérité auroit fini par éclater , et le mensonge seroit demeuré à jamais confondu.
Maintenant nous sommes en état de comprendre comment un grand nombre de faits se conservent dans la mémoire des hommes, et se transmettent d'âge en âge par les voies les plus sûres, de manière à être aussi certains pour la postérité , qu'ils l'ont été pour les contemporains. Lorsqu'il se passe de grands événemens au milieu d'une nation, une foule de personnes en sont les témoins oculaires ; de ce premier témoignage se forme la foi publique : il arrive que des médailles, des inscriptions, des obélisques, des hymnes , en perpétuent le souvenir ; surtout des écrivains en font le récit : s'il est faux, il excite des réclamations ; s'il est fidèle, il se propage sans contradicteurs , et se conserve de génération en génération.
Veut-on sentir combien il seroit difficile que l'imposture prévalût sur des faits d'une liante importance? supposons qu'un historien Anglais su fût avisé d'écrire très-sérieusement, que les François avoient été complètement battus dan-, les champs de Fontenoi ; qu'après cette mémorable journée, despartis avoient ■ I m si ii térieur des provinces , et étaient venus insulter jusqu'aux murs de cette capitale t pensc7vciii, que les Français auraient souffert patiemment cette imposture ? Les nations étrangères, qui n'avoient aucun intérêt ,i la querelle, le peuple Anglais luimême, n'auroient-ils pis fourni des en ivains asseî
360 SLR LE TtMUIG.NAGF.
véridiques poui s'élevei contn ce récit fabuli dés-lois, ou bien le mensonge eut été pour jasaftb étouXCé,ou bien il ne serait passé aux âges suivant qu'avei des réclamations qu'ilauroit pi 0
ce que je dis de la batailli - le dirai
de celle de Piarsale : il fut, il y a dix-huii tout aussi dillitile de se tromper t 1 de tromper mit le vainqueur de Pliarsale, qu'il l'a été d'être trompeur ou trompé sur le vainqueur «le Fontenoi Sachons, dans les narrations historiques, distingue! la >ulistance des faits , de leurs circonstances pard On n'ignore pas que des anecdotes privées sont plus faciles à imaginer, à altérer, que des événement publics; encore même, quand on n'a pas un motif légitime de se défier de l'historien dans les détails , il n'est pas juste de lui refuser sa l"i Que les F ii les anglais ne soient pas d'accord sm les particularités de la journée de Fontenoi, commi sut U des u Tts, les incertitudes de la victoin , la formation et la rési tune de la fameuse colonne , les i uns du gain de la bataille; que l'un en donne la gloire au maréchal «le Saxe, l'autre a la présence du Roi et du Dauphin , je conçois toutes ces variations dans le récit; mais elles ne font que rendre plus frappant L'accord de toussui l'issue et le résultat de cette immortelle journée.
lu historien pourra bien composer une histoire (aussi ; mais où la placera-t-il .' Quels si i< ut 1.
>, le lieu de la scène , la durée et lescircon- Btano di - i \ . n, nu us ; Comment accorder i a\ci U Mme des autres faits bien connus? Tout se lie
SCB LE TÉMOIGNAGE. 361
et s'enchaîne dnns le corps social ; et si , dans la succession des faits, vous voulez en insérer un qui soit faux, l'y faire entrer comme de vive force, dès-lors plus d'harmonie; ce seront des contradictions, des incohérences qui feront ressortir l'imposture. Qu'un écrivain, par exemple, voulût faire du Duc de Bourgogne le successeur de Louis XIV , et nous donner une histoire de ce règne prétendu : comment s'v prendroit-il ? Quelle violence ne feroit-il pas à toutes les dates , à tous les monumens , à toutes les traditions, à tous les historiens! Il faudrait tout défigurer, tout mutiler, tout mettre en pièces; ce serait un vrai chaos. Or , les hommes sont toujours les mêmes; il ne fut pas plus possihle autrefois d'inventer une fable sur le successeur immédiat d'Auguste , qu'il ne le serait de nos jours d'en fabriquer une sur le successeur de Louis XIV.
Je le sais ; quand on voit les faits à travers les nuages du temps et des siècles, il semble qu'ils ont comme disparu , et qu'ils sont comme s'ils n'avoient jamais été : toutefois, quelle que soit la distance qui les sépare de nous, ils n'en ont pas moins existé; l'intervalle «lu temps ne détruit pas plus réellement les objets, que l'intervalle des lieux : la vérité ne vieillit pas; I impression des faits anciens peut être moindre, el la i inviction reste la même.
