‹ Défense du projet de loi sur les prisons contre les attaques de ses adversairesChapitre 27 sur 45 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

M. Lélut a rendu un service immense à la question pénitentiaire en établissant, ce que personne n'avait fait avant lui, que, dans une prison commune, au Dépôt des condamnés de Paris, où lés détenus ne séjournent que quelques mois^ en attendani leur transfèrement, et sur l'esprit desquels l'action de la prison

*(1) Bapport sur Us prisons de la Prtutse, par M. HaUès-Claparccle.

et d*ttn régime disciplinaire queleoilqtte de prison, n*a pu eneore agir, il y a, malgré cela, en permanence, 5 ou 4 aliénés au moins par jour, sur une population quotidienne flottante de 450 détenus, terme moyen.

M. Lélut a compté 5 aliénés sur 432 en octobre 1845; et 7 snr447 le 8 mars suivant. — De plus, il a vérifié, d'après les registres d'infirmerie de la prison tenue par son prédécesseur que la proporlion des aliénés y a été, dans une période de six ans, dans la proportion de 14 aliénés sur 1000.

Dans la population libre, la proportion des cas d'aliénation est évaluée à 1 sur 1000; mais il serait plus exact de la porter à 2 sur 1000, comme en Ecosse, où les recherches statistiques faites doivent se rapprocher le plus de la vérité. Nous venons de voir que le Conseil de santé la porte, pour le canton de Yaud , à 1 sur 354.

D'après cela, et en mettant les choses au pire, on peut dire hardiment que la folie carcérienne est, dans les prisons soumises au régime de la vie en commun, 4, 5 et 6 fois plus élevée que la folie ordinaire dans la population libre.

Avec. ce mfertum on peut maintenant apprécier, à leur jusie valeur, et réduire à leur juste proportion, les exagérations auxquelles ont donné lieu les quelques cas de folie pénitentiaïrc remarqués dans les prisons qui sont régies d'après le système noup veau.de Temprisonnement individuel.

Nous avons vu quels ont été ces cas à l'étranger. Voyons s'il ne s'en est pas déclaré quelques uns dans celles de nos prisons qui sont déjà soumises à ce système.

Prison cellulaire de Tours. — Voici un extrait du Rapport du médecin :

« Bien que le pénitencier ne soit ouvert qo0 depuis trois moiS',: je crois pouvoir dire, même après une expérience si courte et si incomplète, qu'on a çu tort d'avancer que le régime cellulaire produit par lui-même plus de maladies, ouest plus préjudiciable' ii la raison des détenus, que le régime en commun... Je puis même affirmer que le

— tM —

pacfill^ .entre. if» ieùif^ $jHkm^ .^emi A|IK»bI {^b iavorable ao* nouveau, qii'tl sçrait poussé plus (oin^ . ,

«Jusqu'à ce jour, aucun cas de dérangeinent d'esprit n'a été observé dans lé pénitencier* »

Twirs,. ce 5 février 1844;

Signé HfiME, D.M. P., médecin du pénitencier, membre associé de l'Académie de médecine de Paris, professeur à l'école de médecine de Tours.

Prison cellulaire de Saint'Quefitin, — M. Lt^on Fauclier dit dans sa brochure contre: lé projet de îoî, p. S8 : « Nous pouvons citer UTfô nittfeon' d'arrél, celle de Sainl-Qùenlin, ou un détenir s'est suitîidé, et deux auli'es ont fente de se suicider en

queliqftres mors. » '

Toicr les faits :

1<* Le nommé C, âgé de cinquante-quatre ans, condamné à six jours de prison pour tapage nocturne (28 octobre 1842), était en prison depuis quatre joirrs, lorsqu'il s'est tué en se précipitant du baut de la galerie du premier éiage. Il ne lui restait plus que quarante-huit heures à passer dans k maison df arrêt. Sa eondoite était iKtnnéte. Il se lierait seulement quelquefois k l'ivrogaerk. Sa- mort doit être attribuée, en grande partie, à Pinconduite de sa fille, qu*il avait été obligé d'aller chercher dans une maison de prostitution, circonstance qui provoqua Pacte <{e scandale pour tequef i) fut condamné. £n tout cas la cellule ne doit entrer pour rien dans son acte de désespoir.

