EN ST EE
constatons une prostate volumineuse et assez dure. M. Bérard, chef de clinique, pratique d'urgence la cystostomie sus-pubienne qui se fait très facilement à cause de la distension vésicale. L’incision vésicale laisse couler du sang pur mêlé de caillots noirs abondants.
À l'exploration intra-vésicale, on constate dans la vessie la présence de caillots volumineux, gros comme le poing, que l'on expulse avec le doigt. La prostate volumineuse proémine fortement dans la vessie. Lavages boriqués chauds abondants. Le soir, le malade souffre un peu du ventre et ne présente pas de fièvre. T. — 378. On administre 50 centigrammes de quinine et on relève l’état général avec du champagne. On fait des lavages que l’on continue depuis lors deux fois par jour. Pour ne pas transporter le malade, les lavages sont faits dans le lit avec la cuvette pelvi-snpport.
L'hémorragie a complètement cessé. On retire seulement quelques caillots.
6 novembre. — L'hémorragie a cessé. Le matin la température est normale (37°6); le soir elle monte à 38°9.
7 novembre. — Le soir, la température descend à 38°2.
8 novembre. — La température est normale pour remonter ensuite et osciller entre 38 degrés et 38°5.
11 novembre. — Comme la langue est très saburrale, on purge le malade.
13 novembre. — Nous enlevons les fils, la température monte le soir à 39°2 pour redescendre graduellement les jours suivants.
16 novembre. — Nous drainons une fusée purulente du côté droit. La température baisse et ne présente que 38°2 le soir. Les jours suivants elle remonte et oscille entre 37°9 et 3904.
20 novembre. — Nous enlevons le drain, le décollement ne suppure plus. Il existe toujours un peu de température. 23 novembre. — La température remonte à 39°5, le malade
souffre au niveau de la fesse droite; nous l'examinons et constatons deux petites escarres sacrées qui sont le point de départ de larges plaques érysipélateuses au niveau de la fesse droite. On administre de la quinine et du champagne; la température présente
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dans la suite de grandes oscillations. Le matin, elle varie entre 38°1 et 38°5 et le soir entre 399 et 4004,
25 novembre. — Les plaques érysipélateuses envahissent la fesse gauche malgré une asepsie soigneuse de ces escarres. Les jours suivants, les plaques érysipélateuses s'étendent à tout le dos et à la partie postérieure des cuisses. L’éruption a son maximum d'intensité vers le 30 novembre et les deux jours suivants. La température présente les mêmes caractères de grandes oscillations.
3 décembre. — La température commence à baisser, elle ne dépasse guère 39 degrés le soir et se maintient entre 38 degrés et 39 degrés pendant vingt jours.
14 décembre. — Nous constatons la disparition complète des plaques érysipélateuses. L'état général s'est remonté mais le malade présente toujours le teint pâle, cachectique des grands
infectés.
12 janvier 1898. — Le nouvel urètre hypogastrique a des tendances à s’oblitérer. Nous le dilatons avec des bougies d'Hégard.
15 janvier. — Le malade quitte le service. Il va relativement bien. Son nouvel urètre est incontinent et ses urines retenues par un urinal Souel qui fonctionne bien, le malade étant debout, mais laisse suinter un peu quand le malade est couché. Il présente de l’œdème des pieds et pensant à des complications de pyélonéphrite ascendante, nous lui conseillons le régime lacté presque absolu.
25 janvier. — Le malade revient nous voir; son urètre hypogastrique s’est oblitéré spontanément. Le malade urine par la verge, mais hier il a été obligé de se sonder, par trois fois il a essayé saus succès. Chaque tentative s’est accompagnée d'hémorragie. Nous examinons la cicatrice sus-pubienne et constatons que le nouvel orifice ne laisse plus suinter d'urine, Il persiste deux petites fistules, l'inférieure conduit dans un cul-de-sac, l’autre, explorée au stylet, nous mène dans la vessie, Nous dilatons l'urètre hypogastrique avec des bougies d'Hégard et passons progressivement les plus gros numéros.