I a mathématicien Ecossais a fait un étrange calcul;
il a imaginé de dire que le témoignage ne produit
jamais qu une probabilité ; que celle-ci va toujours en
int a travers les générations successives j que
le plus haut degré de probabilité est produit parle
3G'2 st h ii •
rapport de ceux qui ont vu les fait< le second déposition de ceux q Dterauxpré-
cédens, et ainsi de suite, jusqu'à ce qm la pi hté pi imitive s..it i ouune ■ Qa< e
Il m m. ii donc m ni. nu ut probable , pour moi qui n'ai jamais vu Rome, que celte ville existe; ' réprouvé par le sens commun . it contraire ■ b croyance bien ferme et bien intime de quiconque n'en est pas dépoui vu. Quant i la diminution successive de la forci: du témoignage, nous ré|>omlrons avec un écrivain français I
u Les faits il César et d'Alexandre suffisent pour » démontrer la vanité des calculs du géomètre Anglais; » car nous sommes aussi < mu u.i us actui Hem. .il de >. l'existence de ces deux grands capitaines, qu'on >. l'étoit il y a quatre cents ans; et la raison en est bien » simple, c'est que nous avons les mêmes preuves «le » ci s faits, qu'on avi ' en i ' t' mpsl.i. I-a su. i » qui se l'ait clans les différentes générations de tous ■• les! ici les , ressemble à celle du corps humain , qm » possède toujours la même essence, la même forme, » quoique la matière qui le compose à chaque instant » se dissipe in partie, et à chaque instant soit renOO-
• velée par celle qui prend si place. I n homme est » toujours un tel homme , qui Ique < hangi ment im-
• pr-rreptilile qui s.- soit fait dans la subslam
» corps, parce qu'il n'éprouve point tout I la fobdi
• i hangement total : de même les difféi en es
(i) L'abbé île Prailcs , art. C*stitïo:, (Uni i'Smej
éilit. in. fol.
SCn LE TÉMOIGNAGE. £63
» tions quise succèdent doivent être regardées comme u étant les mêmes, parce que le passage des unes aux » autres est imperceptible. C'est toujours la même » société d'hommes qui conserve la mémoire de cer- » tains faits, comme un homme est aussi certain dans h sa vieillesse de ce qu'il a vu d'éclatant dans sa jeu- » nesse , qu'il l'étoit deux ou trois ans après cette » action. Ainsi il n'y a pas plus de différence entre les » hommes qui forment la société de tel ou tel temps, » qu'il y en a entre une personne âgée de vingt ans, » et cette même personne âgée de soixante; par con- » séquent le témoignage de différentes générations est » aussi digne de foi, et ne perd pas plus de sa foi-ce, » que celui d'un homme qui, à vingt ans, racon- <> teroit un fait qu'il vient de voir, et à soixante, le « même fait qu'il auioit vu quarante ans auparavant. •• Si l'auteur Anglais avoil voulu dire seulement, que » l'impression que fait un événement sur les esprits » est d'autant plus vive et plus profonde que le fait n est plus récent, il n'auroit rien dit que de très-vrai. » Qui ne sait qu'on est bien moins touché de ce qui » se passe en récit, que de ce qui esl exposé par la n scène aux yeux des spectateurs? L'homme que son » imagination servira le mieux à aider les acteurs à » le tromper sur la réalité de l'action qu'on lui repré- .. sente, sera le plus louché et le plus vivement ému, » La sanglante journée de la Saint-Ii.u thélemi , ainsi .. que l'assassinat d'un de i" nu illi ura rois, ne fait » pas, à h' aucoupprès, la même impression sur nous,
» que ces deux rvént >m< DSCT fin ni au i refois sur nos ■ ancêtres. Tout ce qui n'est que de sentiment, passe
3G4 SUR LE TKMOIG
n avec l'objel <|ui ['excite ; et s'il lui sui \ it . c'est tou- » jours cm s litoibli ml . pi qn'à >• qu'il vienne à r. s'épuiser tout entier; mais pour la conviction qui >' naît delà forci • s preuves, elle subsiste nniversel- .. Leuaent. I n fait bien prouvé pas» ■< travers l'espace » immense des siècles, sans que la conviction perde r> l'empire qu'elle a soi notre esprit, quelque décrois- » sèment qu'il éprouve dans l'impression qu'il faii sur .. h i <■ ur. Nous sommes . < n eff( t . aussi certains du » meurtre «le Henri-le-Grand, que l'étoieuto us qui » vivoient dans ce temps-là; mais nous n'en s< nui » pas si touchés. »
Convaincus il< L'autorité «lu témoignage liumain sur les faits , nous ferons L'application des | que nous venons d'exposer, à l'bistoire de M ;
plus particulièrement à celle de Jésus-Christ el des apôtres; nouai puiserons des preuves invincibles de leur mission divine ; el bous si ntii ans t< nte la vérité de ces paroles de d'AgUi SS au ■> SOU Bis 1 : " Qui- » conque a bien médité toutes ces preuves trouve » qu'il est non-seulement plus mu-, mais plus finie
» de croire que «le ne pas croire, et rend gi i
» Dieu d'avoir bien voulu que !.i plus importante de » toutes les vérités fût aussi la plus . . rtaine . et qu'il » ne fût pas plus possible de douter de La véi ité de la » religion chrétienne, cpi'il l'est de douter s'il y a eu
« un César ou un Alex nuire. >• (i) Eluda propres à fermer un ttagitiral. Œuvre*, terne l ,
ht-4" ■ i
LES MIRACLES E?ï GÉNÉRAL.
