‹ Défense du projet de loi sur les prisons contre les attaques de ses adversairesChapitre 44 sur 45 · LETTRE AU DIRECTEUR DE LA REVUE DE LÉGISLATION · texte numérisé non relu

LETTRE AU DIRECTEUR DE LA REVUE DE LÉGISLATION

Cependant, il est dans cet article une imputation que je n'ai pu prévoir, parce que, quelque expérience que j'aie acquise de l'ignorance profonde et de la légèreté d'examen qu'apportent les adversaires du système peusyWanien dans leurs appréciations , je ne pouvais, par respect pour euxmêmes, pousser ma prévision jusqu'au faux matériel.,. Ce mot est dar, Monsieur; vous allez voir qu'il est vrai.

Vous dites,'par exemple, que j'ai omis de mentionner, dans ma traduction du rapport de 1841, ce que mentionne le rapport original quant aux 27 récidives de cette année. Eh bien ! Monsieur, il est faux que le rapport original mentionne quoi que ce soit à ce sujet , qui ne soit dans ma traduction. Lisez la page 4 de ce rapport original, puisque vous l'avez cité sans le lire, et vous vous convaincrez que vous avez dit ou qu'on TOUS a fait dire le contraire de ce qu'il dit.

Mais ceci n'est rien en comparaison de ce qui suit :

Vous dites textuellement page 488 : « Pour nous en tenir à cette ques« tion capitale des récidives, si nous consultons le dixième rapport des inspecteurs, nous voyons qu'on a retranché dans la traduction la partie qui mentionne les 23 récidives spéciales du pénitencier^ pour cette année seulement. Il en résulte qu'en lisant cette traduction où la mention des 23 récidives ne se rencontre plus nulle part^ on est porté à conclure

qu'il n'y a pas eu de récidives en 1838 au pénitencier de Philadelphie. »

Or, ma traduction porte textuellement, pour cette même année 1838, page 68 : « Sur les 178 prisonniers qui sont entrés dans le pénitencier durant l'année écoulée, 25 avaient été une fois, 13 deux fois, 4 trois fois, 3 quatre fois et 2 cinq fois condamnés auparavant. Sur ces 47 récidivistes, 23 étaient sortis du pénitencier. Sur ces 23 on en comptait 15 qii avaient séjourné dans d'autres prisons, etc., etc. »

Vous voyez donc bien. Monsieur, que je suis fondé à vous dire que vous en imposez et que, quand vous osez me reprocher d'avoir accommodé ma traduction aux exigences de l'esprit de système, je suis encore fondé à vous dire que c'est plus qu'une injustice que vons commettez.

Cette traduction, sachez-le bien, Monsieur^ est une œuvre de conscience ordonnée par le ministre et exécutée par moi dans le seul but de substituer la vérité au mensonge, à l'endroit du pénitencier de Philadelphie, et il faut bien croire que le but est atteint, car le mensonge s'agite et se démène comme il ne l'avait point encore fait.

Savez- vous. Monsieur, qui pourrait se plaindre, avec quelque raison, des retranchements dont vous vous plaignez à tort ? Ce sont les partisans du système de Philadelphie, car ce que j'ai retranché, comme surabondant, est le développement et la confirmation du fait ou du chiffre simplement posé. Ce ne peut pas même être autre chose, et il faut se faire les plus décevantes illusions poiir croire qu'il en puisse être autrement.

Il n'y a pas jusqu'au retranchement que vous m'opposez d'une phrase du onzième rapport qui ne prouve, dans son texte, le contraire de ce qu'y trouve M. Lucas. Et, en effet, la mesure que ce rapport sollicite

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