FAITS EUROPÉENS
Angleterre. — Le voyage que M. Léon Faucher a fait dernièrement à Londres, et les remarquables articles qu'il a publiés dans plusieurs revues et journauxde Paris, sur la politique et les institutions de la Grande-Bretagne, ont donné quelque crédit aux fausses notions qu'il a répandues dans le public, sur la discipline des prisons de Milbank, de Pentonville et de Glasgow. Mais quelques mots suffiront pour rétablir la vérité des faits.
« La première épreuve qui ait été faite du système de l'emprisonnement solitaire a eu lieu k Milbank. En dix-huit mois, quinze détenus y succombèrent et perdirent entièrement la raison^ etc. (1). »
Le fait est qu'en 18 mois, durant les années 1840 et 1841» quinze convicts devinrent fous dans ce pénitencier. Mais il faut remarquer que, sur ce nombre, 4 au moins furent reconnusavoir hérité la maladie (to hâve inherited the malady) et s'en être trouvés atteints avant leur incarcération, et que deux, sans aucun doute (no doubt) n'ont eu qu*une folie simulée. Quant aux 9 autres ils ont perdu la raison par suite d'excès d'onanisme (2). Quoi qu'il en soit, et en supposant que ce soit le régime de la prison qui ait causé ces désordres d'esprit, je ne vois pas pourquoi on en rendrait responsable Philadelphie plutôt qu'Auburn, car ce régime, dans sa plus grande sévérité, aété, pour le moins, autant Auburnien que Pennsylvanien , puisque les détenus se voyaient et se promenaient en silence^ deux heures par jour.
(1) Du projet de loi sur les prisons , p. !25.
(S) Explication extraite textuellement d'une lettre du gouverneur de Milbank» du 24 février ISii.
dans une cour commune, à la file les uns des autres, comme cela se pratique aujourd'hui dans nos maisons centrales.
Ce qu'il faut ne pas perdre de vue, c'est que, sous tous les régimes disciplinaires auxquels Milbanck a été successivement soumis, depuis vingt ans, la santé des convicts a souvent eu à souffrir. Plusieurs cas , beaucoup plus graves que celui des 15^ aliénés dont on parle , ont éclaté à diverses reprises, et notamment en 1825, époque à laquelle le régime de la promiscuité sans restriction était la règle du pénitencier. Eh bien ! dan&. cette année-la, les maladies de toutes sortes se propagèrent avec^ une telle violence que ce n'est pas iS détenus, 50 détenus, 100 détenus qu'on fut obligé d'ôter du pénitencier, mais la population toute entière (1). La véritable cause d'un tel événement est encore inconnue ; mais il en est une permanente, certaine, et dominant tous les systèmes, c'est la mauvaise disposition des bâtiments, c'est l'insalubrité des lieux. Cette cause, on l'a combattue depuis vingt ans sans la détruire/et le Gouvernement sentant à la fin que l'emprisonnement individuel était impossible avec elle , a décidé, en 1845, non pas qu'on substituerait une règle à une autre, ou qu'on abandonnerait tel système pour un autre^ mais qu'on débaptiserait l'établissement et qu'on ne l'appellerait plus que prison (art. 2 de la loi du 27 juin 1845). Depuis cette loi, en effet, le nom de pénitencier qu'il avait porté depuis sa naissance a été enlevé à Milbank, et, depuis lors, Milbank n'est plus, ainsi que nous l'avons dit (p. 105), qu'unsim* pie dépôt pour les transportés, comme est, à Paris> le Dépôt des condamnés de La Roquette. Ainsi, dans cette mesure, pas plus que dans les 15 cas d'aliénation ci-dessus, le système Pennsylvanien n'a été, n'a pu être en cause. Et ce qui le prouve, c'est le progrès de ce système dans toute l'Angleterre (2).
« Il n'y a pas un an que Pentonville est habité , et déjà il a fallu transférer à Woolwich , dans le ponton qui sert d'hdpîtal , environ quarante condamnés , réduits par le régime solitaire à un tel état de
(1) V. le l. II des Leçons sur les prisons du docteur Juli us , et l'ouvrage d'flol- ^ord sur le pénitencier de Milbank.