JIixaminer les fondemens de la révélation , qui comprend la loi de .Moïse comme lu loi de Jésus-Chrisl , et les venger des attaques d'une incrédulité armée plus d'une fois de haine et <1<- calomnies , toujours de préjugés et de sophismes ; tel est le but principal de nos instructions. Nous sommes tous nés dans le sein de 1 Eglise chrétienne , héritière des promesses faites à la Synagogue ; nous avons tous reçu le caractère de ses enfans. Mais enfin que faut-il penser de cette religion que l'on voit tour à tour révérée par les uns et blasphémée par les autres? Faut-il la chérir comme le plus préi têtu héritage que nous ayons reçu de nos pères, et nous montrer jaloux de la transmettri descendans ; ou faut-il n'y von qu'une croyance surannée, bonne tout au plus au temps de la simplicité de nos aïeux? Notre siècle est-il trop éclairé pour y croire, ou l'incrédulité moderne a'a-Welle pis une autre source que les véritables lumières? ^ oil.ï ce qu'il s'agit de discuter et d'approfondii ; non que je vienne mettre la religion en prol lème, et la classer parmi les opinions incertaines, abandonnées aux vaines
disputes des hommes; mais, à i époque où mille
pséjugés fn estes ki sonl repas origine,
son histoire et sa doctrine, il importe plus que jamais de se rendu compte à mji-i> royance pour
la ranimer. Celui qui ne croit pas , a besoin d'être
3oti
convaincu ; iclui qui chancelle, doit être affermi ; et
celui (jui croit, verra toujours avec une douce et
secrète Satisfaction se dissiper devant lui tous les
nuages que le mensonge cherche a élever autour de sa
croyance.
Mais sur quoi porte-t-elle principalema religion que nous avons le bonheur de pi porte sur un petit nombre de lait-, éclatant . qui soru ut <!• s lois ordinaires de la nature, et qui ont été opérés i n sa faveur | ar la main toute-puissante du Maître de l'unie ers ; eu un mot , elle porte principalement sur des miracles. Je le ■ urs, au seul nom de miracles, nos beaux esprits incrédules sourient de pitié j ils s'étonnent qu'il existe encore , au milieu d'une nation aussi éclairée que la notre, des hommes assez simples pour s'occuper sérn de mirai les. 1U ne 1 1 ni di rappeler que l'ignorance a souvent mis au raug des prodiges des événemens purement naturels; qu'il fut un temps de crédulité, où la fourberie dans les uns, la simplicité dans les autres , ponvoient aisément accréditer connue miraculeux ce qui ne l'éloit |u> : que, dans tous les temps, des hommes habiles ont su profiler du g<>ùt d ]iles |ioiir le merveilleux; que Mahomet prétendoit converser avec un ange, Numaavcc la nympl I i • rie, etqueSocratea\ ufamiliei : qu'ainsi, pour n'être pas dupe île l'imposture , I loppe dn manteau de sa philosophie , laisse les mirai les au vulgaire, et ne croil à d'autres merveilles qu'à celles de la nature. Vousvoyci que nous ne préu ndona pas dissimuler lcsarguiuens de llncreauhlé. l'ourles
résoudre, nous allons établir les qualrc propositions suivantes: la première, que les miracles soûl possibles; la seconde , qu'on peut très-bien discerner les miracles d'avec les faits naturels; la troisième , que les miracles sont un excellent moyen d'établir la vérité d'une religion ; la quatrième, que les miracles que nous n'avons pas vus peuvent être constatés parle témoignage, comme les faits ordinaires. Tel est le sujet de i ette Conférence. Je vous prie de ne prononcer sur le fond des choses, qu'après l'avoir entendue toute entière; parce que ce n'est qu'à mesure que nous avancerons, que vous venez successivement se dissiper les préventions et les difficultés.
J'appelle miracle un événement contraire aux luis constantes de la nature. Ainsi, qu'un mort de quatre jours, déjà tombé en dissolution , sorte vivant de son tombeau; qu'à la voix, au simple commandement d'un homme, une tempête! violente s'apaise soudainement, OU qu'un fleuve remonte vers sa source: voilà des faits , desévénemi us qui sorti une suspension manifeste des lois univi rei Iles ' t bien conu les de ce inonde pn sique ; voilà des miracles. Or, qui osera dire que de pareils prodiges sont impossibles à Dieu ,
qu'il ne peul les opérer par sa toute-puissance, ou, .s'il lui plaît , par des agens qui parlent en son nom? l.e Ikui sens dit i i haï nu . que Dieu a établi librement tes lois qui ouvcrnenl ce inonde visible , que ces lois (oat l'effet di sa volonté loutc-pui anti et comment M.-ioii-il le inaiiii- suprême de la nature entière, comment en scroit-il le législateur indépendant, s'il
303 LES MIKAU.tS ES GÉMÉBAb.
ue pouvoit modifier , suspendre ses lois , suivant les desseins de son adorable sagesse? Pour donner plus de développcmi nt à un mo-
ment à ces notions pi I * . ■ i . mit ur et
conservateur de l'univers j notions si simples , -i lumi-
pour tous ceux dont l'entendement i obscurci par les ténèbres de l'athéisme. I-a matière ne trouve dans son propre fonds ni la raison de son existence, ni la raison de la manière merveilleuse dont sont liées, ordonnées toutes ses parties. L n'est rien; la néce sîté est un mot, et non pas une cause.* D ri a fait les causes secondes, et qui
leur a donné leurs propriétés, leur degré Je force et d'activité; c'est lui qui, dans les cieux, a i position et le cours des astres, comme il a déteeminé sur la terre les différentes espèces de mouvemena , et la manière dont ils seraient communiqués. L'expérience nous a fait apercevoir certaines lè-les toujours observées . d'après lesquelles on voit les êtres se conserver et se perpétuer, L'ordre et la marche de l'univers estei l>s mêin s. <>, . ces règles, c'est ce rjue nous appelons les lois de la nature. J> n'ignore pas que, dans le discours ordinaire , on présente la nature comme la législatrice des êtres qui comptent ci monde: mais , ou l'on ne s'entend pas , ou bien il faut entendre par nature . ainsi que le «lit 11- issuel 1 . •• une sagesse «profonde, qui développe ave» '."ii Je
■> justes règles, tous les mouvemens que nous vi Oui. quiconque n'est pas athée souscrira volontiers .1
(i ' . -ne'*» j ch. iv.
