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breuses encore ; elle est d’abord déformée : très souvent, en effet, soit sur le vivant, dans le courant d’une cystostomie, soit sur la table d’autopsie, on trouve un basfond en arrière du bourrelet interurétérique. C’est dans ce bas-fond que se logent ordinairement les calculs vésicaux, le pus dans les cas de cystite purulente, les caillots sanguins après une hémorragie vésicale.
La présence de ce bas-fond a pour effet d'augmenter la capacité vésicale, rendue déjà plus grande par la perte d’élasticité de la vessie. Get organe au début, comme l'indique M. Delore dans son Traité de la cystostomie suspubienne, réagit contre l’obstacle prostatique en se contractant fortement; puis peu à peu, cette puissance de contraction faiblissant chaque jour, elle se laisse dilater légèrement jusqu’à ce qu'elle soit forcée et qu’elle ne réagisse plus. À ce stade, on constate des altérations anatomiques bien marquées.
La sclérose à transformé peu à peu le tissu musculaire en tissu fibreux, quelques fibres seules ont échappé à ce travail destructeur et ce sont ces fibres qui, hypertrophiées en raison directe des efforts qu’elles sont destinées à produire pour lutter contre l'obstacle prostatique, se dessinent en relief sous la muqueuse vésicale; elles forment de véritables colonnes sur la paroi interne de la vessie, d’où le nom de vessies à colonnes, bien étudiées par Launois (thèse de Paris, 1885).
Mais la sclérose n’a pas envahi le tissu musculaire isolément; comme l’a montré M. Delore, tous les éléments participent au processus scléreux; les unes après les autres les couches celluleuses et les couches sousmuqueuses sont transformées en tissu fibreux; iles parois
EE Lee vésicales deviennent épaisses, rigides, et perdent rapidement leur élasticité. |
Les lésions de la prostate sont beaucoup plus importantes au point de vue qui nous intéresse. Nous allons d’abord dire quelques mots des altérations histologiques de la glande, nous réservant d'étudier plus longuement l'aspect macroscopique de la prostate hypertrophiée, et d'en tirer des conclusions opératoires au chapitre suivant.
Ces altérations histologiques ont été diversement interprétées suivant les auteurs. Pour Nélaton, les éléments de la glande subsistaient tous avec tous leurs rapports, et ne présentaient d’autre lésion qu’une hypertrophie simple et généralisée.
Pour d’autres. la lésion est due à la prolifération du tissu conjonctif, à l’hyperplasie du stroma ; la prostate serait alors pour Paget et Forster, une réunion de petits fibro-myômes.
Cruveilher et Thompson assimilent l'hypertrophie de la prostate au carcinome de la glande, le développement s'étant produit aux dépens des tubes glandulaires de l’organe.
Quoi qu’il en soit, les lésions macroscopiques, telles que nous les voyons sur la table d’autopsie ou sur le vivant au cours d’une cystomie, conservent une même apparence qui les a fait ranger dans différentes catégories.
Nous avons tout d’abord l’hypertrophie régulière, massive, portant indistinctement sur toute la glande, sur chacun des lobes sans prédominance de l’un d’eux. Dans ce cas, la prostate peut atteindre un volume énorme; on en à vu pesant jusqu'à 85 et même 95 grammes ; mais