(2) V. ci-dessus, p. 108.
maigreur et de faiblesse que bien peu de ces malheureux paraissent dtvoii* recouvrer la santé (1)« »
Si Ton pouvait plaisanter en pareille matière^ je dirais que c'est là un canard que s'est permis leTimes^ et qu'il a fait manger à son correspondant. « Tout ce paragraphe, m'écrit le Gouverneur de Milbank, is totally destiiute offoundcuion. Les quarante prisonniers auxquels on fait allusion sont des convicts envoyés , non du pénitencier de Pentonville (2) , mais du dépôt de Milban fc aux pontons de Wooiwich , comme ayantété reconnus trop vieux ou trop infirmes pour pouvoir être transportés, b
(c Le 24 janvier 1844 (v. le Times du 28)^ une enquête ouverte à Woolvrich, après le décès d'un condamné , a constaté qu'il était mort des eiffîsts de l'emprisonnement pennsylvanien, malgré les soins qu'on lui avait prodigués après sa sortie de Pentonville pour le ramener k la vie. Cet homme, quoique dans la fleur de Tâge, présentait Paspect d'un véritable squelette , et son corps n'était plus qu'une masse entièrement desséchée. »
C'est encore là un mistake du Times et de M. Faucher. L'enquête dont il s'agit a eu lieu concernant un condamné du nom de Lawson, lequel n'avait jamais été à Pentonville. Cet individu avait été transféré du dépôt de Milbank au ponton Justicia pour les mêmes raisons qui avaient motivé le transférement des quarante. Il n'avait séjourné à Milbank que du 5 septembre au 9 novembre 1845, temps pendant lequel il avait éprouvé une forte maladie. Il était âgé de quarante-six ans. Le médecin qui Ta soigné à Woolvrich a rectifié le récit du Times dans le Times même; ce que M. Faucher ne peut ignorer.
<c On a transféré à l'hospice de Betlehem trcns condamnés qui étaient devenus fous dans la prison de Pentonville ; l'un dès le mois de juin , l'autre dès le mois d'août., le troisième avant la fin de 1843. Les deux premiers cas de folie se sont déclarés en moins de six mois (3), »
Il parait qu'en effet trois condamnés atteints de moao-
(1) L. Faucher, Du projet de ht y etc., p. 3A.
i(â:) Ijes détenas sooAis êe Pentonville depuis son ouverture jusqa'au 1*' janvier , sont au nombre de âl stuiemeul» «avoir : â décèdes; 3 graciés; ie% 3 ihalkicinés dont nous allons parler ; 1 transféré à Milbank comme incorrigible ; et 12 renvoyés de la prison à Wooiwich uniquement parce qu'ils n'avaient pas assez d'ialelligeuce pour apprendre un métier.
(5) Ibid., Léon Faucher^ jub sup.
manie, ou plutôt d'exaltation religieuie^ ont été enlevés du pénitencier dans les trois mois de leur entrée. Une enquête a dû avoir lieu, et les Inspecteurs ne manqueront pas de l'insérer dans leur rapport de cette année. Ce rapport doit paraître en mars. Si je le reçois avant l'impression de la dernière feuille de cet écrit, je l'insérerai dans Y Appendice qui y sera joint. En attendant, je crois pouvoir dire que les partisans du système de l'emprisonnement individuel n'ont rien à craindre des résultats de cette enquête. Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que la cellule est un conducteur très-actif de l'exaltation religieuse, et que l'abus qu'on en ferait sous ce rapport pourrait compromettre les plus salutaires effets. Mais l'abus a son remède dans l'usage ; et un danger n'est pas à craindre quand on le voit. Du reste , les.trois cas seraient aussi sérieux qu'on le prétend, que cela ne prouverait rien contre le système , attendu qu'au Dépôt des condamnés à Paris , où l'on suit le système de la vie en commun, il y 2i constamment ^ sur une population moindre qu'à Pentonville, trois ou quatre aliénés au moins, ainsi que le prouve M. le docteur Lelut, dans le Mémoire que nous imprimons textuellement. Y. l'Appendice n^ 5.
Lausanne. — Nous avons démontré p. 52 et 119, qu'à aucune époque de sa discipline le pénitencier de Lausanne n'a suivi la règle de Philadelphie, et que la période qu'on signale comme s'en rapprochant le plus est celle qui s'en éloigne le plus , en fait aussi bien qu'en principe, par les moyens aussi bien que quant au but. M. Verdeil , l'un des adversaires du système pennsylvanien , nous fournit lui-même la preuve que ce système n'est pas celui de Philadelphie, en énumérant les cas de lutte et de résistance qu'opposent les détenus qu'on veut mettre en cellule exceptionnellement (1), ainsi que les dérangements d'esprit qui en sont pour eux la conséquence (2). JXous serionsdès lors fondé à dire que le système bâtard de Lausanne, ne s'appli-
(1) De la réclusion dans le canton de Vaudt p. 76 el 125.
