VOIES ET MOYENS
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La grande objection, l'unique, on pourrait dire, qui s'élève sérieusement contre l'application immédiate du système de l'emprisonnement individuel en France, c'est la dépense que cette exécution coûterait.
Avant d'aborder de front , et de résoudre à fond l'objection, nous dirons qu'il est des dépenses dont la nécessité réfute viclorieusement l'objection de leur chiffre, et que celle dont il s'agît est de ce nombre.
Les opposants ne le contestent pas ; seulement, comme le système d'Auburn coûte moms, ils préféreraient ce système à celui de Philadelphie qui coûte plus.
Mais, en économie sociale comme en économie domestique, c'est moins la somme de la dépense qu'il faut considérer que son résultat. Autrement il faudrait dire : la corruption des détenus coûte moins dans le système actuel de nos prisons que ne coûterait leur amendement dans le système d'Auourn ou de Philadelphie ; donc il est économique de conserver le système corrupteur actuel.
Ce n'est point ainsi qu'il faut poser la question.
Le système le plus onéreux pour le budget comme pour la morale est celui qui met le plus en contact les détenus d'une même prison, et qui, en les corrompant davantage, engendre le plus de récidives. Or, des trois systèmes qui sont en présence, celui de nos prisons est évidemment le plus corrupteur. Celui d'Auburn, qui semble l'être moins, en ce qu'il isole les détenus