‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 5)Chapitre 10 sur 38 · DU PENTATEUQUE · texte numérisé non relu

DU PENTATEUQUE

(les provinces el des rovanmes. Aussi que voyez-voiis dans Moïse? Abraham à la tête de trois cents lîommcs défaire quatre rois Jiguës ensemble. Dans ces â»es primitifs où récriture étoit moins connue, si elle n'étoit ignorée, comment se conservoit la mémoire des évcnemens? par des monumcns grossiers, mais significatifs. Ainsi dresser des autels , consacrer des pierres , composer des cantiques qui rappellent le passé, donner un nom symbolique aux lieux où l'on avoit campé, ou bien aux enfans dont la naissance étoit marquée par quelque chose d'extraordinaire, tel fut l'usage des temps antiques, chez les (Uflerens peuples du monde (1), Or c'est encore là ce que l'on voit dans le récit de Moïse. Abraliam élève des autels aux mêmes lieux où Dieu lui avoit apparu ; Jacob consacre la pierre sur la(pielle avoit reposé sa tête* il nomme Galaad le monceau de pierres qui est le signe de son alliance avec Laban ; le sépulcre de Rachel, le puits nommé Bersabée, et tous les autres dont parle l'histoire d'Laac, étoicnt des mo-

(i) Goguct, Origine des Lois, etc., tome I, p.igc 362.

1 58 MOÏSE CONSIDÉRÉ COMME AUTEUR numens (i). EiiGn la manière dont sont écrits les quatre derniers livres du Pentateuque décèle évidemment un ouvrai^e original et contemporain de Moïse. Si dans des temps postérieurs ces livres étoient sortis des mains d'un autre écrivain , qu'auroit fait leur auteur? Maître de sa matière , il se seroit tiacé un plan, il auroit mis de l'ordre dans les différentes parties de son ouvrage, il auroit rappelé à différens cliefs les lois, les faits, la religion. Dans Moïse rien de semblable : on voit qu il écrit au milieu des évènemens dont il est le témoin ocidaire, les lois sont mêlées aux faits, parce que souvent un fait donnoit lieu à une loij elles sont rapportées sans ordre, parce que, faites suivant les occurrences, elles sont écrites aussitôt que puljliées. Ce n'est pas une histoire suivie, composée avec art et méthode par lui homme qui a réfléchi sur les évènemens passés, qui les combine et les enchaîne* ce sont les mémoires d'un écrivain qui raconte ce qu'il voit et ce qu'il fait; de là ces répétitions, ces reproches, ces exhortations véhémentes, nui naissent du fond

■■ {C Flcuvy, n". 2. .,. ^

BL PENTATELQl Li. 1 OC)

mémo dos choses et des évenemens. Il faudroit rl'a^oir aiiciiii goût pour ne pas rccoiinoîtrc dans ces livres de Moïse le caractère original d'un législateur (i).

L'authenticité du Pentateuque est donc apjnivée sur la foi constante des Juifs, sur labsurdité de 1 opinion contraire, sur ses caractères intrinsèques d'antiquité. Mais à cet ensemble de preuves lumineuses et frappantes que nous venons d'exposer que peuvent opposer les incrédules? Oseront-ils répéter encore après Yoltaire, leur maître, qu'il eut été impossible à Moïse d écrire le Pentateuque, que, chez les Egyptiens et les Clialdéens, 1 art de graver ses pensées sur la pierre polie , sur la lyrique , sur le plomb ou sur le bois, étoit la seule manière d'écrire, et que dès-lors il n'est pas croyable que Moïse ait eu le temps et les moyens d'écrire les cinq livres du Pentateuque? Ici, Messieurs, tout est faux ou hasardé. Que le Décalogue , que l'abrégé de la loi, ait été gravé sur Ja pierre, je ne le conteste pas; mais où a-t-on vu que les autres parties de Touvrage ont été gravées de la même ma-

