DANSEUSE RAJUSTANT SON BRODEQUIN
(Dessin rehaussé)
sur son violon un piteux musicien, au premier plan, en partie mangé par la bordure.
Puis, toujours dans cette même salle, Trois danseuses en arrière dune de ces grandes fenêtres, par conséquent à contre-jour, occupées à divers exercices.
Dans ces différents tableaux, toiles ou pastels, il semble, si on ne le voit pas, qu’on entende le professeur (qu’il s’agisse de Pluque, de Mérante, de Mmes Théodore ou Mérante) dire à ses élèves : « Attention aux mouvements, aux positions, que jamais une cheville ne soit plus haute que l’autre ; veillez à votre démarche, à votre attitude, à la position de vos bras», etc., etc.
Que Degas l’eût voulu ou non, certaines de ces compositions, à côté d autres plus âpres, donnent une impression de grâce, de douceur, de légèreté presque ailée.
A l’exposition des Impressionnistes de 1881 , Degas montra un monsieur en frac, causant avec une Danseuse derrière un portant et une Statuette de petite danseuse dont nous parlerons plus loin.
A la vente Henri Rouart se trouvaient Trois danseuses à contre-jour.
N’oublions pas quatre Danseuses au foyer, trois, sur une banquette, occupées à de menus détails de leur toilette, la quatrième en arrière et debout, s’éventant. L’on sait de nombreuses études nues et habillées, crayonnées en vue de ce tableau. Il est vrai que, pour ses compositions, Degas dessinait d’innombrables préparations.
N’oublions pas non plus, la Danseuse montant un escalier, toile d’un caractère particulier, peinte vers 1884, aujourd’hui au Louvre par suite du legs J. de Camondo. Elle avait précédemment fait partie de la collection Venere. Cet escalier se retrouve dans diverses compositions du maître, où il joue un rôle plus ou moins important.
Puis ce sont des pastels ; d’abord, quatre, actuellement au Louvre, légués par J. de Camondo . une Danseuse . un bouquet dans les mains, saluant, sur la scène, dessinée sans doute vers 1877 et qui a probablement figuré à la troisième exposition des Impressionnistes, rue Le Peletier ; une Danseuse vue de dos, crayonnée — croirions-nous volontiers — l’année suivante ; une danseuse tenant encore un bouquet — Fin d'arabesque — datant vraisemblablement de 1880, reprise à l’huile ; enfin, trois études de Têtes de danseuses, au crayon de couleur sur papier bistre, exécutées vers 1886.
D’autres pastels, provenant en grande partie de la vente Henri Rouart ; des Danseuses sur la scène, dont une, au premier plan, met
un genou en terre, lève les bras au-dessus de la tête, en un mouvement gracieux (une variante à l’aquarelle a appartenu à Roger Marx) ; une autre Danseuse , en robe verte , à fleurs rouges et jaunes, à la tignasse rousse, sort de sa loge, penchée en avant et tient sa jupe à deux mains ; une autre, debout, de profil, le visage commun, la mâchoire en avant, un éventail ouvert à la main ; une autre, devant un poêle sur lequel chauffe une bouilloire, debout, lisant un journal. Faut-il poursuivre cette nomenclature?
Mentionnons Deux danseuses à mi-corps, près d’un portant, attendant le moment d’entrer en scène ; un Premier sujet, en robe verte semée de fleurs, remontant le théâtre, dont le fond représente le bord de la mer ; Le pas battu, par une ballerine en jupe de gaze, qui fait une pirouette, tandis qu à sa droite, une autre danseuse la regarde. Ces trois pastels proviennent de la collection Alexis Rouart. Devant un balcon, loge de côté, vue de 1 orchestre, avec sa décoration de stuc doré, son rebord de velours grenat, d’où émerge le buste, ou plutôt la tête d’une spectatrice en grande toilette de soirée, regardant sur la scène invisible. Voici encore Trois danseuses en buste, ou plutôt à mi-corps, la première, levant un bras en l’air, dans un mouvement d’assouplissement, les deux autres rattachant à l’épaule l’agrafe de leur corsage ; deux autres, auxquelles des mères ou sœurs aînées, en tartans et chapeaux miteux, renouent quelques cordons de leurs jupons ou de leur tutu ; d’autres encore, qui remontent leurs bas, assujettissent leurs jupes, revoient des détails de leur costume avant d entrer en scène.
Voici encore T rois danseuses roses — toujours au pastel — de la collection Durand-Ruel ; V Attente, aujourd’hui dans la galerie Havemeyer, à New-York, après avoir appartenu à M. Clapison, de Paris : assise sur une banquette d’antichambre, une femme en toilette sombre, trace avec la pointe de son ombrelle des dessins sur le plancher, tandis qu’à ses côtés, une danseuse en costume de théâtre, penchée en avant, rattache les cordons de son soulier.
Puis, le pastel de La famille Mante, figurant deux fillettes, l’une en robe de ville, l’autre en costume de danse, de qui la mère, derrière elle, achève de boutonner le corsage ; œuvre expressive et narquoise au possible, appartenant aujourd’hui à Mme Montgomery Sears, après avoir fait partie de la collection Viau. De cette exquise composition, il existe une répétition. Puis encore, le pastel d’une Danseuse dans sa loge, auprès d’une table de toilette, debout, tandis qu’une habilleuse, à genoux derrière elle, agrafe