(2) Ibid.,p, 93el94.
quant qu'exceptionnellement et seulement à ceux des condamnés qui offrent le plus de prise aux atteintes des maladies physiques ou mentales, savoir, les récidivistes et les plus dépravés, nous n'avons nullement à nous défendre des cas de folie qu'il peut engendrer.
D'un autre côté , le pénitencier de Lausanne se trouvant dans des conditions de construction et d'insalubrité qui ne permettent pas d'y établir, même partiellement et pour un temps trèscourt, sans danger pour la santé des détenus, le système de la séparation individuelle, ce système, ainsi que le Directeur même du pénitencier a la loyauté de le reconnaître (1), est en droit de se considérer comme étranger à la question et de décliner toute responsabilité qu'on voudrait faire tomber sur lui.
Toutefois, comme les adversairesdu système de l'emprisonnement individuel lui imputent, non-seulement les vices qui lui sont propres, mais encore tous les vices desautres systèmes, même de ceux qui parodient , qui tronquent sa règle sans la suivre , force nous est de discuter les cas de Lausanne. Ce nous sera facile ,
(1) A celle queslion qui lui avait élé adressée : « Les mauvais eiïeis que la réclusion solilaire a produits à Lausanne sont-ils dus à la peine elle-même ou a des circonstances qui pouvaient être évitées?» M. l'inspecteur Denis a répondu, le 25 février 1844 : « Je me sens tout à fait incapable d'établir jusqu'à quel point la peine elle-même a élé nuisible à la santé des reclus. L'isolement entre , selon moi , pour une part dans les résultats signalés. Cependant , je comprends qu'on puisse en assigner la cause uniquement aux circonslances qui l'ont accompagné. En effet, les cellules habitées par nos reclus n'ont que 5 mètres environ de longueur sur 2 de largeur et 2 1/2 de hauteur; elles ouvrent sur les salles des travailleurs en réunion; elles sont dépourvues de moyens de chauffage et de ventilation ; elles reçoivent de l'atelier un peu d'air ctiaud, mais nécessairement vicié; d'où résulte que nos cellules sont brûlantes en élé , froides et humides en hiver ; cette humidité devient quelquefois excessive par l'insouciance des individus a aérer autant qu'ils le pourraient , par la nature des matières à ouvrer , par la vapeur qui se dégage des aliments » par la fumée d'une lampe, etc. A ces éléments d'insalubrité « ajoutez le genre de travail qui a essentiellement consisté dans le tressage des pailles, ouvrage qui ne fatigue que les jambes sans donner de distractions à l'esprit. — Un tel état de choses aussi malsain, aussi hébétant, aggravé par l'insuffisance de l'exercice en plein air ( trois heures par semaines ) , n'est-il pas de nature à produire toute espèce de maux ? Ne doit-on pas s'étonner même que la perturbation n'ait pas été plus grande et plus générale ? Je reconnais donc qu'on peut être fondé à conclure que ces résultats ne prouvent rien contre le principe de l'isolement en lui-même. >
du reste, car ici « comme toajoors, nous avons les feits et les preuves pour nous.
Du l^** novembre 1854 , époque à laquelle remprisonnemeBt cellulaire a commencé à être appliqué exceptionnellement aax. récidivistes et aux plus mauvais sujets , jusqu'au 1^^ janvier 184Sy M. le docteur Yerdeil, compte trente*uncas d'aliénation, mentale; ce qui, avec les 2 cas constatés de 1826 à 1854, forme un total de 55 cas d'aliénation sur une population totale qu^ M. Gosse porte à 685 prisonniers, dont 545 hommes et 140 fenunes (1). Mais, sur ces trente-trois cas, il n'en est que vingtquatre qui aient été constatés par une enquête , laquelle comprend la période de 1826 à 1840 inclus; les neuf autres, comprenant les deux années suivantes, 1841, 1842, n'étant que le résultat des constatations particulières de M. Yerdeil.
Parlons d'abord des vingt-quatre cas de Tenquéte (2). Nous parlerons ensuite des neuf cas de M. Yerdeil.
