‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 4)Chapitre 16 sur 39 · DES BEAUX ESPRITS INCliKIH LES · texte numérisé non relu

DES BEAUX ESPRITS INCliKIH LES

nier siècle et de ce litre de siècle philosophe. Si la philosophie consiste flans cet esprit d'athéisme <|tii parle sans cesse de la nature pour mieux faire oublier son auteur, qui justifie tous les \ices et dégradé tontes les vertus, en faisant de l'homme uûé espèce de machine, de plante, ou tout au plus d'animal soumis aux lois de la nécessité, et qui, en bannissant Dieu des cœurs comme de l'univers, détruit ces sentimens religieux par lesquels, mieux que par tout le reste , se civilisent les peuples barbares, et se conservent les peuples civilisés; si la philosophie consiste dans cet esprit de présomption et de témérité qui compte pour rien l'expérience des siècles, méprise le suffrage des grands hommes, se joue des institutions consacrées par le temps, veut de la nouveauté, partout et dans tout ce qui existe ne voit que l'effet d'une ignorante simplicité; si la philosophie consiste dans cet esprit de libertinage qui tronque et dénature les livres saints pour les rendre ridicules, les traduit ou les commente avec toute la licence d'une imagination dépravée, ramasse avec complaisance dans les annales de l'E-

Dl:.S BEAUX ESPB.ITS INCRÉDULES. I70 glise lès vices et les scandales pour en souiller la religion qui en gémit et les condamne, garde un coupable silence sur les sublimes vertus dont elle seule a donné l'exemple à la terre, et jette un voile sur les biens immenses dont l 'humanité lui est redeva- 1.1. ; en un mot, si la philosophie n est que l'athéisme, le matérialisme , le fatalisme, le déisme, le scepticisme, oh! j'en conviens, le dix-huitième siècle fut éminemment un sicci? philosophe. Jamais, au sein d'une nation chrétienne, un plus grand nombre d'écrivains à la fois n'avoicnt enseigné ouvertement qu'il n V" a pas de Dieu, que la providence n est qu'un mot, la vie future une chimère, l'homme np ciiV sans libre arbitre, le vice et la vei tu une invention humaine, le christianisme un amas de superstitions; toutes ces doctrines ont été si hautement, si fréquemment enseignées dans le dernier siècle, elles sont consignées dans tant don vrages qui ont fait quelque réputation à leurs auteurs; le fait est si notoire, si a\oué des ennemis de la religion, si au-dessus de toute contestation, que des citations pour l'établir seroient plus que superflues.

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Sans Joute ce n'est pas dans ces doctrines, cilet et cause tour à tonr de la per\< isilé humaine, que nous placerons la philosophie. iYallons pas nous laisser abuser par des mots. et révérer des doctrines insérées, parce qu'elles scroient revêtues d'un beau nom; ne séparons pas la philosophie de la sagesse, delà saine raison, de la vérité, de la morale, de ce qui tend à rendre les hommes nous et heureux. Pendant soixante ans, une fausse philosophie avoit endormi l'Europe du vain bruit de ses systèmes et de ses déclamations contre les préjugés ; ne seroit-il pas temps de nous réveiller enfin et de juger celle qui; sans mission et sans autorité, a jugé l'univers? Ou Fcn lie s'entend pas quand on parle de philosophie , ou la philosophie pour un peuple consiste à bien penser et à bien raisonner sur les différentes branches des connoissances humaines ; plus il y aura dans une nation d'idées saines, morales, sociales, propres à faire fleurir la paix , la justice et les lois, et plus cette nation sera sage, raisonnable, et par là même plus elle sera philosophe. Ainsi ce n'est ni le goût exclusif des sciences exactes et naturelles, ni l'amour do-

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