LES M1IUCLES E.N GÊNERAI,. .'Jljr)
la belle définition que Buffon doune de la nature , en l'appelant u le système des lois établies par le Créateur » pour l'existence des cLoses et la successiou des » êtres. » Mais, si ces lois sont l'ouvrage de Dieu, comment contester à Dieu le droit et le pouvoir de les suspendre? Rendons la chose sensible par un exemple pai ticulier. De la semence confiée à la terre on voit une plante naître, croître et mûrir; et cela par l'action lente , successive de certains agens naturels , tels , je le suppose , que la terre , l'eau et le feu ; Toilà le cours ordinaire des choses: or, c'est Dieu qui a donné à ces agens naturels la force de produire de tels effets dans une certaine succès ion de temps. Mais ce qu'il produit par l'action successive des causes naturelles, ne peut-il pas le produire sans elles, et dans un instant ? et si cela an i voit , ce sri oit pourtant un vrai miracle. Dira-t-nn qu'en donnant un tel pouvoir à ses créatures, Dieu s'en est dépouillé lui-même ; ou bien qu'il s'est imposé la loi inviolable de ne jamais produire sans elles les effets qu'il produit par elles? Tout cela <st absurde. 11 < st visible que celui qui a été assez puissant pour créei ces agens, est à plus forte raison assez puissant pour s\ n passer, quand il lui plaît.
Sans doute le. lois de la nature sont sages, puisqn i llr-, si m i l'ouvrage de la sagesse même . elles «mi • h adaptées au\ \\i\-. que Dieu sr propose Maïs Dieu ne peut -il pas avoii des raisons de la plus haute sagesse d'y dérogei qui Iqui fois, et de manifester par re moyen ses volontés suprêmes? La nature matérielle n'existe que poui la nature intelligente. Les créatures
370 L£s MU.Ai.Lts tM GÉ.ItRAl..
laisonnablcs , capables Je connoitre et d'adorer la Providence, sont l'objet principal de ses soi.
ses pensées; elles soin la plus noble, la plus essentielle partie de l'univers; et soit pour les instruire quand elles s't'j; trent , soit pour Les récomp nseï quand elles sont fidèles, soit pour les châtier quand ell rebelles, pourquoi Dieu ne pourroit-il pas susp' u-iie quelquefois l'ordre accoutumé des choses pli Malheureusement les merveilles de la nature, par l'habitude même où nous sommes d'eu jouir, ne font *ur nous qu'un ; impression légère: familial • elles, nous les voyons avec indifférence; 'lies sont tonilices dans une sorte d'avilissement I . En vain l'univers étale à nos yeui s, s ravissant! - beautés, en vain toutes les < réatures nous invitent de Cl
rendre gloire à leurauteui , notre cœur apr* a peine touché de ce spectacle. Il était digne île la sagesse et de la bonté de Dieu, de faire éclater <!<■ temps en temps sa présence, pu des traits capables de tirer l'homme de son indifférence et de sa léthargie. Que des grains de blé semis dans la terre se convei tissent en moissons abondantes qui nourrissent des peuples entiers, voila certes une étonnante merveille de cette bonté souveraine attentive à nos besoins : toutefois , comme elle est ordinaire, à peine in prenons-nous occasion de tourner nos regards rers 1< Père céleste . et de le remercier d'un si grand bienfait. .Mais si . an milieu d'une famine cruelle qui désole une grande cité, une poignée de grains se inultiplioil tout a coup
vl i • . .iuil*V •,.'. ■■ciiillt. S. tu*. ! a.l- .: ■ ..-i | i.
LIS «.RACLES EN GÉJiÉRiL. 371
au point de rassasier tout un peuple affamé , quels st'ntimens d'adoration , d'admiration, de rcconnoissance pénétreraient tous les coeurs! Les miracles sont comme des coups d'autorité divine, qui rendent plus sensibles la main puissante et le gouvernement sù- I i éme du Piaille des hommes et de la nature.
Sans doute encore, les lois de la nature doivent avoir un caractère de stabilité : en Dieu il n'est ni caprice, ni imprévoyance. Rien ne donne une pins haute idée de sa puissance et de sa sagesse . que cette perpétuité de lois toujours les mêmes, et toujours admirables dans Ictus effets. Les lois physiques cesseraient de L'être, si elles étoient continuellement , universellement violées . l'ordre et l'harmonie du monde en seraient menu' troublés : mais des suspensions passagères et rares de ces lois sont loin d'avoir ics incouvéniens ; elles ne servent qu'à faire éclater davantage l'indépendance du Créateur, et à montrer plus vivement l'empire qu'il conserve sur son ou i ;c Que de temps en temps un mort ressuscite , le monde ne roulera pas moins suivant sa niait lie accoutumée ; le si. Ii il ne ce set a pas poui < « 1 > d'éclairer l'univers, se rouvrir de fiuits et de moissons, ui K [este du genre humain de naître, de vivre et de mourir suivant les lois ordinaires.
