MOÏSE CONôIDKIÎE COMME HISTOÎ^IEN
V oiis l'( 11 tendez 5 Messieurs, et de la bouche d'un lîomnie dont l'autorité ici est irrëcvjsable; cette science qui s appelle idéologie, et qui s'occupe de l'état ancien et actuel du globe, est encore dans son enfance j sur cette niatière une foule de choses no sont que conjecturales. Eîi quoi! un savant si renommé par ses connoi^sances et sa sagacité s'exprime avec cette réserve, il avoue avec cette fi aïKliiîîcl iijccîj'tiliide de la science géologique, et un demi-savant, qui peutêtre n'a reçu en paitage qu'un esprit médiocre , que dis-je? un jeune homme à peine initié aux secrets des sciences naturelles, bâtira su.r la formalioii du monde des systèmes qu'il donnera pour des ^ érités démontrées , et il demandera fièrement comment on concilie Moïse avec ses idées et ses découvertes! Dans cette manière de procéder, où est, je ne dis pas la modestie, mais le bon sens? où est cette logique sans laquelle on s'égare si souvent, même avec de l'esprit et du sa\oir? On doit bien sentir que nous ne sommes pas obliges de concilier avec l'écrivain sacré tout ce qu'on peut imaginer d'hypothèses incertaines et souvent contradictoires.
DES TEMPS fKiMrmS. 1 (jO
tolres. Lorsque BtuYon puljiia sa Théorie de la terre, et ses Epoques de la nature, ce fut coiiime un cri de joie et de triomphe dans le monde incrédide ; on crut y voir le renversement des récits de Moïse. Qu'cst-il arrivé? c'est que la saine plnsique et l'expérience ont fait découvrir des erreurs dans ])lusieurs points de ces systèmes, de l'incertihule dans beaucoup d'autres; et si tout cela n'étoit encore soutenu par le nom de Fauteur , par l'éclat de la diction la plus noble et de l'imagination la plus brillante, le souvenir n'en seroit-il pas comme effacé ?
D'après ces réflexions, tout ce qu'on peut demander aux apologistes de la religion, c est de faire voir que la narration de Moïse n'est contredite par aucun fait rigoureusement démontré de l'histoire naturelle ; même avant d'en venir aux détails, nous cro^ons devou' faire une observation essentielle. Suivant Aloïse, c'est un Dieu créateur, maîtrisant la matière à son gré, faisant tout j^ar sa volonté toute-jndssante, qui a donné Texistencc à tout ce qui compose cet univers. Dès-lors il ne s'agi': pas do vouloir ap[)liquer