OPINIONS D'ÉCRIVAINS CHRETIENS SUR CETTE ACCUSATION
Parmi tant de prétendus enlèvements des chrétiens faits par des Israélites, et si souvent signalés en Orient par la. clameur publique durant les deux derniers siècles; au milieu des poursuites sévères qui, par suite d'accusations formelles, y avaient toujours été exercées, tant par les autorités mahométanes que par celles des communes locales des chrétiens, ainsi que par les conseils des puissances occidentales résidant en ce pays; malgré la disposition bien prononcée que tous les habitants de l'Orient, chrétiens et mahométans, indigènes et étrangers, fanatiques ou raisonnables, avaient pour aider la justice à la découverte de ce crime abominable; on n'a jamais pu constater ni légalement, ni même par des présomptions juridiques, aucun de ces meurtres commis par des Israélites. Au contraire, il y a eu mille circonstances et mille faits historiques qui ont évidemment démontré que c'était une indigne calomnie employée contre ce penple infortuné, soit par une malveillance préméditée, soit par un aveugle fanatisme, soit enfin (et ce fut toujours le cas le plus fréquent), pour couvrir par, cette présomption, généralement accréditée en Orient, d'autres crimes qui y étaient réelle-
s'il était vrai que les Israélites eussent besoin de sang chrétien pour la Pâque. La commission déclara qu'elle ne pouvait assurer cela. «. Sed cum puerorum corpora castrum Hagenowe delata et ibidem venerabiliter tumulata fecissent, imperator, tumultum, qui tune contra judaeos exortus est, aliter sedare non valens, multos vivos potentes, magnos et literatos ex diversis partibus convocans, diligenter a sapientibus inquisivit, utrum fama communis habet, judœï christianum sanguinem in pasca necessarium habeant, firmiter prseponens, si hoc ei de vero constaret, universos sui imperii judœos fere perimendos. Verum quasi nihil certi super hoc experiri poterat, severitas imperialis proposita, accepta tamen a judœis magna pecunia, acquievit. (Graetz.)
•ment commis. Le prince Pitzepios. De l'usage du sang chrétien dans les azymes des Israélites. (Extrait de la Revue d'Orient et publié dans V Univers Israélite , numéros de juillet et d'août 1861.)
Nous n'avons sous les yeux que le numéro de juillet de Y Univers israélite et nous y trouvons rapporté par le prince Pitzepios à l'appui de ce qu'il dit, l'histoire d'un jeune grec, âgé de vingt-deux ans, enlevé au commencement du siècle par la sultane, sœur du sultan Mahmoud II, et retrouvé dans son palais après que les Israélites, qu'on accusa de l'avoir tué, eurent été emprisonnés, torturés, condamnés à payer 200,000 francs, et que l'un d'eux, un jeune domestique, eût expiré sous le bâton.
M. Guizot, dans une lettre écrite à M. Montefîore, lors de la persécution des Israélites de Damas, déclare que l'accusation de se servir du sang chrétien pour la confection des azymes, portée contre les Juifs, est fausse et calomnieuse.
LES ISRAÉLITES DANS l' INDUSTRIE ET DANS L'AGRICULTURE.
A l'Exposition de Metz, en 1861, figuraient beaucoup d'exposants israélites. Nous donnons ci-après la liste des diverses classes de produits exposés par nos coreligionnaires et le nombre d'exposants israélites pour chaque classe :
Agriculture. — 3 exposants ; 1 de la Moselle, 2 du Haut- Rhin.
Métallurgie et minéralogie. — 4 exposants; 2 de la Moselle, 2 de la Seine.
Industries se rattachant aux sciences. — 2 exposants ; 1 de la Moselle, 1 de la Seine.
Cuirs et peaux. — ^exposant du grand-duché de Luxembourg.
Substances alimentaires. — 1 exposant du Bas-Rhin. Articles militaires. — 2 exposants de la Moselle.
Ouvrages en métal. — 2 exposants; 1 tle la Prusse rhénane, 1 des Vosges.
Bronzes d'art. — 1 exposant de la Seine.
Industries des tissus. — 11 exposants; 5 de la Meurthe, 4 de la Moselle, 1 du Luxembourg, 1 de l'Oise, 1 de la Seine,
1 de la Hesse électorale.
Ameublement. — 2 exposants de Metz.
Coîifection, gaûts, pelleterie, chaussures, chemises. — 4 exposants; 1 de la Meurthe, 2 de la Moselle, 1 de la Seine.
Objets de fantaisie. — 1 exposant de la Seine.
Travaux graphiques. — 6 exposants; 1 de la Marne, 1 de ]a Seine, 2 de la Meurthe, 2 de la Moselle.
Instruments de musique. — 4 exposants de la Seine.
A la même exposition figuraient dans la classe des beauxarts 7 exposants israélites; 3 de la Meurthe, 2 delà Seine,
2 de la Moselle.
41 Israélites ont été récompensés; 5 ont eu des diplômes d'honneur } 2 une médaille d'or; 4 des médailles d'argent de lre classe; 8 des médailles d'argent de 2e classe; 7 des médailles de bronze ; 14 des mentions honorables ; 2 des citations favorables (1).
Aux détails que nous avons donnés, ajbutons qu'en 1861 la Société de travail de Jérusalem, soutenue par Michel- Baran Raimond de Franchetti, patronait 41 apprentis. Les états embrassés par ces apprentis sont les suivants : Menuisier, tailleur, cordonnier, ferblantier, orfèvre, horloger, serrurier, relieur.
Les Juifs de Suna, en Arabie, et en général ceux du Yémen, sont les ouvriers les plus actifs et les plus industrieux de tout le pays. Ils se livraient autrefois à l'agriculture; par suite des hostilités des Arabes, ils ont dû y renoncer; mais ils se livrent aux arts manuels et mécaniques
(1) Pour l'Expos t'ion universelle de 48G7, voir les Archives Israélites des 45 juin et *«* juillet 1867.
qu'ils comprennent à merveille et qu'ils pratiquent avec beaucoup d'habileté.
(Relation d'un voyage, Archives israélites, 15 octobre 1865.)