Sans doute enfin . Dieu est immuable ; il ne change . pensées s.. ni éternelles : mais combien u estil pasetm te do voii don un miracle quelque chose île contraire ,i l'immutabilité de Dieu ! ivant tous les !i m[ s . Dieu seul étoit, traçant le plan de cet univers, <i préparant e les lois qu'il devoit lui
U LES t.S GL.NglU!..
donner; sa science infinie euibrassoil 'l'une seule pensée tous les événemens qu'il feroit éclore dans la suite des temps. Lorsqu'il régla les lois de La nalore, il régla aussi les exceptions qu'il vouloi Lasuspension de la loi entrait dans comme la loi elle-même ; l'une et l'autre décrétées à la fois. C'était lorsque Dieu conda leshommes à mourir pour ni pas revivre, qu'il que Lazare serait excepté, > t qu'il sortirait vivant de son tombeau. Qu'un prince, en dictant mn I sujets , | • 1 i ". oie un i ii particulier dans lequel il déclare (lui1 -..î loi n'aura |ms smi exé< utîon ; Jira-t-on , le cas ;u rivant . que le prince est inconstant dam Non . -mus doute. L'application est s< nsible. Le mène Dieu « 1 1 1 i a réglé le cours de 1 1 nature, en a ordonné la suspension dans des circonstances qu'il a prévues et déterminées. Le miracle n'esl que l'exécution
el si, après avoir été décrété, il n'arrivoil pas, c'est précisément .iim> que !>i i d serait pas immuable. Ainsi , de quelque côté qu'on em n irade, il ne présente rien qui parfai-
tement ave< les attributs de la Divinité , avo ^.i piùsa immutabilité. Il n'y aura jan ds que des athées qui aient la pensée d'en contesta la possibilité ; el >\<> .«tin i - ne sont pas, en ce genre, une autorité dont on puissi Savez-vous
ce que <lit à ce sujet un écrivain qui ne doit point paraître suspect , J. J. (tous au ' Voicis - | u n'y changerai rien. « Dieu peut-il faire des miracles? » c'est-à-dire, peut-il dérogei aux lois qu'Ua établies ? » Cette question sérieusement traitée serait i.
» elle n'étoit absurde : ce serait faire trop d'honneur » à celui qui la résoudrait négativement , que de le » punir; il faudrait l'enfermer (1). » Ce langage, comme vous voyez, n'est pas d'un écrivain très-tolérant; si un théologien avoit écrit ces paroles, on eût crié au fanatisme. Heureusement c'est le citoyen de Genève. Les miracles sont donc possibles : j'ajoute qu'on peut très-bien les discerner d'avec les faits naturels.
Lorsqu'il s'agit de miracles , on doit se tenir également éloigné de deux extrémités opposées. 11 est une crédulité qui adopte tout sans examen , et qui conduit à des jugi mens toujours téméraires, lors même qu'ils seraient vrais; mais aussi il est une incrédulité- qui rejette tout sans réflexion, se roidit contre l'évidence même, et qui, loin d'être une force d'esprit, u'est qu'une obstination pleine de foiblesse et de puérilité : évitons « • ■ i
Je fais observer d'abord que tout ce qui est extraordinaire n'esl pa ipour cela miraculeux. Ainsi, que la foudre v>it attirée des nuages, et en même temps détournée de nos édifices; que d« • boinim - s'élèvent dans les région de l'air, et naviguent dans une sorte
de nacelle sur i e nom el Océan ; i e oui là des ( hoscs fort étranges, et cène sont pas des miracli •
Je (ail olr tel vi i nu 01 e qu'un l.nl n. si | .1 miraculeux pari e qui la cause en est ini onnue. Non , ce n'est , 1 d'être témoin d'un événement dont oneber-
374 Lis Mli'.ACLEs EN Ot-\t.r.iL.
clie en vaia la cause, pour crier au miracle ; il faul voir une violation manifeste des lois connut D moment que j'aperçois un appareil dfaslruinens, que je puis soupçonner les ressorts secrets de l'industrie bumaine, les jeux d'une main habile, l'action de quelque Quide réel, quoique invisible, je ; plus de miracle. Voilà pourquoi tous i dresse, souvent très-singuliers, dont ou amuse le peuple, ou même «les hommes instruits; : effets étonnans que l'on produit par le moyen de la mécanique, de l'aimant, du (lui Je électrique, de la minière, des combinaisons chimiques, n'ont h- n de miraculeux. Je puis Lieu ignorer la liaison île ce que je vois avec la cause qui le produit; mais, quand je sais qu'une main cachée a loutdii i;;é pour tespe< lai le . je me contente d'admirer les effets de l'an du hoiuiucj et de leurs subtiles inventions.
