TES TEMPS PRIMITIFS
(le choses va commencer, les trois lils de INoë, Sem, Cham et Japhet cleviennent la tige de nouvelles familles , de nouveaux peuples, et le monde semble naître une seconde lois. Tel est en substance le récit que Moïse nous a laissé de cette universelle inondation qui noya, Louleversa le i^lobe, et que nous appelons le délnj^e.
Quand nous n'aurions por^r garant de la véracité de 1 historien que la nature même de la catastrophe et la sécurité avec laquelle il la raconte, pourrions-nous y refuser notre assentiment? Quel intérêt a^oit Moïse à l'inventer? d'où lui seroient venus la j)ensée de répandre et l'espoir d'accréditer une fable sans fondement ? A l'époque où il ^ivoit, cet événement prodigieux, s'il étoit véritablement arrivé, devoit être jnofondén:ient gravé dans la mémoire des hommes; il devoit en exister sous leu.rs veux des monumcns irréfragables. Telle étoit alors la durée de la vie humaine que peu de générations s'étoient écoulées depuis i*<oë jusqu à IMoïse; dès-lors si celui-ci avoit osé débiter un mensonge sur un fait si mémorable par lui-même, et doîit pourtant il ne se se-
212 MOI8E CGÎ^^SIDERE CO^ÎME HISTOEIÉN
roit pas trouvé clc vestiges, il auroit excité contre lui une réclamation universelle, et seroit devenu la risée de ses contemporains. Mais qui ne sait pas d'ailleiu's que, de tons les évènemcns anciens, il n'en est pas un seul qui ait laissé des traces plus profondes dans le souvenir de tous les peuples de la terre? Egyptiens, Babyloniens, Grecs, Indiens, tout ici est d'accord; toutes les traditions des temps antiques supposent que le genre humain, en punition de ses crimes, fut noyé dans les eaux, à l'exception d'un petit nombre de personnes. Bérose qui avoit recueilli les annales des Babyloniens, Lucien qui ra ppelle les traditions grecques, ont laissé à ce sujet des récits qui sont parvenus jusqu'à nous et qui présentent un accord frappant avec celui de la Genèse (i). Cette universalité, cette uniformité de traditions sur le déluge, est avouée de l'incrédulité elle-même; l'auteur incrédule, du moins pour un temps, de Y ydntlqalté dévoilée a dit : (C îl faut prendre )) un fait dans la tradition des hommes dont )) la vérité soit universellement reconnue;
(i) Leçons de l'HistoirCj lettre y tout eati.re.
Di:s TEMPS Fiimiiirs. 21 j
)) quel esl-il? je n'en vois pas dont les mo- » iiiuneiis soient plus généralement attestés )) rpic ceux rpii nous ont transmis cette ré- )) ^olution j)îivsi(pae qui a, dit- on, cliangé )) autrefois la face de notre globe, et qui a )) donné lieu à un renou^ellement total de )> la société humaine; en un mot, le déluge )) me paroît être la véritable époque de Flils- )) toire des nations. )) Or, Messieurs, d'où a pu venir cette cro^ance universelle du genre liumain sur le déluge? il ne s'agit pas (Func de ce^ erreurs qui ont leur source dans l'orgueil ou dans la corruption humaine; quel intérêt ont les passions à ce que le genre humain ait été détruit par le déluge? Ici l'accord unanime des peuples, dont la langue, la religion, les lois, n ont rien de commun , ne j)eut avoir pour base que la vérité même du fait. Aussi tous les efforts de la science la plus ennemie des liNres saints n'ont pu découd rii" un seul monument qui remonte d'une manière certaine à une époque plus reculée que le déluge. Et Ihii-toire de l'esprit humain, des sciences, des lettres et des arts ne vient-elle pas à l'appui de INIoïse, sur la renaissance de ce monde nouveau?