Col ubérin, 4, Col aplati
ment pédiculé, ce qui fait une moyenne d’un peu plus de
4 pour 100, moyenne bien inférieure à celle de Desnos. L’hypertrophie régulière de la prostate étant la plus
fréquente, et le développement du lobe moyen trésrare,
de il nous faut examiner les déformations que ces altérations auront produites du côté du col vésical.
Lorsqu'on a affaire à un lobe moyen, les déformations du col vésical peuvent se ramener à trois types différents d’après Guyon. £
On peut avoir d’abord un col en croupion de poulet, c’est-à-dire que le lobe médian, augmenté de volume surplombe Porifice vésical de l’urètre à la manière d’un petit bouchon relié à la prostate par une mince pédicule,
Si le lobe n'a pas de pédicule, s’il est par conséquent sessile, on a la déformation en éventail.
Si ce lobe, enfin, s’hypertrophie en largeur, c’est une véritable barre, selon l’expression de Mercier et de Civiale, qui vient transformer le col vésical en une fente transversale presque linéaire.
Telles sont les déformations que peut donner au col vésical un développement excessif du lobe médian de la prostate, mais sila prostate s’hypertrophie régulièrement, comme c’est le cas le plus fréquent, la déformation revêt deux nouveaux types différents: on peut avoir la déformation en infundibulum lorsque la prostate ne fait aucune saillie dans la vessie, et la déformation en museau de tanche, en col utérin ; c’est du moins ce qui ressort de nos observations.
D’après les différentes statistiques faites jusqu’à ce jour, les résultats étaient tout autres. C’est ainsi que Desnos ‘, sur un tableau portant sur 173 pièces, trouve 91 fois l'hypertrophie totale, 33 celle du lobe médian et 17 celle des lobes latéraux.
* Lagoutte, Gazetle hebdomadaire, mars 1894.
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Mais ces pièces de collection sont des formes exceptionnelles, et ne sauraient être l'expression anatomique des lésions prostatiques que nous observons journellement. Ainsi, pour l’hypertrophie du lobe médian, les statistiques des différents auteurs sont loin de concorder.
Dans Thompson, nous trouvons une moyenne de 15 pour 100.
Dans les pièces du musée Dupuytren 33 pour 100.
Dans celles du musée Civiale 20 pour 100.
Dans le relevé de Desnos 25 pour 100.
Dans celui de Belfied, plus de 50 pour 100.
Rien de plus contradictoire que ces résultats variés ; aussi devant la divergence de ces statistiques, nous avons voulu nous rendre compte par nous-même de la forme de l’hypertrophie prostatique et spécialement des altérations du col vésical. Pour cela, nous nous sommes adressé, à l’exemple de Lagoutte!, « d’une part à des recherches d’amphithéâtre, d'autre part, aux données qui nous étaient fournies sur le vivant au cours des diverses cystostomies sus-pubiennes pratiquées dans le service de M. le professeur Poncet ».
Nous avons d’abord examiné les nrostates de dix-huit vieillards que nous avons rencontrés, soit dans les salles de dissection, soit dans les salles d’autopsie, et dont le plus jeune avait soixante-trois ans. Les lésions prostatiques étant fréquentes à cet âge, nous pensions trouver de nombreuses formes de déformations du col vésical; sommes noustombésurune série malheureuse, ou bien, les phénomènes congestifsn’existant plus, les déformationsavaient-elles
{ Lagoutte, th. Lyon, 1894,
DE ODAE en partie disparu ? Toujours est-il que, dix fois la prostate était normale, peut-être un peu grosse et dure, comme nous avons pu nous en rendre compte par le toucher rectal et le toucher intra-vésical.
Sept fois, nous avons trouvé la déformation la plus fréquente du col vésical, en museau de tanche, en col utérin ; nous n'avons trouvé qu’une fois un lobe moyen isolément hypertrophié ; encore ne l’était-il pas nettement : c’était plutôt une légère saillie de ce lobe qui s’avançait à peine dans la dépression infundibuliforme du col vésical.
Nous avons vu précédemment, dans le relevé de Lagoutte, que sur 59 prostates examinées sur le vivant au cours des cystostomies pratiquées dans le service de M. le professeur Poncet, c’est à peine si l’on trouve signalée deux ou trois fois l’hypertrophie isolée du lobe médian. Nous-même, sur 5 malades que nous avons vus cystostomiser, nous n’avons pas vu une seule fois un lobe moyen.
Nous sommes loin de la proportion indiquée par. Prédal, qui sur soixante et un cas découvre vingt-deux lobes médians hypertrophiés. C’est donc, le plus souvent, une hypertrophie régulière de la masse prostatique, et‘la rétention alors est due à l’oblitération du canal de l’'urètre, non par un clapet, par un bouchon, comme dans le cas de lobe moyen, mais par élongation, aplatissement et coudures.
C'est ce qui ressort, du reste, des observations que nous publions plus loin. Sur vingt-neuf cas d’hypertrophie prostatique, nous trouvons quatorze fois la prostate réoulièrement hypertrophiée, et treize fois sous forme de col
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utérin ; nous ne voyons que deux fois le lobe moyen nette ment isolé, et pas une seule fois l’hypertrophie des lobes latéraux, contrairement à ce qu’avance Prédal qui donne une proportion de quinze lobes latéraux, sur soixantequatre observations.
Nous sommes donc persuadé que la déformation la plus fréquente du col vésical est en forme de col utérin, lelobe médian faisant exceptionnellement une saillie nette et isolée. Dans Ja grande majorité des cas, les accidents de rétention sont dus, par conséquent, non pas à une obstruction localisée du col et qui serait justiciable de la prostatectomie, mais à une obstruction générale de tout l’uretre prostatique, par élongation, aplatissement et coudures. Ces considérations auront une grande importance dans le chapitre du traitement que nous allons aborder.