2? Le nommé Cl.« condamné, pour délit de don^rebande, à 300 fr. d'amende^ ou, pttr cbrps^ k nne année <l*eniprî^oieinement, était en prison depui» vingt-six jours sealement lorsqu'il teat» de se* suicider^ en faisant verdegriser un sou de cuivre dans de l'urine et de la eendn». Cet homme, âgé de trente-un ans, d'une conduite assez bonne, était absolument sans ressources. La misère qui lui ayait fait commettre le délit ^rëcHé aiira^, tohs" dîoUté, contribué h lui fnspirer Pidée de se donner la mort. 2 décembre 1842. . .

3® Le nommé y., âgé de vingt-six ans, avait suhï vingt-guatré heures d^empTiê6Mettttût}ot^Hùe, te 11 jài!tvi^<*l8i3Vîf Voulut s'eAfipoii^nner. Cet itt^ivldif^, dotit l'eSprît ér^it dérangé, voulait rentrer dans la prison où 11 àvMété ddteâu quelque tetùpè anpahivdilt^ôur Vof. .Âyd«t sblHeké vaiiieineni le gardien-«hef et le proctiretrr dti vtit dattàtëhùX,

à s« f|| nvi^éAier <l<î ti94ij«fMra em 8»gt:a9fedéiîl d« vol. E» reatoMit dvoat U pmoxK, il 4iUit po^rsiuivi 4^ ri(}4e qu'il $\a\\ ^mpOii^Qiiil^ 9I> «I^M«^ C'est, sans doute ^ cette peosée qui a ^té. Ca.^^^ de sp te^^V^vq df^ suicl.dc. L^ folie, doi^t il est atteiut existe déjà depuis un certain tenops ; mais elle ne Te prend que par intervalle, et n'est nuUemeuè ftivieuse. • h >

PpîAW çeUtfl^iife. 4a iSb^d^atiiV.. -nr^ Une brochure, fNubliée té* aenimeiiil ù BordiejMi'X» contient ce fait : <i ijti'iin déienu, que Y'u solement avait rendu, dès son entrée à la prison, moi^ose, taoi-i turne, et pins tard véritablement fou, aurait, dans un moment d'exaliafion, déchiré la cicatrice d'une saignée et qu'il serait mort de cH accident au bout de deux ou trois jours. » '

Yoteî eomnoeiit les choses se sont passées.

Un npmin^ B« fut déposé, le i2 9oût i%kâ^ à la prison^ sous U prévention de mendicité. — Le 20 septembre suivant^ il fut condamné à trois mois d'emprisonnement. Après cette condamnation^ sa femme vint le voir dons sa cellule; mais cet individu, chez lequel rien n'annonçait le. moindre dérangement physique ni moral, fut vivement affecté de sa séparation d'avec sa femme. Il devint alors taciturne^ et, le 19 octobre, une fièvre céréb^a^e se manifesta. Envoyé à l'hôpital, on lui pratiqua une saignée à Tartère temporale druilf; s;a sa,nté se rétablit bientôt, et, le 8 novembre, il sortit de l'hôpital. Réintégré à la prison, il déchira, il est vrai, vin^t^quatre heures seulement après sa rentrée, |a cicatrice que la saignée avait produite, et il mourut six jour^ aprè^ k l'hôpital, des suites de cet accident. Mais il est entièrement inexact de dire que cet acte de folie a été le résultat d j son isolement ; car cet individu, à sa sortie de l'hôpital, ne fut pas replacé dans sa cellule. Il fut mis dans la grande tour où sç trouvaient déjà dix-huit ou viQgt autres détçnus, pour lesq^e|s il n'y avait pas de cellules disponibles.