A l'égard de ces vingt-quatre cas , voici ce que dit M. Léon Faucher : « A Lausanne, sur vingt-quatre aliénés du pénitencier, treize ont montré presque immédiatement des symptômes de démence^ neuf sont devenus fous au bout de quelques mois , et deux après deux ans d'emprisonnement (5). »
Or, voici ce qu'on trouve dans une pièce officielle annexée à l'enquête (4).
' (1) Sur ce nombre , toujours d*après M. Gosse, 458 hommes eM22 femmes ont été soumis au travail en commun , et 85 hommes et 18 femmes ont été reclus solitairement. Je n*ai rien dans les documents qui sont sous mes yeux qui m'indique sur quelles bases certaines sont établis ces chiffres.
(2) Au mois d*août 1840 » le département de justice et police y informé que plusieurs cas d'aliénations mentales s'étaient manifestés dans le pénitencier , chargea le Conseil de lui présenter un rapport sur ces cas et sur leurs causes. Le Conseil de santé fit d'abord procéder à une enquête préliminaire officielle , par les soins de MM. Pellis, médecin^ et Denis, inspecteur de l'établissement. L'enquête faite, les membres du Conseil de santé se réunirent» discutèrent* examinèrent, et transmirent leur rapport au département de police et justice, le 9 février 1841. Cette pièce est très-remarquable, nous voudrions pouvoir l'imprimer en entier.
(3) Dm projet de loi sur les prisons , p. 24.
(4) Extrait du journal de la Société vaudoise d'utilité publique, novembre et décembre 1841 , p. 25.
- las —
Résumé sur hs vingl-gualre maladfés*
«t Treize sont arrivés aliénés dans la prison; neuf sont tombés malades au bout de quelques mois ; deux au bout de deux ans. Total , vingt-quatre.
« Chez les treize premiers, il est évident que la prison ne joue aucun rôle dans la cause de la maladie.
« Chez les neuf détenus tombés roulades au bout de quelques moâs de détention , on n observé que — deux sont devenus aliénés après avoir fait P^veu de leur crime ; — deux passaient pour fous avant de commettre leur délit. — (Les hallucinations reconnues dès les premiers mois de leur emprisonneii.ent existaient peut-être depuis longtemps. On sait qu'il est quelquefois difficile de reconnaître ce symptôme lorsque les malades se trouvent tout h coup dans des circonstances nouvelles.) — Unj dont les hallucinations j>ont survenues dans la prison sans cause apparente \ — un qui a toujours été bislérique \ c^est l'Aistérie qui a troublé son intelligence ; — un n'a plus agi raisonnablement dès Pins tant de sa condamnation; il a eu dans la prison des moments où il était bien , d'autres où il était mal ; — un a toujours eu un caractère violent et emporté ; — un a été adonné à la prostitution , puis ensuite troublé par le remords, — Total, neuf.
« Chez les deux détenus tombés malades au bout de deux ans, la cause de l'aliénation a été le remords*
Voilà un Résumé qui en dit plus loug que les longs développements de M. Vefdeîl. 11 est fâcheux que M. Verdeil ne Tait pas imprimé, comme Préface, en tête de son livre; il eût épargné bien de la peine à MM. Faucher, de Larochefoucault et Lucas. Mais, alors, il n'eût pas fait son livre. Donc il a supprimé le Résumé (i).
Quant aux 9 cas que M.Verdeil a ajoutés proprio moiu aux 24
(i) Si ce résumé ne paratt pas suffi sammeot concluant, tel qu'il est , j'y ajouterai les observations suivantes de l'un des deux enquêteurs, du docleur Pellis, médecin du pénitencier et de l'hospice des aliénés : « Sur les â4 aliénés de l'enquête » il yen avait 16 au moins (peut-être 18 ) chez qui la maladie exiet'iit déjà lors de leur arrivée. Il y a donc eu ti ou 8 détenus , au plus , qui sont devenus hallucinés dans la prison (cellules ou atelier). On n'a pas voulu se rappeler toujours ces £aits , et on a dit que tî4 détenus étaient devenus fous dans celte période de huit ans (18S4-i842), ce qui n'est point eiact. Il n'e^t pas hors de propos de rappeler aux personnes étrangères à la médecine que ce n'est que depuis Esquirol
~ iU —
cas de l'enquête, je demanderai à MM. de Larochefoncanlt^ Faucher et Lucas, iu permission de ne pas m'y arrêter. J'ai cou — iràcte rhabrtude, et je tiens à ne pas ïa perdre, dé ne Un en rap — porter, en pareilles matières, qu'à des cbiJUres officiels et cou — trôlés. JNon que je suspecte le moindrement la fidélité de ceu^^. de M. Yerdeil ; à Dieu ne plaise ! Mais uDe «seconde enquéUs r^^ lieu -en ce moineni pour tes %rois «ÉmnéespoisttéHewnes à dS40 ; iS «^^onC'de ritft^rêtdfe la vérité âWtatft que de M. VertteH dV — *etidt^é. M'es •hWioi'ables cofntfadictetrrs h*y perÔfottt rîeti, di« reste; "au contraire;— le docteur Lelut ayant pris à tâche de sup — filéev à mon silence sur ce point, et sur d'autres ,{1).
