‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 4)Chapitre 24 sur 39 · SUR LA NÉCESSITÉ DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

SUR LA NÉCESSITÉ DE LA RELIGION

(l'Inii mi si grand nombre d'esprits qui seroient pleinement satisfaits de tout, pourvu qu'ils trouvassent sur la terre la fortune et le repos; eli bien! il faut commencer par leur dire que sans la religion , qu'ils traitent avec tant de mépris, ils n'auront pas même ce qu'ils cherchent uniquement; que c'est elle surtout qui veille au maintien des mœurs , des lois et de la liberté, à la sûreté des personnes, à la conservation de leurs biens, et qui, tandis qu'ils l'insultent peut-être, les couvre de sa protection puissante: il faut leur dire en un mot que ce monde social, auquel ils ont le malbeur de borner toutes leurs pensées, s'il n'étoit vivifié par la religion, finiroit par se dissoudre dans l'anarcbie, ou par s'abrutir dans la senitude, et le Prophète-Roi ne faisoit qu'exprimer sous une image vive et populaire une idée éminemment politique, quand il disoit, il y a trois mille ans : <( Si Dieu ne garde la cité , » c'est en vain que veille à ses portes celui x> qui est préposé à sa défense: » Nîsi Dominus custodierit civitatem , frustra çigilat qui custodit eam.

Je ne l'ignore pas, Messieurs, si quelque-

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fois le ministre de la religion déplore les ravages <l<s mauvaises doctrines; s'il exprime le désir de voir enfin les esprits s'arrêter dans la carrière de PincréduKtéj s'il fait sentir ce que celle-ci a de menaçant pour le repos et la liberté des peuples, on semble apercevoir dans ses gémissemens cl ses vœux quelque chose d'indiscret et de superstitieux; on 1 accuse de vouloir fane rétrograder la génération présente, et l'on croit avoir tout dit en disant qu'il faut marcher avec son siècle, maxime vague et commode, vraie sous pins d'un rapport, mais qui, à force d'être appliquée sans discernement, peut devenir si funeste, et nous précipiter dans l'abîme. Cherchons, Messieurs, à Lien démêler ici la vérité, et que l'usage légitime d'une maxime aujourd'hui si commune ne nous aveugle pas sur les maux que pourroient entraîner ses fausses applications.

Oui, dans les choses indifférentes que le temps fait naître et mourir, qui sont abandonnées aux recherches, aux combinaisons et en quelque sorte aux caprices de l'esprit humain, marchons avec le siècle, j'y consens. Ainsi, lorsque de brillantes découvertes

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