‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 3)Chapitre 29 sur 35 · fc JLA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

fc JLA PROVIDENCE

des malheurs dfe L'homme ; maintenant j(; vais répondre à ce qu'elles peuvent avoir de légitime en répondantàla troisième difficulté. Pourquoi, dit-on, sous un Dieu saint, bon, sage et juste , ces désordres et ces crimes qu'il lui étoit si facile d'empêcher, qui sont le fléau de la terre et rendent souvent le sort de la vertu pire que celui du vice? en un mot, pourquoi le mal moral? c'est ce que nous allons discuter.

On sait bien que la question de l'existence et de l'origine du mal est une de celles qui ont le plus exercé les philosophes et les théologiens anciens et modernes, et que c'est là comme un écueil contre lequel s'est brisée la raison humaine, quand elle a voulu tout pénétrer et tout savoir. JNous ne balançons pas à dire qu'il est impossible de dissiper entièrement toutes les ténèbres qui enveloppent cette matière. Si, dans l'étude des-ohénomènes du monde visible, on rencontre si souvent des choses qui déconcertent Intelligence des savans les plus habiles, et dbiït toute leur sagacité ne peut rendre compte, comment dans un ordre de choses bien plus sublime, dans le monde intellectuel et mo-

rai, ne se trouverait il pas des points an-dessus de la capacité humaine? Alors que doiton faire? On doit admirer la Providence dans tous les traits de puissance et de sagesse par où elle se découvre, et la croire également admirable dans les choses qu'elle nous cache. Si vous vous précipitez dans l'athéisme, quelle frénésie! si vous admettez un Dieu, mais sans providence, quelle contradiction ! si vous prenez le parti de dire qu'il n'y a ni bien ni mal, quel aveuglement! H y a donc une Providence qui gouverne ce monde, il y a du mal dans ce monde; deux vérités également in- C0ntestables : mais comment se concilientelles ensemble? Je pourrois me contenter de vous due que je n'en sais rien, vous rappeler, avec les esprits les plus élevés, tels que Descartes, Clarke et Bossuet, qu'on ne doit jamais abandonner des vérités bien établies pour <Zes difficultés qui paroissent insolubles; que saus cela tout seroit incertain, même la géom'jHe. Le premier géomètre du dernier sièc\j , Eulcr, avoue que Ion a proposé contre cette science « des difficultés si captieu- » ses qu'il ne faut pas peu de peine et de » pénétration pour les réfuter exactement. »

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