DU PENTATEUQUE. I
lial.ilons ces iiiemcs Gaules doul Cc'sar a fall riiistoire a])rès en avoir fait la coiiqucte. Eii bien ! nos érudits sont embarrassés plus J'ane fois pour concilier ce que nous dit ce conquérant historien avec ce que nous voyons; et nous voudrions qu'aucun nua<^e ne couvrit uji livre plus ancien de deux mille ans, écrit dans une langue moins connue que celle des Commentaires de César, et relalir à des mœurs, à des peuples, qui nous sont encore plus étrangers!
Si le Pentateuque est si ancien, ne sovons plus étonnés que dans le récit des faits, dans 1 énoncé de certaines lois, dans des détails de mœurs, nous y trou\ion3 une naïveté, une franchisse de lanifa^e qui nous choruie et que nous sommes tentés d'appeler indécente. Outre que cette plus grande lLl;eité p>eut être plus conforme au génie des Orientaux, il est certani que les peu})les naissans, tels que ceux dont Moïse fait l'histoire, ne connoissoient pas ces délicatesses, ces déloius usités chez les peu{)les qui, poiu' être plus civilisés , ne sont quelquefois que plus corrompus. Les Hébreux, comme les peuples primitifs j nommoient crûment ce que
l8o Muïi-E CONSIDÉRÉ CClsIME AL'JT.LR
liOiis euveloj^poiis j)ar des circoiilocvilioiis éloignées, (c Toi îles ees diiïerciices , dit Hcii- )) ry (i), ne \ienncnt que de la dislance des » temps et des lieux. La [)lupart des mois )) qui sont désbonnéles, suivant l'usage pré- )) sent de notre langue, étoiont lionnètes )) aulrefois, parce qu^'ils donnoient d'autres )) idées. )) Cette remarque j)eiLt s'appliquer non - seulement à Moïse, mais encore aux autres écii'^ains de l'ancien Teslan^ient- cl je la fais ici conlre certains incrédules dont la plume a été trop licencieuse, pour quds aient le droit de crier au scandale.
Une seconde conséquence de l'aulorilé du Pentateuque , c'est que Moïse éloit véritabiement l'envové de Dieu; il est impossible de ^oir tant de prodiges o|>érés par ses njaiiis, sans le croire investi d'une puissance toute divine. Uès-lors je dois croire à sa parole, ré- \érer sa doctrine, écouter avec rv^spect ce qu'il nous enseigne de Dieu, de la création j, de 1 homme, des premiers temps. Le mensonge n'a pu souiller les écrits de celui qui parloit au nom de la vérité même. Dès-lors
(i) Mceurs des Israclitcî, n°. iG.
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je dois regarder le peuple hébreu comme le pcuj)Ie de Dieu, dépositaire des traditions sacrées, et de celte lumière divine qui devoit rester cachée dans son sein jusqu'à ce qu'elle remplit de son éclat liuiivers entier. Dès-lors je mÀs dans la loi mosaïque la préparation et la figiue de la loi cîirétienne; j'aperçois la filiation de l'ancien et du nouveau Testament; je découvre les desseins de la Pro- \idcnce sur la conservation de la yéritaLle religion; je comprends pourquoi Ton dit qu(> le christianisme est au^si ancien que le monde, qu'il a commencé avec lui pour ne finir c[u avec lui. Oui, des pontifes qui gouvernent aujourd'hui l'Eglise chrétienne, je remonte par une succession non-interroui- [)ue jusqu'aux apôtres, Aon reprenant les pontifes qui ont ser\i sous la loi, on va jusqu'à Aaron et jus<pi'à Moïse, de là jusqu'aux patriarches et jus(pi à l'origine du monde(i). Ainsi, dans la loi connue des patriarches, dans la loi qui fut donnée aux Héhreux par jMoïsc, dans celle qui a été donnée à tous les peuples par Jésus-Llirist, c'est toujovu's le
L (i) Dossuct, Hiîtuirc universelle, pn^c 4*
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même Dieu qu'on adore, la même espérance de la vie fiitmx, la foi plus ou moins dévelopjice au même libératevir 5 ainsi le chrislianisme a eu ses commcncemens, ses progrès, sa maturité, jusquà ce qu'il ait sa pleine consommation dans les cieux; ainsi la religion forme comme une chaîne immense qui, par le premier anneau, tient au berceau même da monde, traverse la durée des siècles, et va se perdre cnfm dans réternité.
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