‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 5)Chapitre 18 sur 38 · MOÏSE CONSIDÉRÉ COMME HISTORIEN · texte numérisé non relu

MOÏSE CONSIDÉRÉ COMME HISTORIEN

tire l'univers avec ses mcrveill(>s. Toutes nous fout remonter à une époque de bonheur et de paix où la terre étoit po'ar l'homme un séjour de délices* les poètes l'ont célébrée sous le nom de l'àgc d'or. Toutes supposent la trèslongvie durée de la vie humaine dans les premiers temps, et le célèbre historien Joseplie cite à ce sujet plusieurs historiens des anciens peuples de la terre. Toutes enfm ont conservé la croyance des bons et des mauvais génies. La fable des Titans, escaladant les cieiix et foudroyés par Jupiter, ne rappelle-t-elle pas l'audace et le cliàtiment des anges rebelles? Suivant la fable, les maux qui désolent la terre sont sortis de la boîte de Pandore y et sont présentés ainsi comme la suite de la curiosisé d'une femme; le serpent a été dépeint comme l'ennemi des dieux : or tout cela n'a-t-il pas vui rapport singulier avec ce que disent les livres sainls de l'homme et de sa chute? On sait ce qu'ont écrit sur ces matières Hésiode dans soit poème sur les travaux et les jours , et surtout Ovide, ce savant interprète des traditions mythologiques. Enfm, Messieurs, une chose singulièrement frappante ^ c'est la di-

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^isIon des temps en semaines de sept jours. Dans son îlistoirc de l'Astronomie ancienne, Ijailli a dit (1) : c( Chez les Orientaux, l'usai^o )) de compter par scmauies partagées en sept )) jours étoit de temps immémorial. » IN 'estil pas naturel de voir dans cette division du temps un souvenir de la semaine même de ]a création? Ce sont là, je le sais, comme des fils épars dans l'obscurité des temps; mais, quand on voit ainsi les traditions sacrées des autres peuples venir à l'appui de celles des Hébreux, il est impossible de ne pas être étonné de cet accord. C'est aesez pour venger le récit de Moïse sur la création; il me roscc à examiner son récit sur le déluge.

Seize siècles s'étoicnt écoulés depuis la naissance du genre humain, lorsque, irrité contre les iniquités de la terre montées à leur coudoie, Dieu résolut de la punir et de laisser aux âges futurs mu moniunent éternel de sa justice. Dans ce dessein, il donne le signal à toute la nature, pour qu'elle serve d instruinent à ses vengeances^ et tout à coup

:j) Tome VU, §. S.

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les eaux du ciel, s'unissant à celles que renferment les vastes bassins des mers et les cavernes profondes de la terre, inondent les continens. Cette clTroyaLlo chute des eaux qui tombent du sein de ratmosplière , cette éruption violente des eaux souterraines, ce débordement des eaux de la mer, voilà ce que l'écrivain sacré nous désigne dans son style oriental, lorsqu'il nous dit que les cataractes du ciel furent ouvertes et que les fontaines du grand abîme furent rompues. L'espèce humaine est engloutie sous les eaux* une seule famille est sauvée du naufrage universel, c'est celle de INoë qui, par ses vertvis , a trouvé grâce devant le ciel en courroux. Soutenu par une main divine, le vaisseau où elle est renfermée vogue en sûreté. Cependant cent-cinquante jours après celui qui a vu commencer cette terrible révolution, les eaux baissent, la cime des montagnes paroît, la terre se découvre, le juste et sa famille sortent de l'arche, portant avec eux l'espérance du genre luimain. Leur premier soin es^ de dresser un autel et d'offrir de solennelles actions de grâces au Dieu libérateur. Un aouvel ordre

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