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à ces opérations immédiates de la toute- })iiîssaiiC6 divine les rè-4;ics que présente le cours ordinaire de la nature. Qui nous dira si, dans cette preniièrc formation des clioses, Dieu n'a pas hâté l'action des agens naturels, et rendu plus rapide le développement des éti'cs? Pourquoi n'auroit-il pas pu former en un instant, d un seul jet, ces masses de granit qui sont comme la charpente du globe terrestre, de même que plus tard nous voyons qu'il créa les animaux et l'homme dans l'état adulte , dans Fàge de la maturité? De quel droit \oudroit-on juger cette action créatrice de la cause première, dans l'origine du monde, d'après Faction lente et progressive des causes secondes qui perpétuent le monde une fois établi? Maintenant sortons de ces idées générales, donnons cpielque chose aux désirs souvent très-vains d'un esprit également foible et curieux, examinons de plus près les principales circonstances du récit de Moïse sur la création; et, sans embrasser aucun système, montrons que les choses qu'on pourroit opposer sont toujours incertaines, si elles n© sont entièrement fausses.
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Ce qui caractérise le récit de JMoïse, c'est Tordre d'existence qu'il assigne aux substances et aux êtres divers dont se compose ce monde visible. Le Créateur tire du néant l'ensemble dos choses qui, façonnées par sa main puissante, dévoient entrer dans la formation de l'univers ; ce cpie l'écrivain sacré exprime d'une manière populaire, en disant: (( Au commencement, Dieu créa le ciel » et la terre. D'abord la terre fut couverte » d'eaux, c étoit comme un abîme téné- )) breux, mais Dieu dit : Que la lumière soit, )) et la lumière fut, » mot subhme, admiré, comme chacun sait, parle rhéteur Longin , tout païen qu'il étoit; voilà le premier jour de la création. Au second jour, les eaux cjui cnveloppoient notre planète finent divisées de manière qu'une portion s'éleva dans les régions supérieures. Au troisième, la terre ferme commence à paroître, les plantes sort 'nt de son sein , la verdure et les fleurs l'embellissent; au quatrième, le soleil, la lune et les étoiles, brillent au firmament; au cinquième , les poissons nagent dans les eaux , les oiseaux volent dans les airs , les reptiJc^s rampent dans la poussière, et les quadru-
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pèdcs marchent sur la surface tlu ^lobe; au sixième enfm , Fhomnic j^aroît, et le monde achevé roule sui\anL les lois qui dévoient le conserver dans la durée des siècles- et le Créateur, après lavoir fait par laclion immédiate de sa pidssance, la cache sous celle des causes secondes qui ont reçu l'ordre de le perj)étuer. C'est ce qu'on appelle l'ouvrage des six jours. Jih bien! dans l'histoire de la nature est-il un seul fait démontré qin soit en opposition manifeste avec cette formation successive des êtres divers? On a vu des naturalistes haljiles, quekpiefois même ennemis de la révélation et des livres saints, être frappés d'admiration de ce que Moïse avoit tracé le plan de création le plus conforme à leurs observations. Suivant Moïse , les substances qu'on appelle inorganiques ont existé avant les êtres organisés, tels que les végétaux; or en effet, en creusant profondément dans la terre, on arrive à des masses primitives qui n'offrent aucune empreinte, aucune trace de corps organisés; l'expérience est constante et universelle (i).
(i) Paîla?, pages i3 et i5.
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Que lisons -lions on outre dans le récit de ^loïse? c'est que la terre fut orii^inairenient ensevelie tout entière dans les eaux: or où est la démonstration du contraire? S'il est des naturalistes qui ont fait de la t'.'rre priniiii\e un i^loïje de matière vitrifiée en fusion, qui s'est refroidie insensiblement, n'ont-ils pas trou\é de puissans contradicteurs dans le monde savant? et de très-habiles physiciens nont-iis pas prétendu que le globe, au lieu d'aller en se refroidissant, s'échauffoit de plus en plus? Au jour-, d luii c'est une opini^on très-accréditée qu(3 les roches primordiales, Ijase de notre continent, résultent de différentes suiîstances qui se sont cristalhsées plus ou moins rapidement, après avoir été tenues en dissolution dans un liquide immense; de plus, ÏVevNton a remanjué (pie la teiT(i, dans forii^ine , a dû être dans un état de mollesse , jiour qu'elle pût, d'après le mouvement de lotation , se renfler vers l'équateur et s'aplatir vers les pôles : or cette double observation ne semble-t-elle pas nous ramener au récit de IMoïse, qui nous présente la terre comme originairement novée dans les eaux?
