‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 5)Chapitre 27 sur 38 · DY.S EVANGILES. 27 J · texte numérisé non relu

DY.S EVANGILES. 27 J

res et forcés, des passages tronquc's, des siipposilions arbitraires et des rclicences allectées qui ressemblent à des nieusonges, on j)eiit tout obscruxir, et d'erreur en erreiu-, do ehinière en chimère, en venir jusqu'à dire que les clirétiens n'ont pas connu jusffu'iei leur religion, et que les prenners seciateiu's du christianisme ne prélendoient adorer dans Jésus-Christ que le soleil. Mais je sais aussi qu'avec de semblabh^s manières de procéder il n'est pas de folie qu'on ne puisse répandre. Eh quoi! Messieurs, d infâmes sectaires du troisième siècle, nom^ mes manichéens, faisant un mélange monstrueux du christianisme et de 1 idolâtrie, aiuont confondu dans leur culte inseubé le Chiist et le soleil; dts calomniateurs obseiQ's auront accusé les chrétiens d'adorer le soleil, j)arce qu'ils se réunissoient pour les exercices de leur culte le jour même que les Latins appeloient Xc^ jour du soleil, tout comme on les accusoit aussi de se nourrir dans leurs mystères secrets de la cliair d'un enfant, parce qu ils y recevoient la di^ine eucharistie 5 des esprits singuliers auront re~ marqué quelque froide analogie entre cer-

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tains points dos mystères du Girist et quelcpes constellations, et dès-lors la croyance la plus antique, la pins invariable, la ])lus universelle du monde chrétien, sera comptée pour rien ! et nos monimiens historicpies qui remontent d'âge en Age au berceau mémo du christianisme devront s'etracer devant les imaginations les plus folbs! et Jésus- Christ ne sera plus que le soleil, et les apôtres qui ont fondé sa religion ne seront plus que les signes du zodiaque! fut-il jamais de plus pitoyable excès? Ainsi les preniiers propagateurs du christianisme qui proposoient à l'imitation" des peuples la charité , la douceur, la patience, la sainteté de Jésus- Clirist, ne prétendoient prêcher que les vertus du soleil! ainsi ces njartvrs généreux qui donnoient leur sang pour la foi de Jésus- Christ uiouroicnt pour Fanjour du soleil! ainsi ces pasteurs, ces docteurs, ces apologistes qui con)battcicnt Fidolàtrie, qui enseignoient l'unité d'un Dieu créateur du soleil et des astres, qui rejetoient comme impie tout hommage c[\ii ne s'adressoit pas à ce seul Dieu véritable, travailloient néanmoins et s'exposoient à mourir pour établir

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le culte idolâtrie l'iio du soleil! et vous aussi , o i^rand Paul, lorsque, daus ces Epîtres adressées aux \Illcs les jdus florissantes de l'empire romain , ^ous pr^eliiez si hautement Jésus-Christ mourant sur la croix pour le saliit du monde, vous n'entendiez prêcher que la

reliiîion du soleil! C) honte! 6 délii'e de la

raison iuunaine! géniissoi^s sur ces énormes éi;aremens; ou plutôt ne faut- il pas féliciter le christianisme de ce que ses ennemis ont été réduits de nos jours à l'attaquer par les plus étrani^es puérilités?

J'ai invoqué en second lieu le témoignage de la nalion ']\n\c. On sait que dès les premiers âges svulout dn christianisme il s'éleva des querelles trcs-^i^es entre les Juifs et les chrétiens : or il est inouï que jamais les premiers aient contesté le fait même de l'existence de Jésus. Ils ont Lien pu le traiter de magicien , le calomnier et le charger d'inju res, mais là se I)ornoient leurs attaques, ci ces attaques mêmes supposent son existence. ^/ oyez encore comme leurs monumens s'accordent à nous l'attester. Quel témoin d\u' le célèbre Josephe, auteur contemporain! Je cousens à ne pas me prévaloir d'un passage

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lie cet historien, devenu si i\\niciix [)ar les cperelles des critiques modernes; il en est un tiré de S'^s antiquités judaïf[\ies qu'on ne sauroit raisonnablement contester, et qui suffit au dessein que nous avons d'élaLlir 1 existence réelle de Jésus. Joseplie nous y apprend rjue le j^rand- prêtre Ananus assembla un conseil, devant lequel il cita Jacques, frère de Jésus qu'on appelle Christ, ainsi que quelques autres, et qii'il les fit condamner à être lapidés, comme coupai des d'a^oir violé et transgressé la loi. Bira-t-on que Jacques cité devant le tribunal des Juifs étoit une constellation parente du soleil? Dans le système que je combats, tout est grossièrement al/Surde. On voit bien par leur Talmud, ouvrage qui date du second siècle, que les Juifs ont continué contre Jésus- Oirist les accusations de leurs pères; mais on voit aussi qu'ils n'ont jamais eu la pensée de contester son existence. Les traditions sur ce point si facile à connoître étoient trop constantes et trop uniformes. Que dirai-je des nations païennes? Ecoutez leurs écrivains les plus rapprochés de Forigine des choses : c'est Tacite qui, dans ses

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Annales (1), VOUS dit que le iioni cliréticii vient (le Christ , (fiii , sons le règne de TiLère , Ponce Pilatectanlgouveineurde la Judée, uit coîidamné au supplice* c'est llinc le Jeune, dans sa lettre à Trajan, qui lui apprend que l^usage des chrétiens étoit de s'asseinLler \m jour mai'cpié pour chanter des cantiques en l honneur du (.Lrist* c'est Lucien de Samotlirace ([ui a paru sousTrajaji; dans^on ilistone de la mort d'un philosO[;he, nonuiié Pérégiin,il nous dit c[uc ce dernier a^ oit appi'is dans la Judée la doctrine cies chré^ tiens, et il ajoute par moquerie: (cCes geiis )) adorent ce grarnl homme qui a été cru- )) cillé dans la l'aieslin(^, j>arcc qu il a été )) le premier qui ait enseigné aux liommcs )) cette religion. )) C'est Lampiide qui, dans la \ie de l'empereur Alexandre-SéN ère, nous apprend que ce prince a\oit coutume tous les malins d'honorer le Christ, et cpie ménic il a\oit voulu lui faire biitir un temple; ce sont enfhi Celse, ennemi subtil et savant des chrétiens, Por})liyre,]!iiilosophe habile au jiigemcnt de saint Augustin 3 Julien , dont tout

(i) ]'i\>. XV, cap. XT.iv.

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