(i) Duvoisin, p?rc C^-,

1 6'0 MOÏSE CONSIDÉllÉ COMME AUTEUR )iière? Où a-t-on \ a que du temps de Moï&e on ne connoissoit c[\ic ce moyen d'écrire s(;s pensées? pourquoi n'am^oit-on pas connu l'usai^e de ^^•a^cr sur lécorcc de certains arbres, sur les feuilles du palmier, comme cela s'est pratiqué aux Indes et à la Chine? Estil naturel qu'on ait commencé par ce qu'il y avoit de plus difficile? L'art de peindre avec des couleurs n'a-t-il pas dû précéder lart de j^raver avec des instru mens de cuivre ou d'acier? L'histoire des peuples n'atteste -t- elle pas que l'invention des lettres est de ta plus haute antiquité ? Les savans croient que Cécrops et Cadmus, à peu près contemporains de Moïse , apportèrent dans la Grèce la connoissance des caractères alphabétiques. Mais n'insistons pas sur une matière où les erreurs, les inconséquences ^ les contradictions de Yoltaire, ont été relevées avec autant d'esprit que de force dans lingénieux et solide ouvrage qui a poiu' titre : Lettres de quelques Juifs d M. de Toltaire. Maintenant écoutons encore Bossuet(i):

(( Que dit-on pour autoriser la supposition

(i) Ciiapitre xxvm du Discours sur rHi>.toirc univcrstl!'.% page 44:..

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)) du Pentateuque, et que peut-on oLjector y> à une tradition de trois mille ans, soute- )) nue par sa propre force et [;ar la suite )) des choses? rien de sui\i, rien de positif, )) rien d'important; des ciiicanes sur des )) nondjres, sur des lieux et sur des noms, )) et de telles obsersations qui, dans toute )) autre matière , ne passeroicnt tout au plus )) que j)0\u' de > aines curiosités, incapables )) de donner atteinte au fond des cboses, )) nous sont ici allë^aiëes comme faisant la » décision de l'atrairc la plus sérieuse qui

)) fût jamais A olci le fort de l'objec-

)) tiou (i). iN'Y a-t-il pas des choses ajoutées :o dans le texte de Moïse, et d'où vient qu'on » trouve sa mort à la Hn du livre qu on lui )) altrijjue? Quelle merveille que ceux qui )) ont continué son histoire aient ajouté sa )) lin bienheureuse au reste de ses actions, )) afin défaire du tout un même corps? Pour )) les autres additions, vovons ce que c'est. » Est-ce qu Iqiie loi nou^ elle ouquelque nou- )) velle cérémonie, quelque dogme, quelque )) miracle, quehjue j)rédietion? on n'y son^^e

(i) Chaj;i"ro xxviu du Discours; sur l'IIIïtoirc uni\cr-

1 62 MOÏSE consideim': comâie Auteur » seulement pas; il n'y en a pris le moinrlre j )) soupçon, ni le moindre indice. C'eût élé )) ajouter à l'œuvre de Dieu; la loi l'avoit )) défendu, et le scandale qu'on eut causé )) eût été horriJjle. Quoi donc? on aiu'a con- )) tinué peut-être une généaloi^ie commen- )) cée, on aura peut-être expliqué un nom de )) \ille changé parle temps;... quatre ou cinq y) remarques de cette nature faites par Jo- » sué, ou par Samuel, ou par quelque autre )) prophète d'une pareille antiquité, parce :» qu'elles ne regardoient fp.ie des faits no- )) toires, auront passé naturellement dans le )) texte; la même tradition nous Ici aura rap- )) portées avec tout le reste , et aussitôt tout )) sera perdu! A-t-Qn jamai$ jugé de l'auto- )) rite, je ne dis pas d'un livre divin, mais )) de quelque livre que ce soit , par des rai- )) sons si légères? Mais c'est que l'Ecriture :» est un livre ennemi du genre humain ; il )) veut obliger les hommes à soumettre leur )) esprit à Dieu et à réprimer leiu^s passions )) déréglées. 11 faut qu'il périsse, et à quelque y) prix que ce soit il doit être sacrifié au liber- )) tinage (i). )) Oui, voilà la véritable source

(i) Discours sur rHislcirc universelle,, page 'jî^-o.

