‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 5)Chapitre 21 sur 38 · J}T.S TEMPS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

J}T.S TEMPS PRIMITIFS

niéme J'une heure, avec des calculs aslrouoiuiqucs qu'on en Ile suhant ses caprices, avec des zodiaques d'une origine équivoque el sujets à des explications arbitraires, on peut faire beaucoup de bruit et s'agiter avec une apparence de succès contre Moïse et son histoire. Mais je sais aussi que le bon sens veut que l'on s'attaclie à démêler les clîoses, que l'on ne cherche j)as à se prévaloir du fabvdeux, ni même de l'incertain; et alors qu'arrive-t-il? c'est que devant le flambeau de la saine critique toutes ces antiquités disparoissent. Un savant qui n'est ]»as suspect aux incrédvdes, c'est Fréret, a dit (i) : (( Je me suis attaché à discuter, à )) éclaircir l'ancienne chronologie des na- )) tions profanes; j'ai reconnu, par cette )) étude, qu'en séparant les traditions vrai- )) ment historiques, suivies et liées les unes )) aux autres, attestées ou même fondées )) sur des monumens reçus comme autlien- )) tiques, qu'en les séparant, dis-je, de tou- )) tes celles qui sont manifestement fausses, » fabuleuses ou même nouvelles, le coul-

is

f* (i) Leçons de l'Histoire, lettre IX, njte K.

2l6 MOÏSE COiSSIDÉRÉ COMME HISTORIEX

)) mencement de toutes les nations, même » dô celles dont on fait remonter plus haut )) l'oiigine, se trouvera toujoiu^s d'iui temps )) où la vraie chronoloi^ie de l'Ecriture mon- . )) tre que la terre étoit peuplée depuis [)lu- » sieurs siècles (i). ))

De nos joiu's, on a fait retentir dans l'Europe entière la découverte d'un zodiaque tracé dans le portique du temple de Denderali, et Ton s'est hâté de s'en prévaloir pour donner au genre humain une bien plus haute aiitiquité que celle' que lui donne Moïse. Mais cette objection a eu le sort de tant d'autres, elle s'est évanouie à Fexamen; un savant antirpiaire, dont le nom fait autorité en Europe (2), penche à croire cpie ce zodiaque est" postérieur à l'ère vulgaire, et il affirme cpi'il ne date ])as de trois cents ans a\ant Jésus-Chri;tt. Deux écri\ains français, que dislingue un vaste savoir, viennent de comnnujiquer au public leurs recherches sur les zodiaques du temple de Denderah. L'un (3) j

(j) Méni«:ircs de racadcmic dc5 inscriptions cl bcllcsle'trcs, 9.9 vol. page jgo, édition in-12, ou \ol. XVIII,

(2) Viscontijtrad.d'Hérod. par Larchcr, tome II, p. 06'. (3) Letrcnuc.

d'après

Dî:S TKMrS PRIMITIFS. 21 J

d'après les explications mêmes c[u il donne des inscriptions grecques qui se lisent dans ce temple, démontre que le portique où le grand zodiaque est sculpté a été construit sous TLIjère; et Fautre (i), par son ex[dication des liiéroglypbes du petit zodiavque , j)rouve que ce dernier a été sculpté sous INéron.

Dans des temps très-rapprocbés de nous, il s'est établi au Bengale une société de savans anglais, connue sous le nom di académie de Calcutta ; après l'étude de la langue originale des Indiens , de leurs livres , de leurs monumens et de leurs traditions, ils ont publié des discours et des mémoires , sous le titre de Recherches asiatiques. Or où les ont conduits leurs grands travaux? à reconnoître que l'bistoire de Moïse sur les temps primitifs, sur le déluge, sur Noë et ses trois enfans devenus la tige de nouveaux peuples, se trouvoit confrrmée par les moniunens Indiens, et que les cln-onologies asiatiques qui se j^crdeiit dans des siècles sans lin , une lois dépoidllées de leuis

(i) Chain i'L.lliou>

2l8 MOÏSE CONSIDÉRÉ COMME HISTORIEN

enveloppes symljoliqucs, se rëcluisolent à cdle de nos livres saints. 11 n'est donc pas un seul peuple sur la terre qui puisse se parer d'une anticpiité plus reculée que celle du déluge mosaïque.

MaLs le récit de Moïs-^j si merveilleusement conftrmé par Fhistoii'e de toutes les nations , sei oit-il contredit par l'histoire de la nature? non, Messieurs, il est difficile, ImpossilDle même de comprendre et de décrire les suites de cette efîioyable catastrophe. On sent bien que les eaux par leur chute, leur débordement, leur violente agitation, durent bouleverser les continens, les pénétrer à une grande profondeur, aplanir des montagnes, creuser des vallées, rouler des masses énormes de rochers, transporter les productions d'un climat dans un autre, entasser des matières diverses mêlées et confondues ensemble , et laisser ainsi des monumens de leur ravage. Or en effet l'état actuel du globe ne présente- t-il pas l'image d'un bouleversement? dans les diverses contrées de la terre ne trouve-t-on pas de vastes entassemens de corps iiTégulièrement mêlés ensemble, de sable, de cailloux roidés, de corps ma-

DES TEMPS PRIMITIFS. 2ig

rlns, de poissons et de coquillages confondus avec des dépouilles d'animaux et de végétaux? et cette espèce de chaos n'est-il pas la suite de quelque étrange révolution? Austi le savant auteur d'un ouvrage tout récent qui a pour titre : Recherches sur les osse^ raens fossiles des quadrupèdes , a-t-il dit en propres ternies dans son discours préliminaire (i) que, (c s'il y a rpielque chose de » constaté en géologie, c'est que la surface )) de notre globe a été victime d'une grande » et subite révolution. )) Que si l'histoire de tous les peuples d'accord avec celle de Moïse nous montre la cause de cette révolution dans cette inondation effroyable, universelle, appelée le déluge , pourquoi la rejeter? L'observation a forcé de savans naturalistes à la reconnoître enfin j sans adopter les explications physiques qu ils en ont imaginées, nous profiterons de l'aveu qu'ils font de sa réalité. C'est ainsi que Pallas ayant trouvé dans des climats glacés, dans la Sibérie, des ossemens d'éléphans et d'autres animaux monstrueux, mais en très -grand

(i) Page 1 ifi#

Page 1