SUR L'EDUCATION
O'ix. est une chose qui se lie étroitement aux destinées d'une nation , qui doive exciter la sollicitude des gouvernemcns comme des particuliers, et qui soit capable de prévenir ou de préparer la ruine des générations à venir, cest, Messieurs, l'éducation des cnfans : voilà une des causes principales de la prospérité ou du dépérissement des Etats. Certes, après tant de secousses violentes qui ont ébranlé parmi nous l'édifice social jusque dans ses fondemens, nous serions bien à plaindre, si nous ne sentions le besoin de le raffermir, et de l'asseoir plus que jamais sur une éducation profondément morale et religieuse. Loin de nous ici l'insouciance et le dédain : il s'agit de l'intérêt le plus pressant de toutes les familles ; il s'agit du salut même de la patrie. Laissons à un petit nombre d'hommes les discussions savantes sur les lettres et les arts, sur les maximes de la politique, sur le maniement des deniers publics; mais l'édu-
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cation des enfans ne doit être étrangère à qm que ce soit : elle intéressé si vivement toutes les conditions, depuis Le trône jusqu'à la chaumière 5 il appartient si bien à tous, sans exception, d'y coi 1 courir par leurs leçons ou par leurs exemples, que 1 indifférence n'est permise à personne. C'est donc pour éveiller la vigilance dos parons, le zélé des instituteurs, l'attention de tous, que je me propose de vous entretenir aujourd'hui de l'éducation. A ce sujet, j'établirai trois choses : la première , que la prospérité de la France dépend surtout de la bonne éducation des enfans ; la seconde, que cette éducation, pour être bonne, doit être religieuse; la troisième, que, pour être religieuse, elle doit être confiée à des hommes religieux. Tel est le sujet et le partage de ce discours.
Je ne viens , Messieurs, ni exposer de nouveaux plans d'éducation , ni discuter des méthodes d'enseignement, ni déprimer ce qui est, et célébrer ce qui n'est plus; mais je viens uniquement présenter des considérations morales et religieuses qui ne sont
étrangère»
SUR L,'ÉDIJ CATION. OOJ
étrangères à aucun système d'éducation , et que doivent avoir toujours présentes à l'esprit et les parens et les instituteurs. ÎNe craignez pas que, dans le cours de la discussion, je dépasse les justes bornes, et que je m'emporte à dire des choses peu mesurées : je connois mes droits, mais aussi mes devoirs. J'ai le droit de dire la vérité dans ce qui est de mon ministère , je la dirai, mais toujours sans amertume et sans personnalités offensantes. C'est un devoir pour moi d'être réservé, et je le serai, mais sans mollesse et sans pusillanimité ; et vous sortirez, je l'espère, de ce discours, également satisfaits de ma modération et de ma franchise.
Je dis d'abord, et c'est ma première proposition , que la prospérité de la France dépend surtout de la bonne éducation des enians.
Sans doute il n'est pas de Français qui ne fasse des vœux pour son pays, qui ne soit disposé à se réjouir de ses prospérités, comme à s'affliger de ses disgrâces, et ceux-là mêmes qui prêchent des doctrines destructives de son bonheur ont soin de se les dissimuler et de les décorer d'un i\r. i5