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(les aruuniriis da rincrédulité. On a fait contre ranti(|nité de V Enéide des cliicancs même assez embarrassantes, et on les méprise; on en fait de plus puériles encore contre l'antiquité des livres de Moïse, et aussitôt on en triomphe, comme* si c'étoient des démonstrations. Ainsi on a deux ])oids et deux mesures qu'on emploie tour à tour, ou suivant la raison , ou suivant ses caprices. Mais c'est assez poiu' être Lien convaincu que Moïse est Fauteur du Pentateuque; j'ajoute que Moïse est lui auteur très-véridique; seconde proposition.

Qu'il, est étonnant. Messieurs, qu'il est digne de fixer l'attention de tous les esprits , le récit des merveilles opérées par Moïse, et que nous lisons dans son ouvrage! L'Egypte cliàtiée de son obstination par des calamités que l'on voit commencer, s'étendre, cesser, au seul commandement de !Moïsc; tous les premiers nés des Egyptiens, depuis le lils du roi jusqu'à celui de l'esclave, frappés dans ui\e même nuit, tandis que le glaive de la mort épargne les maisons des Hébreux, teintes du sang de

]Gi MOÏSE CONSIDEJli; CO^DIE ArTI'UR

Tagneau immole; la mer Rovige qui oinre ses abîmes j)Our livrer passage, au milieu (le ses ouJes suspendues des deux cotés, à ime multitude immense, un pain céleste rpii, durant quarante ans, la nourrit au milieu de sables arides et brùlans; nue colonne lumineuse qui ne cessa de guider sa marche dans le désert; un Dieu qui, sur le sommet du mont Sinaï, publie sa loi dans l'appareil le plus formidable et le plus majestueux; la terre s'ouvrant à la voix de Moïse pour engloutir tout vivans des factieux sacrilèges qui refusent insolenmient d'obéir, tel est le magnifique spectacle que nous présente l'historien sacré; et je ne fais que rapporter une partie des merveilles dont ses livres sont remjdis. 11 ne s'agit pas d'affecter un dédain superbe jfOur tout ce qvi'on appelle miracle; la trop grande crédulité seroit une foiblesse, la résistance outrée de l'incrédule seroit luie plus grande foiblesse encore; et déjà, dans un de nos derniers discoius, nous avons dissipé les préjugés qu'une fausse philosophie n'a que trop répandus sur cette matière. 11 ne s'agit pas non plus de tronquer le récit de Moïse, de modifier capricieusement les cir-

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coiislaiîcos les plus frappantes des faits, lI d'en ehcrelier ensuite des explicaliojis naturelles, de supposer gratuitement un appareil de machines, un jeu de causes j)]iVsirjues dont il n'est fait aucune mention : il faut prendre la narration telle qu'elle est, et voir s'd faut ou l'admettre comme vraie , ou la rejeter comme une fable. On sent Lien que cette longue suite de prodiges envisagés dans leur ensemble, leurs détails, leiu^s circonstances, leur durée, sont au-dessus des forces de la nature et surpassent tous les efforts de linduslrie humaine: aushi il n e^t qu'un douJjlc parti à [>r(jndre : il faut ou nier ces faits, ou bien avouer ingénument qu'ils sont miraculeux, v'pi'on doit y voir l'ouvrage de Dieu même, aiuorisant par eux la miï-sion de œn cnvové, protégeant son pciq)le, le -sengeant de ses ennemis, le comblant de faveurs, ou le cliatiant de son infidélité. Or je prétends que tout nous garantit la réalité des faits, et le caractère de l'iiistorien, et la nature même de ces faits, et la crovance de la nation cpii en est le témoin irrécusable, et les cHets durables dont ils sont la véril:d)lo cause.