U résulte de oette explication que Finâuenoe de la détention ceHiitaire est complètement étrangère à la mort de ce détenu. C'est ce qu'attestent et le préfet et Iç niédeçin de 1» pri^Qi^, et la Cuqamissîoa de surveillance.

Prison ceUutaire de La Roquetie. — Depuis plus de 4 années que le systèuie cellulaire de jour et de nuit est pratiqué dans le

péniteneief des jeunes détenus de La Roquette, on à compté 3 cas de folie seulement chez deux prévenus. Des deux prévenus ainsi atteints Tun était entré avec le germe du mal et on l'avait guéri en prison; Tàutre avait été frappé depuis sa détention, giaison s'était rendu maître de la maladie; et c'est après sa sortie du pénitencier que le mal s'est déclaré de nouveau (1).

M. Lélut ayant traité la question de folie chez les jeunes détenus cellules, je ne puis mieux faire que de renvoyer à ce qu'il en a dit.

Quartier cellulaire du Mont-Saint-Michel — MM. de Larochefoucault et Léon Faucheront dit, d'après les journaux le National et la Ré forme ^ les choses les plus incroyables sur les traitements inhumains qu*on fait subir aux condanmés politiques du Mont-Saint-Michel, et sur les actes de folie et de mort qui en sont la conséquence funeste.

Je vais répondre à l'un et à l'autre par la simple note suivante :

Simple Note sur les détenus politiques du Mont-Saint^MicheL

La vie que les détenus politiques mènent au Mont-Saint-Michel est , encore aujourd'hui, celte dont ils jouissaient en 1840, et qui excitait alors, comme trop douce , les réclamations de l'honorable M. Larochefoucault-Liancourt (2). Comment donc ce qui était faveur, aristocratie^ privilège en 1840 , est-il devenu torture , inhumanité eu 1844 !

(1) Communication de M Bércnger à l'Académie des sciences morales et politiques, séance du 2& février i844.

(3) M. Thiers avait dit à la séance de la Chambre des députés, du !28 mai 1833 : « J*ai présenté au Roi une ordonoanco applicable aux condamnés poliliques. Une seront pas astreints à des travaux manuels; ils auront la faculté de ne pas Iravailler, 8*ils le veulent; ils pourront se nourrir comme ils l'entendront, et, s'il en est parmi eux qui aient reçu une certaine éducation , ils ne seront pas astreints à des travaux indignes de la position qu'ils auront pu occuper dans la société. Ils pourront se livrer k tous les genres d'étudtis qu'il leur conviendra de suivre; ils pourront recevoir les livres et les secours de leurs familles , toutes choses qui sont interdites aux détenus ordinaires.» Cette règle, qui n'a cessé d'être suivie à Tégard des condamnés politiques depuis 1S33, u fait dire h M. de LarochefaucauU en 1840 : « Voilà le privilège , l'exception, l'aristocratie constitués dan» les prisons , 'et

C'est apparemmenl à cause « des brodequms en fer quVa met nux pieds des déteuus pour les moindres délits , et qui gênent tellement leurs articulations qu'ils ne peuvent ni marcher ni se tenir droit (1) ; » ou bien à cause de « la fameuse cage de fer que le Roi^alors duc d'Orléans , a fait détruire en 1787 , et qui est aujourd'hui remplacée par les anciens cachots , lesquels ont excité dans tous les siècles l'horreur * générale, et sont devenus si célèbres qu'on les montre par curiosité aux étrangers^ cachots dont on a fait \es cellules actuelles sans y faire le moindre changement^ et oh, l'on enferme, pendant des années entières, sans air, sans exercice , sans aucune communication avec les vivants , les jeunes gens les plus actifs , les plus turbulents , qui ont vécu jusque alors commodément et délicatement^ etc. (2). »

Je ne sais si les brodequins de fer ont jamais existé ailleurs que dans l'imagination de M. le marquis de Larochefoucault : ce qu'il y a de certain , c'est qu'il n'en reste pas plus de trace au Mont-Saint-Michel» que de la fameuse cage de fer. L'endroit même oii était cette cage n'existe plus, ou du moins d'un lieu de supplice on en a fait un lieu de travail, un atelier !

