OBSERVATION XII
Néoplasmé malin de la prostate, Cystostomie sus-pubienne.
A. B..., soixante-quatre ans, maréchal-ferrant, à la suite de deux blennoragies, contractées pendant sa jeunesse, avait toujours gardé un peu de gêne de la miction.
Après avoir eu pendant cinq ou six ans un peu de fréquence de la miction, il remarque que ses urines deviennent troubles, Depuis le 8 janvier 1898, ces accidents sont très accentués ; le malade urine toutes les deux heures environ, souvent même il perd constamment ses urines. Le cathétérisme est impossible.
Le malade entre dans le service de M. le professeur Poncet, le 15 janvier.
La vessie, énorme, remonte jusqu’à l’ombilic. L'état général est resté bon.
Cystostomie d'urgence. Les urines, purulentes, ont une odeur ammoniacale très accentuée. Le malade sort le 7 février. On est obligé de dilater fréquemment son méat hypogastrique qui tend à s’oblitérer.
En octobre, cette oblitération s’accentue, Le malade n'urine que difficilement et souffre beaucoup. Par deux fois on est obligé de dilater son méat hypogastrique. Malgré cela, la miction reste pénible et douloureuse, et le malade entre à nouveau dans le service le 15 novembre 1898.
Il maigrit rapidement et s’affaiblit. Mais ces accidents ne ra a!ssent pas dus à l'infection urineuse; on constate, en effet, que la prostate est énorme, et forme une tumeur qui occupe tout le petit bassin, C’est ce néoplasme de la prostate qui détermine sa mort le 22 novembre 1898. L’autopsie n’a, malheureusement, pas pu être pratiquée.
Ce malade, qui est amélioré singulièrement par le méat hypogastrique, meurt néanmoins de son cancer dix-huit mois après l'opération. L'importance du nouveau canal sus-pubien est, du
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reste, démontrée par ces alternatives de recrudescence et d’amélioration des douleurs qui coïncidaient : dans le premier cas, au rétrécissement de l’orifice, et, dans le second cas, à sa dilatation judicieuse. Chez de tels sujets, l'incontinence urinaire hypogastrique est ordinairement préférable. Elle constitue l’unique moyen de calmer les douleurs, les hématuries, d’atténuer l'infection vésicale, d'arrêter enfin, dans la mesure du possible, la marche progressive du néoplasme de la prostate,