L20 DE L EXISTENCE DE DIEU
pandu la connoissauce du Dieu véritable, et ne lui ait pas fait des adorateurs. Quand Salomon monte sur le tronc, le roi de Tyr rend grâces au Seigneur Dieu de ce qu'il donne à David un successeur digne de lui; Cyras voit dans ses victoires un don du Dieu du ciel; Darius, Artaxercès, Assuérus, lui ont rendu hommage 5 et quel est donc le Dieu par lequel les sages de la cour de Pharaon s'avouent vaincus, lorsqu'ils disent: La main de Dieu est ici?
Je fais observer encore que les philosophes les plus renommés de l'antiquité croyoient en ce Dieu suprême , et que, lors même que par crainte ou par politique ils révéroient les dieux populaires et nationaux , ils reconnoissoient la grandeur prédominante de celui qui avoit présidé à la formation de cet univers. Si quelques-uns, tels que Démocrite et Epicure , vouloient apprendre à tout expliquer par des mouvemens fortuits et mécaniques, à se passer de la cause intelligente; les autres , tels que Platon et Cicéron , en sentoient, en prouvoient la nécessité; et la nature même de leur querelle fait voir combien la croyance de l'Etre intelligent et sage
ordonnateur
ordonnateur du monde étoit universellement reconnue. Aussi Lactance (i), si versé dans ces matières, n'hésitoit pas à dire, il y a quatorze siècles, que cette doctrine avoit été celle de toutes les écoles, de tous ceux qui, avant Epicure, étoient regardés comme les princes de la philosophie. L'apôtre saint Paul leur reproche moins d'avoir méconnu la Divinité que de ne l'avoir pas gloiiliée comme ils le dévoient. 11 est vrai, le Dieu créateur, qui a tiré l'univers du néant, qui a sur la matière un souverain empire ; esprit pur, qui étend sa providence jusqu'à la moindre de nos actions, qui doit en être le juge après en avoir été le témoin , réserve dans la vie future des châtimens au vice et des récompenses à la vertu : ce Dieu, le seul véritable, et qui est celui des chrétiens, n a pas été connu dans les écoles de Rome et d'Athènes aussi parfaitement qu il l'est aujourdhui, et voilà pourquoi avancer que les chrétiens ont emprunté dés païens leurs connoissances de la Divinité, seroit l'assertion la plus mensongère. Mais faut-il donc
(i) De Origine errons.