î66 ]MOÏSE COKSIDÉRi: COMME AUTEUR

On sait combien le caractère connu de l'historien influe snr l'antoritë de son histoire, combien sa réputation bien méritée de bonne foi, d'impartialité, de vertn, donne de poids à ses récits. Or que trouYerez-\ ous dans Moïse qui n'inspire au lecteur une entière confiance? Plein de sentimens de religion et de piété , il s'oublie lui-même pour ne voir que celui qui l'envoie, il en célèbre la puissance et la bonté , et sa première loi , c'est de l'aimer de toutes les affections de son cœur 5 enflammé de zèle pour l'exlirpation des vices et la pjatique des vertus, c'est à cela que se rapportent ses discours, son culte, ses lois; sans ambition et sans vues personnelles, il n'accepte qu'à regret le grand ministère que le cief lui confie; il sacrifie son repos au bien d'un peuple naturellement indocile qui ne cesse de l'affliger de ses révoltes et de son ingratitude. La plus haute dignité , la souveraine sacrificature, il la laisse à son frère, tandis que ses propres enfans, il les abaisse au rang de simples lévites. Sans flatterie, il ne connoît pas ces ménagemens que la politique inspire , il reproche au peuple comme aux chefs leurs prévarications

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avec vmc fermeté magnanime, il ne craint pas de choquer l'ori^iieil des familles en rappelant l'inceste de Jvida et de Tliamar, Tadoration du. veau d'or, les débauclies des Israélites avec les fdlcs de Madian , les fautes de Lévi, clief de sa tribu, celles de son frère Aaron , de iVîaiie sa sœur, de ses neveux IVadab et Abiu; plein de candeur et de modestie, il ne dissimule pas ses propres fautes, il ne s'attribue la gloire d'aucun événement, il n'est que l'interprète et l'exécuteur des ordres du ciel. Simple dans son style, sans emphase, sans rétiexions étudiées, il raconte et ne diséerte jamais; il parle en homme convaincu , et avec la sécurité d'un écrivain qui ne craint pas d'être contredit. Or, à ces traits rémiis de candeur, de sincérité, d'une vertu pure, reconnoit-on un imposteur, ou plutôt ne faut -il pas reconnoître \iu liistorien véridique ?

Mais combien la confiance qu'il inspire par ses qualités personnelles s'accroît par les circonstances mêmes et la lîalure des faits quïl raconte! Pour si habile et si audacieux que soit un imj;osleur, il est |)0urtant des bornes qu il ne fianchit pas inq^u-

•j68 moïse considehe coivime auteur nément. Ce n'est pas assez d'inventer des fables, il faut les rendre crovables; et, s'il n'inventoit qne des mensonges grossiers qui ne sauroient échapper à la midtitude ellemême, quel espoir auroit-il de pouvoir la sédui-re? Celui qui est foiube craint de le paroîtrc; son premier soin est de caclier Igs fables qu'il imagine. Que fait-il pour cela? il en place l'origine dans des temps reculés; il les met à couvert dans l'obscurité des siècles; surtout il ne publie pas des choses qui puissent être démenties par des témoins vi^ans, par des nations entières; s'il le faisoit , le voile de" ses impostures seroit bientôt décliiré, et il ne rapporteroit de cette folle conduite qu'une honte ineffaçable; or voilà pourtant ce qu'auroit fait ?doïse, s'il ne faut voir dans son récit qu'un mensonge continuel. G'étoit un homme habile, on en convient; et toutefois, si on le suppose Instorien infidèle, il faut en faire le plus stupide et le plus inepte de tous les hommes. En elfet ce qu'il raconte est de sa nature public, notoire, et très-éclatant; les prodiges dont il fait le récit ne se sont pas ])assés dans les ombres de la nuit, ni

