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« des condamnés correctionnels à deux uns et au-dessous), où « Ton ne peut foire , mais aussi où l'on peut ne faire que de « rintimidation, en raison du peu de gravité des condamna- (f tions et de la brièyeté des séjours, l'interdiction absolue de la ce possibilité de se parler et même de se voir (au moyen du sys- « tème cellulaire) augmente singulièrement l'influence répres- « sive de l'intimidation sur les détenus (Ij* »
Cette raison peut être excellente du point de vue théorique où se place M. Lucas; mais, du point de Vue pratique où se place le projet de loi , il est évident qu'elle est détestable.
En tout cas , et quel que soit le motif doctrinaire qui porte M. Lucas à admettre l'emprisonnement cellulaire pour les condamnations à deux ans, sauf réduction à un an, il importe dé constater que ce qui l'y porte en fait, c'est la corruption qui natt inévitablement de la promiscuité des détenus dans les prisons départementales , et *c'est ce fait qu'il me suffit d'établir en ce moment, sauf à en tirer mes conclusions plus tard.
J'ai dit que M. Lucas qui, d'abord^ avait fixé ù huit mois le maximum de la durée de l'emprisonnement cellulaire, avait reporté, depuis , ce maximum de durée à un an. Pour M. Faucher, je ne sache pas qu'il soit encore sorti de sa limite de six mois. La raison donnée par ces deux honorables contradicteurs pour assigner à l'emprisonnement cellàlaire un cercle d'action aussi restreint, n'est plus qu'on se corrompt au-dessous de telle durée dans la vie commune des prisons, et qu'on ne s'y corrompt pas au-dessus, mais bien que la santé et la taisoh des détenus courent, quand l'emprisonnement cellulaire se prolonge au-delà de six mois à un an, un danger qu'elles ne courent plus quand on réduit l'emprisonnement cellulaire à ce terme.
A la bonne heure ! voici au moins une raison.
Malheureusement^ les faits qui la motivent, de la part de MM. Lucas et Faucher, ne sont pas plus solides pour leur argu-
(I) Théorie de remprisonnemeni , l. llîjP *46ô.
mentaiion que ne le sont les faits de corruption qui les portent à admettre la cellule antérieurement et à l'exclure postérieurement à ce terme.
En effet, il est prouvé par les chiffres authentiques que nous rapporterons plus bas en traitant spécialement de la mortalité et de la folie pénitentiaire, que lorsque la cellule exerce une influence perturbatrice passagère sur l'esprit de ceriains détenus , c'est invariablement dans les premiers temps de Temprisonnement; de telle sorte que la période de six mois à un an, que MM. Faucher et Lucas assignent à l'emprisonnement cellulaire, comme étant sans danger pour la raison des condamnés, est précisément celle en deçà de laquelle ce danger existe, et au-delà de laquelle il n'existe plus. En d'autres termes^ MM. Faucher et Lucas demandent que l'emprisonnement cellulaire soit appliqué à tous les détenus pendant la seule période où ce mode d'emprisonnement est momentanément défavorable à quelques uns, et qu'il cesse de leur être appliqué précisément à l'époque où il n'est plus préjudiciable à personne. C'est, comme on voit, nier le danger quand il existe, et le craindre quand il est passé.
Mieux renseigné, et, par cela seul, plus rassuré, le Gouvernement n'a cédé ni aux mêmes appréhensions ni aux mêmes espérances. S'il a admis l'emprisonnement individuel pour les courtes détentions , c'est qu il sait que la cellule individuelle ne présente aucun inconvénient, qui lui soit propre, qui ne soit racheté par des avantages certains qu'aucun autre système ne peut offrir. S'il a admis le même procédé d'emprisonnement pour les détentions à longs termes ^ c'est qu'il sait que les inconvénients sont moindres et ces avantages plus grands encore dans ce dernier cas. Telle est sa double raison d'agir : son projet en fait foi.