Quant aux anciens cachots , dont on a fait les cellules actuelles sans y rien changer, c'est une erreur aussi grande. Les cellules actuelles ne sont point les anciens cachots, et les anciens cachots sont toujours cachots. Seulement, on ne les emploie que pour les fautes les plus graves, pour les cas de révolte et de voies de fait Les cachots ont six pieds de long sur quatre de large , et six à huit pieds de haut. Le cachot à trappe, les oubliettes, dont un journal a parlée est un magasin de bois qui ne sert qu'à cet usage. Jamais aucun détenu politique n'y a été enfermé. Jamais dès lors personne n'y a été dévoré par la vermine ou par les rats, comme on l'a dit encore.

Les lieux de punition ordinaires sont ce qu'on appelle les loges, en style du Mont-Saint-Michel, ei plombs ou puits de yenise, en style de journal. Ces loges ont trois mètres de long sur deux à trois mètres de large, et trois mètres de haut, ce qui répond à cette autre allégation» que les détenus ne peuvent s* y tenir debout. De plus, elles sont élevées

constitués en faveur des plus grands coupables.» « J*ai voulu, dit le même mi-*^ nisb'e , qu'ils ne fussent pas assujellis , comme Magallon l'avait été , à iaire des cfaapeaux de paille. » » Voyez doue quel grand malheur si les bommes qui ont versé le sang de leurs concitoyens étaient assujellis à fabriquer des cbapeaux de paille!» Examen du système pénitentiaire, 1840, p. 358.

(i) De Larochefoucault, Documents sur le système pénitentiaire ^ 1844, p. 357.

(2J /did., p.KktelSoS.

» mé proéigittuse houtevr att^iièssa^ du tnrtfaù de h met, ce qui (kït qilé'»^ Mes dëiemis y ii^ncpTetit ât quelque ehose , ce tr'tet pas ^'if aesuMfhwli , êPanîtmt qù^ Ié9 fenMres; qiti «^otaiMR^'sQr li? nrër. Ont tni' n>&tlre4è^hf»itt amr ub dèiniofiièfre d^ krge. TotHes^^o dut^us, sont pkncMéés' ef boisés de toutes pwrts'Vel'Sép^aréès ^o toift parles gitiniers, e« qNr te<s rend piirfeîtenieBt' habitirbfe? 'et saines.

Qirairt atnc celkefes ordinaires ^ slux cellules d'habïtalîon , ce sont, a proprement parler , des chambres ayant chacune iine dimension moyenne de 5 mètres 25 c. de longueur, sur'â mètr. ^ c. de largeur, et 3 mètres de hauteur. Ces chambres, situées ati midi et au levant, audessoQS' des pièces occupées par le directeur et sa famiri'e, et a côté de celles occupées par ïe médecin, sont parfaitement éclairées, et ont vue sur la grève du côté de Pontoraon. El/es sont toutes planchéiées et anssi aérées que saines. Seulement, Papproche des fenêtres de quelques unes est défendue au-dedans de la cellule par une grille que les détenus otit i -rcé, dans le temps, fadministration de placer, et qoî n'attend poar être enlevée que leur soumission complète eir persistante.

Chaque détenu a dans sa chambre une cheminée ou un poêle avec un itère de bois par mois, pendant la durée de la moitié de l'année. Tous reçoivent de la chandelle en quantité sufïisante pour quM leur soit possible de se livrer, le soir, à la lecture jusqu'à une heure fort avancée. Us ont des livres,^ du papier, des plumes et de rencrè. Ils lie sont astreints ni au travail ni au silence, ni à la privation de vin et de tabac, etc., etc.

Le régime alimentaire est abondant et varié. Ils ne s^en sont jamais plafnt. Ils peuvent en sus faire venir du dehors tous les aliments et autres objets qu'ils désirent se procurer.