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Mais écoutez encore Moïse , et il vous dii a une cliose Lien étrange qui a plus d'une fois excité la risée des beaux esprits incrédules, c'est que la lumière existoit avant que le soleil, créé plus tard, eût Lrillé dans les cicux. 11 ne nous appartient pas de prononcer entre Descartes, faisant delà kimière qui nous éclaire un fluide répandu dans l'univers, mis en mouvement par l'action du soleil, et Newton qui la fait consister dans une iémanation intarissable des rayons solaires. On sait même qu'un des astronomes les plus célèbres de nos jours , qui a eu la gloire de découvrir une planète et de lui donner son nom , ne fait du soleil qu\in astre opaque , au milieu d'une atmosphère en perpétuelle incandescence. Mais, quoi qu il en soit de ces opinions, ne faut-il pas, même dans celle de ÎXew'ton, reconnoître une lumière primitive, indépendante du soleil? Elle est partout, encore qu'elle ne brille pas toujours: un léger choc la fait jaillir des veines du caillou; les phénomènes phosj boriques la montrent dans les minéraux ou des êtres vivans; le frottement la tue en gerbe des corps électriques: elle sort abondamment
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des végétaux et des animaux qui se décomposent; cpielquefois de castes mers se montrent toutes lumineuses- si dans la nuit vous alliunez un flamucau, à l'inslant un grand es[>ace est éclairé. Or cette îimiicre dont nous venons de parler ne tire pas son origine du soleil 3 elîo fait partie de cette lumière élémentaire qui fut créée le premier jour, et qu on peut regarder comme un premier fond dans lequel le Créateur devoit puiser celle qui éloit nécessaire pour rendre hmiineux le soleil et les astres. C'est là cette lumière qui se comljine avec tous les corps de tant de manières diliercntes, s'en dégage, ou y demeure cachée, suivant les circonstances, et qui joue un à grand rôle dans les phénomènes cliimiques. Admirons que Moïse dans sa narration ait Ohé placer la lumière avant le soleil; la vérité seule pouvoit l'engager a dire une chose qui, pour être réelle, n'en étoil j as moins bizarre et moins choquante en apparence. . -•
Il est vrai que, pour mieux expliquer à h'iu' manière les phénomènes que pié:^ente à Tobservateur attentif la structure intérieure
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du gloLe 5 plusieurs savans ont avancé q\ie les jours de la création dont parle Moïse n'ëtoient pas simplement, comme les nôtres, des jours de vini^t-quatrc lieiu'cs, mais des époques de temps indéterminées; ils font remarquer que, dans le langage des livres saints, le mot jour n'a pas un sens fixe et invariable, qu'il signifie quelquefois un espace de temps, une époque; surtout ils font remarquer que les trois premiers jours de la création ne povivoient pas être semblables aux nôtres (i) ; car le soleil qui n'a paru que le ffuatrième jour n'existoit pas encore, et c'est poiu^tant son cours diurne qui mesure la durée de nos jours. Moïse kii-méme, après avoir détaillé les œuvres successives de la création, fait une sorte de récapitulation en disant: (( Telles ont été les générations des )) êtres au jour ou Dieu créa le ciel et la terre , ^) istœ sunt generationes y... in die quo fecit Doirdniis Deus cœliun et terrmn. il est visible, dit- on, qu'ici le mot ^O;'//' signifie, non un joiu de vingt-quatre heures, mais plutôt les six jours mêmes de la création, ou
• (iji Leçons Je riîiotoiî-Cj Louic I, :cttr<i lî, noLe D.
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]j1' 11 en «général il rcpciul aux mois temps, époque , ainsi (juc Dui^iict a cru devoir X'vwtendre dans son explication. Eloigné de tout es])rit de système, je ne me prononcerai ni pour ni contre cette opinion \ si elle n est pas la j)lus commune, elle a toutefois ses j)arLisans; je pom-rois citer des tliéologi'."ns modernes qui l'ont embrassée, ou cpai du moins la regardent comme incertaine; tout ce qu'il importe de savoir, c'est qu'elle n'est pas condamnée et qu'on peut la défendre sans blesser en rien la doctrine orthodoxe. Dans son ouvrage assez considérable sur la Genèse (i), saint Augustin dit expressément qu'il ne faut pas se hâter de prononcer sur la natin^e des jours de la création , ni d'alErmer qu'ils fussent sembJaljles à ceux dont se compose la semaine ordinaire; et dans le j)liis iini de ses ouvrages , dans la Cité de Dieu y il dit encore qu'il nous est difficile et même impossible d'imaginer, à plus forte raison de dire quelle est la nature de ces jours : Qui dies, cujus niodisint, autpcrdif- Jlcile nobis aut et la m impossihile est cogi-
(i; De Cencsi ad liiicratn , !ib. iv, u^. \.\.