Enfin je conviens que souvent il est difficile de distinguer le miraculeux du naturel; mais alors que fait-on? Ce que l'on doit faire dan'- les choses inc« ruiues : on suspend son jugement, ou ne pronooec pas, on attend de nouvelles lumière-, i avoir jugé avec trop de précipitation, qu'on s est trompé plus d'une fois, li i l'ignorance et la simplicité peuvent être une source d'illusions. Qu'un homme ignorant et borné m I i par un imposteai .
qu'il so.t unie , sur la foi d'un miracle prétendu , dise livrer à des pratiques superstitieuses , «cla est pi — sible, on peut être dupe d'un faux thaumaturge, comme d'un faux raisonneur; être ébloui de ' app reucc d'un prodige, comme de la fausse lueui
LES MIRACLKS EM GK>KKAL. 3~5
iTuii sophisme. Daus la discussion des miracles , comme dans les discussions de ions les genres, l'homme l>eut se tromper , parce qu'il est homme; et sans doute, dans la matière présente, on doit plus quejamais se rappeler L'avertissement des livres saints : jVc croyez pas à tout esprit ; éprouvez tout , et retenez ce qui est bon (1).
Mais (aul-il que je fa^sc gloire de résister à la vérité? Si je voyois le cours de la nature manifestement interrompu, si j'étois témoin d'un événement qui dérogeât évidemment à une loi hien constante du monde physique , il ne seroil pas eu mon pouvoir de n'y pas reconnoitre un événement miraculeux! Ainsi, tous nos yeux , un mort , que nous voyons dans le tombeau n'être plus qu'un cadavre tombé en dissolution, se ranime, et se montre en un instant plein de vie et de santé. Dans une grande plaine , un homme, entouré d'une foule immense , se dit l'envoyé di: Dieu ; et pour le prouver , il prend quelques pains , qui se multiplient dans ses mains de manière à nourrir huit mille hommes. J'étois, je le suppose , aveugle de naissance ; jamais je n'avoisvu la lumière: cl tout à coup, sans aucun remède, et sans aucun agent naturel, à la seule parole d'un homme, mes yeux s'ouvrent j la c lai té du jour, et mon organe se trouve aussi net , aussi pur que si j'en avois eu le libre usage toute ma vie. Messieurs, si ces faits arrivoient, je l'avoue sans honte, et sans craindre le îeproche de crédulité, je croirois au miracle; vaine-
I Joui. it. i. I The», t. ai,
3?6 lw hu les eh ai»
ment j'afiecterois le contraire, je mentiroia à ma conscience, et mon ccem réclaraeroil "Mitre mes paroles. Je suppose encori que le Heure qui cette capitale, frappe d'une simple baguette, ouvre sou sein et s'élève in ili u\ murailles d'eau, I" ni laisser le passade libre à une armée de cent mille hommes; qui de nous seroit assez stupide ou insensé poui ni voii là qu'un fait naturel? Je voudrais bien savoir si tous lis bommes " baguettes, à miroirs magiques, à conducteur* électriques, à piles galvaniques , à fourneaux chimique* , allanl opéri i ~'n L s bords de la Seine, pouri lient suspendre et diviser ses eaux. H est vrai, je ne commis pas la totalité des lois la nature . mais j'en connois bien certain) meut plu et quanti je les vois évidemment suspenddes, je vois un miracle. Une loi l c'est qu'un cadavre
m- ressuscite point pai les forces de la natun . • t m cet événement se passoit lus mi - yi u\ , je n'aurois pas besoin , pour croire au miracle, de savon auparavant quelles lois i lurs du soleil et des astres. Ne puis-je p>> être sûr qu'une loi civile bien connue a été violée . encore que je ne conno le Code entier dans I a fils, avant de prononcer qu'il doit honora ses parens, a-t-il besoin de ton ii oit it- toute- Us lois morales qui régissent L'espei • humaine? Je ne connois pas toujours jusqu'i aller l'énergie de la nature, comme je d< non plus jusqu'où peuvent s'élever les forces d'un homme ; cependant jepuis bien affirmer qu'un homme n'emportera p.is une montagne sui ses épauh - Disons , Messieurs , poui nous renferma dans de justes
bornes , et pour ne pas donner dans le ridicule , qu'où doit être en garde contre la surprise , qu'on ne doit pas croire facilement aux miracles ; mais que , de même qu'on peut s'assurer de la solidité d'un raisonnement , on peut s'assurer de la réalité d'un miracle , le discerner de ce qui n'en a que les apparences, et que souvent le discernement ne demande que des yeux et les simples Lumières du bon sens.
Je 'lis, en troisième lieu, que [es miracles sont un excellent moyen de prouver la vérité d'une religion.
Que Dieu puisse parler à l'homme par la révélation, comme il lui parle parla raison et la conscience ; lui découvrir, par une lumière supérieure, des vérités auxquelles iln'auroit pu atteindre par ses lumières naturelles , ou bien développer à ses yeux , avec plus d'éclat et d'étendue, des vérités déjà connues, lui prescrire des règles de conduite plus parfaites et plus pures, un cidte plus saint et pins digne de L'infinie Majesté; qu'ainsi Dieu puisse donner à sa créature une religion positive : voilà ce que dicte le bon sens. Et que sommes-nous pour vouloir mettre des bornes à la puissance et à la sagesse divine? Mais, s'il lui plait de parler à L'homme par le ministère des hommes, à quels traits pourra-t-on reconnoitre ses enka discerne! d'avec les imposteurs qui en usurperoient le titre? quel sera li sceau divin de leur mission 'M ieui il ne nous appai tient pas de tracer 4 la Providen qu'elle doit suivie , mais ,
i i De daigni i ommuniquei à ses ambassadeurs le don des miracles, h raison m'apprend que ce sera un
378 LE* MlRACLLs i I
moyen tsès-cfficace de les i I ■> peu-
ples. Oui; en même temps qu'il est tii ^-di^ne de la suprême Majesté , je douve que c'est un moyen trésabrégé de prouver une doctrine, un moyeu trèspopulaire, un moyen très-puissant sur l'esprit des hommes.