Leurs vêlements sont chauds; et leurs lits , je ne crains pas de le dire , 'aussi bons , sinon meilleurs, que ceux dont la plupart d'entre eux faisaient usage étant libres.

Us se sont plaint que leur sommeil fôt troublé par le cri des sentiiielles. Mais cet inconvénient, (fui a lieu dans toutes les places foites, n'atteint pas que les détenus, et l'on finit par s'y accoutumer.

Du reste, l'Administration a poussé si loin sa sollicitude sur ce point, que QOQ-seulement des mesures ont été prises pour que cet inconvcT nient (Ùi considérablement amoindri, mais encore que les gardiens se servent dttns leur semce die nuit de chaussons en étoupes. Les portes ne font aucun bruit, et l'on a mis partout des verroux k la crémone.

Les soins et la condescendance que Padministration a pour les détenus politiques sont donc , on peut le dire, poussés jusqu'à l'extrême.

Le Directeur, M.. LM«oc, eslk leur égalrd cPotte patienee^ d^ime bonté p^r&iteSi* Le m.édecio d$ ia prisoci f5t plein de seUieitude peur lelir santé* C'est un vieillard aimable qui le» aiine>auf&isi. qu'il! les^ pladiit%< Ses relation» avec chacun d'eux sont pour ainsi dire joumialièresw Uft voient le Directeur aussi souvent qu'Us le veulent.. Les: ipardiéns sont en rapports continaels a^vec oux. Us ne les r^ardent point comme des criminels- ordinaires.^ et ^nt pour eux les) égards, les plus constants. Plusieurs détenus reçoivent eu outre des visit» du deliors ,. et corires*pondeui tant qu'iis< veulent avec lenrs' parenta et amîs^ Ëst-<ce donc Uî n'avoir aucune communication oif e Us \fwanU?

Mais^ dit-on, ils ne se voient pas entre euxj cl cette séquèstraff ion* • individuelle est pour eux pire que la inovt !

Il faut rectifier PerreinT de l'opinion publique sor ce poinf.

Les- 25 ou 30 détenus du Mont-Saint-Michet oivt, dans le principe, été placés dans desi cellules séparées, en vertu de l'art. 614 du code d'ittstrtUction criminelle:, et par suite de violences auxquelles ils s'é' tdient livrés sous l'empire du régime* en commun, violences qui, daAe \à pensée de l'Administration responsable, ont dâ être réprimées, et prévenues àsnê lenor retour,, par ce mode légal de punition et de disei>pline. Toutefois, cette sépR ration des détenus entre eux n'» jainais été n^oins absolue qu'aujourd'hui r Aujourd'hui, en e^t^ et depuis tongteÉups di^à , tous lest détenus sont admis h se promener, chaque jour, ou à se visiter quand le temps est mauvais, deux par deux, pendant deux heuresy et mèvae pendant quatre heures quandile médecm certifie <pK^ce temps est nécessaire, et, à-chaque fois, ils chHUgent de camarade, d'après une liste de roulement arrêtée par eux à l'avanee^de telle sorte q«fau bout d'an cefrtaiu' tempe ils se sont tous vus k tour de rôle. Us peuvent^ dl'ailleurs, en raison du peu d'épai-sseur des murs de séparation et àc l'ouverture de leurs fnfiéfTes, entretenir des conversations de voisin à voisin, ce qu'ils font toute la journée comme s'ils étaient daiiA la même cbauibre. Le^ chants, no» plas^ ne sonif pas épargnés, voire mkme les chants qu'on auraif k punir, — si \r. Directeur, souvent , ne conmiandait » ses oreil>l>es de ne pas entendre* •

