‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 5)Chapitre 14 sur 38 · DES TEMPS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

DES TEMPS PRIMITIFS

l'univers selon leurs caprices, seuililcnt avoir pr(''si(lé à la création, siirloiit à la fornialion du ^lobc q\ie nous habitons, et qui ne conroivcnt pas que le Créateur ait eu d'aulres pensées que celles dont ils sont infatués, si même ils n'essaient pas de se passer de la cause intelligente et suprême qui, dans le commencement, a dû donner à tout l'être, le m.ouvement et la vie. Coinbien de géoloiiiies nous ont donné leurs conjectures pour des faits, ont appliqué à la terre entière des observations purement locales, converti en lois constantes et universelles des phénomènes particuliers, et fini par ériger en vérités incontestables les rêveries de leur imagination! Et ne pensez pas, ^lessieurs, que nous venions attaquer de notre autorité privée des hommes que leur science et leur talent peuvent avoir rendus célèbres; nous avons povu^ garans de ce que nous avançons des écrivains dont le nom certes n'est pas inconnu dans le monde savant. Un des naturalistes et des vovagcurs les plus illustres de ces denners temps, Pallas, acad('imicien de Pétersbourg, a publié des Observations sur la formailon des monta-

^tCjO MOÏSE CONSIDEIIE COMME HISTOHIEIM

g72ûs et les cha/igemcns arrivés à notre globe (i). Or, dans cet ouvrage même , il reproche à quelques savans, et riolammcnt à iiuffon , de s'être trop hâté de bâtir des systèmes, et d'avoir trop précipitamment jugé le glol>c entier d'après la sphère trop étroite do leurs observations personnelles.

Surtout, Messieurs, écoutez ce que nous dit à ce sujet un des naturalistes les plus renommés dont s'honore aujourd'hui la France, et même l'Europe, je veux parler de celui qui s'est occupé avec tant de gloire de XAnatomie comparée. Chargé de faire devant la classe des sciences physiques de notre sénat littéraire un rapport sur un ouvrage qui a pour titre : Théorie de la surface actuelle de la terre ) le savant auteur débute par des réflexions précieuses qu'on ne sauroit trop rappeler à une jeunesse naturellement si inconsidérée dans ses jugemens* il se plaint de ce qu'au lieu de recueillir des faits , base de tout vrai système, on s'est élevé précipitamment à la connoissance des causes, de ce qu'on a fait prendre ainsi à la géologie

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une riîaiclie trop rapide, d'oà il csl arrivé rpie (( (j) une science de faits et d'observa- » tions a été changée en un tissu d'hypotliè- )) ses tellement vaines, et cpii se sont tclle- )) ment comljattucs, qu'il est devenu presque )^ impossii^le de prononcer son nom sans ex- )) ciler le rire... (2). Le nombre des svstèmcs )) de géologie s'est tellement augmenté, qu'il )) ven a aujourd'hui plus de quatre-vingts. )) ^t oiei une chose, !^Icssieu.rs, que je ^ous prie de ]>icn remarquer; notre autciu' fait Fénuméralion de tous les points quil faudroit éelau'cir avant de s'occuper de la recherche des causes physiques de la sti-ucture soit inténeiu\o soit cxtéricui-e du idobe, et il ajoute (5) : « iScus osons affirmer qu'il n'en )) est pas vm sur lequel on ait rien d'ab- » solument certain ; presque tout ce qu'on » en a dil est plus ou moins >aguc. La plu- )) part de ceux qui en ont parlé l'ont fait » selon ce qui Tonvenoit à leurs svstèmcs, )) ])eaucoup plus que selon des observations )) impartiales. »

(i) Rapp/rt à la suite de l'ouvrage, page 3rg.

(2) lùid. page Ô22.

(3J lùid. pag-e S'.i.S et suiv.

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