<Pefrr«ce «qui est dlescas d'aliénation constatés, <M plutôt éniNi- »eés id»ns r^enfqtféle antérieurement à I8S4-, e'e^-à-dife Wû9 -r^ihpit*e da régime de la vi)e eïi commun, jte lis, à ce suji;t, dâUs une lettre que m'a fait l'honneur de m^écrire ïï. le pasteur Houd, chapelain du pénitencier ;(^ février 1844), des observations fort judicieuses qui doivent trouver place ici :
•^>nfi bieo necunnu «n-quoi ebitsiétaient'iSiftihdUtioiiialtmis. QtAiiid iiesibâllueinalk>u6 exisiciil avec un délire géiicrai, vcliiiotin*reçonnalL i'a]iënalion«*(t le malade ■^tl placé dans un hospice. Mais quand elles existent avec un délire partiel ou même ihrlt délits, elles échappem%ril(^^nt au public. Qu'un ii'dividu/ptrfcé Bans^e'tellei^ ^rtroenstancesiy'cotnmètle tin délit, il ^sek'a conèbmtic tet'ee ne sera qde 'plifs tarit que la surveillance exacte de la prison signalera la maladie. C'est ce qui «st souvent arrivé à Lausanne. Or, il est évident que, daus ces cas, I« système de ta p'k'i^on'n'y est pbùr tien COita me cause pféâiièfe de la maladie. 'Au reéte, 6 ou 1t »aB 'd'imllucinalioos en huit années sUr-udc pojpuUtio» de 1 lOà 'tâO individus ifk'ett pas ULC chose surprenante (vu surtout Tespèce d'individus); je no sarais même ptis étonné que celte .proportion n'oxcédâl pas de beaucoup la moyenne. Il serait, ^maiii terrant »^bltn'împortdht d'ob^eirver les Hiagnes et les Ipripohs régi^ d'aprtsTancien système, afin de s'assurer d'une manière positive' s'il n'existe pas réellement -dans ces prisons ^des hallucinés; si cela étàil,-ce'8ertMtf,Tà cause delà «IVéquence de la maladie, un fait extraordinaire qui naériieiraii «la /plus sérieuse iaiteiiiion. • ( JLelwes du docteur Pellis à moi âdiresséies leis 22!févtiervcl'9mar8 1844. ) — Jcsuii^ heupeuxde pouvoir dire au docteur Pellis que le docteur Lelut,médecin,-comme lui. d'uoeprison et<I*unemaison d aliénés, a constaté ce lait au dépôt des-condamnés de parift, ci^vaot Biçétre, soumis à la règle de la vie commuA«, (V. la noie suiv. ) (i) De l'influence de VerUprit^fmement cellulaire, ttar la raison >dex détenus , i^émoire lu à l'Académie des 'sciences morales ni -poUliqtiet, pennée du !£S mars 1844. V. ci-après vlppeirdiVe n* 5.