J'ai dit que les détenus politiques du Mont-St-Michel se ph>hret!rarent chaque jour, df^ux par deux. — Les lieux affectés» cette promenade sont : i*» Ij'oire de plontby l'ancienne cour des Chevaliers, si pittoresque au haut du Mont, et assez vaste pour qu'on puisse y faire 160 à 180 pas sans avoir k se retourner. 2" La plate-forme, l'unique préau des détenus ordinaires, lesquels Toccupent seulement deux fois par )our, 2 heures le matin et ^ heures le soir. Le reste du temps ce préau est livré

aux détenus polilîques» 9^ Le jardin, qu^on a séparé de celui des condamnés ordinaires par un mur de 8 pieds et non pas de 60 pieds comme on l'a dit. Un quatrième endroit , le sont Gautier^ a été interdit aux détenus politiques, depuis que ce lien est devenu le saut Barbes.,.

Je le demande k tous les hommes impartiaux, ce régi me- là est-il inhumain? Ce système-là est-il l'emprisonnement solitaire?

Il est si peu inhumain, il est si peu solitaire que le détenu Elie a trouvé moyen d'entretenir, par la fenêtre de sa cellule, une coirespondance sentimentale avec une jeune filedu Mont, et qu'il a obtenu de l'Administration la permission de se marier avec elle. Vilcoq a également été autorisé à venir se marier à Pnris.

Il n'est pas un détenu qui. ait demandé une grâce, une faveur, un adoucissement à sa position qu'il ne l'ait obtenu de suite, lorsque cette demande a été faite convenablement et justifiée par la bonne conduite ou des intérêts de famille ou de santé. C'est ainsi que Barbes, Dubour* dieu, Dufour, Hubert (Louis), Fonberteaux, Petieman, ont demandé et obtenu la permission de changer de maison.

Et, chose digne de remarque, plusieurs des détenus qui ont demande à quitter le Mont-Saint-Michel, le regrettent maintenant, et demandent à j revenir.

C'est qu*en effet le Mont-Saint-Michel est pour ceux qui ont eu le malheur d*être atteints par la justice, la prison où la santé est le plus en sûreté (1).

Cependant, dit M. Faucher, « le iVatJofMi/ établissait naguère que, des trente détenus politiques soumis au Mont-Saint-Michel au régime pennsylvanien , deux s'étaient suicidés , un autre avait tenté de s'empoisonner, quatre avaient été frappés de démence, deux étaient tombés dans un état voisin de l'idiotie, et sept avaient été attaqués de maladies asse2 graves pour qu'on eût jugé nécessaire de les transférer dans d'autres prisons (2) »

D'abord, tous ces cas seraient constants qu'il en faudrait décharger le système pennsylvanien, attendu que ce système, ainsi que nous venons de le prouver, n'est point suivi au Mont-Saint-Michel. Mais ces cas sont-ils constants ?

(1) Tttndis que la moyenne de la mortalité dans les autres maisons centrales a été, dans les trois dernières années, de 1 décès sur IS ou 13 détenus, elle n*a été au Mont- Saint-Michel que de i sur S2 en 1840; — 1 sur 34 en 1841 ; — 1 sur 32 en 1842 II a d'ailleurs été plusieurs fois constaté que le climat du Mont- Saint-Michel est généralement favorable à la santé , excepté pour les personnes ayant la poitrine faible ou accoutumées au climat du midi.

(2) I.ellrc au jouriiid te Siècle, numéro du 2 décembre 1843.

« Steubê s*est coupé ta gorge. » Cest vrai f mais veuUoa savoir pourquoi? Le voici : ^onpère lui écrit que sa mère est morte^ et que c*est lui, son fîls ! qui l'a fait descendre au tombeau ! A cette nouvelle, le remords et la douleur s'emparent, k la fois, du cœur et de la tête de Steube. Il entre dans sa cellule et se tue.

« Bezenac s'est f.endu datis sa cellule, n Pas tout a fait. G*élatt un acte simulé de désespoir. Il avait prévenu ses camarades qu'il allait se pendre. On est arrivé k temps ; il y comptait. Il est aujourd'hui k Doullens, à la veille d'être transféré dans les prisons de Lyon sur sa demande. Sa peine a été commuée dernièrement en deux ans de prisou.