Moyen digne de Di Q hommes dû
pour appuyer leurs opinions, qu'ils êialiliss nt leur» assertions et leurs systèmes pai une suite di k-
ncmciis , de principes et de conséu ciie; ils n'oul pas le droit de commandei .1 l'intelligence d'autrui Un philosophe , non le suppose, n'a pas le don de l'infaillibilité; ses lumières peuvent être un préjugé m faveur de sa doctrine, elles ni a sonl pas la démonstration; et malgré sa réputation de science et de génie, s'il veut convaincre ses semblables, il est réduit à raisonner avec eux. iUjN , comme l'a très-bien remarqué un an- ■ logiste , Laitance (1; , il ne roit pas convenal i que Dieu parlât aux hommes en philosophe qui d il doit plutôt parler en maître qui décide , .1 appuyer sa religion, non pai <!. ■- argiunens, nui- par des œuvres de sa toute-puissance. Sa parole est vérité; y obéir est le partage de l'homme. Et ;uoi de plu de Dieu , que de lui commander l'obéissance par des actes visibles qui attestent l'i béissance que lui rend toute la nature?
Moyen très-abrégé. 11 n'est iei besoin ni de lonjj Démens , m Je discussions pénibles et s.iv mie^ .
(s) DMa. Uuit.tib. h I >.,. 1,
LLS HIBACLES EN GE>ÉlUL. 379
il ne faut que des yeux et du bon sens. Je conçois ti ès- Lien que, s'il s'agit de persuader une doctrine, mi thaumaturge avancei oit plus avec la résurrection d'un mort bien constatée , qu'un prédicateur avec ses discours , ou qu'un savant avec ses livres.
Moyen très-populaire. La multitude ne fréquente pas les écoles des philosophes ; ignorante et grossière , elle est incapable de savantes recherches : distraite par les travaux corporels et par les besoins de la vie, elle n'a pas le temps de se livrer à de longues éludes ; on doit bien plus la conduire par l'autorité, que par le raisonnement. Mais tous les hommes sont dans l'habitude de voir des faits, de les apprendre, de les raconter: or, un miracle est un événement, un fait sensible, OU que l'on peut voir, ou que l'on peut apprendre d^; «eux qui l'ont vu ; et c'est ce qui faisoit dire à Origène , en parlant de Jésus-Christ (1) : .. Je » conviens que, si la multitude étoit capable d'étude, u le raisonnement pourrait être la route de la - " mais, si les besoins de la vie et la foiblessc humaine . rendent ce moyen impraticable, en pourrait -on • imaginer un plus sûr que celui que Jésus a choisi. ■>
Enfin, moyen très-efficace et très-puissant sur l'espritdes peuples. Qui pourrait se défendre de 1 impression des mirai les, etdeleui empire sur les esprits? Un dit que tous les hommes ont du g«'ùt poul le iihiveilleux , que trop souvent !>•-, j . npli s se sont laissé
abuser par di hammi ■ > | liges . mais si c'est une
raison pour nous d'étrr difficiles et sévères Luis ! <..\a-
(i) Contra Celt. lib I.
inen, c'est aussi une preuve du peu liani que 1 1 nature nous donne à croire .i cens qui opèn ol des mirarle*. .Nous sentons que celui qui se «lit envoyé de Dieu, qui parle en son nom, et qui] pour le prouver, commando à la naturea a reçu sa mission di I [i i Les principes qui nous dii igenl sont puisés d ms les idées les plu- pures que la raison nous donne de La Divinité. Dieu , nous dit-elle . est la bonté . 1 La sainteté, la sagesse même. Mais seroit-il Le Dieu 1' ai , s'il faisoit servir sa puissance à pré. ipiter daiis L'erreur sa i réature ipi'il aime; seroit-il s.imt et \ nai , s'il faisoit servir sa puissance à accréditer le m ou le vice? seroit-il Le Dieu sage . s'il iaisoit -< puissance j démentir sis auti es perfectii et sa sainteté? Je veux qu'il existe dis esprits malfaisans, supérieurs à l'homme, ennemis heur ) occupés à le trompei >i i l< >éi i m- seront que des créatures subordonnées au Créateur, qui sait ciu -liainer ou bornei leur malice comme il lui plaît, qui ne permettrait pas que nous ruasii us tentés au-delà de nos forces . 1 1 qui nous [burniroil le moyen de reconnoitre leurs pièges et d'y échapper. Un homme, jele suppose, s'élève au milieu de nous; il se dit l'envoyé de Dieu poui nous tire un commandement en -"il nom : je mh>, je le supi >s< encore, frappé de la sagesse de ses dû ours,d La beauté de sa doctrine, de la pureté de sa conduite ; n ûs enfin il se peut que ce suit un enth ile, un
homme abusé par ses propres pensées: aousluire-
fuSOns notre foi. Alors ipn- fait-il pour \ain. i. notre
résistance? 11 appelle Dieu lui-même en témoignage
de sa mission , et voilà qu'au nom du Dieu qu'il invoque , un mort ressuscite : pourrions-nous nous empêcher de voir dans ce miracle, la preuve éclatante de la mission de celui qui l'opère , ses lettres authentiques de créance auprès des peuples , et pourrionsnous nous défendre de révérer en lui l'ainhassadeur du Très-Haut ?