. ^iJè itîvis il f&aiié d^nP Vfoe ^datis Pén^ùété du Côniséil de sanf^, vice auq^uel est ââ, 'je crôis^ en partie au itio'ins, l'opposition qui s'est manifestée côntpp les deiwsysfèmes dé l'emprisonnement. et du silence, apptiqaés simultanément chez nous depuis 183^4. H consiste en ceci : c'est qu^on a cru pouvdir>énuméier tous les cas d'aliénation qui opt existé dans la prison avant celte époque, et l'on n'a pu poser qu^un 'i*hiffre minime comjmrativement au chiffre de la péiiode suivante,; de % est résulté une comparaison, tout à l'avantage de' la première période, que les adversaires du système pénitentiaire n'ont pas manqué d'exploiter a "leur manière. «Or, il y avait, selon moi, impossibilité k constater le nombre des aliénés dé la première période y par la raison qu'il n'existe aucun document écrit sur ce point, et que les hommes qui ont survi de près le pénitencier à l'époque dont je parle, directeur, médecin, chapelain, elt;., ne vivant plus, n'ont pu être consultéis; et sfpifânfio, CQnnnie te Gonieil>de\«antéîl'« dit lui*ihéme, J'on donnait alors Uèsrpeu ^'fi^itentioa «aux ci^ d'alijén^ûou,; on 4lvi4i>it peu ou point le^ prisonniers so\^ ce rappqrt. Plus ancien dans la maison que le Directeur actuel, je me suis assuré .que des cas d'aliéualion, que j'avais observés dans les premières années de mon ministère, n'bDt pas été mentionnés dans l'enquête. Puis enfin, parce que, au milieu des conversations alors autorisées parle règlement, le oaractère des prisonniers se manifestait >par la otriolence plutôt que par les hallucinations, en conclurons-nous qu'il n'y avait pas là dets «oas .'d'aliénation ? Ces çç>nd^mnés. (que nous pe connaissons ^plus aujouKd'il\u\), qui frappaient les gardiens et menaçaient le Directeur, qui brisaieqt l^iirs métiers ou leurs meubles, qui vociféraient des paroles sans suite et des cris affreux, pendant des nuits «et des jours entiers, qu'étaient-ils , je vous prie, sinon des aliénés d'une antre espèce? Voilà ce qu'on ne veut, pas comprendre, et ce dqnt >M. '^erdeil n'a pas voulu tenir con^pte datis^son lirvre. Sur dqs.dopûmends (imparfaits, il affirme qu'il n'y a eu, dans le canton de Vaud, dans uue période de vipgt-pn «ans» 1805 à 1826, qu'tt» seul aliéné dans nos prisons ; — que la première période du pénitencier (1826 à 1834) n'en a compté que ileuxy et qu'il. y en a eu Mofs da^ns ]^ .dernière :.« triste jprq^s^at ion., ,aJQUte« t-il , contre le régime du silence , de la solitude et de l'intin^i^^^tioa morale. »
<f M. Yerdeilne tient pas davantage compte du fait de l'augmentation singulière des cas d'aliénation dans la vie libre, augmentation dont notre hospice d'aliénés e^ la preuve. Fondé il y a une trentaine d'années pour recevoir ctuarante malades, cet hospice en çonti<?Qt p^l
— iik; —
ciii«[tt%pU aujourd'I^iii : .il.cn aurait deux cfoUy s'il j avait pkce pour les recevoir. Il ne s'aperçoit pa$ enfiu de la contradiction qui existe entre ses allégations et les faits observés; en éliminant les vieillards de soixante-quinze ans et au-dessus, et les enfants au-dessous de quinze ans, le Conseil de santé a trouvé que le rapport de la population aliénée dans la vie libre est, k la population totale du canton de Yaud, de un a deux cent trente-quatre. Comment donc a*t<«il pu ne se trouver qu'iM» setd aliéné sur une population d'au moins deux mille détenus qui ont circulé dans les prisons de 1805 à 1826 !....
« En résumé, il m*est démontré jusqu'à l'évidence que ce n'est point l'emprisonnement individuel qui doit être mis en cause en tout ceci. La vraie raison de notre insuccès, il faut l'attribuer essentiellement aux mauvaises conditions de l'expérience que nous avons faite.
Matnteaanty chereherons*nous à établir que Fatelier commim et la loi du silence entrent, pour le moins autant que la cellule, dans les cas d'aliénation mentale constatés comme appartenant réellement à la prison? A quoi bon! puisque le chiffre total ne dépasse pas les moyennes ordinaires des prisons communes, et que la part qu'on attribue à la cellule revient en propre aux circonstances indépendaiftes d'elle dans lesquelles elle est pla» cée à Lausanne ?
Au surplus, je ne pourrais que redire ce que M; Lelut a si bien dit.
JNotons ici , en passant , que , dans la prison cellulaire d*Eberbach, dont nous avons parlé ci-dessus, p. 111, « parmi les 5«^ détenus ù long terme qui y subissent TemprisoBnement solitaire, il tr*a été constaté aucun cas d'aliénation mentale (1). »