« uinst» est devenu fou, et, transportée rhôpital,il est mort quelque temps après. » Pas tout à fait non plus. Le malheureux Aust. n'est pas mort, mais il n'est que trop vrai qu'il est aliéné. Sa folie est attribuée par le médecin aux ravages que l'emploi du mercure a pu occa. sionner dans le cerveau, par suite de maladies et de médications vénériennes, dont les traces existent encore, etc., etc.

« Jarasse R tenté, par deux fois, de s'empoisonner. » C'est faux. Ayant bu, le 17 septembre dernier, le vernjs destiné à ses ouvrages d'éhénisterie, il s'est trouvé dans une sorte d*état d'ivresse qui a cédé, de suite, aux soins qu'on s'est empressé de lui donner.

*i C est devenu fou. » C'est plus que douteux. Il est bien vrai qu'on le traite comme aliéné à Pontorson ; mais tous ceux qui l'approchent pensent que sa iblie est simulée. Du reste, il y a, à cet égard, une raison tout à fait étrangère à la prison, et que nous ne pouvons pas dire. Il sera mis en liberté sous peu. Il est d'un caractère très-doux.

« Lepage est venu mourir a Bicêtre des suites de son séjour au Mont- Saint-Michel. » Or, Lepage a quitté cette maison depuis 1836> en parfait état de santé. Il faut bien en vouloir k ce pauvre Mont-Saint-Michel pour lui faire tuer, après coup, les détenus qu'il renvoie bien portants.

« Bordon est également devenu fou. » Non. La mélancolie qu'il avait manifestée (peut-être k dessein) a entièr«*ment cessé. Il est aujourd'hui calme et bien portant.

Nous ne pouvons rien dire des deux autres individus « tombés, dit-on, dans un état voisin de Pidiotisme, » attendu qu'on ne les nomme pas. Ce sont peut-être deux détenus que nous connaissons et qui ont refusé d'écouter de mauvaises suggestions Je leurs camarades. Pas si idiots !

Certes, cette liste est bien longue, et ces cas bien lamentables-. Mais, de bonne foi, peut-on les attribuer a ta prison ? A la prison peut«être ;

— ao6 —

maM à son régime^ cerisrinenient iiûti. La pi'isou, ea taiït que prifton nrcilà ce '«{ui tne ces âmes ardenrtes, et non tel ou tel mode d*eniprisoi>nement. Ambum, ^nnsylvanie , ^ont-Saînt-MIdiel ! mon Dieu'! c'est (Mifle prétexte et^non la cause. Fn seul mal les tae, la captivité ; un sed remède les sau^ erait , la lîbertë. 'Mais ils ont perdu celle-ci par leur .f»ufte^ ex parleur faute iencoj«e ils éternisent celle-là.

f( On les a p-Uvngés «dansles cticbots! on les a mis^vt%:'logêsi ei c^est .là ce {qui les a exa^évfis «tous^ et c*eat là ce qui a perdu ^la saoté de^ ^plusieurs. » San^s inier ini le fait ni ses conséquences ^ *}^. demanderai a cçjjx qui en font un !SU)et de blâme contre l'adniinistratiou , ce que Tadministration peut et doit faire, selon eux , quand son autorité est méconnue,, bravée, insultée; quand ses prescriptionsies plus simples sont enfreintes^; quand lîordre de la maison est troublé ;^qûand îles voQii<^ rations les plus inconvenantes et les plus audacieuses sont professées' contre elle et contre ses agents ; quand les voies, de ftiit succèdent :au tapage, et la menace directe aux cris.? quand jusqu'à S3,bQn(é,, .sa tolj^ raoce , sa longanimité lui est imputée à persécution? Qulonnousle dise : là où tous les moyens de persuasion sont épuisés ) là où tous les raisonnements échouent , qu'y a-t-il à faire,, sinon recourir aux seuls moyens efficaces, à la seule raison qu'on écoute, ceux de là .f6rcç« celle de l'obstacle matériel ?

