EXAMEN DES PRINCIPAUX ARCUMENS
bien la révélation confirme, en l'épurant, en le perfectionnant, tout ce qu'inspire une saine raison; elle nous apprend que c'est ici le temps des ombres et des obscurités, et non le lieu de la pleine et parfaite lumière; qu'il faut commencer par croire pour mériter de voir; qu'il sera déchiré le voile qui nous dérobe la Divinité, et que, semblable au crépuscule qui annonce le soleil , le temps présent n'est que l'aurore du jour de l'éternité. Venons à la troisième difficulté, qui est qu'on peut se passer de Dieu, et que sans lui on explique tout.
On sait, Messieurs, avec quelle jactance les athées modernes ont vanté leur science et leurs lumières; à les en croire, c'étoient des esprits sublimes qui , portés sur les ailes du génie, planoient ^'\x'Ic v"= des préjugés vulgaires : si quelquefois ils dai£>si^n t descendre de ces hauteurs, pour nous\iv'jidre mie main secourable, c'étoit par un/Veste de pitié superbe dont ils vouloient bien ne pas se dépouiller; ils prononeoient cov!.re nous les mots de superstition, de préjugés, de crédulité; ils nous accusoient de nous traîner dans les sentiers de la routine , et
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nous invitoient à briser comme eux les fers dune honteuse servitude. jNc seroit-il pas singulier que l'accusation de crédulité qu'ils nous intentent retombât sur eux toute entière , que la force desprit fut de notre côté, et que du leur il n'y eût que faiblesse et puérilité? Certes, si quelque chose peut les en convaincre , c'est bien la prétention qu'ils ont de tout expliquer sans Dieu.
Oui , il est facile de faire voir que sans lui on ne peut expliquer ni l'existence de la matière, ni l'existence du mouvement, ni eu particulier l'existence de l'homme.
Je dis d'abord qu'on ne peut expliquer avec l'athéisme l'existence de la matière. de ces corps dont se compose cet univej-s sensible. En effet, si la matière n'es! pas l'ouvrage « |i créateur, à qui doit-
elle se.>4^xistcncc? Ce n'est pas au néant ; le rWn ne produit rien : il faut donc «lire quèfla matière existe par elle-même , qu'elle a été de toute éternité, que sa nature est xister nécessairement , qu'ainsi elJe < si ce que les métaphysiciens appellent l'être nécessaire. Or , cette assertion n'est pas seulement gratuite, mais contraire à la roi-