Mais , si nous n'avons pas été témoins des miracles, comment pourrons-nous en être certains? Par les mêmes voies qui constatent pour nous les faits naturels, par le témoignage : c'est la quatrième et dernière proposition.
Quand nous opposons aux ennemis de La révélation des événemens miraculeux consignés dans nos livres saints, qu'ont-ils à répondre? En conteste] la possibilité , c'est , nous l'avons établi, ne pas reconnoitre Dieu pool auteur et conservateur de la nature. < Yst se précipiter dans l'athéisme. Il ne reste aux déistes qu'une ressource; c'est de contestei la réalité des que nous leur présentons comme le titre éclatant de la mission divine de Moïse etdi I Christ. Divisés d'opinions, les uns ont avancé qu'on ne pouvoil jamais être pleinement certain des fuis qu'on n'avoit pas tus de s s yeux; les autres, que si le témoignage pouvt it nous donner une entière ci rtî- (■de des laits naturels, il ne pouvoil nous la donner m des faits surnaturels, sur des miracles; double assertion également I I1 r.ons ,1 quoi
nous en ti nir sui la première . discutons l.i gronde. Je vous prie de bien le 1 1 niarqui i . il ne s'.ijjit pas
38Î LES UIB1CLI !
de considri i le miracle dans la eau equi \c\ mais dans son existence même : le témoignage ne tombe pas sur la manière invisible et surnaturelle dont le prodige a été opéré, niais mit le résultat existant et mis sous les yeux Si un mot! rt suscitoit, l'action secrète dp Tout-Puissant échapperoU a mes regards; mais qu'un mort soit dans la tombe, ou qu'il soit de nouveau vivant sous nus \.n toujours un objet sensible que je puis voir et toueber. En ce genre , comme dans tout le reste , il peut se trouver des fourberies ; mais tout n'( st pas inq il est des morts qui sont bien moits : et qui de VOUS n'en a pas fait trop souvent I ■. cruelle expérience? Si la résurrection esl possible , elle peut arriver par la toute-puissance <li\ii>e; m elle peut arriver, elle peut avoir dos témoins, ces témoins peuvent la raconter; et ici, comme dans tous les faits, tout se rédoit h savoir si leur témoign ige est il i ■ i u- iule, s'il < ~i i ■ \ ètn de tous les caractères qui en garantissent la fidélité. En vain on dira, qu'il est contraire à l'expéi ienc< qu'un mort ressuscite, qu il est physiquement certain qu'il n'est pas ressuscité. Que signifie ce langage? On ne prétend pas que cette résurrection soit l'effet des lois de la nature, mais une dérogation a ces lois, opérée par l'auteur même île ces lois. Il est physiquement certain qu'elle n'est pas arrivée , tant qu'il a plu à Dieu de ne pas intervertir l'ordre accoutumé 3e la nature: mais ce qui est impossible aux forces de la nature, est facile à Dieu ; celui qui a donné la première vie. peut en donner une seconde. Encore une fois, tov.t se réduit à savoir si la chou Ht J
LES MiRACLES EN GÉNÉRAL. 383
Qu'a donc prétendu l'auteur des Pensées philosophiques, quand il a dit : « Tout Paris viendrait me » dire qu'un mort est ressuscité à Passy , je n'en ■• croirais rien ; il est plus possible que tout Paris sr ■> trompe, qu'il ne L'est qu'un mort ressuscite? » Ce n'est h qu'un sophisme, qu'un langage équivoque. Sans doute il n'est pas possible qu'un mort recouvre la vie par les Seules forces de la nature. Sans doute il est possible que tout Paris adopte des bruits vagues et confus, qu'une fausse nouvelle s'y répande et s'y accrédite universellement , qu'ainsi tout Paris se trompe. M. lis il faut supposer des témoins dans un cas où , après L'examen le plus réfléchi , il est évident qu'ils n ont pas été trompés et qu'ils ne sont pas trompent s Je suppose , par exemple , que trois cents personnes de cette capitale se rendent dans un village Voisin; on les mène sur les bords d'un tombeau où git u . cadavre déjà tombé en pourriture; il est bien constant que c'est là un véritable mort : je suppose qu'a la vm\ d'un homme , qui se dit envoyé de Dieu , il aorte du tombeau; que ce nouveau Lazare soit rendu h -^ famille, que les tmis cents témoii - puissent le voir et le toucher ; qu'il persévère dans cet état d'homme vivant, et faisant toutes ses fonctions ordinaires : je suppose qu'ensuite tous ces témoins, qui sont très-opposés d'âge , d'intérêt , dépassions , d'éducation, de naissance, attestent constamment., unifnrménn nt, la réalité du prodige; ce seroit une Mie de ne pas v croire : car, si vous dites qu'ils se (rompent, i! faut duc qu'ils sont tous maniaques, tous posséd/s k la fois du même délire; que tous , par la meme