Heureusement que ces moyens, qu'on a été obligé d'employer parfois, appartiennent déjà à une époque éloignée,, et que le quartier politique du Mont-Saint-Michel a cessé, dt.-puis longtemps, d'être le théâtre '<T^iacun 'désordre grave. Il y a près de dix-huit mois que les détenus ne se sbtft «mis dans le cas d'être envoyés aux loges ou aux q^chots.

lyou peut donc provenir ce déchaînement inattendu de récriiniii;»- 'iions et de (plaintes, 'au niioment riiême où elles ri'oirt plus ni danses •apparentes -ni prétextes*?

Ah ! 'ceMez d'agitor 'Ces esprits malades, et ne venez pas trouliler leur •FepoB'par«dps»excitalix>ns nouvelles-: vous'leur avez fait tant de m*«il ^léjà !

•Cessez ^garlemeirt, dans 'leur înféi^êt, de demander pour eux la j>»omiscuité tle la vie ^commune. *Si vous saviez le m^l qu'ils se 'f<'rtt entre eux!

jM.>OdillQn,Bavii>t/ai«aitcktaonscience4etla>préviStoii'de«oe ni^l^quaud

.il .di«ait,<il y â dixiBus :

.f( iPnene^ les ihommas îles ^lus paisibles, 'les filns înolIeDsii^, fo9ceiles tàtne&ter tiisiGs, :prLvez-le8 de >travail, ^i^^toniéwaAes sur un'nlônie point, . et ibienlât toutes Jes )tetQsrei&menler(nit,«t bienlèt .tDiiVcis lès . imoginatioxis . eutr^onrt k .r^état fébrile (^ ) . t »

(1) Séance de la Chambre dis députés du 30 mars 1853.

Mainteimoi, tt on réc;èpiuik«i tous leii.i^)Mt& quisciMiA.pro- ^diriis djèn$4es-diMer8 pénîlieitciens ceUiilMr'es des ^ewiL moad^^^ «avant comme depuis la décision de J' Académie »rpyrile de ifié- 4tecèMdePaii*is, faits^qu'ia &i'CQn$eteiicieiis6m&iit smtly^ft M. Benoiston de Ghilileuttneaf, dans un niémaine lu f)ai' lui à .l*Acsidéiniede^Beieni^S'inOrailes ei >polkiqueâ (1), ne suis-^^ ^% 'fondé ètdîlre, |i^r6uiv6& en dfiiftiii, qij« ropinion ide ce corps savant, ^^n ^ftv«ur(de remprisonneroent indivJdiiel, nepotiie ai^^nd'.kui sur des faits encore iplus «ncon&est&bleg vque >ne .Fêtaient ceux que J4i<i en riioiHieur<de9oumei4ifre à sa ha«iie appréciatîoii «« ASSd. Et quand cette opinion est devenue celle de l'immense msùorité €lesfnié,deQinsiquî seaûnlfletplus spécialemeiA occupés de maladie roentales 6t«d*hyg4èAe péDÎtenUatre, vtels queJes.Esquirol, les Pariset, les Ferrus, les Marc, les Louis, les Villeraié» Les Oloqnot, les^Gollinean, les JUurat, des Lelut^ ie» BaiUai^en, les IVh^s, les Heîme, les .Afr(>b»ud, ^n f nanoe ; Jes fiadht;, JeS'Dtirracli^ les Gouttes, auK États -^jUnis.; les Julius, Jes Vopneatrafi, ^ 'AllenHagne; les Orioli^ fies Cattaneio^. lies Pm*po, (en hftiie; les FeUisiettlesde La>Harpe, eutSuisse, et la m(i|oitité dès menibres du Conseil de santé de Laiizanne, (eic.>, eftc:; ne dois-je pas noe sentH* )foittv oinrité >sous de pareils noms, ^lors^méme^qoe j -ai len lade SIH. Aodse, Goîndet ou Verdeil?

Page 1