DU PENTATErQUE, 1%

tlans les tcmi)s auciens, ni dans des pays lointains, mais de\ant sa nation; il en ap- ]>(]]c continuellement à son témoignage, il désigne les familles, les personnes, les lieux; il ne craint pas de due à six cent mille liommes : voiià ce que vous avez vu vousniemes, ce cpic ^ons avez entendu. INon , ce n'est pas un poète qui décrit avec les coul'.'urs d'une in:iagination Lidlantc; c'est un jiistorien qui raconte des faiis avec exactitude et dans tous leurs détails, qui sans cesse les donne comme les titres de sa njiïsion, et qui délie ha;.itement la nation entière de fie les contester. Dans le dernier de ses livres, dans le Dcutéronomc, il fait Fénimiération abrégée de tous les éxènemens merveilleux qui s'étoient passés durant l'espace de quarante ans, et il la termine en disant à tout le peu[de : (( A^os yeux ont vu tou- » tes ces grandes œu\rcs que le Seigneur )) a faites )) : Ocull veslri viderunt omnia opéra magna Dcmini qiiœ fecib (i).

Qu'un imposteur s'aj)puie sur des révélations, sur des songes, s\u' d( s miracles qu'un

(i) Deîîl.r. cliap xf.

' Tt. 8 ^

lyO MOÏSE CONSIDCKÉ COMME AUTEUR

petit nombre Je coinplices disent avoir vus, je le conçois; mais où est le fourbe qui ait exposé ses mensonges au grand jour, c[iii ait invoqué le témoignage de six cent mille bommes, qui ait fondé Je droit de leur commander sur des faits évidemment faux, sur des fables impertinentes, démenties par la notoriété pu])lique (i)? On aura beau dire que les Hébreux étoient ignorans, grossiers, crédides, faciles à égarer et à séduire, on en con\iendra , si l'on veut* mais enfin ce n'étoit pas un peuple d^insensés, possédé tout entier d'un délire continuel qui lui ôtat l'usage des sens et de la raison ; ils avoient des yeux pour voir, des oreilles povu^ entendre, ime intelligence pour concevoir. Mais, s'ils n'éloient pas réellement fous, comment Moïse aru^a-t-il pu lenr persuader pendant quarante ans qu'ils vo voient ce qu'ils ne vo voient pas, qu'ils entendoient ce qu'ils n'entendoient pas? Pour me servir de la pensée et méîne de l'expression d'un écrivain judicieux, dans un discours sur les livres de Moïse, (( toute la certitude bumaine repose

(2) Duvoisiu, Au'ori'c ùcs livre- do 7<ichc. page ! [•\

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)) sur ce principe, rpie les bommes ue sont » ])as fous, et rpi'il est de certaines rè<^]es » dont ils ne s'écartent que par un renver- » sèment total da la raison. Qu'il soit per- » mis d'inventer à plaisir qu'au temps de )) César et de Pompée tous les hommes )) étoiont frappés d'une maladie qui leur }J faisoit prendre leurs vaincs imaginations )) pour des réalités; dès-lors il n'y am\T plus )) rien de certain , et l'on pourra dire que )) la bataille de Pbarsale et d'Actium sont )) des visions d'un fanatique. Lorsqu'on ne )) peut nier des faits qu'en supposant, je )) ne dis pas dans une nation entière , mais )) même dans un certain nombre d'bom- )) mes, une folie complète, on a atteint en )) matière de fait le dernier degré de cer- )) titude possiljle (1). )) Les liommes de tous les temps se ressemJjlent; il n'est pas plus permis de siq^poser cette folie dans la nation juive d'autrefois, que dans les hommes d'aujourd'hui. Or, en supposant d'un coté que des miracles si éclatans, si sensibles, qvi'ils ne demandoient que des oreilles

(1) Discours à îa suite des Pcnstcs de Pascal.

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